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POMPEL
vàientles beaux-arts, et combien ils les avaient perfectionnés.
A la térité Tart de construire, du moins à Pompel, n'offre pas le même degré de perfection; peut-être la loca*> lilé en est'^elle cause. De bonnes fon*dations, des murs solides n'j ont pas été regardés comme indispensables, et le talrat de Tarchitecte a dû plutôt se diriger sur les moyens de préserrer de la cbaleur. Aussi ne trouvons-nous dans PompèK q[ue des maisons, dont un enduit, plus ou moins épais, recouvre des murs tnal construits , en mauvaises briques jointes ensemble par un ci«ment , et dont l'épaisseur ne correspond pas méfne à l'usage auquel ils étaient destinés ; c'est à cet enduit qu'ils sont redevables de leur conservation , il les préservait de l'humidité , qui seule était à craindre.
L'architecture des maisons nous étant connue , nous pouvons aisément nous représenter les convives prenant leur repas ; nous n'avions encore à ce sujet que des notions vagues.
Au milieu de la salle à man/^er « triclinium » s'élevait une table en bois de citronnier , d'ébène , d'ivoire ou de bronee. Les convives Sur leurs lits étaient plaeés autour, mollement appuyés sur des coussins couverts d'étolfes précieuses brodées en or.
Les re]>âs se composaient de trois services : le premier en œufs , olives , huttres, salades, et autres hors-d'œu* Tre; le secoftd) en ragoûts, poissons et yiandes rôties ; enfin , le troisiètne^ en pâtisserie, mets sucrés et fruits, ordonnance qui se rapproche plus ou moins de celle que nous observons i mais il noué était difficile de nous former une idée de leur cuisine. A la vérité Horace parle souvent de repas 5 mais comme ce n'est que sur le ton de la satire , nous ne pouvions nous en
rapporter à lui. Voici qu'une fresque à Pompeï vient à notre secours et nous permet d'asseoir quelques idées à ce sujet.
Sur une table est servi un large plateau carré. Aux quatre angles sont quatre paons dont les ailes déployées forment un vaste dôme. Entre ces paons sont placés quatre homards , le premier tenant dans ses pinces un œuf bleu, le second une huître, le troisième un loit , et le quatrième un panier de sauterellesi Cet immense plateau est accompagné de quatre autres, chargés de poissons , de perdrix , de lièvres et d écureuils , chacun leur tête entre leurs pâtes et nageant dans la sauce ; viennent ensuite une rangée de jaunes d'œufs, une de pèches, de petits melons et de cerises, et enfin une autre de légumes de différentes espèces. Dans les banquets ordinaires, lors* que tous étaient égaux en dignité , le maître de la maison se plaçait au milieu, et les hôtes indifféremment, à sa droite et à sa gauche. Dans les occasions solennelles, telles, par exemple, que l'invitation faite à un consul ou à tout autre magistrat, celui-ci occupait la place d'honneur , les maîtres de la maison Tenaient ensuite , de chaque côté les invités et la tourbe des para«sites. Les convives placés» on lettf présentait une couronne de fleurs ar** rosée de parfums , après quoi on faisait les libations en l'honneur deè pé-> nates et des divinités hospitalières.
L'on élisait ensuite ou on ti^it ail sort un tatiarcham, ou roi, qui pendant toute la durée de la fête exerçait une autorité suprême.
0aem Vénus arbitrnm
Dket bibendi
HoR.f A'^* it, oéL 5,
Qael est le roi que Vénas donne
A cette troupe de buveurs.
Trad.àtDàtv,
Les vins portaient le nom des consuls sous lesquels ils étaient faits.
Tant qu'on s'en tint à ces coutumes joyeuses , il n'y eut rien de reprébensible ; mais lorsque plus tard la sensualité et les excès usurpèrent la place de la tempérance et de la frugalité , c'est alors que les repas devinrent condamnables. Ces fêtes semblaient incomplètes lorsqu'elles n'étaient pas accompagnées et suivies de scènes où l'bumanité et les mœurs fussent également outragées ; souvent des gladiateurs teignirent de leur sang le plancber, où précédemment on se contentait de répandre des libations. D'autres fois eurent lieu des scènes de turpitude , sur lesquelles il est mieux de tirer le rideau ! Au moment de quitter la table, une coupe , consacrée au dieu du sommeil , circulait à la ronde ; on invoquait ce dieu en faveur des convives , à qui l'on distribuait des présens qu'ils emportaient eux-mêmes , ou qu'on faisait porter cbez eux par des esclaves.
