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haute opinion d'eux, et veulent tous être des geolilshommes ■ galanfuomi- /;iji> vicLimesdu malheur. Ils vousferont de leur vie une histoire très-pathétique. Ils tiennent à être vêtus d'une redingote ou d'un lambeau de ce vêtement, peu leur importe, pourvu qu'ils puissent en montrer un fragment à celui qui oserait douter de leur grandeur passée.
L'écrivain public est sérieux, il écoute avec une attentibn scrupuleuse celui qui a besoin de son ministère, il rédige avec la même gravité une lettre d'amour ou un placet au roi. Il en est qui placent sur leur table une pancarte sur laquelle se lit en grosses lettres: Quïsi scrive infrancese , ■ ici on écrit le français ; ■ et rien alors ne peut se comparer à l'orgueil de celui qui peut étaler autant d'érudition.
Sur le MAle on se livre à toutes sortes de jeux. Celui de la marra est le plus ordinaire , mais il est difficile d'en donner la description. Deux ou plusieurs Lazaroni se présentent d'abord le poing fermé, ils lèvent ensuite un ou plusieurs doigts et nomment un nombre en mÈme temps; si ce nombre se trouve être celui des doigts levés et présentés par les deux mains, celui qui le prononce a gagné. Ainsi , par exemple , si le nombre présenté par l'un est trois et celui de l'autre deux, celui qui nomme cinq a gagné.
Si aucun des deux n'a deviné juste, ils referment promjjtement la main et recommencent. Cela va avec une vitesse étonnante, et les joueurs crient si fort et sont si près l'un de l'autre, que lorsqu'on ne connaît pas le jeu, et qu'on le voit jouer à une certaine distance, on croit que c'est une querelle violente, un combat i coups de poings.
En revenant du Môle, je me trouvai arrêté par une pompe funèbre
L'ITA
48 ]. Mnl^r^ ma répugnance pour tristes ccrémouics, la noiivcnulè :elle-ci attira mes regards. C'est ui sorte de fétc, uac procession. Los morts sont transportés d.ins des caisses recouïcrlps d'une draperie de vc-' Jours louge rehausse d'une broderie en Or. Oo serait tcoté de demander s'ils sont portés en terre par des hommes vivans ou par des spectres , et la question serait, pardonnable , çjtr tous ceux qui environnent le cercueil sont v^tus en blanc depuis le sommet de la télé jusqu'à lapliiutedes pieds, sans en eicepter le visage; il n'y a que deux trous pratiqués pour les j-euic dans la partie qui 1c caclie.
Quand vingt à trente de ces spectres marchent en murmurant des psaumes et en tenant des ilamleaus à la main pendant une nuit obscure, et que l'on voit un cercueil recouvert jusqu'à terre, qui marche s.-ins que l'on sache par qui ni comment il es t porté, il n'es t pas étonnant que l'on éprouve de la surprise.
Don P.inio, à qui j'en parlni le soir jih!'me, me dit qu'il y a dans Kaples diffcrentcs confréries pieuses dont un des devoirs essentiels es td'accompa!;ntr les morts au cimetière. Chacun se fait un méritede s'y faire affilier ; ce sont ordinairement les rapports de forlunc ou ceux de l'amitié qui décident ce choix. Dans ces confréries sont des jeunes gens des premières maisons ; le l.ul en est louable, c'est la charilé qui les institue; elles sont devenues nécessaires dans un pays où il est beaucoup de familles nombreuses qui se contentent d'une existence modeste, et , confiantes en la Providence, vivent de ce que leur • chef gagne. Tant que ce chef est à la i tête de sa famille, tout marche; mais ; qu'une maladie survienne, voilà la ) misère et tout son cortège; les médicamens coûtent; s'il meurt, quel- i
LËB. 8)
eët admirable ; on vdit illïè ptMé partie de la ville et des campagiies charmantes qu'arrose le âebeto.
Pour terminer dans la niéilie joui^«- »ée tout ce qui avait rapport aux céfémonies lugubres, notis revînmes sur nos pas ; notre intention était de visiter les catacombes , et Tbospice de San Gcnnaro deiPoveriy dont l'église s'appela d abord San Gennafo éitra inœnia , « hors murs » ; ce fut là qu'oil déposa le corps de saint Janvier, lorsqu'il fut apporté à NapleSé Elle était primitivement creusée dans la montagne ; en 788 on bâtit celle qui subsiste aujourd'hui ; et on y joignit un hôpital pour les pauvres, et un monastère de bénédictins qui fut aboli en 14761 Lors de la peste dei 656^ on j construisit plusieurs édifices pour servir de lil^irets; enfin dix ansaprès^ le tice»roi, Pietrede Tolède, conçut l'idée d'j réunir tous les pauvres du Royaume. En conséquence il en augmenta les bAtimèns » mail ce projet a été depuis grandiosetBeUt exécuté par Charles III, qui fit construire à cet eflet Yalbergo dei Poi/eri dans la rue S. Carlo ail' Arena. San Gennaro ne renferme plus qu'une poignée de pauvres invalides que le gouvernement entretient a bien peu de frais, et qui sont destinés à accompagner les convois funèbres. Ils sont vêtus en bleu de ciel , avec un manteau à l'espagnole, et portent une lance en bois noir, surmontée d'une pique au-dessous de laquelle est un ccusson en bois et un petit étendard également noir; sur l'écusson et letendard sont peints en blanc les attributs de la mort.
Nous étions aux fêtes de la Pentecôte, qui sont aussi celles de la ilfadona deir Arco ^ époque où l'on se rend en pèlerinage à un petit village peu distant de Naples. J'avais eu l'envie d'y aller. J'en fus détourné par Don
Qd
■B soleil ardcnl, ■apojs, oàinow a boire bi a joisla^ tootcsl pris, codsomc , la Iboie /j tnm^orte de toas les ponts.
Sa fcste^ si T«iCre bot est d^arotr idée de celte fiête, nous înxis
iflhetr sur le pont de la Hadej delà BOQS TcnoDs revenir les p&rins , et TOUS anrez obtenu le Bése
ne plot, d^anlant que, je Taroiie, les oobocs ne sont pas ic iMm goût, et dés qu'on Napolitain la'en détoomait, etbÔHnémeny allait pas, c'est ffall avait de bonnes raisons, car ici Tonne rcfose jamais on plaiâr.
