‹ L'ItalieChapitre 21 sur 56 · J'ai rudes hommes jouis · texte numérisé non relu

J'ai rudes hommes jouis

si ré]>ut:ilion d hommes d'cs-

I, r er.roéme nprès leur réveil,

.ni ils avaient r^vé la mort.

J -relier à calmer cbez eux

( ion, ils sont au contr.iire

lUt ce qui peut l'augmenter.

TOUdniis que limpie nu cceur

iroidjàl'Ame insensible, pût assister

nirc (Ml DAvast pas d'étonnemcnt , la réflexion me àéta

trj rnsuile qu'elle s'.nppliqu3Îtaus>ià satot JanTJer ; mais il est évident qoe le marbre sur lequel elle est irravée»

appartenu à un temple profane, el!« aura été placée ici à cause de la similitude du nom.

Je nsilai ensuite tes diverses chapelles de l'éslise, toutes enrichies de lableauT, peints par les premiers mitres. Arrivé à celle de la Vierge , j'y x'n une jeune fille prier avec une £ei quil'empêcbait de m'npercevoir, quoique je fusse depuis long-temps auprès d'elIeàreTamiDeralteDtivemcDlïjepris : parti de lui parler : Pourquoi, lui dii

i à lu bénédiction du Saiot-Sacre- je, ce culte auK images, lorsqu'il serait

ment un jour de fêle; une musique délicieuse se fait en tendi'e derrière l'autel , l'oc^uc y ajoute ses sous mélodieux, la foule se prosterne au pied du Saint- Sacrement , qui , entouré d'un foyer de lumières, tandis que le reste de l'église est plongé dans l'obscurité, offre un spectacle aussi merveilleux qu'imposant. On sent son âme s'élancer dans les rcaions é[hérées;une voix ferme,

ter pour ne pas mentira aous-mémes; et pendant qu'on se livre à cette extase intuitive, la foule qui remplissait ce vaste temple s écoule peu à peu, sans bruit, sans désordre, et bientôt l'é* glise et ses vastes galeries rentreront dans le silence !

La première fois que j'assistai à , cette cérémonie, je restai encore longtemps dans l'éiilise, quand tout fut Uni ; je voulais voir endélail ce qu'elle renfermait, je lus une inscription placée sur un monument élevé à saint Janvier, Divo Jakuario. Je cbercbai à m'erpliquer comment je trouvais là, dans une église chrétienne, une inscription au divin Janus-, je n'étais pas le

beaucoup plus simple, et surtout plus conforme à notre reliiiion, de vous aJrc»ser directement à Dieu, le créaleurde l'univers, le dispensateur de tout bien? — ■ Mon culte, rae répondit-elle, « s'adresse point aux images; j'adore

■ Dieu, et je m'en acquitte du mieux

■ qu'il m'est possible; mais je ne puii » parvenir à vaincre une certaine limi-

> dite en m'adressant à lui ; t.indi< que ' " la IiicnLeurcusc Marie , étanL femme » comme moi, et connaissant mes fai-

■ blesses et mes imperfections, j'é-

■ prouve beaucoup moins de peine à

■ lui ouvrir mon cœur. ■ Puis me coQduisant vers un tableau du Corrège représentant la Madona : ■'Voyez coin-

■ bien cette figure est douce, combien

> elle est gracieuse ! ■ C'est ordinairement avec Don Paolo

et sa famille que je fais mes courses et mes observations. J'étudie les mœurs du pays; rien de plus simple que cette manière de vivre; c'est toujours la nature prise sur le fait. Dan Paolo n'a pu renoncer à ses habitudes napolitaines, pas même par son frottement avec les étrangers qu'il aime, et que premier «ansdâif te qu'elle avait Ërapf>é $a position de chef d'une administration

dicui'

premi et le

tal, contenant de petits poissons rougea, des aiguière? pour l'acqua di sam~ bucco au goùl ânnis , le tout éclairé pttr tmeviniïtnine de lanternes, aussi

consiste en deux mains, unacqunjolo ijni a ilonné h sa filleane

el le pouce entre les deux dot de 1 2,ono ducnls [ 5o,ooo fratcî).

; de l'iiulre. Les mains Outre ces houtiqucs, i) y a encoredet

u b;ildaquin sont peints marchands d'enu qui courent la ville,

et ornes il nages de saints avec la en criant toute la journée, oc^ua/Hi

Madona tid il bambino , et à leurs ont également trois ou quatre verrei

pieds le peuple en adoration. Sur ce très - propres attachés à leur petit

haut et massif édifice sont a;roupés tonneau. »

des tns énormes de citrons et d'oran- Je la remerciai de m'avoir fait siir-

^es, des ustensiles en cuivre resplen- monter une fausse honte , et de ma-

dissaot de propreté , des verres de voir initié aux jouissances de l'eaa

toute dimension , des bocaux de cri s- glacée.