Martial fait allusion à cet usage.
Prsmia conyiyœ det sua qaisqne suo.
Lib. XIV, ep. i,
Qae chacun fasse ses préseos à son conyive.
Après cette digression, nous allâmes visiter le temple Grec , le plus antique et le plus majestueux qui ait été construit à Pompeï. A peine peut-on discerner entièrement son étendue, qui est un carré long de quatre-vingtonze pieds, et de cinquante-trois de large. La façade était décorée de buit colonnes de l'ordre dorique employé àPestum,dequatre pieds de diamètre, et construites en tuf, ainsi que les onze qui ornent cbaque côté.
vrage des Étrusques. Vitruve le décrit et indique sa position non loin dei théâtres dont en effet il est très-voisin.
Des débris d'immenses colonnes cannelées s'y voient encore, ainsi qae trois autels du c6té de l'orient ;cdui du centre est plus petit ; il était destiné probablement au feu sacré. Ceux des côtés sont larges , bas et constroits en forme de sarcophages. Cette espèce d^autel, ara^ était celui où l'on brûlait ies victimes. A côté est un massif bas et circulaire , qui semble avoir été consacré à recevoir les cendres. Il en existe ainsi dans tous les parvis des temples païens. Celui-ci était couvert et avait une inscription osque, où on lisait que Nitribius, pour la deuxième fois grand prêtre ou chef des magistrats, fit construire le péristyle, oubidental, dénomination appliquée aux lieui frappés par la foudre , en hocreur aux Anciens, qui les regardaient comme voués à la colère céleste et y sacrifiaient des brebis de deux ans.
Nous redescendîmes dans l'intérieur de la ville, et , reprenant nos explorations où nous les avions laissées la veille*, nous nous trouvimes dans la voie domitienne, à c6té de la maison d'Actéon , ou de Salluste.
Cette maison est désignée parcesdeox noms ; le premier lui vient d'une peinture trouvée sur un des murs de Tinterieur ; le second , parce qu'on a trouw des preuves qu'elle avait appartenu a un personnage nommé Salluste. EU^ est une des plus grandes de la voie domitienne, et quoique sa forme soiti^ régulière, sa distribution ressemble, à peu de chose près, à celle de Pansa.
A gauche de la porte d'entrée est une boutique, dans laquelle on a. trouve
On reconnaît dans ce temple, qui parait avoir été dédié à Hercule, la desfours, des tables, six trous ou fourplus noble construction du style grec , neaux, et des amphores qui contenaient et, selon l'opinion de Romanelli, l'ou- des olives, de l'huile, du poisson salé,
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et beaucoup de vin; on peut supposer présentant Mars et Vénus, et FAmour.
que cette boutique était un restaurant. Entre ces deux chambres est un espace
D'après Claverius, les Anciens fai- couvert dont les fresques représentent
saient bouillir leurs vins ; il ne serait la métamorphose d'Actéon.
donc pas surprenant de voir des. fours Les opinions se partagent au sujet
dans le lieu où le propriétaire en aurait de cette partie de la maison de Sat
établi la vente. luste ; les uns veulent que ce soit le
Comme chez Pansa, le cavasdium jpnécée , ou appartement des femmes ,
contint un impluvium, dans Tinté* d'autres que ce fut un venereum, lieu
riieur duquel on a trouvé une belle où les Romains se retiraient pour ce
biche en bronze, jetant de l'eau dans lébrer des mystères, qui faisaient
une coupe de marbre grec ; à cheval partie de leur religion et de leur culte
sur cette biche était un jeune Her- à la déesse de Paphos. Quoi qu'il en
cule. Une des chambres avait des fresques, représentant des masques cpmiqiips, des oiseaux et des quadru* pèdes , sur des fonds de coulisurs variées. A la gauche du'cavssdium étaient les appartemens iptimes , qui n'ont pas di^ pieds carrés. Oi» y a trouvé une petite idole , mi vase en or , douze m&t daill^s en bropze de Vespasien, et huit petites colppnes également en bronze, qui semblent avoir fait partie d'un lit.