Le lendemain donc, denx benrcs avant la cbote do joor,oa,poor m'exprimera la napolitaine, à vingt-denx beures, j'étais près da pont avec Don Pacdo et sa famille. Noos n'attendîmes pas long-temps; des cris, desUmboors de basqoe, des castagnettes, se firent entendre ; en on din d'oâl les qoais se trouvèrent envabis par la foole. Un nuage de poussière s'âeva, nous vîmes arriver, traînés par des bœufs, d'énormes et lourds cbariots de forme antique à quatre roues égales, portant une armée entière de femmes, d'hommes, d'enfans, et garnis de cerceaux ornés de feuillages, Jnsques aux roues qui eu étaient masquées ( PI. 47)- Pais des calessij sur lesquels étaient entassés dix à douze passagers vêtus aux couleurs tranchantes, les uns brûlant le pavé, d'autres se traînant pas à pas, enfijb , la foule immense à pied, dansant, chantant , hurlant même. Hommes et femmes , tous font ^ la" route en dansant la tarentelle , qu'accompagnent des voix à se faire entendre à un mille.
Cf^Ue danse, dont les Espagnols ont
toi* Cirile de trouver p; >ètml la rconion m y on danse la ;, dans les cours d les tcnasacs des maisons grande route.
Le caradcve de la musiqu primé tocr à toor par la préd mollesse des moovemens, et qoeOe sensibilité d'imaginat trîse à la fins les tcramns de c< manque, il me&t difficile de Tenvieqn'on prend de danser.
j a une midtitnde d'acteurs ment divers groupes ; lorsqu trouvent pas assez nombreu succèdent sans pour cela inti la danse. Le remplaçant, d'à se place devant le danseur, et en attendant qu'on lui joue tour. Des édats de rire ne n pas d'accmnpagner cette esp qui se répète souvent.
Il est un moment dans cette • la femme se met à genoux, ta:
Tbomme tourne autour d'elle maître, mais en vainqueur. 1 d'après, ils changent de rAle, à son tour se jette à genoux la femme qui danse autour c faut voir cette course légère, avec la rapidité de l'éclair^ u élevée en l'air agitant un tan basque , et faisant retei|tir le cet instrument! Vfniyf|jreyjt très hommes , mai^f^iig^f^rqiS' bâtons, auxquels/ ' ipi
chapelets de ni|i^ {p
NAPLES. 89
[ en bois schelés â la fête. Les riosité. Cette foule est donc otOX-pie, portent à leurs chapeaux des le coq ou de paoD. Tous les sQrent «nûment l'image de la lu plaisir, mais du plaisirdéa orgie. Tous ces rilcs sout avec des formes si einctement es à celles de l'idoUtrie des Grecs, ils sont si parfaitetetntlaiis par le costume et les «X qai nous oot été conserrés nilptures antiques , queméme mes de lierre de Bacchusn'y Ntbliées. Ces pipeaux ruslittedanser avec sesmouvemens A les gestes pantomimes, rap- » bacchantes célébraDt des n'ont aucune affinité avec les I de cette religion de s et de sacrifices dont tncerlesérénemeDS.IIestce Staïn que si d'autres religions lOir des routes aussi sûres pour ■ ciel , aocune n'en a choisi agréable que l'église napolins laquelle, loin que les prédisent en aucun temps le pur tde la joie, ils disent au conl'il exprime Dotre recoDoais- ■ers les dons du Créateur, e que voyant revenir tout ce Te de joie et de vin, on a de la roire que ce soit un sentiment qui ai t animé cette masse , on t plutôt transporté aus saturit elle retrace l'imaççe.
os faut, me dit Don Paolo, des «mbiables poiu- occuper le Vous le voyez , ces gens sont X, ils ont mis deux ou trois
ce pèlerinage , aujourd'hui utrent, c'est une fête pour rlie de la Tille ^ chacun vient tre dans ces pèlerins un paa ami, d'autres s'y rendent
simple mouvement de cu-
et c'est beaucoup dans un pajs où l'imagination, ce puissant mobile, a besoin d'être continuellement exercée.
11 est d'une politique bien entendue d'entretenir et d'alimenter ce goût.
Vous ne devez pas raisonner ici comme si vous aviez aOaireà un peupleduNord.
Le nôtre ne se lasse pas de ces fêtes, et tous les ans i! y trouve un Donvean plaisir. Vous aurez dû remarquer un trait du caractère des Italiens; c'est qne notre mobilité ne nous porte point à l'inconstance , et que notre vivacité ne nous rend pas la variété nécessaire; Le peuple est ici patient et persévérant , aoa imagination embellit ce qu'il possède ; elle occupe sa vie au lieu de la rendre inquiète. >
Dnquai nous vînmes à Toledo; la rue était pleine de voitures qui se succédaient sans interruption sur deux files, dont l'une nu>otaît, l'autre redescendait; c'est ce qu'on nomme il corso. Ici les chevaux et les voitures sont un des principaux objets de luxe ; on en voit une telle multitude , que l'on serait tenté de croire que leur nombre excède celui de Paris. La forme de ces voitures, toutes calèches découvertes, permet d'apercevoir en entier les femmes élégantes qui tes garnissent, et qui sont en général fort belles.
Beaucoup de quartiers n'étant occupés que parle peuple, elles rues s'y trouvant excessivement étroites , les équipages n'ont donc guères que Toledo, le quartier de Chiaïa,et quelques autres rues, en petit nombre, où ils puissent circuler librement; ce qui les fait paraître plus nombreux , étant circonscrits dans ces deux promenades favorites des ^Napolitains; à Tûledo l'on va quelquefois à pied, mais à Gliiaïa l'étiquette veut qu'on ne s'y montre qu'en voiture.
L'ITA
, Qodi dominage, ine dit Edouard, i qM nous ne «oyons pas venus quelques mois auparavant assister au carnaval ; Vest dans ces journées qu'il faut !roir le corso. Le 1 7 janvier, à la S t. -Antoine, le carnaval commence. A dater de ce jour, jeudi et dimanche , il corso a lieu à Toledo , depuis vingt et une lieui^s jusqu'à vingt - quatre. C'est miment une obligation de s'y mon-* trer. Mais c'est surtout les derniers jours , at le Inndi gras, qu'il est magni* fiqoe; /a douUe file de voitures com-> Bienoe à St«4-Lacie, et va quelque-»
fois jusqu'à la route du camp, parcoufant ainsi les rues de Toledo et des Studiii les balcons sont garnis de monde; on dirait tout Naples trans-* porté dans Toledo. La foule de piétons a*estpaa moins considérable. Entre ces deuzfilas devoitures, circulent celles de la cour, lorsqu'dle n'est pas masquéci car lorsqu'elle se masque, elles mar* cbentàia file.