Elle m'apprit encore que la neige était h Kaples une denrée de première nécessité. — • Le peuple se passerait plutôt de pain ; au5si le gouver-

artistement arrangées que le reste de nemcnt en a fait l'objet d'un mono-

l'étalage. pôle dont il retire 5o,ooo ducats pir

L'eau estcontenuednnsune bouteille an. Tous les trois ans il passe un bail

de métal au long roi , et surtout à la avec un entrepreneur. Celui -ci est

large base, placée dans un baril dont tenu d'avoir des approvisionnemeQ),

l'intérieur est garni de liège et de (;ou- de deus ans sur les montagnes et de

dron; la neige s'introduit dans la partie deux jours dans la ville. L'infraction

inférieure du baril, qui estsoutcnu par à ces clauses entraînerait une amenas

les deux colonnes latérales, et auquel pécuniaire pour la première fois , b

on imprime un mouvement rapide et secoode fois la prison, et pour la

continuel qui communique à l'eau troisième ces deux punitions , et de

cette fraîcheur de glace. plus la résiliation du bail, d

Il faut voir avec quelle dextérité le " Il est rare de voir tomber la neige

marchand fait tous les mouvemens. àNapIes, cootinua-t-elle; mais surles

En un clin d'œil il coupe son citron, montagnes environnantes, à Castella-

en exprime le suc avec une tenaille mareet à Salerne, elle tombe en abon-

en cuivre, remplit son verre , présente dance chaque année. L'on a creusé sur

à boire, reçoit l'argent, rend la mon- ces montagnes des fosses dans les-

saie, tout cela en moins de temps que quelles on la conserve, en la recou-

je n'en mets à le dire. vrant de feuilles de châtaigniers , puis

■ Avouer, me dit Antonia , qu'ici, d'une forte couche de terre. Dans cet

OÙ l'air volcauisé dessèche nos pou- état elle acquiert une dureté telle,

mons , nous sommes trop heureux de qu'il faut une pioche pour la rompre,

trouver h chaque ])as un rafraîchisse- On la sépare en gros blocs qu'on en-

ment simple, mais nécessaire; aussi Te]op])e d'une natte grossière, et des

personne ne le dédaigne; nos belles barques nous la transportent la nuit,

dames même font arrêter leur voiture Le fermier la fait ensuite distribuer

et boivent la modeste limonade du aux divers entrepôts de la ville, 'qui

vendeur d'eau. Pour donner une idée doivent avoir sur leurs boutiques un

de ce qu'il peut rendre, je vous citerai écusson royal pour constater leur droit

NAPLES

d'un fouet sans cesse en mouvement ( sur les fanes des clicvaux bnllcnt les glands rotiges ou jaunes, suspendus à leurs harnais brillans; des rubuns aux couleurs rives garnissent leur crinière, et leur léle est ornée de plumes de couleurs varices. Ce vojafie.yue le faeliionabledeParisaurait delà peine ù corareotrepreneur, ainsi «ju'il est prendre, et qu'il iaut avoir fuit pour en t. ■ avoir idée, s'est eliêctué sans ficciticnt,

auniilieudesllotsdepapuljice(|'ii inondent les ruesel les quaîastinslrot loirs, sur de larges dalles oi'i vous j^Iistcz 10 parquet , et où ciiit fois i> uus parait devoir s'abattre ,

ce ^pendant arrive rarement,

g 1 la précaution de ne pas le

i rer' eds de derrière, cl dépiquer

L pa' manière h produire des as-

i le retienucnt. Dana ce j ci. resplendissant équipage,

vous idiissez avec une étonnante rapi une distance considérable en

p«4 uujatmis et pour la lomtoe la plus modique; seulement au retour is suffisait à peine. Voulez-vous donnez une heure à votre toilette , et [lUindre; vous tournez la tête ne fouillez pas trop dans vos poches, ou tâchez d'oublier une partie des objets que vous y avez placés.

J'ai souvent fait la réflesion que, chez nous , ces dalles, élevées des deux câtés des rues pour la sûreté des gens de pied, indiquent que la classe du peuple est tout aussi considérée parle gouvernement que celle des riches et s'asseoient survospieds;lefilet des grands, tandis qu'à Naples les suspendu comme un hamac malheureux piétons sont quelquefois , a reçu des enfans et des obligés de se réfugier dans les bouti-

!. Par ce moyen , personne n'en 6; et pelitsou grands, riches ou , tous en ont à leur repas, et sut en la mettant dans un veriiTersant dessus l'eau ou le vin.

Le ce qu'il faut vendre de neige 'oornir à 5a,ooo ducats, aux ftdmînistraltou , et encore en-

de lûut ce que Naples offre de traordinaire .tus jeux du voja- Ca/eîSo{Pl.ii) est ce qui m'a le ppé. Quelle singulière voiture! est uD trépied triangulaire qui nr un train à deux roues très-

à rayons dorés , tourbillonnant loussière par l'activité de deux leraux grêles dont la chétive ap- Toile une agilité fougueuse, car lentissent pasleurallure, quoirott conducteur recrute, tout Ifi

ta route, des passagers qui se uns cérémonie auprès de vou», [tarent des trois quarts du siège

ta lions au cocher, puis lonp:-temps a cédé sa place, monté derrière la voiture, où rez peine à le distinguer parmi veaux visages que vous aper-

pendant ce mouvement, les rds sont envahis, comme s'ili

(les sié^res commodes , et deux

11 faut vous résigner, car, ausancés, les chevaux volent, ils t le pavé ; le conducteur les guide rrière , les rênes se séparent et rejoindredansl'unedesesmains, que l'autre est occupée à faire ira votre oreille le clic -clac

ques pour éviter d'être écrasés- Les cochers ne sont astreints h aucunerègle, et la classe inférieure est exposée à leur insolence , et à la morgue des grands , qui se considèrent, dans ce royaume, comme au-dessus des lois , quoique infiniment subordonnés au monarque.