Sur 1(B devant de la maison est le
ixistus 9 d*où on va au jardin par deux
escaliers , séparés par un ^indarium ,
ou mur double élevé de trois pieds,
tout couvert de peintures , et formant
une espèce de caisse remplie de terre ,
et destinée k recevoir des fleurs. Dans
le jardin était d'un côté une volière,
de l'autre une salle à manger avec un
piédestal pour recevoir une table;
à côté un petit bain « nympheo » , et
une fontaine.
Dans cette maison est un second corps de bâtiment composé de deux cours, dont l'une est entourée d'un portique formé par huit colonnes octogones peintes en rouge; au milieu est un impluvium, et aux deux angles deux chambres , dont une décorée d'un beau pavé de marbre africain de différentes couleurs , avec des fresques re- N.
Spit , cette partie est ici parfaitement isolée.
I^a maison de Salluste parait avoir été décorée plus éléganunent que celle de Pansa; tout porte à croire qu'elle a été fouillée par les Anciens euxmêmes, car on n'y a presque rien trouvé. Dans une ruelle à côté était le squelette d'une femme , qu'on suppose avoir été la maîtresse de la maison , et trois autres squelettes , probablement de ses esclaves ; on a retrouvé aussi un petit miroir d'argent , que les femmes en Grèce portaient toujours avec elles , trois anneaux d'or, don t un avec une agathe transparente, sur laquelle étaient gravés un cheval, des boucles d'oreilles, un collier composé de chaînes d'or , cinq bracelets de même métal, et trentedeux pièces de monnaie.
Dans la maison de Salluste , entre autres objets curieux, on a trouvé une lampe de la forme d'une barque avec six becs de chaque côté.
On laisse la rue pour entrer dans une ruelle, au milieu de laquelle est une pierre pour faciliter le passage pendant la grande pluie. On rencontre fréquemment à Pompeï de ces pierres fixées dans le pavé. Une inscription sur lé mur indique de suite à gauche la maison de Modeste ^ qui nous donne une idée des maisons ordinaires de
Pompeï. Ici rien no se rapproche de celles que nous avons visitées ; c'est l'habita tion non d'un riche, mais d'un homme d'une fortune médiocre. Cependant toujours des fresques. Celle du mur extérieur représentait Ulysse repoussant le breuvage qui lui est offert par Circé. Gomme ce Modeste paraît avoir été un marchand de liqueurs, quelques personnes veulent voir dans cette peinture ce que nous nommerions aujourd'hui une enseigne.
£n face de cette habitation en est une autre qu'on a nommée maison des Fleurs ou du sanglier, à cause d'une mosaïque sur le seuil , représentant un sanglier . poursuivi par un chasseur et par un chien, et des peintures de nymphes folâtrant au milieu des fleurs.
Revenant dans la voie domitienne, nous trouvâmes la boutique d'un maréchal ferrant ou charron. Sur le devant était une enseigne pareille à celle de Modeste.
Après quelques maisons ruinées et auxquelles, on ne s'arrête pas, nous vimes celle de C. Julius Poljbe^ spacieuse et ornée de deux vestibules et d'un atrium entouré d'un portique, autrefois fermé par des cloisons et des vitres. On y voit des mosaïques, des peintures et sur les murs cette inscrip* tion : « Equanus et Vatia se recommandent au duumvir G. Jul. Polybe » •
Un auteur, qui en 181 1 a publié une traduction nouvelle des fables de Phèdre , a émis l'opinion que Polybe n'est autre que Phèdre, qui, pour fuir la persécution de Tibère, s'était retiré à Pompeï \ dans ce cas Phèdre n'aurait été qu'un surnom. D'après lui encore, ce Vatia serait celui que nomme Sénèque, ép. 55, et qui, pour les mêmes motifs, vint dans la Campanie.
Bientôt après , en tournant le coude que fait la voie domi tienne ou consu-
laire , dans la partie appelée rue de l'Arc et en face des thermes publics, nous rencontrons Thabitation appelée par les uns maison du Poète dramatique, et par d^SLnires maison Homérique^ casa Omerica (PI. 68).