La rue est pleine d'un bout à Tautre , ce qui peut bien former deux cent mille personnes, qui toutes veulent voir à la fois; cependant quelques hommes de la garde sufHsent pour dissiper la foule de ce peuple qui longtemps a passé pour être si redoutable, -mais qui ne l'est que pour le bruit.
Entre les gens à pied et ceux en toiture se déclare une lutte , dont les dragées font les frais; les personnes spectatrices sur les balcons s'en mêlent aussi. Il faut voir avec quelle adresse les masques des voitures lancent leurs munitions jusqu'au quatrième étage, au moyen d'une cuillère en baleine à long manche; on jette aux pliis jolies dames des fleurs et des couronnes. Souvent un adorateur attend ce jour-là avec impatience pour se déclarer à celle quil aime en secret depuis long-tcm]^s; une fleur emblcmalique remplace un aveu,
NAPLES
raux qui te remettent un peu nies de l'aiiDce. La moDi^ro iUercst Unième ({u'ca France, porte le> nuitks de P.-iris ; mois une-SaJDte tout le monde doit noir; le» femmes éj^ient ce costume par un clia|
dcnorniet cornes de bœuf de Sicile, s. ns me douLerqu'clles fussent des parar tonnères contre \ajcuatura ; les cgpuciua pussent surtout pour ^lie des yaltatoiida premier ordre, épitbt!:ledoni Ja meilleure mine no les prcservc |)ub, et du plus loin que lu Aupotitainci perçoit un iroc, toutes les cornes possîLiles sont Lraquées contre lui.
Les aocicna avaient ce préjugé.
César, Cieéroa, Virgile, croyaient au Jascinum. Horace en parle et veut le coDJurer; et en France! combien de joueurs perdans s'en prennent à leurs roisins([uile5guigDoncnt i(|ueo'aJopteot-ils le préservatil" !
Il existe beaucoup d'autres superelitioDs, dont une est de croire chai[ue maison de la vilte sous lu proteclioii immédiate d'un génie , qu'ils noiumeot la belle Amhriame. Si le moindre bruit se fait entendre dans l'intérieur, et qu'ils n'en puissent expliquer lu cause , auEsitàlon se recueille, on croit que c'est la présence de la belle Ambriame, qui est annoncée , et tout le monde prend Tont faire des signes avec "n^ altitude respectueuse. Le regard igt«quellesdi5j)osentencome9 fixe dans le vague , cbacun attend ce qu'il prétend être arrivé à quelques heureux privilégiés, qu'elle manifeste sa présence par une apparition complète, et ce n'est qu'après plusieurs minutes de déception qu'ils renoncent à cet espoir; néanmoins, la conviction d'avoir eu sa visite leur fait plaisir. Il est des appartcniens Xort beaux qui restent ialiabités, parce qu'ils sont sous l'influeDcc d'une belle Ambriumc , qui porte malbeur, et quand le vent, qui s'engouiïre dans les vastes galeries désertes de cet te maison, vient retentir aux oreilles des voisins : « Écoulez, vous diseoL-ils, comme elle se lajnenlc !.... ■ En vaia vous tâcherez de leur persuader que c'est la brise qui pleure, et opu la beJJc Âmbriamç,
pe:iu rose; promèueot à pied pour la seule J'année. Le roi et la famille • m^Ieot à la foule , sans f-ar- Ûtaplemeai suivis de quelques ►pied qui portent les coussins piels ils s'agenouillent dans Itioos. On est lellement Labiivoir dans les mes ou dans eoades publiques, que jamais rse fait entendre. La foule s'é- Vpectueusement de leur pas- I kommes se découvrent ; voilà pi'on fait , encore ne l'eiigeot-
I* est le point central des ob~ M, ce sont toujours les scènes '■variées; Edouard me fit re- : ttD capucin passant près de '«R^ardez , medit-il , toutes
DJurer \njettatura ou maloc- Z'eU un jon que le malin vous ît que le Napolitain prétend par divers signes ; au fait , on » pas qu'il n'y ait une infinité innés dont la figure omineuse ïOrtCT malheur. On les nomme i. Pour être toujours en garde Mirs maléfices , les Napolitaines à l'épaulette de leur corset une me en corail , les hommes la ent à la chaîne de leur monbienheureux préservatif est J'avais en effet remarqué ce r ornement dans les appartei le hasard m'avait conduit; ru dans les aoticbainbres , dans is, dana la chambres ù coucher,
p LITA
]s vous traiteront d'esprit fort et gar* leront leur croyance.
Au moment où je riais .luz éclats de :e (jue je venais d'entendre , Don Paolo reaait à nous. £<lou.'ird mi poussa le »udfl pour me rappeler l'usage qur 'on « ici d'offrir le café à toute heure, LÎetteofire faite et acceptée , nous voilà lans une Sottega di cage. Quiconque ^Tcherait dans ces étabissemens le Dxedenos cafés français, tomberait luia une erreur étrange, on ne s'y asâed même pas , eicepté lorsqu'on veut le faire décrotter. L'on y boit deux ortes de .café , la solita qui se donne oute sucrée, et il levante (\m se sert lOmme en France ; ce dernier est plus î>rt, meilleur et plus cher. Les Na- Mlitains donnent la préférence à a solita. D. Paolo n'en accepte jamais l'autres. «Comment voulez-vous, nous lit-il, j'ai trois ou quatre visites à faire, 'est donc autant de tasses qu'on m'ofrira, sans compter les rencontres im- )révnes comme la vôtre. Je ne puis ans impolitesse refuser-, en prenant na solita, ^e satisfais à nos usages et e n'avale qu'un peu d'eau noircie. i> Je ne rendis à ces raisoDS,etjc payai neuf ouspour trois .so/ife.Ilest cependant lans Naples, trois ou quatre cafés lù l'on peut aller s'asseoir; on es appelle sorhetteria. Un siniidlier isagede ce pays, mais qui est izrandct loble, c'est que si, pendant que vous ;tes à prendre vos glaces seul ou en société, une personne de votre connuisance passe, elle se glisse auprOs du oibeltaro et fait porter à son compte oute la dépense de la soirée : quand TOUS demandez votre carte, on vous répond que tout est payé , et souvent 'ous ne pouvez savoir à qui vous êtes edcvable de cette politesse.
