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POMPEI.
sources en se ménageant à leur aide la faculté de manger toute la nuit.
Sur le massif de cette boutique, comme sur ceux de beaucoup d'autres thermopolium , on remarque l'empreinte des tasses, dont la liqueur a corrodé le marbre , ce qui ferait supposer qu'on la composait avec du miel.
On a pensé que le genre de commerce qui se faisait dans quelques maisons était désigné par des figures qui sont peintes ou sculptées sur le mur extérieur; c'est ce qui a fait prendre pour une pharmacie la boutique où l'on a trouvé une peinture représentant un serpent dévorant une pomme de pin.
Mais peut-être n'indiquait-on ainsi que le génie sous la protection duquel la familleétait placée, et ici ne faudrait-il voir qu'une allégorie. Le serpent est l'emblème de la prudence et de la prévoyance, et la pomme de pin celui de la mort; ce qui signifierait que ces deux vertus font triompher de la mort dont elles éloignent le terme.
Le serpent était aussi pour les Anciens une image de bon augure; aussi en trouve- t-on bon nombre sculptés sur les murs; dans cette boutique étaient beaucoup de vases , des médicamens desséchés, une grande quantité de trochisques ou tablettes rondes, des pilulles et un beau candélabre en bronze. Voulant me faire connaître la distribution intérieure d'un édifice ancien, et ayant à choisir parmi tant de maisons , l'abbé me conseille de commencer par celle de Pansa comme une des pi us belles et aussi des plus complètes. Il «m'accompagne et m'explique tout dans le plus grand détail.
Sur la gauche de la voie Domitienne, en face de l'édifice des bains publics, est cette maison, complètement isolée, entre quatre rues. Les Anciens nommaient ces massifs insulœ^ N.
tles. Le centre de celle-ci est la maison proprement dite, elle est entourée par des boutiques, dont la location rapportait beaucoup au propriétaire.
Le commerce chez les Romains était considéré conime une occupation dégradante, surtout s'il n'était pas exercé en grand. Ils y employaient donc leurs esclaves ou d'autres mercenaires, à qui ils donnaient un logement chez eux ; d'autres fois ils louaient ces appartemens à des gens qui étaient alors désignés par le nom dinquilinus. Un esclave avait la surintendance de ces locations et en recevait le montant, on le nommait insulaire ; quelquefois encore cet esclave vendait pour leur compte le superflu de la récolte, on l'appelait alors dispensator.
C'est ce qui se fait encore dans plusieurs grandes villes d'Italie, où beaucoup de grands seigneurs occupent les plus beaux appartemens de leur palais et louent les étages inférieurs. A Florence même chaque noble propriétaire fait vendre en détail son vin et son huile.
Ainsi avait fait Pansa. Il occupait le centre , et avait loué les appartemens extérieurs à un boulanger ou à d'autres petits commerçans, pour le trafic desquels ces boutiques étaient parfaitement adaptées.
Posiiculam hoc recepit, cnm sedes vendidit.
Plàut.
Il garda ce réduit en vendant sa maison.
Dans Salluste, Gatilina appelle Gicéron civ^is inquilinus , lui reprochant de donner ses maisons en location, et d'en tirer parti comme un entrepreneur.
L'on voit encore près de l'amphithéâtre un écriteau par lequel Julia Félix, fille de Spurnius, riche propriétaire, offre à bail pour six ans un vaste
édifice contenant un bain, un uene^ reum^ toujours voisin de ce dernier, et neuf cents boutiques avec leurs dépendances.
Le luxe de nos magasins à la Inode existait dans ces boutiques qui formaient presque toujours le devant des habitations. Leur pavé était en mosaïque. Elles avaient ausi leur musée en plein vent. Un bœuf était peint sur la boutique d'un boucher, et le groupe des vendangeurs, représenté sur celle d'un marchand de vin , a été imité par le Poussin.
Lesn*».i, 2 et 3. (PI. 5^) sont des boutiques où l'onatrouvélescouleursnécessaires à la peinture à fresque. H paratt, par des restes d'escaliers qui sont sur un des côtés, que ces boutiques communiquaient à l'étage supérieur ; on y retrouve ces mêmes murs peu élevés, sur lesquels on mettait les jarres d'huiles ou les autres marchandises. La première a une fenêtre et tient à une cour de plein pied par laquelle on pénètre dans l'intérieur
De4 à i4 sont autant de boutiques, parmi lesquelles le n<». 6, qui communiquait avec Finlérieur , aurait été celle où se tenait l'esclave chargé par Pansa de vendre ses denrées , dispensator.
Les n<^. i5 à 19 présentent la boutique d'un boulanger, le n^. 1 5 était celle où se détaillait le pain ; le n». 16 était le pistrinum, où est indiqué le nombre des moulins à grain et la place qu'ils occupaient; tout à côté était un magasin de bois n'.iyet le fourn*.i8; sur un des panneaux de ce four on lit cette inscription en rouge :
Hic habitat félicitas.
Ici» habite la félicité.
et on voit un Phallus sculpté en bas-relief. C'estl'emblème d'un boulanger, qui servaitaussid'amulettechezlesanciens,
pour conjurer certains maléfices M. Arditi a pensé que ce boulanger l'avait placé là comme une espèce d'assurance.
Dans len*. 20 était un magasin attenant et dépendant du n^.5.
Le n*. ai semble avoir formé im quartier à part ; deux des chambres ont des fenêtres sur la rue qui conduit au forum, situé du côté dumidi. Une porte d'entrée ouvre sur la rue et ne communique pas avec l'intérieur. Les autres boutiques consistent en une on plusieurs chambres avec des marches qui les élèvent au-dessus du sol ; l'une d'elles seulement a une. communication avec Tintérieur.
L'entrée principale de la maison n*. !i2 est ornée de (!eux pilastres d*ordrc corinthien; à côté d'un de ces pilastres on a trouvé l'inscription suivante :
Panaaift «dem Paratw rof^at.
Elle fait présumer que Pansa était le maître , et Paratus sans doute l'esclave chargé de la vente dans la boutique dont nous avons parlé ; ou bien Paratus était-il le propriétaire delà maison, et Pansa son patron à Rome?
Entre les deux pilastres était la porte extérieure et à l'autre extrémité du passage celle intérieure, toutes deux d'airain. D'après un règlement, les portes des maisons ne devaient s'ouvrir qu'en dedans. Le seul Lucius Verus Publicola obtint , par un décret du sénat, le privilège de faire ouvrir les siennes sur la rue.
Macrobe et Aulugelle doxment le nom de vestibule à cette portion de la maison^ située entre l'entrée et la première cour ; mais Servius et Cecilius Gallus veulent que ce soit cette portion en dehors de la porte, et qui cependant n'est pas encore dans la rue.
D'après Macrobe, le n^. 23 ferait le
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