C'est une des plus richement ornées et des plus élégantes qui aient été trouvées jusques à ce jour à Pompeï. Un pavé en mosaïque sur le seuil de la porte d'entrée représente un chien enchaîné , avec ces mots cave ganem ; sur le mur à droite, et près de l'entrée, on trouva des peintures représentant Thétis et Achille ienfant, Hélène rendae à Ménélas, et la dernière entrevue d'Achille et de Briséis , une des plus jolies peintures antiques qu'on possède. La partie inférieure a été mutilée ', mais la tête de Briséis et beaucoup d'autres, qui sont superbes, n'ont reçu aucune injure. Des artistes ont assimilé ces fresques aux chefs-d'œuvre de Raphaël. On les a transportées au musée.
Sur le mur à gauche on trouva une Vénus ressemblant un peu à la Vénus de Médicis , à ses pieds une colombe tenant une branche de myrte dans son bec. Les figures de femmes dans ces peintures antiques portent toutes sur le doigt annulaire des camées, taillés en anneaux romains, et supposés être des emblèmes de famille , ce qui a fait conjecturer que ces figures étaient des portraits. Sur un des côtés du rectangle on a trouvé une peinture représentant Dédale volant vers la grande Grèce , et Icare se noyant dans la mer Egée, une divinité marine s'efforce de le sauver. De ce côté sont également de petites chambres décorées de peintures. Dans l'une sont des guerriers à pied et des amazones sur des chars. Sous la frise, une Néréide appuyée sur un taureau ma-
/*omfH'i' .
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POMPEl
rin qu'elle semble caresser. Vis-a-vis est un tableau obscène que Ton a sagement recoùyert avec des plancbes.
Dans une autre chambre , im Amour pécheur, Ariane abandoxmée et Narcisse.
Dans le tablinum, une peinture médiocre en elle - même nous parut intéressante par le sujet. C'est celle qui a fait nommer cette maison « maison du Poète » .
Un esclave est assis et fait la lecture devant six personnages , deux desquels, Apollon et Minerve, semblent l'encourager. Dans cet esclave on a cru recoxmattre Térence. Le pavé est une mosaïque et formait plusieurs tableaux. Celui du milieu, transporté au musée, et dont j'ai un dessin sous les yeux , représente un coragium ou portique derrière la scène, hecoragus^ ou directeur du théâtre , distribue aux acteurs des masques et des costumes.
Dans le fond on apierçoit les colonnes du théâtre. Un joueur de flûte ajuste son instrument, à côté, est une chaise recouverte en pourpre, sur laquelle est un masque ; elle est probablement destinée pour Ja scène. Le directeur prend un des trois masques qui sont sur un escabeau h ses pieds. Les choristes ont déjà reçu les leurs ; ils sont nus et n'ont qu'une ceinture en peau. L'un d'eux, prêt à se masquer, écoute le directeur qui lui adresse la parole; un autre se revêt d'une tunique et se fait aider par son compagnon.
Plus loin est un péristyle entouré de colonnes avec leurs chapiteaux, d'une forme nouvelle et élégante, et terminé par un lararium où sont des niches pour les dieux Lares et les autres déités de la famille. On y a trouvé un petit faune; lexèdre esta droite du péristyle. Il a été trouvé décoré de fresques.
L'édifice a deux étages et deux boutiques communiquant avec le. vestibule. Dans les boutiques on a trouvé des bracelets et d'autres bijoux de femmes, des moinnaies d'or et dar^ gent, et divers ustensiles en poterie et en bronze, un petit poêle portatif d'une forme bizarre et une magnifique lampe.
L'abbé, à qui son goût et sa position permettent de s'adonner exclusivement aux recherches estétiques et archéologiques sur les Anciens , a formé une collection qu'il met à ma disposition.
C'est un assemblage de difTérens instrumens ou ustensiles, dont les originaux ont été retrouvés dans Pompe! ; il s'est plu à faire exécuter les uns en nature, et à faire peindre les autres, en s'appliquant à en deviner et à en décrire l'usage. C'est dans cette collection que je puise. Laissant de côté des objets qui déjà ont été donnés au public, et dont beaucoup de recueils sont remplis , je vais en choisir quelques-uns des plus communs, dont une grande partie provient des nouvelles découvertes, et dont quelques autres ont été dédaignés par les auteurs qui ont parlé de Pompeï jusqu'à ce jour.