La civilité va toujours en croissant I mesure qu'on avance en Italie : à Na-
able. A ^d^es jours de là reçûmes une invitation ; nous rîés, Edouard et moi , à iin souple donnait à l'occasion de sa X. Ce MQpcT fut splendidc et àTes nombreux , pres([ue tous 9. • A reiccplîon du vin ot des ledit laducbessc, tout est de
duc il titre d'ami , qu'il y a dans la mer un insecte qui donne de la lumière, c'est \cNereis phoiphorans deLInnéc ; on le trouve principalement aux mois de juin et juillet; ilcstltlanc, mou, et de la grosseur d'un grain de Lié. Celte conversation donna lieu à la duchesse dcnous parler du goût, ou, pour mieux
cfaez moi. mcme ma vaisselle dire, de la passion que le roi Perdî-
enliles; que voulez-vous, j'a e, et même dans ma patrie je pi'ellel je croîs pajer parce it un tribut à la reconiaîs- Qle nous apprit alors qu'elle âcvcepardes Françaises dans onat des JiliracoU, établi par k et même parles soius de la iarolinc Munit, qui venait cet établissement plusieurs 'seniaiue, ;iccom])n^née des
lod 1'. avait pour la pioche: — «Comliien de foism'a-t-ii envoyc, dans la saison où j'habite taon cas in dePortici, les plus beaux poissons que j'aie vus de ma vie, produit de sa pccbe, à laquelle il passait des heures en tiércs ! > De petites barques, éclairées par une flamme vive, que nous voyons de temps en temps f^lisser en tous sens sur ce golfe tranquille, nous doimèrent l'idée d'aller voir lancer le poisson, c'est-à-dire !• sa suite. — » Les grâ- le tuer avec un dard. Ce fut une partie ibîlité, et surtout la touchante de plaisir arrêtée en uoinstant,et qui Ftc lesquelles ces dames s'oc- s'exécuta le lendemain. Â l'entrée de la t de nous , ont développé en nuit une barque de pêcheur vint nous entiment que j'ai voué à votre prendre à ^erg'e//fna,oùiiousnou5emje ne puis me souvenir, sans barquâmes , après avoir eu le soin d'y les larmes, des dernières pa- faire transporter tout ce qui devait conla reine au moment de son stituer un bon souper, tion : Conservez mon école , Tout le monde était d'une gajté aux IVapolitains qui l'entou- charmante, on se communiquait ses eillezsur les^/iVflCo/j.»Cecou- pensées sans contrainte; ici on compte sur la bienveillance, car c'est une justice à rendre à la haute classe, personne n'observe mieux qu'elle les devoirs de l'hospitalité.
On se sert, pour la pêclie que nous faisions, d'un brasier qui, par son feU clair, attire le poisson et le fait apercevoir; on jette de l'buile sur l'eau pour en calmer l'agi ta tion, les mariniers ont l'adresse de ne jamais manquer celui qu'ils ont aperçu ; nous nous amusâmes long-temps à voir arriver dans notre barque diverses espèces de poissons fort beaux et fort appétissans, après quoi nous ne songeâmes plus à
un des plus imporlans de l'itaeine Marie Isabelle, mère du aot,a pris aussi sous sa proe pensionnat, dont la fondation Euvre philanthropique qui bodement les deux femmes sous :tion desquelles il a été placé, dais du duc d'Anzio, situe sur e la rivière de Chiaïa, on détoute la partie du golfe qui I route neuve du Pausilippe.
ions en face le spectacle d'une ioeuse, particularité qui avait 'S fois excité notre curiosité.
• d'anabbé, qui habite chez le t.
L'ITi
lécbfl, et nous nous oc^-u[iâmc3 de :e souper, qui fut citalii-, chacun fit on mieux pour y fuirc hoaDciir;oo ait (lisposû tout autour de la barque s coussins moelleux sur lesquels 3 étions à moilié clendus, tca^t maiti un verre où pclilUit le ChamjNigDe; la nuit étiiit (les plus LclUs, l'air pur, la température la plus douCR; quelle jouissuace, aprùs uu Jour cfui avait été si chaud, de sentir cet air doux et raTratchissant 1 nous nous croyions dans un hain parfumé. Ici la nature, lani^uissantc pendant te jour, renait le soir; la pâle clarté de la lune augmentait encore le charme , je me MDtis ému, sani lavoir pourquoi ; j'étais heareux, et pourtant je soupirais!
Petit à petit ma gatté se calmait et faisait place Jt une douce mélancolie ; ce pays si beau n'était pas la patrie, il fallait le quitter ! Le regard attaché -sur la figure delà duchesse, dont le feu -da brasier éclairait les piles et belles lignes, je ne sais combien de tem|)s je serais resté dans cette muette extase, si je n'en avais été arraché par le Ijruit d'un homme qui tombait à la mer, ce qui nous mit tous en mouvement. Quelqu'un prononça le mot de suicide :
« — Rassurez-vous , nous dit le duc , cette pensée ne lui est pas venue.
L'idée du suicide germe difficilement dans nos climats, faites-en honneur à la physique ou bien à la morale, TOUS arriverez toujours au même rûsullat; quant à cet homme qui déjà reparaît sur l'eau, c'est on des meilleurs ploni^eurs que je connaisse; il n'a fait cela que pour nous montrer sonadrcsse.Je m'amuse à lui je ter ([uclqucfois soit un anneau, snit une pièrc de monnaie , et ran-ment il manque de ia rattraper mcme de nuit, h la lueur des torches , ce qui est plus extraordinaire. L'habitude qu'ont ces hommes,
PAt-'SlLIPPE, LAC D'AGNANO elc.
s'il «e fût retire dans les airs Strada dei Lanzieri, l'on me montm , rarraîchir lui-même. sculplée dans le mur d'uDC m:iisun , la
{uesjoun après, en me prome- sLuluc tic picola Pescc. ins uiie rue que I'oq .
