‹ L'ItalieChapitre 27 sur 56 · VÉSUVE · texte numérisé non relu

VÉSUVE

, par leur réunion et leur enent, un golfe agréable, Tient nùoéc et ses eavirocs fort malpar un tremblement <lc terre en c'est-à-<Iireilaiis une saison que ncétres crojaient exempte des de cette nature. La Cnmpanie, l'avait januis été sans alarme , qui su moins s était trouvée sans lie jusqu'alors , fut en i^ranJo e ravagée par ces violentes secs du globe. Une partie d Herum a été ilélruite ; la colonie de ia a été endommagée. La ville iples a essuyé des pertes plutôt ulières que publiques, et acte menl éprouvée par ce redoutable Plusieurs maisons de campagne cime des montages ont ressenti ictnisse» sans effet. On ajoute troupeau de six cents moutons OBÛe, que àfs statues ont été (,ct qu après cet événement fuon vit errer dans les campagnes nmes privés de connaissance et

K ans d'une tranquillité trom-

l'écoulèrent, après lesquelles la çne déploya de nouveau son ac-

efFravnnte. Pline le jeune a ,i»ec des détails très-circonstantmûiiiment curieux , cette érupflreuse qui laissa après elle des nirs iDeliârables.

0» une lettre à Tacite, il com- 'pir raconter la mort de son onli pïrit, dans cette éruption, le de son courage. Il était, à "i commandant la flotte romaine.

■"ï iJobserver de près un aussi ''* phénomène, et de porter du " ani malheureux menacés de '"i il monte sur un vaisseau , "«'«golfe et se fait conduire à ^; partout règne la terreur et la aioD, on fuit de tous côtés. Pline,

cependant , pour rnssurffi Mn uni Pomponianus , chez lequel U 4tait dèk" ccndu , se livre au sommeili mail, r£< vedlé par le tumulte, il eat forcé ds fuir jusqu'au rivage oii, trouvant la mer trop agitée pour s'embarquer, il s arrête , demande dcl'e«u, et se couche sur un drap qu'il fait étendre; bientôt des flammes, qui parurent plus grandes et une odeur de soufre qui annonçait leur approche, mirent en fuite ceax qui l'accompagnaient; il se lève appuyé sur deux serviteurs qui ne l'avaient point abandonné, et dans le moment il tombe mort: trois jours après, on retrouva au même endroit son corps entier couvert de la robe qu'il avait quand il mourut, et dans la position d'un homme qui repose.

Dans une seconde lettre , Pline continue ainsi, pour répondre à Tacite qui lui avait demandé des détails plus circonstanciés :

a Après que mon oaele fut parti, je continuai l'étude qui m'avait empêché de le suivre. Je pris le bain, je soupai, je me couchai, et dormis peu, et d'un sommeil fort interrompu. Pendant plusieursjours,un tremblement de terre s'était fait sentir, et nous avait moins effrayés, parce que la Cnmpanie y est sujette. Il redoubla pendant cette nuit avec tant de violence, qu'on eût dit que tout était, non pas agité, mais renversé. Ma mère entra brusquement dans ma chambre , et trouva que je me levais, dans le dessein de l'éveiller si elle eût été endormie. Nous nous asseyons dans la cour, qui ne sépare le bâtiment d'avfc la mer que par uu fort petit espace. Commeje n'avais que dix~huit ans, je ne sais si je dois appeler fermeté ou imprudence ce ([UC je fis : je demandai Tite-Live ; je me mis à le lire, et je continuai à l'extraire, ainsi que j'aurais pu faire dans le plus

t'ITA

1 calme. Un ami de mon onde

ent ; il était Douvellement arrivé

spagne pour le voir, Dèa qu'il nous

Tçoit, ma mère et moi , assis, moi

un livre à la main, il nous reproche,

&' elle 9» tmiiuuiliité , à moi toA COQ-

6ance. Je n'en levai pas les yeux de dessus mon livre. 11 était déjà sept lieuresdu matin, etil ne paraissait encore qu'une lumièrefaible, comme une espèce de crépuscule. Alors les bÂtimens furent ébranlés avec de si fortes secousses, qu'il n'y eut plus de sûreté à demeurer dans un lieu , à la vérité découvert, mais fort étroit. Nous prenons le parti de quitter la ville: le peuple épouvanté nous suit en foule , nous presse, nous pousse; et ce qui, dans la frayeur, tient lieu de prudence, chacun ne croit rien de plus sûr que ce qu'il voit faire aux autres. Après que nous fûmes sortis de la ville , nous nous arrêtons ; et là , nouveaux prodiges, nouvelles frayeurs. Les voitures que nous avions emmenées avec nous étaient à tout moment si agitées, quoique dans un chemin très-uni , qu'on ne pouvait, même en les appuyant .ivec de grosses pierres, les arrêter en une place. La mer semblait se renverser sur elle-même, et être comme chassée du rivage pari ébranlement de la terre. Le rivage en effet était devcnujilus spacieux, et se trouvait rempli de dilierens poissons demeurésàsecsurle sable, Al'opposite, une nue noire etborriMe,d'oLi sortaient des feux qui scia m'aient en serpentant, s'ouvrait et laissait échapper de lonijues fusées semblables à des éclairs, maïs qui étaient beaucoup plus grandes. Alors l'ami dont je viens de parler revint une seconde fois et plus vivement à la charge. Si votre frère, si votre ooclc est vivant, nous dit-il, il souhaite sans doute que vous vous sauviez, et s'il est mort, il a

VESUVE,

ioo malheur, celui-ci le sort âe ses plus forte; carte tremblement deterro

procbes. II s'en trouvait à qui la crainte continuait , et beaucoup de gens , dans

de la mort faisait invoquer la mort un esprit égaré, se plaisaient à ag-

même. Plusieurs imploraient le se- graver leurs maux et ceux des autres,

cours des dieux; plusieurs croyaient par des prédictions effrayantes. Ce-

(ju'ilji'j en avait plus, et comptaient pendant, malgré tout ce que nous

que cette nuit était la dernière et le- avions soullert et ce que nous avions

lernelle nuit, dans laquelle le monde encore à craiodre, nous n'eûmes pas

devait être enseveli. On ne manquait la moindre pensée de nous retirer, que

pas même de gens qui augmentaient nousn'eussionseudesnouvellesdemon

la crainte raisonnable et juste, par des oncle. Vous ne lirez pas ce récit pour

terreurs imaginaires et chimériques, l'écrire, car il ne mérite pas d'entrer

Ils disaient qu'à Misénc ceci était dansvotrchistoire;etTousn'imputerez

tombé, que cela brûlait; et la frayeiu" qu'à vous-même, qui l'avez exigé, si

dûiinaît du poids à leur mensonge. 11 vous n'y trouvez rien qui soit digne

parut une lueur qui nous annonçait, même d'une lettre. Adieu. »

nonle retour du jour, mais l'approobe Un siècle après, Plutarquc ajoute

du feu qui nous menaçait, il s'arrêta encore à ces détails, et, cinquante ans

pourtant loin de nous. L'obscurité re- plus tard, Dion Cassius, ymêlantle

vient, et la pluie de cendres recom- récit d'bistoires merveilleuses et de

mence, et plus forte et plus épaisse, fables, créées et répétées parle peuple,

Nous étions réduits à nous lever de ditqu'unegrandedisettes'ensuivit,que

tfmps en temps, pour secouer nos ha- des trcmblemcns de tçri-g ébranlèrent

bits, sans cela elle nous eût accablés le pays, et furent accompagnés de

et engloutis. Je pourrais me vanter bruits borribles , tant sous terre que

tpi'au milieu de si afireux dangers , il dans l'atmosphère , la mer rugissait ,

ne m'échappa ni plainte, ni faiblesse; et l'on entendit des éclats affreux,

mais j'étais soutenu par cctteconsola- comme si des montagnes se déchiraient;

tion peu raisonnable, quoique natu- d'énormes pierres furent lancées, ainsi

reUe à l'homme , de croire que tout l'u- que des masses de feu et de fumée , de

nivers périssait avec moi. Enfin cette sorte que l'air en était obscurci , et le

«paisse et noire vapeur se dissipa peu à peu, et se perdit tout-à-fait, comme une fumée ou comme uu nuage. Bientôt après parut le jour, elle soleil même, jaunâtre pourtant, et tel qu'il a cou-

ileil avait disparu comme pendant ime éclipse. Des amas de cendres couvrirent la terre et la mer, détruisirent tout, et ensevelirent deux villes entières, Hcrculanum et Pompeï , au

tume de luire dans une éclipse. Tout moment où le peuple se trouvait au

se montrait change à nos yeux troublés théâtre.

eacore; et nous ne trouvions rien qui Les cendres furent portées jusques

De fût caché sous des monceaux de eu Afrique, en Syrie et en Egypte,

cendre, comme sous de la neige. et elles occasionèrent une grande ter-

DeretourhMisène,aprèsnousêtreun reur à Rome, où l'air en fut tellement

peu refaits de la fatigue, nous passons chargé, qu'on ne vit pas le soleil pen-

dans une cruelle incertitude de notre dant toute une journée, sort une nuit partagée entre la crainte Gallien et Eutrope en parlent dans

et l'espérance ; mais la crainte était la le même sens.

A €({s detcripiions de la première Ariipti<Hi, nous ajouterons un abrégé soinmaire de celles qui ont suivi. En général, elles ont entre elles de grandes ressemblances, mais aucune n'a produit d'aussi grands effets. Nous ne nous étendrons particulièrement que sur les plus remarquables par leurs ravages DU par des phénomènes singuliers.