En France, Tacite et Suétone nous intéressent, os les lit, parce que l'étude de l'histoire faifiant partie denotre éducation, nous ne devons rien ignorer de tout ce qui se rapporte k ces peuples dont nous suivons, dans dos écoles , l'origine et les progrès. Notre lecture terminée,nous fermons le livre, et nous blâmons , ou nous admiroos oivant les émotions que oous avons éprouvées ; mais quel attrait puissant s. réveille en nous, lorsque, jetés sur ces lieux, jadis le théâtre des scènes que nous avons lues , notre imagioation n'a plus qu'une très-faible portion du drame à se représenter 1 C'est ce que je ressentis en arrivant en Italie, et c'est aussi ce qui me décida à faire un Toyaj

;;e à l'Ile de Capri ; je voulais aller

voir ces lieux que l'aflreux Tibère avait à jamais immortalisés.

J'allai donc àlamarine, et faisant accord avec le patron d'une de ces barques qui apportent le produit de la pèche dt's habitans de Capri , je me disposai à partir le soir, pour consacrer la journée entière du lendemain k visiter l'Ile. L'heure arrivée, après avoir pris congé d'Edouar J, qui m'accompagna jusqu'au mâle , je montai sur ma barque , et nous partîmes. Il faisait une belle soirée d'été. L'équipage était composé da patron de la barque et de son fils, jeune bomme de dix-huit ans ; nousvoguions doucement sur ce golfe qu'effleurait à peine un léger vent d'ouest qui enflait notre voile latine ; je voyais, peu k peu , s'ellàcer cette ligne lumineuse qui marque les contours de IVaples , et qui, s'élendant jusqu'à Torre del Greco, semble prolonger la ville jusque-là. Nous avancions, la brise fraî-

chissait, la nuit était belle, et la semblait se balancer sur chacun vagues. Plongé dans une religieusi ditation, je pensais à la France, famille, aux amis bien chers quej' laissés derrière moi , rien ne m( trayait que le bruit monotone rame , qui par isterralte aidait voile , et auquel se mariait la vo mes pécheurs qui chantaient leur patrie. Ces voix «'élevant: •eoj milieu de cette mer si impâiHM calme, me faisaient éproÙTêr^H sations difficiles à peindre. ;^W continuait d'étendre ses omltfVH panorama que j'avsis sons' ^iH^ disparut ■, les chants cessèrent', patron veillait en silence k aamt vre,lesommeil vintaussi s'empai moi, et je ne m'éveillai que lel< main au jour, au moment où ootr que abordait sur la marine de C petite plage seule accessible as partie septentrionale de l'Ile, avions parcouru dix-huit milles (P

A notre arrivée , je fus entou toute la population , ainsi que < lieu dans tous les petits pays de l'I où la vue d'un étranger est toujoi objet de grand intérêt, inspiré doute par la pensée qu'il sèmera que argent} et âpporters qudqui lagement à leur affreuse misère.

Les habttans de la marine de i sont peunômbreuxi quelques péc et une petite brigade de douap voilà ce qui compose sa popiil L'on est obligé de se servir da I montures que l'on trouve dans 11 de la parcourir sur un àoe, qu'n< pagnent toujours uu guide et un rone , dont on se charge plutdt pt

e que pw besoin ; c est une mndefnire ^iTCCtlêliGalesae une au-

à un miilheareus.

plan de moa ro\ase était depuis lemps arrêté; nous partîmes de t lieure, afin il'ériler ta dulcBr.

montâmes le sentier droit qui rât à la Tille de Capri, en passant èe l'endroit Dommé Casti jçlione ,

l'cfn placement répond k celui r des villas Je Tibère , c^e dédi^ ilune. Des eicavations répétée* it décoarrir un réservoir et an pour l'écoulement des eaux; la drcolairedu bâttmratt donne Hea orner que c'était là le Ninfeo ou le bains. Les stacs représentant .

Maires nuirins et des figares ai- ■allié pâlies, moitié poissons, ont été retrouvées , confirment sptnion. Mon cicérone me psiia ideqnanlitéde morceaux de laarrt entre antres me cita un vaae .nnii précieux sur lequel était nnseau que l'on retire d'un puits.

j'arrivai à la porte de Capri,

véritaMe, précédée d'un fossé lé de deux tourelles, et munie )ODt-levis. Toute la partie de la ni s "étend sur le flanc de la monest défendue par un mur crénelé, I sont adossées les maisons qui

pour recevoir un peu d'air et de que de petites ouvertures resint parfaitement à des embrasu- ; qui donne à la ville l'air d'une 'ortifiée. S;i situation est exlréit pittoresque, mais son inté- :»t loin de répondre à ce dehors is;m t. C'est celui du plus mauvais

, et cependant elle renferme dix- ;nts âmes. Les maisons en sont

les rues étroites et tortueuses; ifin ne retrace l'antique maiznifidoot cette ile fut le théâtre En il, il paraît qu'on ne retrouve

PRI. a5

que 1m aonrenira qu'c» y perte.