I TAVSItlFFB, LAC D'AONAHO, POUZXOLXS, BAJJ , MlSSmi, ISCHIA, PaOCIDA, ne.
I s notre course au Vésuve, le duchesse et l'uLbé veulent outos nos parties ; ainsi, il éUiL uenousirioas enscmUeii Eaïa.
beures du mulin, le jour eootbbé assiégeait notre porte, et là ope autre lois eu route , traie Lai^o del Castello, puis en passant le tliiiàlre St.-Cliar- M"'. Malibran avait excité la les Irépîgnemens dcotbou' ï mçrités, nous parcourons Ch^aïa, sur lacjucllc est le : nom, cjui paraît susyOtre tête. Resserve entre IHJiKs dePiz^o FalcoQc et Qlç, cette rut est désa^réa- 1 de son peu de largeur, et oui y afflue sans cesse; c'est lage pour traverser cette ,;rille, lorsfju on ne veut pas f de la marine ; les proprié- Kdais bàlis sur ces collines ; raison qu'une communi- ■fyciXe donnerait plus de vapaisons, firent bâtira leurs t court et étroit qui, de jm. Degli ÂDgeli va à la rue
passons dessous, et
. ^uai nommé Kiviera WPare la villa Reak des
soi et qui , aux dernit;res Lcurcs , «t la promenade favorite des
..iTiera est assez longue; mais nous avec une telle rapidité,
qu'il isible d'en pailer. JHous
ToilÎL giuLicdePausi]ippe(Pl..J9)-
L'I a beaucoup de passades souterrains de ce genre; mais celui-ci est le plus ancien, le plus lon^; et le plus remarquable; il y a neuf cents pas sur une largeur de vingt -quatre pieds et une hauteur de vingl-liuit toises. On ne connaît pas l'auteur de cet ouvrage gigantesque attribue aux Aomains.
Strabon, Sénèque et Pline en font mention sans désigner celui à qui on la doit; parmi les auteurs modernes, JVIazocchi l'attrihue àLucuUus, Martorelli , à Agrippa, et Luigi Galanti croit que cet ouvrage est de beaucoup antérieur à Lucullus, et qu'il fut fait simultanément iiac les habiLans de Cuines et de Kaples, pour avoir entre eux une communication plus courte.
Ce qui étonne, c'est qu'il n'arrive nas tous les jours des .iccidcns. Longtemps cette grotte a été complètement obscure; une petite chapelle plact'c au milieu et consacrée à la Madone, fourniseailleseuUutninaire. «Les voitures.
Kl
LITALIE.
ras £x lit àmcj se munissaient de tôtdi». mitilcs anjoardlmi. » Il m'est ai« de jnger de l'effet de ces torches, iaal la flamme roogeâtre jetait en pas- «nl une lueur rive sur tous les objeU , ce qui , joint au bruit assourdissant de ces Toitures roulant sur un pavé de dalles du Vésuve et aux cris affreux que poussent les lazzaroni et <pii ré- Teillent l'écho ceten tissant, devait donner à ce passage quelque chose de sauvage, d'infernal, qui frappait 1 étranger.
Des ouvertures sont taillées dans le roc pour donner de 1 air ,• elles ont aussi leur effet romantique : elles sont bordées par des buissons , des arbustes, des clématites, des chèvre-feuilles et du lierre , qui descendent en guir- L'mdes fantastiques , et balancent sous ces voûtes humides leurs rameaux flexibles.
Depuis l'occupation des Français des réverbères y ont été placés ; mais leur clarté est perdue dans l'immensité ; et le milieu de la irrottc est encore si obscur, qu'on entend plutôt qu'on ne les voit, les objets qui passent près de VOUS; aussi est-ce avec un sentiment indéCnissable de joie que l'on revoit la lumière et la riche campagne et mèmele pauvre village de Fuori Grotta.
Le duc m'engage à traverser la grotte un jour d'équinoxes, pour y voir un phénomène; le soleil, à son coucher, prolonge ses rayons jusqu'à l'autre extrémité, et change son obscurité ordinaire en une brillante clarté.
En sortant de la grotte de Pausilippe, l'on suit la route des Ba :noli, ombragée d'arbres jusqu'au bord de la mer. Pendant le trajet, plusieurs monticules, couverts de la végétation la plus forte, la plus confuse, s'offrent à la vue. Siu: le point le plus élevé
de ce coteao , se dresse flére couvent des Camaldules, d jouit, à ce que me dit labb plus belle vue de Funivers ; Va sur les deux gdfes de Ilapli Pouzzoles, sur leurs iles,{sur l Tes éteints de la Solfatara cr troni, sur le lac d'Agnano, 3Iisène, le «Jiiteau de Baîa el immense!.!.. -
Il me dit aussi que les reli; cet ordre sont nombreux, el dans la plus parfaite harmoi ce lien, le plus propre à la ^ templative.
A mi-chemin nous laissâmes et, tournant à droite, nous no geâmes, en suivant un petit d'environ un mille, vers le 1 gnano (PI. 33), que iious v d'abord. Ce lac d'eau douce é trefois^un volcan , il est facile d'< par sa forme et par les prodi caniques qu'on y trouve. Les gnes qui Tenvironnent sont ad ment boisées , et l'œil cmbrass sure sans obstacle toute son c sur CCS bords , la nature est* simple et tranquille : ce serai tude de choix d'un homme h ses eaux limpides sont à peine leur surface, et produisent r quelques vagues qui viennent pirer sur le gazon qui l'entoun formité d'un champ si spacie uni est nirréablemcnt interrom des touffes de roseaux, agité mouvement d'un grand noml seaux aquatiques, qui s^élao troupe du lac sur la prairie, prairie sur le lac.
Un des premiers objets qui à la vue est la fameuse grotte d un paysan en a la dé, et s'y n le chien destiné à l'expérience , la vie se passe en énnooitsemi
POUZZOLES , On fait entrer cette pauvre
f que son maître sncrilîcraît si ]rait cette cmauté ; le cbien re- I tel point cette épreuve, lorsm déjà subie, qu'il tremble en bant, et qa'il faut l'y traîner. A oaché , il tombe en convulsion , nt , gémit , et serait mort en blutes si 00 I't laissait ce temps.
tartîe intérieure de la grotte ne il aucune odeur remarquable; l'on se baisse et qu'on plonge la 'ans ta couche d'air qui, pari sol , s'élève à un pied envi-
qu'on la porte ensuite pleine ftz jusqu'au nez, on seot une «uiïocante, qui asphyxierait t aussi bien que le chien s'il tcouché par terre. En sortant, nés ce pauvre animal que l'on le plonger dans l'eau pour le plus tôt à la vie ; la duchesse ne jusqu'aux larmes : (Va, ^malheureuse victime, accom- Fpîre destin, meurs cent fois, si rieux arrivent !! » Nous quittâ- ^tte , emportant une impresmue de ce que nous avions vu.