Nous faisons précéder ce sommaire de leur tableau chronologique. En voici les dates :

ao3 ]

i5oo

5ia ]

i6fti

lo36 :

]8ao

ii3S :

xi39 ;

L'éruption de 4?^ <^ été citée par Sigonius dans son histoire de l'Empire d'Occident ; il prétend que l'Europe en« tière fut couverte de cendres fines , et quil en tomba à Gonstantinople, où elles causèrent une grande surprise , et produisirent même quelques alarmes .

Outre le mal que celle de ggS fit à plusieurs villes d'Italie , elle brûla Rome en plusieurs endroits , et mit le feu à la cathédrale de Saint-Pierre. On ît alors des supplications à l'apotre pour implorer son aide , afin de préserlerver rédifice , et Ton prétend que le eu s'éteignit de suite.

La septième commença le 27 février [o36. Un moine du mont Cassin en lonne udc description qui fait croire [u'elle dut être considérable , puisqu'il lit que les flancs de la montagne s'enr'ouvrirent et qu'il en sortit un torrent le matières liquides qui s'étendit jus- [u'à la mer. Le cardinal Damiano parle le la croyance qui commença à se ré- )andre, que des esprits infernaux

VESUVE.

I îles environs se desséchcrenL. Le îeembre , au milieu de lit nuit , on atil dans lea environs delà monede violentes secousses qui duréprcMjue «ama ioterruptioa jtuque le matin, tpt'im vit une immvDM sue de famée noire et épaisse s'ér dans les sira , et prendre la forme ipin (i), Ainsi que le décrit Pline, leroptionde Tg.Unenuitobscure [oppa Je golfe ; une pluie de cendre s sable couTTÎt au loin les envi- ; le tonnerre retentit du fond de masse, et l'obscurité ne fut distpar intervalles, que par la clarté elairs et les globes de feu que lan»

'thime.

I convulsions se terminèrent par Bsplosion. La montagne s'ouvrit ké de S.-Giovanni-à-Teduccio, Reot de lave en sortit et se divisa pt branches, brûlant des jardins, vignes et des villes. Portici et «furent détruits, et la lave, rouies flots enflammes h la mer, eni après elle une partie des deux Bjune des brancbesse dirigea vers 'adonna dell' Arco. Ce pays", si , n'oflrit plus que les restes d'ua incendie. A ces torrens de feu, ièreot des torrcos d'une e.iu ante qui , sortant des flancs de la igne, entraînèrent du sable et indres , et dévastèrent ce que le ■ait épargné. Un tremblement de dont les effets se Greot ressentir des, où des édifices furent reni, vint encore aug^raenterlafniveur ibitans, et compléter cette scène cur. Ces torrens d'eau cessèrent, ce fut pour recommencer queljours après avec plus de violence.

. provinssent des pluies lomhccs ondance les jours précédcns, ou

que cette eau eUi été pompée dans la mer, et rejetée par le cratère, c'est une opinion incertaine. Ce qui a pu faire

naître cette dernière supposition, c'est l'agitation extraordinaire qu'on remar* qua dans le golfe, et comme il est rare qu'une opinioii, même absurde, ne rencontre pas des partisans, il se trouva à Maples beaucoup de personnes qui affirmèrent avoir vu flotter dans ces eaux de l'algue marine, et des poissons mortt. Ce ne fut que le a5 février que l'éruption cessa, après avoir duré soixante»

dix jours. Le nombre des victimes qu'elle flt fut considérable. L'abbé Sraccioi fait monter à trois mille les individus qui j périrent, et d'autres auteurs vont jusqu'à dix mille. Cinq cents personnes^ qui se rendaient en procession vers Torre del Greco, furent noyées par uu de ces torrens.

Ce fut en 1737 qu'eut lieu la vingtdeuxième, observée par Don Francesco Serrao , premier méi.Iecin du roi de Pf aples , qui en donne une description , dont voici l'abrégé :

Le Vésuve fumait depuis sept ans.

D'après l'opiuion généralement admise parmi les observateurs, que lorsqu'il jette de la fumée , on doit peu craindre une éruption, 00 était dans la plus grande sécurité. Le i4 et le i5mai, cette fumée se montra accompagnée de flammes; elle augmenta considérablement dans la nuit , alors le volcan comjnenra à lancer des pierres ardentes, et l'embrasement continua plusieurs jours, paraissant tirer son activité d'une quantité prodigieuse de soufre, dont le sommet de la montairne était

ni, Tort Cl

•jt UaVK.r. PI fj^.

Le 20, la violence de l'incendie avait augmenté, au point qu'on voyait en plein jour la flamme s'élever au-dessus du cratère. Vers le soir sa fureur redoubla, et continua jusqu'au lende-^

L'ITA

I qu'une explosion épouyantable lera d'inspirer la terreur aux villages ralentour.

Sur le soir, on aperçut une crevasse lans la montagne, et le volcan vomit les flammes par cette nouvelle bouche; nais, telle fut Tactivité du feu et la [nanti té des matières embrasées, qui )OuilIonnàit dans le gouflre , que l'on ne rit point de diminution dans la gerbe en bmme qui jaillissait du cratère. Cette natière paraissait enveloppée dune rapeur sombre, sillonnée sans cesse Mir des éclairs d'iin rouge ardent; andis que la lave, débouchant par la Tcvasse, se ' précipitait sur Résina, l^ersneuf'bebres, le torrent parut raentir sa course ; le rouge ardent des natières en ^fusion commençait à perdre un peu de son éclat , et l'espoir i'un calme prochain remplaçait la ter- 'eur. Cependant la masse de la gerbe supérieure ne diminuait pas ; le retentissement ne cessait point, et lair munissait toujours avec la même fureur.

Al onze heures, la crevasse recommença i vomir de nouvelles matières ; les lammes et la fumée en sortirent avec plus de violence ; elle jeta des pierres , ;e qu'elle n'avait pas encore fait. Le torrent reprit son cours avec plus de ^apidité; la montagne paraissait en feu , tant à cause des flammes, que par un îflet de réverbération sur les lourbilons de fumée qui les environnaient.

3n l'entendit alors éclater avec fracas, comme si elle se fut al)îmée sur îlle-méme ; et, pendant quelque temps îlle tonna de la sorte sans discontinuer Les secousses étaient aussi cpouvanables que fréquentes ; ce fut alors que ous ceux qui s'étaient obstines à rester îhez eux , en furent arrachés par la Tayeur. Chacun fuyait avec horreur les lieux que le feu et la terre à la fois nenaçaient d'engloutir.

VESUVE

ne produisit pas, comme la première fois, cette vapeur sulfureuse, mais il s'en exhala une odeur infecte, qui occasionait de violentes douleurs de tête. Ces laves parurent embrasées jusqu'au 26, que leur surface devint noire , et pendant plus d'un mois , elles conservèrent encore assez de chaleur poar mettre le feu à un bâton qu'on y enfonçait. Serrao évalue la quantité de matières sorties du volcan, pendant ces vingt-deux jours, à 3i9,658, 161 pieds cubes , équivalant à une lieue et demie carrée , ou bien à une montagne dont ■ toutes les dimensions seraient ^es , et auraient six cent quatre- Tingt-trois pieds.

Le Vésuve se reposa quatorze ans , jusqu'en 1761 , qu'eut lieu sa vingttroisième éruption ( PI. 40- Le aa octobre j à cinq heures du matin , on entendit de fortes explosions du côté de BpfCQ*Reale ; le lendemain on ressentit à Blasta et à Naples des secousses de tremblement de terre , enfin le 25 , les flancs de la mpntagne s'entr'ouvrirent arec firacas du côté de Bosco-tre-Gase.

L'aniciéiiné lave fut soulevée , *et un tomsÉià dé matières liquides descendit dafli^'h plaine et roula d'abord vers ce'î^age , puis cïiangeant de route , se diri^iéir vers le Mauro , traversant une disUtiEkoe' de quatre milles, ou deux lieiiet^ À huit heures, et dévastant tout sur ma cbemin. Elle combla uii vallon d'une iatgenr de quarante pieds , et d'ubè profondeur de soixante-cinq. Six mois après, cette masse de lave avait encore une chaleur violente et insupportable , et il s'en exhalait une vapeur de soufre et de vitriol qui ôlait la respiration.

Le 2 décembre 1754 > commença la vingt-quatrième éruption, elle dura six ans. Le Vésuve vomit presque continuellement des laves. En 1760, il N.

s'ouvrit au pied delà montagne, douze bouches h feu , avec des éclats semblables à des décharges d*artillerie ; la lave, après avoir parcouru quatre à cinq cents toises, s'arrêta le 23 décembre ; le 28 , un autre ruisseau prit son cours sur la Torre , et le lendemain s'arrêta à douze pas de la mer ; mais les émissions de fumée et de pierres ne cessèrent que le 7 janvier.

Celte éruption- répandit dans l'at mosphère ime vapeur si meurtrière que la plupart de ceux qui la respiraient périssaient en peu de jours. Les cadavres se couvraient de taches pourprées, et l'autopsie découvrait le poumon et le ventricule droit du cœur prodigieusement gonflés par la quantité de sang qui s'y était porté, à peu près de la même manière que chez les personnes asphixiées par la vapeur du charbon.

- Le chevalier Hamilton a fait la description de l'éruption. de 1767; en voici l'abrégé :

Il s'était formé, dans une petite plaine ressemblant à. la Solfatara, un monticule de la hauteur de i85 pieds , qui servait de cheminée principale au volcan. Du sommet de ce monticule , jaillissait une fumée noire et si épaisse, qu'elle ne paraissait sortir qu'avec difficulté : on voyait les nuages s'élever les uns sur les autres eu mouvement spiral et rapide, et à tout moment de grosse» pierres étaient lancées à une hauteur considérable. Cette colonne de fumée fut portée jusques à Capri.