Il y a une cathédrale avec son pavé en mosaïque T enleré à I'ihi dea paUis de Tibère, probablement e«- Ini ocnsacré Ji Jupiter i le sacristAÏB le montre avec orgueil, ainsi qu'nne ibole d'omemeas attaché» k la cbAese de saint Coslanzo , patron de Vile. Ce* omemens sont des plies antiques de saphirs, de grenat, d'améthyste, recueillies sur le pavé de la villa de Jifc* |Hter< C'était avec ces pfttes, imitant les pierres précieuses, telles qu'on ht fait encore aujourd'hui , et avec des morceauit d'ambre et de corail tailles en camées, qu'étaient jadi» ornés les mars et les plafonds de ces somptueuses villas. Ce qui en reste aujourd'hui sert k la parure du saint de l'Ile et de aoa é^ise.

En deux ^ambéeenous eùlnes fra»* chi cette capitale; mais en revasebe, qnelle fatigue pour parvenir aa som* met oriental de l'Ile! l'on est obligé de monter pendant plus d'une heure un chemin affreux , raide , couvert de pierres, pour arriver enfin à ces célèbres ruines. Je ne dois pas oublier celles de la villa de Juaon-Monela, à laquelle se trouve substituée uue chapelle bâtie par saint Bernard de Sienne, dans ce siècle fameux par les discordes des Italiens, La mer offre de temps en temps, lelong de ce chemin , des points de vues ma;^niGques; quelques rochers, par leur couleur ferrugineuse, contrastent admirablement avec le vert tendre des vignes et des oliviers, qui entourent des casins et de petites maisons rustiques dont les jardins et les champs sont p'antés en terrasses ; l'on voit partout briller des traces de couleurs anlic]Uts sur des murs presque recouverts de plantes parasites.

A ma droite, sur le point culminant

i6 L'ITALIE.

du rocher, je vis les restes de cette tour petite chambre carrée pavée en me

du Phare , qui devait être gi^^antesque, à eu juger par sesfragmens de constructions en brique , et dont Suétone raconte que la chute précéda de quelques jours seulement la mort de Tibère. Rien de plus effrayant que l'abtme sur lequel est implantée cette ruine colossale , qui , après tant de siècles , subsiste encore , pour perpétuer d'âge en âge le souvenir du tyran qui la fit élever.

C'est avec une peine extrême que Ton arrive, en suivant un sentier étroit que borde un précipice, sur le petit emplacement un peu au-dessous de la tour. Là le sol est aplani jusqu'au bord du roc qui laisse apercevoir la mer; à une épouvantable profondeur. Ce lieu devait être celui où Tibère faisait précipiter, par des barbares dévoués à ses crimes^ les victimes de ses plaisirs. Je vis pourtant des femmes s'approcher de ce gouffre, et y vider la corbeille pleine de terre qu'elles portaient sur leur tête. Cette terre provient des eitcavations que quelques malheureuses paysannes continuent. Effrayé de leur audace, j'essayai de les détourner; mais je n'y pus réussir.Ces infortunées languissent dans la misère la plus affreuse, et ce n'est que par un travail forcé qu elles trouvent le moyen de satisfaire quelques-uns de leurs besoins.

Me hâtant d'abandonner ce lieu horrible et par ses souvenirs et par sa situation, j'arrivai aux immenses substructions du palais , qui parait avoir été la principale résidence des empereurs, et la villa Jupiter, commencée par Auguste et achevée par son successeur. Un tronçon de colonne encore debout faisait partie de la porte d'entrée, qui devait être fort étroite, sans doute pour éviter les surprises. Après l'avoir franchie , je descendis dans une

que , où je trouvai quelques reste colonnes. Les murs, suivant l'usage Romains, en étaient de constrw réticulaire, c'est-à-dire composé briques longues et étroites , en f< de losange alongé. La partie loi s'enfonçait dans le mur, la partie ce en formait le parement; ce qui doi au stuc dont on le revêtait plus de dite, et permettait de peindre à fres Un corridor et un escalierdemarbn duisentà l'étage supérieur. Les app mens inférieurs, qui ressemblent à des prisons qu'à autre chose, doi avoir été destinés à la tourbe innoa ble des valets, et pour cette cause i niés CFyptO'^portiques . Dans les cl bres du haut, où fut retrouvé un relief représentant Crispine, femn l'empereur Commode, et Lucilc sœur, je vis des murs encore revéti leur stuc , des seuils de portes en :

bre , aussi bien conservés que s'il naient d'être posés , et deux immi salles voûtées , dont une à moitié i blée. Mon guide me dit que ces salles furent jadis un théâtre el thermes. Je n'eus garde d'oubli!

goûter l'eau d'une source qui let mentait, et qu'on dit être la meil!

de l'île. Parmi ces chambres, il e:

une que l'on affirme positivement i été celle de Tibère : elle conserve core tout son pavé en mosaïque seuil en marbre blanc, et de p restes de stuc sur ses murs. Je m'; tai long-temps dans cette chambre, de réflexions ce lieu fait naître ! i ici qu'au milieu des plus honteuse gies il traçait ses listes de proscrip D'ici partait la mort pour aller pi sur son vaste empire; Rome trem à cent cinquante milles de Capi sénat courbait son front en rece les décrets qui décimaient ses jiro