Les n**', de I à 6 (PI. 69) sont des instrumeus d'agriculture en fer, faucille, serpe, couteau, pioche.
. N"". 7 et 8 , deux compas «1 bronze. Le compas, appelé par les Latins circiraii5,fut inventé par Perdicus,fils de la sœur de Dédale.
Les n*". 9, 10 et II sont des fragmens de peintures indiquant les divers objets dont les Anciens se servaient pour écrire. Le n<>. 10 est une écritoire composée de deux vases joints ensemble ; l'un destiné à contenir l'encre noire, rautre,la rouL-e, appelée cinna»
barîs y minium ou sinopis. Un de ces vases est découvert; de côté est un pe-
▼aient, comme nous, seserYirdebnis et d'ivoire.
Le peigne en bronze, n». i4, était évidemment destiné à retoiir la àïtveux ; sa forme demi-circulaire D'arait rien d'élégant, tout son mérite derait être dans les omemens qui paraissent riches et très-compliqués ; l'anneau qui est au-dessus servait sans doute à le retirer avec plus de facilité, ou à rcte nir un voile; il paraît que de tout temps les dames italiennes ont porté leurs peignes d'une forme très-clevce,
tit anneau ou simplement une anse pour le suspendre à la ceinture, ainsi que nous le dit Horace. Nous voyons à côté le roseau taillé en pointe avec lequel on écrivait avant d'avoir adopté les plumes d'oie, usage qui ne d^ite que du cinquième siècle. Ce roseau fut nommé calamos par les Grecs, par Celse, calamus scriptorius^ et par Apulée , calamus chartarius. Le n*. 9 est un livre composé de plusieurs tablettes enduites de cire, sur lesquelles on écrivait avec une petite pointe stylum^
dont l'extrémité opposée était plate, ce qui, en grandissant la tète, ajoute et servait à effacer.
On nommait ces livres tabellœ. Il y avait d'autres tablettes qui n'étaient pas liées entr'elles , alors on les suspendait aux colonnes. On en voyait un grand nombre dans les temples de Tricca, de
Gos et d'Épidaure , sur lesquels étaient lant pas soustraire à la vue une de leurs écrits les remèdes à employer pour plus grandes beautés. Leurs peignes
guérir telle ou telle maladie Hipo-
crate y puisa plus d'un aphorisme. Le n*. 1 1 est un papyrus, ou volumen, ouvert et roulé des deux côtés ; les caraci> tères en sont presque effacés, mais ils paraissent latins.
Le n®. la est une espèce de coffre cylindrique dont le couvercle est retenu par des courroies. On le nommait scrinium ou capsula^ et on y plaçait les volumes verticalement. Ga tulle s'excusait auprès de Manlius de ne lui avoir pas envoyé les vers qu'il lui demandait parce qu'il n'avait qu'une seule cassette.
encore au ton sévère de leurs figures; elles sont à juste titre vaines de leur chevelure, qu'elles ont en général fort belle, et presque toujours noire. Dans la classe du peuple, à Naples, dl« vont nu-téte, même en bivcr, ne toq-
Hac una e multis capsula me secpûtur.
Et de mes cassettes pombreoses Une seule ici m'a suivi.
Le n^. i3 était un peigne à lisser les cheveux , absolument de la forme et de la matière des nôtres, en corne noire. Probablement celte matière n'était pas la seule qu'ils employassent, ils de-
sont en argent doré ou en corne, mais alors chargés de clinquans.
Le vase, n«. i5 , est en bronze, m forme est de celle appelée mesurt' Diota est le nom du vase n". 16.
Le n*. 17 est un vase destine à contenir des liquides.