Déjà la lave était parvenue au vallon , lorsque la nuit vint encore ajouter son obscurité à cette scène d'horreur. Une violente détonation se fit entendre, et, lorsque le jour parut, on découvrit que la montagne s*était ouverte depuis le sommet jusqu'à son milieu, et que , de cette nouvelle bouche sortait une

fontaine de feu liquide qui s'éleva à plusieurs pieds de hauteur, la terre tremblait, et il tombait une grêle de pierres ponces. En un instant, des nuages de fumée noire et de cendres causèrent une obscurité presque totale, les explosions ressemblaient au tonnerre le plus violent , et Todeur de soufre était excessivement forte. En un peu moins de deux heures , la lave avait déjà couvert trois milles de chemin ; elle avait cependant près d'une lieue de largeur , sur yo pieds d'épaisseur.

Le roi et la cour furent obligés de quitter Portici ; dans le moment où le dé« part s'effectua , le bruit était déjà considérablement augmenté, et lapercussion de l'air tellement violente , que nonseulement des portes et des fenêtres dans le palais en furent enfoncées, mais encore une porte fermée à clef s'ouvrit avec fracas. Les mêmes accidens eurent lieu àNaples. Outre ces explosions trèsfréquentes , on entendit dans la nuit un bruit souterrain et violent qui dura cinq heures; peut-être était-il causé par la lave qui avait rencontré quelques dépôts d'eau de pluie dans les en« trailles de la montagne , et le combat entre ces deux élémens, produisait ces sifilemens et ces bruits extraordinaires.

On ne saurait donner une idée de la confusion de cette nuit dans Naples.

La retraite précipitée du roi vint encore augmenter les alarmes. Toutes les églises furent ouvertes et remplies de monde ; on ne rencontrait que processions dans les rues. Le lendemain 20, il fut impossible déjuger de l'état du Vésuve , à cause des cendres et de la fumée» qui le dérobaient aux yeux. Le soleil avait la même teinte que lorsqu'on le regarde à travers un verre noirci ; il plut des cendres toute la journée.

Le a I fut plus tranquille , mais le

laves coulaient toujours aïKC ^ Portici fut alors dans un danj table , la lave n'en étant éloig d'un mille et demi ; heureusen changea de direction , et , ven elle se ralentit.

Le aa, le bruit recommec avec encore plus de violei s'attendait à chaque instant que événement sinistre. Les pleuvaient dans Naples en ai abondance, que l'on fut oblig servir de parapluies. Les toits i sons et les balcons en furent co ainsi que des vaisseaux à ving en mer* Le 2149 tout cessa.

Cette éruption fut courte , n lente; la lave tomba dans le creux dejbsso ^ande^ et, < ce chemin n'eût pas moins de !i< de profondeur et 1 00 de largeu comblé en cet endroit. « Je :

jamais cru, ajoute sir HamiltaOi si grande quantité de matièrei se répandre en aussi peu de tei je n'en avais été témoiiA »

Le jour suivant, il n'y eut grande quantité d'éclairs qui 1 paient d'une colonne de fumée et qui étaient accompagnés < nerrcs. On vit aussi une autre es météore qui ressemblait à c< appelle des étoiles tombantes, remarqua que les cendres qui pandirent dans la dernière je étaient presque aussi bh-mches

neige.

Si, de 1767 à 17791 le V6 se reposa pas, du moins n'ofTri de remarquable jusques au n juillet que commencèrent à s^ fesler les premiers sjmptàaie éruption très^fortet Pttioo l'u crite comme ténKHII OCvUirOi crois pouvoir niew fwfe^pwii

YBSnVB. 69

ûd la namitioB qa'il nooi en a virmu, et en £ûMiit un taUeau ausài

brillant que ceux que nous avons de la fameuse éruption de 1 767. Le 6, la gerbe s'abaissa presque absolument 1 la lave cessa d'avancer, et se décolora presque entièrement.

» La journée du 7 la mitttagne fut asseï tranquille; cependant le soir, entre onxe beures et mînnH , la lave commença de nouveau à couler t il vint un gros nuage orageux qui , en s'ap^ prochant de la montagne 9 fit l'effet de la barre de f«r que l'on approche du tube âeotrisé 1 il couvrait la montagne d'aigrettes et d'éclairs sillonnans. La lave, qui avait coulé, colorait d'un rouge ténébreux le dessous du nuage , et la gerbe du sommet éclairait des nuages supérieurs de couleur de sang , ce qui commença à effrayer les habitans de Naples. Le 8 , au matin , la lave avait cessé , mais le feu du cratère annonçait une grande fermentation intérieure. A l'entrée de la nuit la bouche lança de grosses pierres enflammées qui roulaient du haut de la montagne jusques en bas. On entendait une rumeur qui annonçai t de grands événemens : effectivement, à une heure de nuit , la gerbe devint considérable ; le calme était parfait; il n'y avait pas un nuage dans l'air : le feu de la montagne, par la nuit la plus obscure , éclairait à lire sur le mâle. Le bruit avait diminué, lorsque tout à coup il s'élança dans l'air une fumée noire à laquelle le feu suc* céda ; la montagne s'ouvrit au sommet du côté de Somma ; la bouche devint immense , et il s'en éleva une colonne de matière fluide, de fumée et de pierres enflammées , qui formèrent une gerbe de feu de dix-huit mille pieds d'élévation, selon le calcul de tous les géomètres ; ce qu'il est facile de véri-« fier, la hauteur de la gerbe ayant plus montagne , sur les campagnes des en^ 1 de trois fois le diamètre de sa hase , qui

Le jet de feafnt de plus de 18,000 fiida.

, « Danslesdemiersjoursdejuillet,

k fien se manifesta d'une manière

|fai8 décidée s il s'ouvrit une bouche

M sommet qui Lunça quelques pierres,

at d'oà sortit une lave qui commença

àFenlrée de la nuit^ et qui en deux

heatm ayait déjà fait un dcmi-mille«

Gette lave descendit le lendemain

JMfne dans la vallée de iSomma,

caMa, et s^éteignit le jour d'après.

Ls 3 d'août, deux beures avant la

ant, la montagne fit entendre un

gmnd bruit intérieur, et à la nuit on en

apesçnl le flanc couvert de quatre ou

flief miaseanx de lave igui partaient

im petites. euveiitinpea qui s'étaient

fthesà la partie d'Ottajano, aux deux

tiMS et la hauteur de la montagne.

I0 4« ^ ^^^^''^ heures après midi, il

iKtil 2o cratère une grande colonne de

fumée qui s'éleva tr^baut. Le soir le

lommel jetait une lueur sombre, la

lave en aortit de nouveau avec tant d'à*

bondaeoe, qu'elle eut bientôt atteint

edle qui sortait par le flanc , et en ferma

les ouvertures.

s Le 5 , à la nuit , la montagne était tout en feu ; il n'y avait ni nuage ni fumée : une gerbe de feu qui partait du cratère s'élevait en ligne perpendiculaire à une hauteur extraordinaire* La lave qui s'épanchait au pied de la gerbe coulait depuis le sommet jusque dans la vallée de Somma , et s'y partageait : une partie tournait du côté d'Ottajano, l'autre prenait la route de l'ermitage et de Résina , ce qui traçait une route en terrasse diversement colorée depuis le bas de l'escarpement de la montagne jusqu'au sommet. La vapeur embrasée qui sortait de ce torrent reflétait sur la

était Fespace du Vésute au sommet de la Somma , c'est*à'dire plus de six mille pieds. Jamais spectacle plus grand et plus étonnant; jamais convulsion de la nature plus effrayante, suivie d'effets moins funestes, au-dessus de toutes descriptions; la peinture même ne peut y arriver. La plus faible imitation paraîtra toujours incroyable à qui ne l'aura pas vu. La colonne de fumée, bien qu'elle se dirigeât sur Ottajano, était si âevée, quelle paraissait couvrir Naples. En un instant la montagne ne parut plus qu'un globe de feu , et bientôt après disparut dans la vapeur. Des foudres coupaient dans tous les sens la gerbe de feu et la colonne de fumée.

La pluie de feu était devenue si considérable, que le sommet de la montagne semblait avoir été lancé en l'air.

Des pierres grosses comme des tonneaux , quoiqu'elles ne s'élevassent pas à beaucoup près autant que les autres, étaient vingt -cinq secondes à retomber dans la vallée de Somma , qui en paraissait toute comblée. Les broussailles de la Somma et le bois d'Ottajano s'enflammèrent tout h coup , soit par lardeur du feu , soit par les foudres qui n'étaient produites que par l'éruption , soit par la quantité de pierres enflammées qui y tombaient. Cet incendie jeta la consternation, et bientôt l'épouvante, en faisant connaître le danger d'un phénomène dont Teflet allait toujours en augmentant. La populace s'abandonna à tout l'efiroi dont elle est susceptible; on entendait des cris de toutes parts. Le chemin de Portici se trouva couvert de tous les babitans de Résina, Torre del Grecoet dell'Annunziata, qui portaient leurs enfans, et ce qu'ils avaient de plus précieux ; et tout cela se passa dans l'espace de vingt-huit minutes quedural'éruption, qui finit tont-à^oup , et laissa revoir

la montagne avec à peu près les i formes qu'auparavant , mais co de feu, qui dura la moitié nuit. Ce spectacle avait été traordinaire , qu'à peine cessé il un rêve à ceux qui en avaie les plus froids spectateurs. Le main on apprit les dégâts de la Ottajano écrasé et à moitié brûl bomimes tués, d'autres bleèsés, huit pouces de cendres, poE pierres sur la surface de la ter suivantla directiondu vent , des et des cendres portées à cin( milles. On en a envoyé de Grot narda et de Monte Fusco , du p( deux onces.