CAP ES; SéjaD lui-même, ce (îi^ne e d'un telmuitre, n'échappa lu glaive dont il avait frappe tètes : il fot précipité du rucher e six ccQls brasses , où tant de ss avaieot péri. A peine on peut Ire le musissement des vagues , I barque ne paraît de là qu'une dans l'espace.

plus haut point de la montagne [evAJI jadis in partie culminante lais, est occupé par une petite le nommée Santa Maria del Socet par une cellule, l'une ell'aues, à n'en point douter, avecles MX du palais de Tibère elde la t Jupiier. C'est là qu'habite auini un pauvre ermite, qui m'of- •n un de ces repas somptueux ftervaît à Tibère, mais du pain ■B, des (î^ues, du fromage de I et du vin de Gapri , fort estimé liens , mais qui ne me p;irut pas 9e sa renommée; c'est ainsi que poD chrétienne ei:pie en ce lieu, solitude et par les longues priis d'uD moine, les plaisirs infàtle faste orgueilleux d'un empeil j a , dans la présence de cet e, seul habitant de ces ruines ises , de ce moine qui mendie n habit sacré, de ce chrétien qui itre si humble au milieu de tous ivenirs de la corruption païenne, • traits les plus frappans des viides humaines, et peut-être la a plus moralequi soit au monde, itre faudrait-il encore d'autres des de vertus , car c'est trop peu pénitence d'un seul homme pour rilier l'humanité avec les souvee Capri.

itderrière la cellule de l'ermiteque ;ut que se soit passée la scène rapï par Suétone, d'un pécheur qui, -aissant à l'improviste devant Ti-

bère, lui présenta un poisson. L'empereur, cfirajédeln hardiesse de cet homme qui était venu lii en grimpant sur des rochers escarpés, ordonna qu'on lui frottât le visage avec son poisson. Le patient se félicitant tout haut de ne pas lui avoir offert un homard qu'il avait pris, Tibère ordonna qu'on fut le cher« cberdans sa barque et lui fit déchirer la Ggure avec les piquansdececrustacé.

M. Valéry raconte, et ne trouve pas surprenant, qu'un Anglais ait vécu trente ans dans cette ile à peine habitée, et à laquelle il ne reste d'intéressant que les souvenirs attachés à ses ruines. Je trouve qu'il fallait que cet Anglais eût fortement à se plaindre des hommes pour pouvoir ainsi se séqiies* trer de la société.

Mon modeste repas terminé, je pris congé du vénérable ermite, et je me lis conduire au lieu appelé le Camerelle. M°". Starck veut qu'elles no soient que les ruines d'un aqueduc.

M. Raoul Rochette , qui ne partage pas cette opinion, en donne la description suivante:

B Les Camcrelle ne sont plus qu'un long mur construit dans le sens de la longueur de l'île, c'est-à-dire de l'est h. ites chambres

l'ouest,

perce

pci

voûtées, d'une forme et d'une dimension semblable,. desquelles il ne subsiste plus que les arrachcmens, sans aucun débris des murs latéraux. Bans l'état où cette ruine se trouve aujourd'hui , il est bien dillicile d'en déterminer la destination antique, ^ul doute qu'elle n'ait fait partie d'une des villas de Tibère, de celles qui, construites dans la plaine , réunissaient aux jouissances d'un luxe dispendieux tous les agrémens de la culture. Mais pour assurer, comme le font les s a vans du pays , que c'est là l'emplacement de ces infâmes Seltaria, décrits par Sué-

ce queToD doit le plus admirer, ou de la vue qui se découvre ici dans toute sa magnificence , ou de la hardiesse de rbomme qui sut se frayer jusqu'à ce petit coin de terre une voie si périlleuse. Sur une pointe du rocber, l'on me montra une immense enceinte d'un château hdti au temps de Frédéric Barberousse , encore flanqué de tours et occupé par une garaison d'invalides.

Ce monument gothique, en face du palais de Tib^, met en présence deux civilisations tout entières^ l'antiquité et le moyen âge, entre lesquels s'étend un intervalle aussi profond que l'abîme réel qui les sépare.

Me souvenant qu'Auguste prenait plaisir aux exercices de la jeunesse de Gapri , il me sembla piquant de pa^ rodier un empereur romain. En conséquence je me procurai une chaise sur laquelle je m'assis gravement , et je proposai une course entre quelques jeunes gens. Une ligue tracée par moi fut le point de départ , un arbre désigné le but, et quelques ^roni devaient être la récompense du vainqueur. C'était absolument les jeux gymniques des Grecs, dontmeshéros n'avaient conservé que la nudité. Qu'il faut peu de pfaose pour se faire bénir par le pauvre ! Au bout d'une heure j'avais acquis l'amitié de toute cette population. C'était à qui me le prouverait : l'un m'apportait des cailles toutes vivantes . prises dans les tilets qui couvrent l'tle à cette époque , un autre me fit don de quelques oiseaux au joli plumage ; mais dans ma haine pour la tyrannie et pour les tyrans , excitée encore par l'aspect du lieu où. je me trouvais, jem'empressaideleur rendre ta liberté.