MU montra ensuite quelques e fabrique, que l'on dit avoir tie d'une rilla de Lucullus et : encore sur les bords dece lac.
de ces ruines sont les bains de de Saa Germano, fréquentés personnes atteintes derhuma- %s étuves consistent en une réu- ! masures construites par des tiarbares pour le soulagement nanité. Quelques années enn'en restera que les décombres, l'intérieur, elles sont partagées chambres dont les quatre dcrint les plus chaudes. Les exhade soufre sont difficiles à sup- EUes se manifestent par une >U]Khe qui s'échappe par les
, BAIA, ETC
fentes des murs. La ch de (rente ii qu.irante di i
mur. Nous y présentâmes un morceau d'amadou allumé ; la vapeur augmente d'intensité, et elle se dirige vers le feu de l'amadou.
Les modestes étuves du lac d'Agnano ont remplace les magnitîqui
thermes c
ï Romains avaient éle-
vés sur le sommet de la colline près de la ville A'Angularum ; l'espace occupé ■ par les ruines est assez considérable pour faire juger que l'édifice était somptueux : les constructions en brique qui sont incorporées avec la colline ont tous les caractères de grandeur et de solidité qui se rencontrent dans les monumeus publics des anciens. Les
débris d'arcades, les voûtes,
les pans
de mur, n'ont plus aucune liaison entre eux. Mais il est resté des portions de salons cintrés, ou l'on voit un grand nombre de tuyaux en terre cuite par où la chaleur et les vapeurs se répandaient dans l'intérieur. Nous continuons à marcher toujours vers la partie occidentale du lac; et laissant à gauche les monts Leucogés, aujourd'hui la Solfatara , nous nous dirigeons vers les Pisciaretli , petit ruisseau d'eau bouillante, qui prend sa source dans la montagne de la Solfatara ; cette eau fait cuire un ceuf en huit minutes; elle est fortement imprégnée d'alun et de vitriol; ce dernier même y domine à un degré tel, qu'en y mêlant de la noix de galle ou en ferait de l'encre. Dans cet endroit le sol résonne comme s'il é'ait creux. De là on va aux Astroni, ancien cratère d'un volcan éteint, et converti aujourd'hui en parc royal, entouré de murs pour y retenir le gibier ; il a quatre milles et demi de circonférence. Dans l'intérieur du parc, on rencontre encore des lares, des sco- '7
de la pierre ponce, et autres
La volcaoîquesi et là où fut un
iD rcdoutnble se montre aujour-
i la vcgclation la plus riche! Pla-
lans celle périlleuse position, qui
Mit si demain cette somptueuse villa,
et CM ariirM <pû ftroisaent sur les coa-
fiaf di la dMtraction ne seront pas ef-
(titia ds !■ surfaee de la terre , et si le
Tl^a^eur qui cherchera leur ombre
Iwspitalièreneles trouvera pas rempla-
ods par des riviires de flamme ou par un
lati paiaîhla?ear ici la nature exéculetes
gMitdaa «pératioDs avec ses rudes me-
t^riaui et à la TOe d'hommes qu'elle
larrifia.
Gftlte t«rr« ut neUe qui laisse le plus de marge ao vo^geur observateur ; car aoBcaractèrcdistinctif , stihlime et singulier qui lui a été imprimé par la nature t ne sa retrouve nulle part.
Nens afioBs projeté de dtoer & Pauzaolea, dont'plusieurs montagnes noua àéparaient encore. XI fut convenu que le duc, la duchesse et Edouard, qui ooanaiiaaient tous ces pays , iraient nous attendre , tandis que nous nous y rendrions par ces routes raonlueuses.
Tout le canton que nous allons parcourir m»intenant s'appelait Chunips- Pldégréens ■ Cbanips-de-Feu ; » à chaque pas nous allons y rencontrer des sources d'eaux minérales ou iberinnles.
JNous voici sur l'ancienne voie romaine, appelée Aminiana , qui conduisait de JVaples à Pouzzoles; nous y retrouvons des traces de l'ancien p;ivé en pierres volcaniques; les restes d'un pont à trois arches au-dessus duquel passait cette route; un grand nombre de tombeaux la bordent des deux côtés, la plupart détruits et ne présentant que des masses ou des i'ragmens informes; nous en visitâmes pourtant deux assez bien conservés sur la gauche ! le premier, près de l'église de
POUZZOLES
■ble» psr ]« stérilité du sol, Duleur blaDcbitre, et surLoul AUr des Tapeurs sulfureuses laie.
I croit Iraiisporté tout à coup tutre globe : ici rieu ne ressemdésonlre des lieux les plus clé' IcB plus sauvai-'es, et rien ne • les beautés de la nature, talfataraest le seul des volcans Csisié autrefois, età diOerenles ■ dans les cbarnpa Piiié^récuE, t encore daus une 50^led'actil^Ie^oflIm^w/ca^tdeStrabon■ eeBteIIiptique, ellenonzecents ïloDgsurquatre-Tingtadelarge.
t sur diliéreus points ses valousaées par l'action du feu, s'éevec violence; c'est dans les loù ces vapeurs sortent avec le iforce que l'on place des tuiles briques pour receroir le sel Itquequi s'y sublime.
A est moins pur que celui qu'on 1 au Vésuve. Les crevasses par faidait \ks rapears s'appellent Des. De temps en tempi on k des flocons de fumée qui nt et se dissipent dans l'air; tend presque à voir un génie ie cette fumée , prendre gralent une forme, et apparaître égards. On trouve aussi sur les I qui entourentia Sol fatara delà i souvent crislalliséeen aiguilles lets soyeux , que des personnes rsées en minéralogie rega nient de l'alun de plume.