» Le lendemain g, la montagn tranquille ; mais cependant l'ér recommença, la lave coula avec d'abondance , mais la gerbe de fei vait tout autant. Comme c'était V et qu'on ne voyait pas de feu, n'entendait pas le bruit, cela m aucune frayeur. Le soir fut Le mardi lo, il plut tout le jour ne vit presque pas la montagi mercredi 1 1 , à une heure aprèi il y eut même événement que 1< même sensation. Lèvent, chassa jours à l'Est], a empêché chaqi que la cendre et les pierres ne vi porter Tefiroi à Naples.

» Le 12 au matin, la montagn< grand bruit.

» Le i 3, tout parut éteint, de n que la montagne ne donna aucu parence de feu. Le soir on a de nouveau, dans les nuages promenaient sur le sonunet , 1< du feu intérieur du cratère ; et 1< voyait sortir de la fumée noire, i

Je passe sous silence rénipl 1786 , me contentant de dire < lave forma une cataracte de feu précipitant de 60 pieds dans le

VESU

où eDe détruisit une petite J'arrire afin à l'horrible lie de i7Çii.(P1.43.) uin , ToiTc del Greco ressenoleat tremblement de terre , nés eofureiil répétées trois jnie de plusieurs tninutes; elles nne oooslemation générale ; BHaiit S3 maison, cbercbn un pB MD jardin ou sur le rivage ïZianuit se passa en coatinues i avec le jour commeorprocessions (l'boinmes, de cl'enfajis qui , pieds nus, se ^ Ifaples, implorant la pro- ~ saint Janvier. Les deux Ivaotes furent liorrihles, Ht , chargé de vapeurs , 1 temps il s'obscurcissait tfdaas CCS mêmes momcns, K tle léj^ères secousses de t| accompagnées d'un bruit dimanche, l'on entendit décharge proioogce de no^. Ce bruit partit, uon t mais du milieu de la mon- ^onvrit à l'occident. Celte . trembler les maisons de 1 Greco, située à cinqmilles i nouveau cratère, d'où ne colonne de fumée qui JL une grande liaulcur, prcjrme d'un pin. Tantôt cette apercev^iitlrùs-distinctemcnt, cendres en dérobaient la vue.

ssait en iote/isité jusijii'ii ce esanteur des matières qui la .ent la forçât de retomber sur c. Cepeudant des torrens de immée roulaient de la montadeux directions ; l'un d'enviaillc de largeur, prenant son r Résina ; l'autre lur la Torre, iviron dix-hui t mille âmes , qui a proie de cette lave. Les baireot obligés de chercher leur

refuge à Naples. Enfir heures de dévastation, c bi mer , où elle forma un ro«:utii viron un tiers de mille carré, et épaisseur de i5 à 1 6 pieds.

L'éclat qu'elle jetait s'apercevait de Naples.

La branche , qui coulait duns la direction de Résina, en arrivant aux portes de la ville, se divisa en trois ; l'une prit son cours du côté du couvent des Fi-inclsr-iine |a sccoode du côté de In roisièmc menaça la

Torr„. lerrain parcouru par

cette lave n^s... couvert d'une couche de 1 5 h ao pieds d'épaisseur : elle sembla respecter pendant quelque temps quelques édiSces, tels que le palais Brancnccio, l'église des marins, et le couvent des Franciscains; m;iis ils Cnîrent par devenir la proie d(;s ilammcs. Un vieillard et cinq femmes, qui s'étaient réfugies dans le couvent , furent contraints k chercher leur salut dans une fuite précipitée. Le palais Caracciolo bhîla , ainsi c[ue beaucoup d'autres maisons dans le voisinage de Résina. Le i6 juin, l'air fut tellement obscurci, qu'on n'apercevait plus la montiigne. Heureuscmeot le feu s'arrêta, et Résina fui sauvée.

Celte éruption donna lieu à un phénomène extraordinaire. Le i6 juin, l'on aperçut à Picnza, près Sicunc eu Toscane , un nuage sur l'horizon dans la direction du S.-E., qui est celle du Vésuve ; de ce nuage sortit un bruit semblable à celui d'une batterie de canons, puis il s'enflamma, et une pluie de pierres tomba à quatre lieues à la ronde; ces pierres étaient volcaniques , d'une couleur grisâtre.

LeSjuiilet tout était terminé. Le ta, le cratère avait un mille et un quart de circonférence intérieure; le cône «tait tronqué et en plan incliné.

Ko iScti. il y eut une éruption nssez à-fait semblable h des mousses Aet

cbécs,

1 Suivant le clicmin àgaucbe,etU saut à droite le cône du volcan, j'arriVâ au [lied d'un coteau ou plutôt d'un n formé de la lave qui a recouvert Hcrcuînnum. Cette espèce de muraille est I plantée de vignes sur la lisière delà I plninc, et son revers olTre une vallée ■]

faible { planche 4a). M. de CL briant se trouvant au commencement de l'année à Naples, eut la curiosité défaire une course au Vésuve. Voici la description qu'il nous en a donnée :

■ Aujourd'hui 5jnnvier,je suis parti de Naples h sept heures du matin ; me voil^ à Portici. Le soleil est dégagé des

nuages du levant, mais la ti!te du Vc- profonde occupée par un taillis. I siive est toujours dans le brouillard. Je froid devient très-piquant, fais marché avec un cicérone pour me a Je^avis cette colline pour conduire au cratère du volcan. II me dre à l'ermitage que l'on apçi fournit deux mules, une pour lui, une l'autre côté. Le ciel s'abaisse,' pour moi : nous partons. ges volent sur la terre comme

B Je commence à monter par un che- mée grisâtre, ou comme des min assez large, entre deux champsde chassées par le vent. Je comi vignes nppuyées sur des peupliers. Je entendre le oiurmure dea. Ojrmt m'avance droit au levant d'hiver. J'a- l'ermîlhgé. perçois, un peu au-dessus des vapeurs «L'ermite est sorti pour me recevoir, descendues dans la moyenne région de îl a pris la bride de ma mule , et j'ai l'air, ta cime de quelques arbres : ce mis pied à terre. Cet ermite est un sont les ormeaux de l'ermitage. De grand homme de bonne mine, et d'une ipauvres habitations de vignerons se physionomie ouverte. Il m'a fait en^ inontrcnt h droite et h gauche , 3ù milieu des riclics ceps du /^<ïC7'ï/na-C//mfr'

trerdans sa cellule; il a Jf essé îe cob3 vert, et m'a servi un pâîn , dei pommes et des œufs. Il s'est assil devant moi , les deus coudes ap^^ puyés sur la table , et :i cause tranqaîl-^ lement tandis que je déjeunais. T^jt^ nuages s'étaient formés de toutes par^^ autour de nous ; OU ne pouvait distiit-.r guer aucun objet par la fenêtre de l'ér^l mitage. On n'oyait dans ce gouffre de

Au restCj partout une terre brûlée, des vignes dépouillées entremêlées de pins en forme de parasols, quelques alocs dans les baies, d'innombrables pierres roulantes , pas un oiseau.

n J'arrive au premier plateau de la montagne! Une plaine nue s'étend devant raoj. J'entrevois les deux lètes du

Vésuve ; à gauche la Somma , à droite vapeurs que le sifQement du vent et le la bouche actuelle du volcan : cesdcux bruit lointain de la mer sur les côtes tCtes sont enveloppées de nuages pâles! d'Herculanum ; scçne paisible de l'hos- Je m'avance. D'un côté la Soihnin s'a- pitalite chrétienne , placée dans une baisse ; de l'autre je comiinenec àdis- petite cellule au pied d'un volcan, et tin^ucr les ravines tracées dans le cône au milieu d'une tempiite ! du volcan, que je vais bientôt gravir. n L'ermite m'a présenté le Uyrej>ùl« Lalavede ij66 et de 1769 couvre la étrangers ont coutume de nctw-Mf' plaine où'je marche. C'est un désert que chose. Dans ce livre, je'n^i enfumé billes laves, jetées comme des trouvé une pensée qui méritÂt Â'we scories de forge, présentent sur un retenueiIcsFrançais,aveccebongoiit fond noir leur écume blancMtre , tout- naturel àleur nation, se sont contentés

La «ptiio et' un' n

^e mettre ].i dnic de leur pns^ngc , ou Aniiaawa ad ou linda

de faire l'éloge Je rermilc Ce Tolcan Cb«4«l«i»I«uoo^îpi«niariMT«. na donc inspire rien (le remjirqunble aax voyageurs ; cela me confirme dans

une idée que j'ai depuis long-temps . Son* miio' i ubUoa d' nn taia knio

les très-grands sujets, comme les très- *!*•• '*' »*" ^ *•?• •««■ »"'*• grands objets, sont peu propres à faire

naître les grandes pensées ; leur gran- ■ ^^ Buages s'eDtr'onTrent mainte-

3eur étant, pour ainsi dire, en évi- naot aor quelques pointa ; je découvre

dence, tout ce qu'on njoule au delà sabitemeot,et parinterranes, Portici,

du fait ne sert qu'à le rapetisser. Le Caprée , Ischia , )e Pausilip^le, Uiber

îtascitur n'tficulus mus est vrai de tou- parsemée des Toiles blanclies des p<fi-

tes les montagnes. chenra.et !a cAte du golfe de Naples ,

• Je pars Je l'ermitage à deux heures Bordée d'orangers : c'est le Paradis tu

et demie; je remonte sur le coteau de de l'Enfer.

laves <jue j'avais déjà franchi -. à ma » le toDche au pied du cAne; noua

gauche est la rallée qui me sépare de qidttons nos mutes ; mon gùîde me

la Sonwia , h. m:L droite, la plaine du donneonloDgbitoil, etÙOuscommen-

cdne. Je marcheenmelcvant surl'aréte Çons k gri^ir l'énorme monceau de

clu cotean. Je n'ai trouvé dans cet hor- cendres. Les nuages se referment , te

rible lieu, pour toute créature Tivante, brouillard s'épaissit , et l'obscurité ré-

qu'une pauvre jeune 6IIe , maigre , doiujïe.

jaune , demi-nue , et succombant sous nn fardeau de bois couoé dans la montagne.