Redescendu des hauteurs d'Anna Capri à la Marine, je voulais payer mon tribut de curiositc à la grotte

d'Azur, découverte faite depuis six ans par un étranizer qui se baignait; apercevant une cavité assez profonde sous un rocher, il eut la curiosité d'y entrer au risque de ce qu'il y trouverait; il en sortit émei-veitlc, et raGomii^jÉLqu'il avait vu, il inspira le plÂlwB désir d'aller vériGer si son récit d'jHV pas fabuleux. ^

J'avaisaussi le dessein d'aller Tîâlfï Pestum: jusque-là aucun plan a'ir^ été arrêté ; j'hésitais pour savoir n.jf m'y rendrais pur terre ou par mep:^ mis fin -à mes incerliludes, cl je n " rélai.à ce dernier parlj. Je louaâ^ barque. parlant le leudemai» poot^ Calabre; parnos accords, il t i:i venu que je. pourrais visiter l.i cûtcjjj j employer le temps nécessai rc.Coi il faut voir la i^roLle d'Azur \t»tiâ journée claire et s^ms nwiiii;, j'4 achever ma nuil dans la seule i d'auberge qui existe dans In ville ,1 attendre le lendemain.

Au lever du soleil, je me jetai 1^ mon gros bateau, suivi par un 1 plus'petit qui devait nous scrvirp entrer dans, la i^roCte, mais sur lc( on ne' se hasarde pas de Taire le Icajfit Lagrotted'Azur(PI.3.î)eslâuniiiift et demi de Capri , du coté ouest d^}^ Marine ; cette caverne immense, de ^ me circulaire, est souvent visitée p; curieux , qui , comme moi , :

de se placer sur lu pclile barque it laquelle on ne peut entrer que par Oa temps calme, et en passant sous unaUfir verture cintrée de trois h quatre jâtit de haut et de la largeur du batdct t ee qui d'abord fait craindre de ne naoïmr trer qu'une obscurité complète ) nu», au contraire^ lorsque le ciel est mift nuage, l'on est environné d'uae-JMmière éblouissante, et qui serait infO^ tenablc si elle n'était tempérée par w teinte du plus beau bleu. Peu k peu

xoulucne à celle clarté magi- :'eeL alors que l'on admire à son t>eau(v de ce bain gigantesque ;, dont les contours resplendisineot l'idée d'un palais eocEiaor peu que Vm fût romanestjue , it teaté àe croire qu'une âééttààe en a lait ion boudoir.

tard je m'expliquai ce pibénojamais la moindre oscillation : id altérer la surface de la mer.

é du rocber qui sépare cette e la pleine mer, ne descendant ir d'eau, la lumière y arrive unière borizontate , en tratoule la masse de cette eau : la Méditerranée, qui fait ici lu verre coloré, teignant de »rs le jour qu'il transmet. La xinverte de stalactites , contritre à cet éclat. Toutes ces comi8 produisent un effet de lut pitu surprenant que j'eusse kût je ne puis donner l'idée : comparant à celui produit par teilles de cristal pleines d'eau jni décorent nos pharmacies, ère lesquelles on aurait placé ière.

|ue5 personnes veuleatquel'on eparvcniràrextrémitéde celte à cause d'un reste de maçon* itique qui forme obstacle; ne )as parcourue en entier, je n'ose- Ermer, cependant je doute que laçonnerie existe, et qu'elle ait

'Rf. 3i

servi t comme on veut le faire croire , de communication avec une villa de Tibère oa de Julie- La masse supérieure du rc cher me semble trop considérable pour avoir puétre percée. On apu venir prendre des bainsdans cette voûteenchantée; mais en admettant même des restes de fabrique, nul doute que cette grotte ne soitl'ouvrage delà nature. Sa situation, à la base d'une énorme rocbe perpendiculaire, et la petitesse de son entrée, avaient, par la difficulté des abords, empêché qu'on y pénétrât ; ou' plutât son existence était soupçonnée; mais une superstition populaire , qui la peuplait d'esprits , en écartait les curieux.

Je m'amusai à laisser tomber dans cette eau quelques cailloux que je trouvai par hasard dans le bateau-, Us descendaient très-Ieotement. Mon cdl en les suivant les voyait environnés d'un reflet argenté ; ils mettaient quinze secondes à peu près pour atteindre le fond, où je les distinguais encore parfaitement.

Ce n'est pas sans une espèce de danger que l'on visite cette grotte, car si, dans le moment où l'on y est, unven.

d'ouest venait à s'élever subitement, on risquerait d'y demeurer prisonnier tout le temps qu'il soufflerait.

Je ne dois pas oublier une espèce d'écho qui dénature la voix au point de ne pas reconnaître celle de la personne qui vous parle.

LITALIE,

KASSA, AMALFt, SAftSAinBi PB8TUM9 SBOLZ, &A OATA,

Je partis de Capri à dix heures du matin , et me voilà une autre fois en mer. La vie d*un voyageur est aventureuse; laisser le bien-être pour des privations , un bon dîner pour un mauvais^ telles sont les chances que court un' homme voué à une vie nomnde , tout cela pour aller chercher des notions nouvelles et revenir en faire part à des personnes qui ny attachent souvent que peu d'importance.

Je devais débuter par Massa , située sur la pointe de la Campanella, autrefois promontoire de Minerve.