: surprise occnsionée par le ta> clraordiaaire et imprévu d'ude ide confusion de toutes cboses , E Naturellement une sorte de : quand, eti frappant du pied eroAte volcanique ou en jetant tm, comme nous le fîmes, dans Myerttir4| OU entend un reten-
, BAIA,ETC
tisscment dont les vibratîo les immenses profondeurs d un gouure dans lequel les matières sont entretenues en fusion par un feu lent, et qui pourrait, en B'écroulant, engloutir les curieux qui pèsent dessus.
Mais une cbose bien rnssurante « sur laquelle l'abbé appelle toute mon attention, c'est In parfaite sécurité des ouvriers qui travaillentàrécolterlesoufre et à fabriquer l'alun.
En sortant de ce lieu , nous visi' tftmes l'amphithéâtre ou cotisée, désigné sous le nom de Carceri, et dont on ne voit que le quart; le reste est enterré et couvert d« plantations. Il est aisé cependant d'en reconnaître les di< raensions. Dans une portion du corri' dorqui entoure l'arène, nous vtmesles issues par lesquelles on montait sur les ejadins,età droite sont plusieurs caves , dont une est convertie en cb.tpelle
aint J.ii
suppo-
sition qu'il y a été renfermé avant de soulTiir le martyre. Les murs de cetam-' pbitbéAtre sont en ouvi^ge réticulaÎK et construits en laves et en briquet. H pouvait contenirviogt-einq mille sp0b< tateurs. Aujourd'hui le lierre et d'au-) très plantes parasites croissent avec activité entre les crevasses de ses anti" ques murailles, situées autrefois dans le centre d'une ville opulente.
Après le colysée est la maison de campagne de Cicéron. Nous sommes en face de ces fameux portiques oà U composa ses questions acadéoiîquesi La préférence qu'il accordait à cette retraite sur celles de Cumes et de Porapel, les chefs-d'œuvre de sculpture grecque dont il l'avait ornée, le nom même d'académie donné à cette longue galerie, construite sur le modèle des portiques de Vj^ctuicmus d'Athènes, rendent cet ruines d'autant plus res^ pectables ^ qu'il ett impossible de n«
lOO
riTALIE.
pas y rattacher le souvenir des ouvrages de ce célèbre orateur , et les grandes époques historiques qui ont illustré et sa vie et sa mort.
Ces portiques s'élevaient au milieu de magnifiques jardins qui touchaient d'un câté à la ville de Pouzzoles , et se prolongeaient en amphithéâtre pendant une demi-lieue en face de Baïa.
L'horizon est coupé par les tles^ dont les formes se dessinent irrégulièrement sur un ciel toujours bleu. Au couchant, le promontoire de Misènes et les châteaux de 3aïa, et vers l'Orient, dans le lointain , les montagnes de Sorrento se réfléchissant dans les vagues. Tel est ce tableau, sur lequel Gicéron étendait sa vue lorsqu'il. se promenait sous ses vastes portiques, méditant des écrits immortels, et qu'il composait . ses foudroyantes Gatilinaires. Aujourd'hui tout est en ruines ; le nom seul de Gicéron a survécu , et sauve ce lieu de l'oubli. Nulle trace du tombeau d'Adrien, qui, mort à Baïa, fut enseveli sur celte côte. Gombien j'étais heureux de me trouver avec l'abbé; sans lui, obligé de prendre un cicérone ignorant, j 'aurais erré à tâtons au milieu de toutes ces ruines. Ne pouvant citer juste; ces hommes vous jettent un nom au hasard, et l'erreur se propage ; l'étranger, qui n'a ni le temps ni le goût de se livrer à une recherche approfondie , adopte ces erreurs , encore heureux lorsqu'il ne les mêle pas avec les contes les plus absurdes. Gar il y en a qui , de la meilleure foi du monde ^. vous disent qu'Énée était un général romain qui se révolta contre le roi; que Virgile était un magicien, capitaine dans ses ar- . mées; ils montrent jusqu'à l'endroit où ce poëte disait sa messe. L'abbé , plein d'érudition, archéologue consommé, antiquaire, chimiste, en un mot savant, et surtout d'une complaisance à
toute épreuve, avait la boni
guider et de tout m'ezpliquer.
A la droite de la villa de Gcé
le haut d'une verdoyante. eoH
fait face à Bauli , sont' àm '
brique percés de niches irt: ^4
ce sont là les ruines' 4>^'^
Neptune. Le corps. piAn|j
tourné vers la roate^ etîlè^]
faisait face à la m.et.'G*-mffét(i
que parie Gicéron, lotoiq[àèi^iil
nant avec LucuHus snr^hs^iaiV
sens, il lui dit t • lXiPêÊt:m
Bauli , d'où nouBW&fOOB'S^mfi
cependant nous n^aptirréVdÉiri
tre ami Aviano-, qni jièiit^ijjhli
mène sous les:portîqàès.âv:li
Neptune. » : G'était.dbas.'stià?^
sacrée qu^ les' mariiis etf lerTV
prêts à s'embarquer vebaiciit'
leurs offrandes , et invoquer le
l'élément auquel ils allaient se
Auguste, partant de Pouzzoi
la guerre contre Sextus Pompa
de mettre à la voile , offrit un sa
Neptune; plus tard Galigula
autant.
Mon guide me fit admirer 1 murailles fortes et élevées de la p nord, «linsi que leurs omemens niches , et les débris du portiqi parle Gicéron.
Dans notre fougue explorati d'une ruine à l'autre, nous auri< blié que nous étions attendus , estomacs ne nous en eussent lî venir. Nous résolûmes : donc m donner pour le moment ces.ltajl d'attraits, et nous tounslfl|4i.*1 vers Pouzzoles, que CSicérai'rsq Puteolana et Cumana rêgno^ ot entière accourait à ses bains, était le Spa de l'antiquité.