» Lesjiuages ne me laissent plus rien Toir; le vent soufflant de bas en haut,

» Me Toilà au haut du Vésuve, écri- Tant assis k la bouche cla volcan, et prétàdtscendreau fond dé sOfl cratère.

Le soleil se montre de temps en temps k travers le voile de vapeurs qui enve-

les chasse du plateau noir que je do- loppe toute la montagne. Cet accident,

laioe, et les fait passer sur la chaussée qo» ""C cache un des plus beaux paysa-

de laves que je parcours : je n'entends g** ^* '^ terre , sert à redoubler l'hor-

qne le bruit des pas de ma mule, '^«•f ^^ ce lieu. Le Vésuve, séparé

■ Je quitte le coteau, je tourne h par les nuages des pays enchantés qui

droite et redescends dans cette plaine "ont à sa base, a l'air d'être ainsi placé

delavequiaboutitaucôneduvolc.in,et dans le plus profond des déserts, et

quej'ai traversée plus bas, en montant l'espèce de terreur qu'il inspire n'ert

â l'ermitage. M<îme en présence de ces point aflkiblie par le spectacle d'une

débris calcines , l'imagination se reprc- ' "^^ florissante à ses pieds,

sente.! peine ces champs de feu et de » Je propose à mon guide de descen-

métaui fondus, au moment des érup- dre dans le cratère; il fait quelque

lions du Vésuve. Le Dante les avait difficulté, pour obtenir un peu plus

peut-être vus, lorsqu'il a peint dans d'argent.Nousconvenonsd'une somme

son Enfer ces saltles hrûlans où des qu'il veut avoir sur-le-champ. Je la lui

flammes éteroellcs descendent lente- donne. Il dépouille son habit; nous

ment et en silence , co/nc di neve in marchons quelque temps sur les bords

^Ipe senza venlo ; de l'abîme, pour trouverune ligne coins perpendiculaire et plus facij[,e à

Qilre. Le guide s'arrête et m'aver-

u^ Die préparer. Nous allons noua

écipitcr.

» Nous voilà au fond du gouffre (i).

Je désespère de pouvoir peindre ce cliaos.

H Qu'on se Ggurc un bassin d'un iiiiilc de tour et de trois cents pieds d'élévation , qui va s'ûlargissaat en forme d'entonnoir. Ses bords ou ses parois intérieurs sont sillonoés par le fluide de feu rjuc ce bassin a conicnu , et qu'il averse au dcliors. Les parties snillantes de ces sillons ressemblent aux jambages de briques dont les Romdins appuyaient leurs énormes maçonneries.

Des rocliers sont suspendus dans quel- «jucs parties du contour, et leurs débris, mêlés à une pâte de cenilres , recouvrent l'abimc.

■ Ce fond du bassin est labouré de diflércnles manières. A peu prisaumîlieu, sont creusés trois puits on petites bouches nouvellement ouvertes, et qui vomirent des flanuiicsperidiuit le séjour des Français à JVaples , en 1798.

■ Des fumées transpirent à travers les pores du gouffre, surtout du côté de la Torredel Greco. Dans le flanc opposé, vers Caserte, j'aperçois une flamme.

Quand vous enfoncez la main dans les cendres, vous les trouvez brûlantes h quelques pouces de profondeur sous la surface.

» Lii couleur générale du gouffre est celle d'un cbarbonéteint. Mais la nature sait répandre des grâces Jusque sur les objets les plus borribles. La lave en quelques endroits est peinte d'azur, d'outre-mer, dcj;mnc etd'orani^é. Des blocs de granit, tourraenLés et tordus par l'action du feu, su sont recourbés

(i) Il n> .1 que de la r!i(i.;uc cl p:u J» J^n^cr A dt.uçn,lie<bo, le crûL^-.c JiÀï.su.e, 11 faud^ilavoir Icin^illiLur dj^lre siirpil» pa.- une irupUon. Us

TESUVE,

à passer ensemLIe ! Le Vclas ouvert une seule fois ses lur lïéTorer les cilés , que ses 'aient surpris les peuples au i fiang ou des larmes. Quels ^miers signes île civilisation, .«niques Aa passage àa l'nâ retrouvés sous les .^volcan? Des instrupV^Pfj des st^uelcttes ea~

^rMÏent , et les destinées iît^la même iucoustance.

la cfaaoson grecque, yiiif ttCunckar.t

K -jap tua

perdu la vie pour avoir

iplerdeloin le volrandans

quel je suis tranquiltemeut

ude fumer l'abime autour

ItOge qu a quelques toises

Itr j'ai un gouffre de feu sous

|é soD^ fpie le volcan pour-

', et me lancer en l'air avec

I de marbre fracassés. »

f-liuit bouches s'ouvrirent

ivizireiit autant de cratères,

térieurdu cône princi pal ,

leur. En 182a ( plan-

d'ê neuvième se forma en-

ntôt un torrent de feu se

itesina,co passant sur la

Lo. Cette année il y eut deux

^ OU plutôt crlle de janvier

le prélude de celle d'octo-

de ce mois, on ressen-

loeousses de tremblement de

S aijla lave bouillonna et

ipita en deux courans^sur

à minuit, d'énormes gerbes

lillirent dans les airs à plus de

^3, tandis que des pluies de

chaudes effrayèrent les habi-

Bosco-tre-Case etd'Ottajano.

La portion du cratère fi à

Torre del Greco, ne cessa de vomir du feu; lorsque la lave s'interrompait, l'intensité de la fumée augmentait, pour diminuer lorsque la lave recommençait à couler. Le aa, à midi, une colonnede fumée s'éleva i une hauteur démesurée , s'étendant en forme de parapluie ( planche 44 )■ Des ruisseaus de lave descendirent sur Kesina, menaçant Portici; d'autres se dirigèrent sur Bosco- tre-Case, dépassant I» lave de 1810. Le 23, ils s'arrêtèrent, h l'exception d'un, dans la direction du Mauro. Des pluies de sable obscurcirent l'air au point de forcer les liabitans à allumer des lampes dans le jour. La montagne était complètement enveloppée de vapeur et defumée. Entin, le 27, des torrens d'eau transportèrent les cendres et inondèrent les pays voisins.La commotion fut si for te, et l'air atmosphérique était tellement chargé d'électricité, qu'il en sortait fréquemment des éclairs suivis de détonations très-fortes, qui paraissaient avoir un caractère différent de celui qu'on observe pendant les orages; elles n'avaient ni écho , ni prolongation ; les foudres en étaient faibles, on les voyait serpenter au milieu d'une fumée très-

dense, et tracer 1

sillon

de feu , en décrivant par divers angles quatre ou cinq portions de ligne droite. Ces effets se montraient dans Naplesàla foule des curieux, qui, à minuit, montés sur les terrasses de leursmaisons, contemplaient ces scènes d'horreur, La nature était en combustion.

Des pluies de cendres eurent lieu par deux fois et .i un intervalle de huit jours. La première , elles étaient rouges, la seconde blanches. A la Torre deir Annunziata, les propriétaires durent avoir le soin de balayer d'heure

lire les terrasses de leurs tnaisoiis, la rendre tombait épaisse ; cepcn- I aucune fruyeur ne se marjjfesta

^ Naples ; il n'en fut pas de même a Torre del Greco ; dans ce malbeureux village, plus esposé qu'un autre, les babilnns se tiennent toujours prêts à la fuite à cbacjue éruption un peu considérable, aussi émigrérent-ils. Le cratère cbangca de forme du côté du sud et perdit quelques centaines de pieds de sa hauteur. Les câlcs de l'est et de l'ouest furent élevés d'à peu près deux cents pieds. Lu profondeur du cratère fut de huit cents pieds.

£n mars 1837 , un petit c£ne, formé au fond du gouffre, jeta un peu de lave et coutioua ainsi jusqu'ea i83o avec plus ou moins de force , de telle sorte que, vers la ûa de l'année , il comitia le grand cratère , que même il dépassa de vingt-cinq toises ; une flanmicbl eue et brillante paru [quelquefois s'étendresur un espace de plusieurs pieds au fond , elle y restait quelques secondes, tandis que les scories el les pierres étaient roulées de côté et d'autre Cette flamme s'éteignait suLite- ;nent, et tout ce qui avait été en mouvement était lancé dans les airs avec un Lruitéclatant. En novembre, l'éruption devint très-violente, et des ruisseaux de feu sortirent de la base de ce cône ; cinq autres plus petits se formèrent, couverts de toutes les nuances de bleu, de jaune et de vert, ils jettaient tous de la scorie fondue , accompagnée d'une vapeur épaisse et jaunâtre. Vers le milieu de janvier iSiîi , la lave était entièrementrefroidie, et trois des nouveaux cônes, ainsi que l'ancien, conservèrent leur activité. Le i4 août , on < ressentit un tremblement de terre à < Résina, et le i5, plusieurs ruisseaux de feu coulèrent dans l'intérieur du 1 cratère le 22 , quatre autres cônes se 1

VESUVE.

plet lo 8 niars, et, de là, se prolongeant jusques en Galabre, y détruisit la petite yille de Gatmuaro.