Len». 18 est le célèbre Jtyton.?^ une épigramme de Martial , nous apprenons que les artistes faisaient souvent des vases avec des figures p'u^* ou moins grotesques , et leur donnaient ensuite des noms analogues; e*esl ainsi que quelques-uns portaient celui a« mormolicion chez les Grecs, et de ^ mia et mania chez les Latins, ce qiu voulait dire^ Jigure à faire peur. Daotres tiraient leur nom de leur forme seule. Celui-ci, enterre cuite et de dix pouces de haut, était de l'espèce appelée rhyta, rhytoi , rhysides avait la forme d'une corne dont i« Anciens se servaient dans les temps '«> plus reculés, au lieu de verre. Lebou^
POMFEI.
en était percé, et le buveur était obligé de placer son doigt sous cette ouverture pendant qu'on lui versait à boire , après quoi , l'élevant au-dessus de sa boucbe, il en laissait échapper la liqueur ; plus tard on eut l'idée d'adapter une ou deux anses à ces cornes , puis on chercfaa à les embellir par des peintures représentant divers animaux ; on disposait l'extrémité de façon à en faire des têtes de bœufs, de cerfs ou autres, à celui-ci est une tète d'aigle avec des oreilles de bélier; les artistes de ce temps s'amusaient avec des peintures, espèce de caricatures quelquefois d'une exécution parfaite.
Yoici, n*. 19 , un des vases en bronze les plus élégaçs qui ait été retrouvé, tant par sa forme que pour lesornemeDs qui le décorent. Il est haut d'un pied. JLes deux anses mobiles sont mêlées d'argent et ciselées dans la dernière perfection ; baissées^ elles se dissimulent dans le rebord ; relevées, elles se réunissent dans le haut, et servent à saisir le vase commodément, et à le transporter sans la moindre oscillation de la liqueur qu'il peut contenir, h cause de la parfaite observation des lois de l'équilibre. La bordure supérieure est ornée d'argent et semée de clous en
N«. ao. Ce vase en bronze était des« tiné aux usages domestiques, il servait à porter toute sorte de liqueur ; il n'est pas inutile d'observer que, quoique privé d'omemens, il n'en fait pas moins ressortir les idées ingénieuses des An«ciens. Avec quel go&t est fait ce re« bord aux parois supérieures du vase , et ces pointes qui entourent les an« neaux par où passe l'anse ! Ces pointef sont faites pour empêcher l'asse de venir eri retombant rayer et abîmer le vase; quel travail délicat dans le seul ornement qu'on y voit !
N"". 21 . Vase en bronze de huit pou<» ces. Sa forme est très -belle et il est simple dans les ornemens.
N"*. aa. V»se en bronze , haut de dix pouces et demi. Si l'on en ôte l'anse, sa forme est presque celle d'un cothurne ; il est d'un fini achevé; mais ce qui le rend précieux , c'est son anse formée d'une branche courbe ornée de feuillages , et appuyée dans ses deux rameaux sur deux cornes d abQndance.
Ce vase, par ses ornemens et ses emblèmes, paraît appartenir à ceux destinés pour le vin , et qui auraient été adoptés, tant dans les sacrifices que pour les usages domestiques. Ce-
or. C'était le goût de Tantiqui té la plus pendant leur petitesse paraîtrait faire reculée. Homère, faisant la description supposer qu'on s'en servait plus par-
du sceptre d'Achille, dit qu'il était orné de clous dorés.
Sur les deux anses est gravé le nom de la propriétaire du vase, Cornelia ChelidonCj ce qui le range dans la classe de ceux appelés litterati^ que nous traduirons par lettrés.
Plante fait allusion à cet usage lorsque, parlant d'une urne, il dit :
Zïam hac litterata est : ab se canta cnja sit. RcD., act. Il, se. 5, V. 21.
Elle eet lettrée, d elle-même elle dit à qa^ elle appartient.
ticulièrement dans les cérémonies religieuses, peut-être en l'honneur de Bacchus. Alors l'enfant ailé serait un Bacchus. Sa jeunesse, sa beauté, l'outre qu'il tient dans ses mains, seraient autant de signes auxquels il faudrait le reconnaître. Les ailes ne pourraient pas sembler étranges, puisque souvent ce dieu est représenté avec cet attribut. Pausanias parle de Bacchus P^/Za, c'est-à-dire ailé, en disant qu'on peut bien lui attribuer des ailes, puisque le vin ranime les hommes et rend leur
les ailes d'un
esprit plus léger que oiseau.