Massa était déjà célèbre dans les anciens iges; alors, comme aujourd'hui, elle donnait son nom au pays qui touche au Promontoire. Des écrivains nous disent que deux femmes portèrent le sceptre et régnèrent sur cette portion du continent, et sur la ville, où du temps d'Ulysse il existait une académie renommée pour l'éloquence et les sciences qu'on y enseignait, en même temps que ipour la corruption des mœurs des académiciens. Delà la fable des syrènes célèbres par la douceur de leur voix , (■ni perdaient l'imprudent assez faible pour s'en laisser charmer.

Vue de la mér , Massa offre une jolie perspective. Délicieusement située au milieu de champs dé vignes et d'oliviers, sur le versant d'une colline, pas assez haute pour laisser apercevoir les îles des Syrènes, et au pied de laquelle viennent se briser les vagues de la baie de Naples, je ny retrouvai que les vestiges d'un aqueduc parmi d'autres débris. Dans la ville, je visitai la cathédrale qui possède une petite Sainte Famille que Ton me dit ctre de Raphaël , un palais épiscopal attenant

. à la cathédrale et une jolie ég de la Marine. Les habitans n:

rent la fête de cette église le la foire qui dure toute la joi musique que l'on y entend, < feux d'artifice qui la termine:

une occasion saisie par le bi des environs pour venir faire s luxe et de coquetterie ; je i dans cette fête les feriœ sai Latins, empruntées elles -mê Grecs, et j'en conclus que temps les mêmes cérémonies lieu. Les noms seuls ont chan

A Massa je trouvai un jeune établi depuis plusieurs jours liéaveclui en mioins d'un quart En pays étranger, on a beso rapprocher, et l'on n'a pas de perdre en cérémonial : il ava temps de recueillir toutes s notions intéressantes. Je lui de m'accompagner à Pestum , accepta d'autant plus volontie était au terme de ses explorati ces contrées.

Me voilà donc un compagi je ne connais rien de plus trist voyager seul sans avoir à qui niquer ses sensations.

La mer calme favorisait no sein de côtoyer le rivage ; un vent , nous eussions éprouvé d difficultés , à cause de l'oscilh la mer, toujours agitée à cette par l'action et la réaction des ( deux golfes.

Le premier lieu que nous vî est la Marina de' Gantoni ; pu une petite île voisine du rivaj paraît renfermer quelques c souterrains ; mais elle est tran

lui en lïiiTtiiiie, dont les avet fermées par des portes. Les Mit déposées à iVIîissa. L'ayant

nous entrâmes dans une pee , appelée Marina Nerano ,

lui vient d'un temi'ie Jesné- [u'on j rojail aulrefnis. C'est bui un barre de refuse pour cors de SanI- Agala, qui alilies marchés de tapies. Surle lus pûmes apercevoir les vesleniple qui parait avoir été un uré. Danrait occupé toutl'esuutde l'anse, h en juger par

ea pierre , oarnige réticu- 1 noDS ▼tmes. Dans son centre moi réserroir servant appa- , à purifier l'eau. Une portion m aqueduc et quelques voûtes ore débout. Un sentier étroit ■dd'uD précipice, baigné par BS, conduit à une autre ruine, ilérieur nous montra une église m trois parties par deux rangs [ines; six sont en marbre pas deux autres en granit; elles lent des arceaux sur lesquels ànts, ainsi que sur les murs, Etsde l'Ecriture. Ces peintures M la renaissance ; elli,s sont en it, si l'oji considère que l'édifice i toiture; le chœur, à l'exception droits où le stuc est tombé, le aussi des fresques assez bleu 'ées. Des pécheurs nous dirent awit été dciîiée à saint Pierre.

ésW rappelle celles bâties du de Constantin. Les murs ex téwol construits avec des vases rs spliêriques , placés Irùs-prcs ' des autres , précisément , me iUiam, comme ceux du cirque frl à Rome depuis peu , et reavoir été consacré au Gis de W: s'il est vrai que ce mode de iciioQdatedutempsdeMaxence,

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cette é^lîw aurait probablement été bâtie peu de temps après celte période.

De petites chambres modernes ont été ajoutées dans la suite h l'édifice', et sur im des mars est une inscription.

Probablement ces peintures furent faites dans le quinzi&me siècle, ainsi q uc I es chambres occupées par un pieux ermite qui donnait des secours aux marias en danger ; on découvrit , il n'y a pas long-temps , sous le plancher de la sacristie , un nombre considérable de monnaies. Près de l'église était un cimetière qui s'est écroulé dans la mer.

Mon loin de la Marina Nerano est le village de Torca , anciennement Theorica , nom qui dérive sans doute de la procession qu'on y faisait de toutes les divinités, pour se rendre dans un temple d'Apollon. Avant l'ère chrétienne, une procession partait tous les ans du Panthéon de Surrentum et se rendait aux temples de Minerve et d'Apollon pour y célébrer la fête du Lectisterriium. Le canton de Massa était obligé de fournir les personnes qui l'accompagnaient et de leur donnerdes vivres et du vin. Aujourd'hui une procession va annuellement de l'église de San-BacoloàSorrentOj aux églises qui ont remplacé les temples détruits, et les babitans de la moderne Massa sont obligés, comme autrefois, de fournir les personnes , les vivres et le vin.

Ainsi les anciennes coutumes se retrouvent, les images des divinités païennes ont fait place à elles vénérées de la Vierge et des saints.