Les gens de la Torre recueillirent mifi grande quantité de sel provenant 4« Vésuve.

Après avoir donné un résumé suo-^ cinct des éruptions qui se sont succédé » il ne serait pas hors de propos d'evaminer la théorie des volcans en général ; il est vrai qu'une question de ^teimportanee demanderai t de grands développemens pour être traitée confmaUement , et que nous ne ferons qu4 Tcfleurer.

Sanf eMminer ici les théories de Vem^ et de Breislak, qui ont été limdoniiées, nous nous contenterona dédire que trois autres opinions ont été ]nopoaéesnouvellementparMM.Dav7, GajhLusaac et Cordier. M. Davy attri- Iniehi faute première de la déflagration à ]i| déoampQsition de l'eau par le cast^ U^t dfts métaux et des alcalis ; l'objec* Uoa qu'on lui oppose est le dégage* aient de gaa hydrogène sulfuré qui a lieu, tandis qu'il devrait être de gaz hydrogène pur; c'est donc ce qui a engagé M. Gay-Lussac à modifier cette théorie et à admettre ou que les corps qui décomposent l'eau, sont des sulfures ou des chlorures de métaux et des alcalis, ou que le soufre en fait partie. M. Gay-Lussac, n'attrihuant pas au hasard la position , dans le voi« sioage de la mer , de cent soixante vol* cane, sur cent soixante-cinq, admet l'influence de l'eau marine ou salée sur l'action volcanique. Cette théorie mo« difie , on le voit , celle de M. Davy.

M. Cordier , après avoir bien étudié tout oe qui a été dit avant lui , a proposé, depuis peu, une théorie aussi nouvelle qu'ingénieuse , et qui est fondée sur l'hypothèse assez générale que Tintérieur de la terre possède une trcs-

haute température. Il pense queUtenrei fluide dans son origine par fusion ignée , n'est solide qu'à sa surface , et qu'elle possède encore à une profondeur, qu'il évalue à 100,000 mètres, une température assez élevée pour tenir à l'état de fusion les roches dont la nature est analogue à celles des laves.

Les raisons dont il appuieee système, sont d'accord avec l'identité de nature des laves sur tout le globe, avec la diminution dans le nombre des volcans actifs et avec la production des eaux minérales et thermales ; mais cet abrégé sommaire n'admettant pas un long développement dont elles auraient besoin , nous renvoyons à son ouvrage oiii elles sont déduites avec ime clarté ac^ mirable.

Nous terminerons en disant que nous ne parlerons pas non plus de l'opinion de M. G. A. Deluc , parce qu'elle tient à une grande hypothèie sur la structure du globe , et qu'elle exige encore plus ample examen.

Ici se terminait le manuscrit, une grosse cloche agitée par une main vigoureuse annonçait, depuis plusienra minutes, que le déjeuné aUait être servi ; je me disposais à m'y rendre, lorsque je rencontrai mon savant sur l'escalier, je lui remis, en le remerciant , le dépôt qu'il m'avait confié, et nous descendîmes ensemble.

Je gage , me dit le duc , que l'abbé vous a assommé de son érudition vésuvienne , mais qu'il ne vous a pas dit quelle était la raison qui avait fait placer sur le pont delà Magdeleinela statue de saint Antoine, à côté de celle de saint Janvier , c'est cependant une chose qu'il n'eût pas dû omettre.

Ce dernier régnait seul sur ce pont où il avait été instalé en i63i, mais, en 1799, nous lui fîmes un procès qu'il perdit et à la suite duquel il fut dé-

potiéd^ de SOQ titre de protecteur , et dédsré jscobia pour avoir permis le viradede ion ung h l'arrivée du s,éaérai Gbampiomiet : en vaiu , l'avocat Dominé pour le défendre , fil-il son poEcible pour lui couserver ses préroj:ntïveit elles furent transférées à saint Antoiofl de Padoue , et celui-ci déclaré patron de la TÎUe de Naples , titre qu'il garda jufques en i8o5. A cette époque, une terrible éruption du Vésuve vint terrifier les IVapolitains : la lave n'était qu'à une tiemi-lieue de la vitte ; on eutalon l'idée de recourir à saint Janvier dont ta statue avait été reléguée dans une petite chapelle ; elle fut portée en procession et réinstalée sur la pont ; auuitAt que le Vésuve vit la nain que le saint tieat levée, la lave «'arrêta ; depuis lors , personne n'a songé à lui disputer un titre qu'il méritait si bien s mais pour ne pas encourir la disgrice de saint Antoine qui^ disait-on, s'était bien comporté pendant le temps de son investiture , on le laissa tenir compagnie à ce grand saint. Saint Antoine n'en est pas moins resté patron du feu , et tous les ans , le jour de sa fête, on lui dresse des reposoirs à la porte de tous les tbéâtres, afin qu'il les préserve de l'incendie.

Pendant tout ce discours, l'abbé avait été sérieux et mal à son aise. — « J'avais omis, dit-il, cette circonstnnce, parce qu'il m'eût été impossible delà détailler comme vous venez <lele faire:

j'eusse parlé avec trop de conviction, et ma narration aurait eu quelque cbose d'austère qui eût diminué son mérite : il appartenait à vous seul de peindre ce fait, qui donnera à un étranger, souvent un peu incrédule en matière de relij^ion j une idée de la puissance de notre saint protecteur , en même temps qu'elle lui aura fourni

une nouvelle occasion d'apprécier U grâce de votre esprit. »

Depuis quelques jours , il m'est impossible de m'occuper d'autre cbosj que du Vésuve; j'élais loin de m'attendre , en p^irtant , qu'il me donnerait le spectacle que j'ai sous les jeui, spectacle unique, affreux, admirable, bideux et sublime, que la plume ne peut rendre , et qu'il faut avoir vu pour s'en faire une juste idée; il captiït l'attention de chacun , et si oo voulait l'oublier un instant, des détooaLioat effrayantes , qui font trembler la tem sous les pas, ramèneraient bientôt la pensée vers ce sujet du plus grand intérêt. Les places publiques , les quaii, sont encombrés par les malheureux qui ont vu leurs villages briiiés , leun récoltes perdues, et à qui il ne resta ^ que la pitié publique pour aveniri couchés péle-méle, au milieu du pe»

d'objets qu'ilsont dérobés aux flammes, on voit ces infortunés plonirés dans on morne désespoir ; à côté d'eus leun femmes, leurs enfans moins silencieux dans leurs malheurs , poussent des gé* missemens ailreus; des mères prient tout haut la Madone de leur enlever les enfans à qui elles n'ont plus de pain k donner. Ce tableau est un des plu* déchirans que j'ai jamais eu sous les yeus.

De puis l'éruption de juillet jusqu'au 31 août (i834)i le volcan avait repris sa tranquillité ordinaire; le 22 au soir If nouveau cône commença à s'envelopper au dedans et au dehors d'une fumée noire qui le dérobait à la vue; vers dix heures , le feu parut au baul du cône, précédé d'une secousse:]] consistait en éjections de pierres , de scories et de sables enflammés , qui continuèrent toute la nuit, et fureni encore visibles aux premières heure:

du jour ; alors elles formèrent un com-

VESUVE.

Atâîr dS^eote lave, l'on vit ensuite, du ptetl du cône, un

courant de lave qui prit sa di- 1 vers la pointe a|)i(ctée délie '■le , à l'ouesl , s'avança tn bores hauteurs des Canlaroni, dest rapidemeot sur les terrains adt au3 Crocelle, et incendia un bois de chênes de l'ermila^'e. A B Leures après-midi , la lave , se Dt uo peu Tcrs le Fosto-Graode , » les terrains plus bas que le etoi recounit une grande éten-

te lave , et une autre qui , en nt la pointe dite de/ Palo, des- 1 de l'ouverture d'une bouche e f placée entre la paroi du noueAne et la pointe, coupèrent, lémiiMant, ie chemin que l'on anr' monter sur te cÔDe, et où •^pouvait plus parvenir qu'en ■t vers le canal dit de l'Avena.' lave coulait cette fois lentement ; t dit qu'elle voulait savourer le re plaisir de la destruction ; elle nait pas à pas ses désastres, et içait pas plus de six à sept pieds linute : elle contioua à couler nt toute la journée. A huit heures aie environ, après de très-viodétonations, il s'ouvrit une lie fcouche à l'est , dans la direcu Mauro , au même endroit d'où la lave de 1817. La nouvelle arrès du caïin du prince d'Oltaalors , sous des secousses multi- , on vit disparaître entièrement iveau cône , et la force manqua luraos de la lave de l'ouest.

25 août , .\ six heures, sous une ition terrible, s'ouvrit une autre e au pied du grand cône ; delà

un courant de lave qui couvrit cédente.

26, une immense colcr-ie de

fumée noire et épaisse précéda l'émptiou d'une autre lave, multipliée par une foule d'autres ouvertures Toisuies; elle décida un effroyable courautqui, précipité par les pentes de cette partie de la montaL;iie, arriva promptement au Mauro , et coupa le cbeonn qui da Bosco-tre-Çase vaà OttajanO;agraQdiè par des bouches adjacentes qui a'oavrirent le 9.y, elle se divi» en trois affluens; le plus grand s'avançant vers le Mauro, envahît quelques parties du territoire dans la direction de Sca* fati , un autre attaqua les terrains cul* tivés qui dominent Bosco-Reale , le troisième menaça et envahit quelques plantations près de l'église délia Nunziatella à Bosco-tre-Case.