Celui qui ne voudrait pas y reconnaître Bacchus pourrait fort bien le prendre pour un génie bacchique. Nous savons que les Anciens faisaient de leurs génies autant de dieux du plaisir, et leur sacrifiaient de Vhuile, du vin, de l'encens, des fleurs et des fruits, jamais du sang, parce qu'on le croyait principe de la vie. Ce n'avait donc pas été sans raison qu'on aurait posé uxk génie sur un vase destiné à contenir du vin , pour indiquer l'exaltation à laquelle porte cette liqueur, qui anime la verve poétique, et dont l'effet fait dire à Horace :
Foram patealqne Libonis
Mandabo siccis
Ep., /. lyep. 19, p. 8.
Voyez-le, en sa bacchique audace, Des bois da Pinde et du Parnasse , Chassant les timides buveurs, Les renvoyer à la tribune De Thémis et de la Fortune.
Dàâu.
Le n*. 23 est une casserole en bronze d'un travail exquis. L'ouvrier semble avoir pris à tâche de donner, à cet ustensile de l'usage le plus conunun, tous les enjolivemens qui pourraient orner le meuble le plus élégant. II servait aussi de.patère pour les sacrificesl
N"". 24. Lanterne de forme élégante et même riche; de chaque côté sont deux petits montans, servant à assujettir les carreaux de vitre ou autre matière qui ferment la L'interne; vient ensuite le récipient de l'huile placé dans une petite cavité au centre, et attaché par une pointe de fer. Sa bobèche mouvante est inclinée et percée afin de donner passage à la mèche , et en même temps faire couler l'huile dans le récipient. On voit aussi un couvercle, un anneau rond dont on se servait
quand on voulait la porter à la main, et dans lequel on passait aussi des chaînes pour suspendre ces lanternes dans les vestibules ou dans les offices. Sous le u?. !si5 sont deux vases en verre contenus dans deux aulr^ en terre cuite, n'en formant qu'un propre à les recevoir. Ces vases servaient sans doute à contenir l'eau destinée au repas. On l'y mettait rafraîchir, conune on fait encore, en plaçant de la neige tout autour dans les vases de terre.
Le n®. 26 est une espèce de brasière fort usitée chez les Pompeïens et les . Herculanéens , car on en a retrouvé un certain nombre. Elle sert en même temps à diflerens emplois. Dans le milieu s'élève un récipient pour Teau; aux angles sont des cavités ou espèces de fourneaux dans lesquels on plaçait les casseroles ou les petites marmites pour faire cuire ou réchauffée les alimens. Le centre était destiné à recevoir des charbons enflammés : ainsi on avait à la fois l'eau pour les ablutions avec le feu qui chaufiàit les appartemens. Quatre anses adaptées aux quatre côtés, donnent la facilité de transporter cette brasière ou cuisine portative. Elle nous fournit une preuve que déjà les Anciens recherchaient ainsi que nous l'économie du combustible.
Les n^. 27 et 28 sont deux jolies peintures retrouvées aussi à Pompeî, et qui décoraient les murs d'une cuisine. Le no. 27 représente un panier renversé où étaient des poissons. Le n^. 28 est un pain ; cette peinture s'est conservée avec une fraîcheur de coloris telle , qu'on la dirait achevée d'hier.
Parmi les choses intéressantes qui étaient dans une boutique de boulanger ou pâtissier, sont deux pains dont l'un, no. 29, est de la forme d'une coaronne massive, et l'autre, n*'. 3o, de
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POMPEI. ,75
celle à peu près d une brioche. Ces La ciselure qui l'entoure est remarpains, que Ton peut présumer être de quable par son fini , et peut nous faire luxe , étaient prëjparés avec des jaunes juger de Fimmense distance qui sépad œuf , ce qui leur donnait une belle rent encore nos ouvriers des artistes
couleur dorée et les faisait nommer artoi lecithitai^ pour les distinguer des pains ordinaires; ils sont déposés au musée de Naples, et considérés comme une des choses curieuses entre toutes celles qui meublent ce riche bazar.
N<>. 3 1 , PI. 70. Vase dont le couvercle est recouvert avec un morceau de parchemin, soigneusement attaché avec une cordelle qui passe dans les anses et vient nouer au-dessus. Golumelle dit que c'était dans ces vases que les Pompéiens renfermaient leurs raisins secs.
La figure n«. Sa est une cuillère en bronze, dont les Anciens se ser* Talent pour prendre les liqueurs contenues dans de grands vases.