De Torca à Amalfi, la côte n'avait rien d'intéressant ; aussi nous nepous arrêtâmes pas, et notre barque nous porta en vue de cette dernière ville où nous descendîmes.

AmalC(PI.35) est bâtie en amphithéâtre ; sa cûle escarpée , ses bois d'o-

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livîiers et de myrtes, ses grottes, ses ruines, ses pr6:ipi€es et ses blanches maisons, autour desquelles se groupent des massifs d'orangers, ses cascades si belles après un jour de pluie, méritent Téloge qu'en faisait Bocace lorsqu'il la citait comme une des plus délicieuses contrées de l'Italie.

Autrefois république puissante du moyen âge, célèbre par ses armes et par son commerce en Orient , qui rivalisait avec celui de Venise, Amalfi vante la plus haute antiquité, quoique les historiens ne la fassent pas remon* ter au delà du troisième siècle , en en attribuant la fondation aux familles romaines fuyant la persécution des Goths. Mais laissant à part les fables, dont tout peuple ne manque pas d'entourer son origine , citons les titres que ses habitans ont véritablement à la gloire. Déjà riches et puissans à l'époque des Croisades , ils aident de leurs armes et de leurs vaisseaux , qui couvraient les mers , les chrétiens qui volent à la conquête du saint sépulcre *, en i02U>, nous les voyons fonder cet ordre de religieux hospitaliers, devenu depuis l'ordre de Malte; saccagée en 11 35, c'est dans leur ville que l'on retrouve les Pandectes de Justinien; enfin, en i3oa, un Amalfitain, Flavio Gioja , invente la boussole.

Son code maritime servit long^ temps de règle aux autres nations , et encore aujourd'hui forme la base de la jurisprudence de mer.

Sa sagesse et sa puissance ne la préservèrent pas du joug. Elle fut conquise par Roger^ duc de Galabre, dont elle^vait excité la jalousie, et pillée deux fois par les Pisans. Ce fut cette seconde attaque qui compléta la ruine d'une ville peuplée de cinquante mille habitans, et surnommée la reine des mers.

LIE

Aujourd'hui sans splendeur, n'est citée que ]>our ses fabriqu macaroni , le meilleur du n^a et ses papeteries. Son aol ne f|^ pas de quoi l'alimenter, ri>ft?d<k courir à Salerne ; ce qui, dàas hM de bourrasque , rend trè84piréeuM approvisonnemens ^ car .là méti terre est impraticable aux i«tt|| Entre ses deux cascades est miH derie où se travaille le fer qiAMiV nie d'Elbe. ' = ■%

La porte de la mer panlt ancienne; la cathédrale, gi édifice qui renferme les saint André, s élève fièreuMrtP ruines d'un ancien temple vîmes un vase antique de poéiAÉlI vant de baptistère , et deax Jm|| lonnes de granit rouge d^Orifati colonnes qui ornent le mattre-aiit^ également antiques. Sur le mur d glise, dans un endroit obscur, e bas-relief dont la sculpture, évi< ment grecque, est fort belle s il n sente la Discorde sous les traits i femme assise dans un char tratm des serpens, et chassant devant d groupe de figures, parmi lesqt^ll distingue Cérès; ce char est |M par un autre que traînent dea.iMi et que guide un homme âgé traits de Pluton. On nooB descendre sous la csithédrale un crypte , supposé avoir ftlfe^ d'un temple payen, et oni4-dtoj peintures probablement appétéén à l'école florentine , et une fâ^H bronze de saint André« ; ^i

Sur une hauteur auprès d^^^ est un ancien fort Mti peélÉ| mains, d'où l'on jouit d'an admirable. Plus haut cienne ^lise, qui ne eoiilieBi.ttii remarquable qu'une coloime de — cipolin avec son chapiteau oorintJ

SALERNE elil village d'Atrnni , pnlrie de ello , tout près d'Amalli, offre lument lrè**urieuK , ce sont les iefs en bronii! des [lorles de l'é- I San SaWalore, avec l'inscrip- B l'année lo8^, époque de la ur de la république d'Amnllî.

srtes , commaDdées par PanEnl^ïaretla pour le rachat de son ont aujourd'hui les plus nncieu- I nombreuses portes en bronze

rie.

1 avions vu h peu )>rè5 tout ce te plage od're d'inlércss.iDl ; nos nous conseillèrent de profiler î da jour pour nous rendre h , d'autant qu'il ëtait à craindre cndemain la journée ne fi^t pas fUe. Reconnaissant la sagesse ■eîl, nous regagnâmes notre

Toici à Salerh , au fond du ri porte ce nom. La ville estbftlïon dans la plaine et portion lontagoe , d'oii s'eihalent quelpeurs sulfuriques , qui , jointes > des rizières, rendent la ville Isaine en été. Danscette saison, tans un peu aisés se rcfugienl à

petite ville peu disIante,OÙ

excellent (PI. 35).

Romains s'emparèrent de Sadans l'orijjine château fortifié entins , et en firent un rempart ses premiers maîtres. Tite-Live

pprcnd qu el

: devint colonie

e, sept ans après la seconde punique. Elle ne tarda guères à

florissante; cependant nous ne ns pas figurer dans l'histoire de épublit^ue. En ioo5, quarante ers normands la sauvent du pilde la destruction dont elle était ■e par les Sarrasins qui l'assié-

y et finirent par s'en empa-

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