Une chose que j'ai observée avec le plus grand intérêt, pendant ces scènes de désolation , c'est que les arbres , avant d'être attaqués par la lave , crispent leurs feuilles avec un petit frémissement, et les branches s'enflamment avec une lumière blanchAtre , en môme temps que la lave frappe le tronc.

liC 3o août , la lave principale continuait à couler et sortait de plusieurs crevasses qui se sont ouvertes entre le Vésuve et Oltajano ; elle a traversé le chemin vers le levant , et continuant d'avancer a détruit entièrement le village de Saint-Giovanni , ainsi que celui de Ca^ojicco, placé sous Torzigno, au midi. La largeur de la lave était d'environ une demi-licue , sa profon-

deur de vin£rt-di

Icux pi

eds, et la lon-

gueur de son cours de plus de deux lieues.

Les dommages (ju'clle a occasionés sont immenses ; clic a détruit plus de 400 arpcns de terrain couvert d'arbustes ; en outre , elle a enfoui plus de cent liabitalions dans les deux villages incendiés.

Durant cette nouvelle éruption , la que semble l'adoucir. Le roï se faite

merâétéunejournéedansuaeépouTao- adorer, il adresse des paroles de con—

table agitation dans In partie quiLorde solation à ceux qui l'approchent , e V

Résina et Torre dell' Anuunzîuta.La ces iafortunés semblent oublier leu.-^

sérénité de l'air n'était pourtant pas malheur; il promet de les aider ,

troublée i c'était toujours ce beau so- il relèvera leurs maisons, mais cota.—

leil , cette douce température, seule- ment fera-t-il pour leur donner dea

mcoLdeus des élémeos les plus redoutables, l'eau et le feu, étaient en combustion el sL-mblaieal rivaliser de fureur.

Le cratère a coulinué de lancer des cendres, d'abord noires et épaisses, puis rougeàtres, ensuite grises pendant toute une journée, et le soir à peine apercevait-oo (juc1({ues petits éclats; la gerbe de feu ([ui s'élevait

poi

terres , le feu qui a envahi ne ren<j rien ? Mais j'oublie que ces paysans ne sont pas les propriétaires du sol , ils n'étaient que les fermiers du rjcbe prince d'Ottajano; leur misère ne sera donc pas aussi difficile à soul.ii;er, et l'or en viendra a bout.

Heureusement, le duc dAusio s'i aucune de ses propriétés de ce côté.

dans le moment le plus intense de l'é- Il faut voir cette bonne duchesse -, Ici

ruption , avait la forme d'un pin gi- cours de sa villa sont encombrées , on

gantcsque , dont le tronc semblait de distribue des vivres à cette multitude,

bronze et les racines de corail; la lune Chacun se doit à son semblable en cii^

qui se trouvait perpendiculairement constances pareilles ; aussi la duchesse

au-dessus ajoutait encore, par son vif donne des ordres en conséquence;

éclat, à l'imposant decettescèncd'bor- qu'il est np;réahle d'i^lre riche, mais

reur. Ce phénomène, qui déjà a été qu'il est beau de faire ainsi usage des

remarqué dans ses plus fortes érup- dons de la fortune '. lions, m'a paru de l'eilet lepluspit- L;i forme du cratère a totalement

toresque. changé. Les parois s'en sont écroulées

Le roi est venu visiter ce lieu de en dedans, le petit cône, représsnté

désolation ; ce n'est point une vaine sur notre planche 44i n'existe plus-,

curiosité qui l'a amené, c'est le désir c'est peut-être à cette abondanoe de ma-

de soulager la misère de ces malheu- tières que l'éruption doit sa principale

reux i enelTet, la présence du monar- force.

yata. M' de La Charatine continoe a aoas envoyer la relalion de son voyage, à moiare qa'i| l'eiécnle. IVous avons reçu celle du Vésuve, aptes diverses scènes de l'intérieur de Li ville ; nui* l'impatience que nous -ivons éprouvée d« saisir l'actualité et de parler de ce volcan , dans le moment où tout le moudc s'en entretenait à Paris , et pendant l'érupiiuii , nous a fait înteirompre l'ordre dans lequel nous dcvicinj donner nos liviabous. C'e^t ainsi que nous avons fait paraître ce qui n'aurait dû voir le jour que long-temps après.

De cette manière s'expliqueront diverses choses qui pourraient paraître obscures , et surloat la mise eu scène de personnages nouveaux avec leâijuels on ne l'a pas vu faire coanaissance , et dont il parle avec intimité.

mtce matin, ta pluie tombe à {OUUcs, des éclairs sillonnent a et un bruit effrayant retentit ible, incessant; il faut profiterde msée pour mettre en ordre mes lioDs. Ce pays, cùlèbre pour la le son ciel , est peut-être celui rope où la terre reçoit le plus QTiale. Il est vrai que cela n'a I dans une saison, et que des I comme celles-ci sont rares en «t dans les environs, jamais de tds, de ciel couvert; des mois 1 ou des mois de pluie, mais t tropique ; l'eau ne venant jat'par grands orages, accompa- Violens coups de tonnerre, que iction de l'air, et surtout la réon des montagnes, rendent en- 18 terriLles par leur reteotissetdongé. Lorsque le ciel puTre iractes, on se croit menacé »nd déluge universel; à Paris aa-là mettrait deux mois h ici c'est l'aQaire de quelques Après , la longue série de ours recommence, et il en rél'aucune construction n'est faite ! mauvais temps, et qu'on ne :e des voitures découvertes, car olilain, accoutumé h son beau Krenferme soigneusement dans on les jours d'orage ; ces grandes WDt pourtant un bien pour la lu'elles nettoient, et c'est sans nr quoi l'on compte, car jamais ne s'y promène ! Il y a cepenlolEcier du port, appeléPo/7«chai^é de la police et du netdès mes, charge dont il s'acqui t-

te fort mal, car elles sont très-sales ) malgrécsmanquedepropreté, le climat est si beau, qu'il n'y a jamais d'épidé» mies. Les montagnet qui coTironncot la ville, et sur le versaat desquelles sont Mties des rues en pentes, font que les eaux rotdanteoavalancliedaQB sa partie baise, entraloent tout ce qu'elles rencontrent sur leur passage ; il en est quelquefois résulté desaccidensgraves.

On m'a conté qu'un officier, k la tête de sa compagnie, fut entraîné dans l'égoût qui se trouve vii-à-vis l'immense édiûcc appelé le Seraglio ; mais ce qui dépasse toute croyance, c'est l'accident alfreux arrivé en plein midi aune Française, madame Comte; elle était dans sn voi ture et rerenait de Capoue , lorsqu'elle fut surprise par un orage épouvantable Parvenue à la descente de Capo di Chioo, la route est coupée par une rue qui va à la mer, et qui, les jours de grandes pluies, devient une espèce de torrent, à cause des eaux quis'v précipitent des montagues de Capo dl Monte et de Capo di Gbino; son cocher s'eifraie , et ve ut rétrograder ; elle lui ordonne de passer outre ; alors celuici descend de son siège et abandonne les guides à madame Comte, qui , plus téméraire, veut braver le danger; en vain des cris et des pestes partent de toutes les croisées, elle n'écoute que son fatal destin , et dirige sa voiture au milieu du torrent où elle périt, sons qu'on pût lui donner lemoindrc secours.

L'eau avait entraîné et cbcvaux et voiture , et ce ne fut que le lendemain que l'on retrouva son cadavre.

LesNapolitains, qui parlent toujours

So

par figures , appellent ces ruisseaux , ainsi grossis , une la^a. Celui qui a dit qu'on faisait en un jour, à la halle, plus de figures de rhétorique qu'on n'en trouverait dans le discours le plus fleuri , n'était pas allé à Naples. C'est vérita* hlement là qu'il aurait vulepays du langage figuré, rien ne s'y appelle par son nom. Entendez crier des noix , ce sont : coscic di quaglia a cuisses de caille » ; pour TOUS vendre des poires ou des pommes cuites^ on vous dit : beato chi tiene la tossa u heureux est celui qui tousse » ; tout est hyperhole, le vendeur de pastèque,ou meloo d'eau, vous criera àtue-téte : chegalanteria^ t^erosorbetto^ « quelle galanterie, véritable sorbet », en élevant ^û-dessus de la tête ses deux mains dans lesquelles il tient les deux moitiés d'un jpélon qu'il vient de partager. En! eflet , ce fruit mérite bien d'être vanté et montré de la sorte. La belle couleur roùge de sa pulpe , la mo* saïque qu'y dessinent ses. nombreuses graines noires, en font un objet que l'œil peut regarder avec plaisir. Puis, quand vous le mangez , son eau glacée et sucrée, vous paratt délicieuse. Cette pulpe, en apparence consistante, fond dans la bouche à la moindre pression.

La boutique à'un melonaroXPL 45 ) est simple, ses ustensiles ne sont pas en grand nombre , il n'a besoin que d'un long et large couteau qu'il fait mouvoir avec une vitesse inconcevable ; en un moment le fruit est fendu, montré au public, dépecé, et a disparu entre les mains ou plutôt dans la bouche des amateurs,quisepressentet8ecoudoient autour d'un étalage consistant en une large table en pente , sur laquelle manœuvrent un ou deux hommes , suivant leur débit; a côté est une étagère disposée en gradins où sont étalés, coupes ou entiers, ceux dont la crrosseur monstrueuse ou la couleur vive peuvent

attirer les regards. Sur le mur, c un étendard suspendu aux feui qui décorent un mât , sont des tal qui représentent Pulcinella^ p sur ses épaules un de ces melons il parait avoir toute sa charge, autres en scient un , d'une grosse gantesque. Cet étalage est ordi ment à côté d'un magasin qu nomme grotte, garni de Libles bancs, où vont s'asseoir' ceux ( veulent pas manger le melon la rue.