Les n~. 33 et 34 offrent deux poêles à frire. La première d'une longueur d'environ un pied , la seconde d'un pied et demi. Elles difi%rent des poêles dont on se sert dans nos cuisines. Les Latins les nommaient sartagines.Jyxvénal , parlant de la statue en bronze de Séjan, fondue après sa chute, dit :
Ex facie toto orbe secnnda
Fiat arceoli , pelves , sartago , patell».
• Cette tête , aatrefois la seconde da monde , > Mise en fonte, devient, an ^ de l'artisan, » Jatte, poêle on marmite • .
Le n®. 35 est aussi une casserole, mais d'une forme très-remarquable.
de ce temps, et de la perfection avec laquelle ces derniers exécutaient les objets les plus communs.
La figure n®. 39 vient k l'appui de cette assertion. Ce n'est qu'une passoire, sa forme est de la plus grande simplicité, mais tout l'ustensile est d'un fini achevé. J'ai choisi celle-ci dans la quantité de celles que j'ai sous les yeux, qui sont presque toutes plates, et qui pour cette raison se nommaient truse, ou truUae celles dune moindre dimension, du verbe truare^ « remfuer, agiter». Ce mot désigne assez leur emploi. Gaton, faisant l'énumération de divers objets de cuisine du plus commun usage , dit :
« Pour rhoile , une ; grandes conques, deux ; écnmoires pour marmites , trob ; amphores, deux ».
Le no. 4o est une marmite en bronze « ahenum » , posée sur son trépied en fer, n^ ^i.
Le no. 4^ est une balance du genre de celles appelées par les Grecs zj" gi , à cause du fléau ou barre à laquelle sont suspendus les deux plateaux. Les Latins les nommaient //brœ ou bilances. Les plateaux sont ornés d'une ciselure d'un travail exquis. La hauteur de la balance est de treize pouces et demi. Sur le fléau sont niar-
No. 36. Guillère très-élégante, qui quées des lignes servant à graduer les
pourrait servir de modèle. Ges deux derniers objets sont pareillement en bronze.
Le n®. 37 est un grand couteau de cuisine.^
No. 38. Casserole en bronze, d'une forme presque égale aux nôtres. Elle est de onze pouces et demi de longueur.
fractions de poids, sans avoir besoin , ainsi que nous faisons, de cette multiplicité de signes spécifiques que nous sommes obligés de placer dans le plateau opposé. Parmi les objets que l'on cherche à copier des Anciens, les artistes ne devraient pas mettre celui-ci en dernière ligne; quelques-unes de
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ces balances ont été faites et livrées oomme modèles dans un pays qui reyendique toutes les inventions utiles ; il est évident que l'artiste avait copié celle-ci et qu'il en avait emporté le dessin, afin de s'en faire proclamer l'inventeur.
Le n^, 43 représente une des peintures que l'on a retrouvées dans une taverne. L'on voit quatre hommes assis autour d'une table, mangeant et buvant , et un enfant qui leur porte du vin. A une barre suspendue au plancher sont accrochés divers cornes* tibles, parmi lesquels on distingue des ognons et des saucisses ou saucissons.
Le vêtement des convives est remarqua* ble, surtout celui des deux hommes couverts d'une tunique qui descend jusques à mi*jambes, avec une sorte de camailnoir par-dessus, et une et oie, ou bande de drap, tombant jusqu'à la ceinture. Les deux autres, non moins curieux, portent aussi sur leurs longues tuniques un autre accoutrement de couleur, ouvert devant et derrière, n est à présumer que c'était un repas d'ouvriers. Leur costume et la salle où ils se trouvaient en donne une quasi certitude ; nous savons que les Anciens mangeaient couchés; mais il est à croire que cette coutume efféminée ne s'éten-* dait pas au peuple.
Le tï^. 44 6^^ ^^ c^^^ antique à quatre roues , chargé d'une outre remplie de vin. On le voit au moment où on va le vider. Sur le devant sont deux mules en liberté ; remarquons que ces animaux 'sont attelés avec une espèce . de joug ressemblant à celui dont on se sert aujourd'hui pour les bœufs. L'outre , qui parait une peau de bœuf, est de la longueur du char qu'on a entouré d'un treillage; au-dessus s'élèvent trois cercles pour la contenir. Son orifice est lié par une corde. Trois amphores sont