De Lalande a évalué à troii mille le nombre des melons d'ea sommés dans une année, et je qu'il ne soit encore resté en dess< la vérité. Il faut avoir éprouve chaleur ardente qui- consume d pays, pour sentir.Ie bien-être qu cure une tranche de ce fruit Combien de fois , chez Don Pa< me suis donné le plaisir d'en mi en rentrant de la promenade à m Je trouvais alors que le melonaro raison et qu'il valait un sor]^^^

Si la vie sédentaire ^po^Çoiâ l'ordre social, le soleil deHa^ permet de vivre dans laxiie, jQii|;i quelque chose de sauvage dàios) bitudes des gens du peup][e*^^Pi Londres sont deux ' villes , hrjn sans doute; eh biea, ce spi^t 4ft tables landes, des solitudes, encj raison ; celui qui n'aura pas yjfj^ criera à l'exagération ; celui gài;, vue, trouvera la comparaison!

Le bruit étonne , il assourdit celi parcourt la ville pour la premier On est dans Naples et on se en enfer. Que signifient ces hurlei où va cette masse de peuple qui che, se croise, se heurte et se pi te en tous sens? L'ennemi estportes de la ville? saint Janvier (ail quelque nouveau miracle? 1

ff

NAPLES

>il enlr'oiKerl , ou s'agil-il Je ! }rrande Kte? Kon, ce bruit ui de louï les jours. Une foule es le pnxJuiseot.

ec est cernée par une chaîne de Des qui la dominent entière- Ses mes, très - longues et tris- I , parées en larges dalles , sont en dessous. Les maisons , en de laillej n'ont jamaîsmoînsde ges. Ajoutez à cela plus de trois lises et autant de palais , for- 10; faites rouler il la fois sur ces :lenlissantes dix mille voitures ^eore et de toutes formes , des traînés par des bœufs, au cou I pend une énorme clocbe ; joie fracas le bruit des divers mélerçant tons .dans les rues , le de sept k buit cents cloches , de cent cinquante mille hom-

Tous concevrez peut - être le de ciette bruyante cité. >8 parait un grand hAtel habité foule de personnes. Les maiiOnt les chambres àcoucber; car fue les hommes oDt coutume de exécute au dehors.J'ai déjà parainte- Lucie ( foyez PI. 29 et de ses pécheurs et des soupers )nt eu plein air. J'ajouterai que snns n'ont pas de boutiques , ic table dans la rue , avec les ouconcerneot leurs métiers; là, voil donner des coups de marier, coudre, limer, raboter, raidanl toute la journée. Le trai- Limc et fait rôtir sa volaille, fait . bouillir son poisson ; ceux qui m arrivent et mangent. A côté ; table à laquelle est Csée une , un homme y travaille une i farine de maïs et de mélasse , ommc melUcolc. Enfin viennent iitaio/i ou marchands de fruits, t variété et l'abondance sont au-

dessus de toute dcîcriptioil* Gréées à la facilité des communications, et à la perfection apportée au jardinage, toutes ces cspùtc? s(.iTi[ connues dans Paris; mais ce dont on n'a pas idée, c'est la profusion avec laquelle la nature les a jetées à Maples, et le bas prix auquel on les donne.

Une des choses de la vie animale dont on fait grand cas, c'est le fromage ; la consommation en est considérable.

Les marchands , qu'on nomme casa d'olio , ne tiennent que cette marchandise , l'huile et la viande salée. L'espèce préférée est le caccio cavallo ; il se fait dans le royaume, et a la forme d'une calebasse de pèlerin, suspendue à un cordon; toute la boutique en est garnie ; je n'ai cependant encore rien trouvé qui justifiât cette prédilection. A cdté de ce fromage est celui de baffle, appeléinii£areUii,et qui s'allonge comme du cuir. Ce comtneFce estbtrn, car tous les marchands font bien leurs affaires. Ils ont une manière d'arranger leur boutique qui leur est particulière. L'ornement principal et indispensable est une grande table de marbre blanc, au milieu de laquelle est une plus petite, de même matière, sup-

portée par d

colonnes ou p

mes qui soutiennent des cornes d'abondance, car c'est ici que s'exercent le goût et l'esprit des vendeurs. Le devant de la petite table est orné de bas-reliefs représentant la Cène ou Baccbus ou bien , on y li t des proverbes et des sentences sacrées ou profanes.

Un chose bizarre (fui frappe le voyageur, c'est l'absence d'un costume national pour les troupes. On croirait la ville envahie par des soldats étrangers, tant la copie des uniformes des autres nations est scrupuleusement adoptée.

Les ofBciers de marine veulent à tsute force être pris pour des Anglais ; les

doute,

L e à la nourriture île la

I si 00 en expulse toutes

Fg lauvaîse vie, les maris

ans naturels et les vo- 1 voit qu'il n'est pas trts-mesuré .&) lE. D'autres fois, son

■ sert de passeport aux

I sorduresjjui sont l'apanage

, ordures à la faveur des- .(( Il 'es rit plus en une soirée,

reste de l'Italie dans le i-uur) le année. Les étrangers qui ne peuvent partager ce plaisir sont aisément reconnus à leur sérieux ; il faut être de Naples ou l'avoir babilé longtemps, pour bien comprendre toute la finesse du rôle de Pulcinella.

A Pulcinella succède le chanteur, (PI. 47)1 non le chanteur de Paria, politique ou grivois, tel qu'on l'cnteud dansnos carrelburs, mais le clianleur qui autrefois charmait les oreilles des Grecs avec les poésies d'Homère. Sans rougir de son goût classique, le Lazarone écoule avec avidité les poiiracs si rebattus du Tasse ou de l'Arioste, les aventures et la vie de Martino , les exploits de Renaud de Montaubao, un des preux de Cbarlemagne , a P.inaldo» le héros âe\&. Jérusalem , et ceux de Tita Grieco. Ces" deux derniers ont leurs sectaires dévoués; souvent des rixes sanglantes ont lieu entre leurs partisans.

Chatte jour, une heure avant le coucher du soleil , le chanteur s'avance, son livre à la main. En un clin d'œil le cercle est formé, les auditeurs, assis en rond autour de lui, sont la plupart à demi vêtus et immohiles par excès d'attention. On leur apporte de temps en temps des verres d'eau; ce simple rafraîchissement est tout ce qu'il faut à ces hommes pendantdes heures entières, tant leur esprit est occupé. Le conteur fait les gestes les plus animés,

sa voix est haute, il sefAcLe et se passionne, et cepcnd;int on voit qu'il est au fond parfaitement tranquille. Néanmoins, la pantomime animée des habitans du Midi ne donrte pas l'idèe.d l'allêctation. C'est une habitude >sj gulièrc qui leur a été transmise,'

ries

Romains, aussi i

gesticulateurs, elle lient à lewb position vive, brillante et poétijÉ L'orateur, avec une mélodie t uniforme, et qui ressemble «n quri sorte au récitatif, gesticulant déboutes ses forces, lit une strophe qn'il récite d'abord en entier, puisqu'il recommeiKj ce, en expliquant verspar vers enlailgue vulgaire, les passages qui n'ont pas été compris, car la langue italienne ne demande qu'une terminaison un peu différente pour accroître , diminuer ou travestir le sens des paroles. I«^hl pourrait dire qu'elle va d'elle-mtÎTi«iiî^ exprime sans qu'on s'en mêle , et par.iit toujours avoir plus d'esprili{ue cdiB qui la parle. Décrit-il un combat à outrance, tel qu'il s'en trouve dans le livre, il le rend sensible en pantomime, autant qu'il peut; il est même assez ordinaire qu'il donne de rudes. ^ coups à ceux qui se trouvent le^j^mt , près de lui , ce qui fait rire les autreaiij| Le bras droit en arant en guise' i^é>-™ pée , il tient le livre de la main gauche comme un bouclier pour se garantir la poitrine, fond sur son ennemi, .lui fait mordre la poussière, ou bien en reçoit une blessure, et .ilors doittietles marques de la plus vive douleur. €?est dans ce moment qu'il faut voir, ces figures demi - africaines refléter: îivec une mobilité surprenante, toutes les sensations qu'elles ressentent ; c'est au point que l'on ne sait si l'on doit faire plus attention aux grimaces du lecteur qu'à l'air stupéfait des spectateurs qui le regardent les yeux il xe et la bouche

mais très-flltentirs et très-sé-

à ua homme du peuple que e est no assassin , bagatelle , il ; mais dites-lui que Rinaldo, >s de prédilection , n'était qu'un de poules à Montauban, il deurieux, et malheur à tous si tussiez trop loin la plaisanterie, miriez In payer de la vie.

ïture terminée, il reste encore valeur bien des sujets àexploice peuple, qui vit tout entier >rs; quelques-uns se retirent 1 panier d'osier qui leur sert tioB jour et nuit, et où ilspas- . heures entières à se débarrasla vermine dont ils sont cou- B passe-temps ignoble est encore issance pour eux. Cet état saui se voit là , mêlé avec la civi- , a quelque chose de trés-ori-

est parmi ces liommes qui ne pas même leur propre nom, noios celui de leur femme-, c'est mt qu'ils s'appellent et se ré-

medi , le Lazarone fait faire sa quatre roseaux ])lantés daos la t entourés d'une vieille toile, l'eoceinlcoùson barbier attend breus chalands. Une pierre sert ; chacun aj>porlc une barbe de ars, barbe d'un pouce de lon- ;t qui lui est enlevée avec une é surprenante. Cette portion ïilette achevée, il la complète n se ploDgcant dans la mer, et a se passe en public, sans que le le trouve extraordinaire.

iVam public (PI. 47) n'a pas âge plus pompeux; une toile- : marque aussi les limites de son e. Ces hommes, souvent coule haillons, ont en général une N.

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