Pouzzoles (PI. 5o) est situées pays le plus beau, le plus curie plus intéressant qui existe d
par les ni^ularités naturelles îl, par tea chefs-d'œuvre de l'ont cOQvert si lonîr-temps,
I pliéQomélies de la tutlure ont
II semble que les e.tus , te feu , aes , l'art et Ut nature se soient l'empire de ce petit coin de la ■yant alternativement occupé, embelli, bouleversé, sans rien en lui que la manière d'élre iqu'ils n*aieot fait qu'ajouter l de sa curiosité. Cet admiton, habité alternativement Bple le plus savant et le plus U, ensuite par le plus riche temps que le plus puissant, par des tremhlenxens de terre Ai sous les cendres des vot- I devenu et sera toujours le pB des physiciens, et le mé- |K historiens.
mains, craignant que Pouzipmbàt au pouvoird'Annibal, jrent une colonie sous le comnt de Q. Fabius, qui, craimanquer d'eau, y fit creuser ilaie de puits, et son nom de >a fut changé en celui de Pu- Tacite la nomme Cotoaîa Âuronia, et une inscription troule môle lui donne encore le jOlonia Flavia , en l'honneur tien , pour qui elle se déclara, o récompensa. C'est à Pouz- ! Sjlla vint mourir, après S,ué.
miTsions des barbares , les eus de terre, et surtout la éruption de la Solfatara , ont
à ruiner celte ville. Dans le ût i6g5, des pluies extraorombèrent avec assez d'abonir fortement endommager la entre autres l'aquéduc qui y les eaux. Dans quelques enterre s'entrouvrit sans qu'il
POUZZOtES, BAIA.ETC. toi
y eût tremblement de terre, et découvrit une ancienne voie pavée en larges pierres. Le vice-roi , Pierre de Tolcdo, ordonna de réparer plusieurs de ces dégùls, et, pour rassurer les hahitans effrayés, fît bâtir pour lui-m£me un palais, devenu aujourd'hui une casera e.
Sur la place (PI. 5i} du marché sont deux statues en regard, dont l'une, qui passe pour celle de saint Janvier, est la statue de saint Martin de Léon , cvêque dePouzzolcs en iliSo; elle semble donner la bénédiction à l'autre, qu'unefastueiisc inscription m'apprend éti'e d'Egnatius Lollius, préteur, et Augure, personnage qui m'est aussi étranger que ces deux fi^^ures le sont l'une à l'autre. Cette dernière est d'un assez beau sly1c.
Je me serais rendu avec plus de plaisir, je l'avoue , à notre auberge que vers le port, où la duchesse voulait à toute force m'en traîner pour se venger (le l'abandon dans lequel nous l'avions laissée. Puisque des antiquités l'ont emporté sur moi, nous dit-elle, la vue d'un port, qui long-temps a passé pour le premier de l'Italie, peut bien vous faire retarder de quelques instans votre repas.
Nous n'y descendîmes cependant pas, et nous nous arrêtâmes à une petite place où je vis un piédestal en marbre blanc , orné de quatorze figures en bas-reliefs, personnifiant quatorze villes de l'Asie-Mineuf-e renversées par un tremblement de terre, et rebâties par Tibère; puis, avec un sourire malin, la duchesse me dit qu'elle se bornerait à cette vengeance.
Notre dinecfut court; les auberges des environs de Naples ne sont pas renommées pour leur cuisine. Nous mangeâmes d'excellentes huîtres duFusaro, meilleures là que sur les lieux, parce
toi
qiu^clles arrivent h Pouzzoles arrosées de l'eau (le la me , et que, tnangées sur le lac tiiéme^ elles sont trop douces. Ces hutlres, atitrettieht faites cjue celles ^ue nous connaissons h Paris , ont une fbk*me Ai iïrégulière , qu'à la première vue on est tenté de les prendre pour de petits fnigmens de rochers; elles sont engraissées dans une eau à demi salée, dont la pèche appartient au roi, qui TaBerme et en retire un lucre con« Sidéhible.
Pou22oles abonde en toutes sortes de fruits, et approvisionne Naples en {primeurs.
Noua voulûmes visiter la cathédrale :
c'était un dimanche; nous la trouvâmes ouverte; elle est bâtie sur les ruines d*ùn temple dédié à Au^ruste, et tout entier en marbre , ainsi qu'on le lit sur le frôbtoil; il y avait autrefois des colonnes corintliiennes dont il reste des fragmêns du côté de la cour ; elles soutiennent une architrave bien travaillée.
Tout le long de la route, nous avions remarqué des restes nombreux de constructions antiques, des tronçons de colonnes et des débris d'inscriptions.
En continuant Une trentaine de pas au delà de l'édiGce appelé Sedile de là Yioblesse^ nous vtmes quatre marbres de trois pieds carrés avec des inscriptions arabes gravées en relief; il est probable qu'elles recouvraient des tombéiiux ; elles portent différetites dates, depuis laoo jusqu'en 1600.
ELn descendant de la cathédrale, nous nous trouvâmes sur le rivage, proche du mâle , restauré à la moderne , et où quelques misérables barques ont remplacé cette multitude de navires étrangers qui venaient trafiquer à Pouzzoles; nous nous dirigeâmes vers le lieu Ailpontde Caligula, Ces ruines, sujet cTune controverse assez compli-
quée, se composent de tteize | liers et de plusieurs arches, 1 vingt-cinq. Le duc, fort de 1' de Suétone, me demanda si je venais de son récit; l'abbé voi cette citation en latin, me c riant , moi je Vais vous la faire gue moderne, en ajoutant à I ce qUe d'autres auteurs m transmis.
« Le nom de pont de Galigt est resté , a pour origine le s extravagant que cet empereur dans la pompe d'Un triomph sembla vouloir surpasser la i de Xercès, et célébrer des 1 imaginaires contré les Parti Daccs et les Bretons.
» A cet eflet, il Ot construire de plus d'une lieue de long. < s'attachait à l'extrémité des traversait cette partie du golfe Baïa,
» Il était impossible de bâtir profondeurs de la mer, sur ii:
de 3,818 toises. 11 fallut donc rc grand nombre de vaisseaux, etn construire de nouveaux qui , par des ancres et attachés a chaînes, pussent permettre i dessus une route bordée de pai
» La suspension des transpc mer occasiona une famine gài< Italie, et plus particulière Rome; mais pour Caligula, 1 reurs d'une calamiténe pouvaie jouter à i*éclat de son triomj pompe dura deux jours.
» Le premier, reropercur^re la chlam^rde, armé de l'épée d'Ali ie Grand, et U frontoméd uueci de chêne , traversa le golfe à ch jour suivant il revint de Bàù^ quadrige, tratnant à aen dtar 1 Darius^ ills d'Artabuie^ doi otage parles PamImI; et) iftoéi
POUZZOLES
I fût eomplctement ridicule , il 8 Pouzioles comme un conqué- I une villeenDemie prise d'as- « pompe, prêt: éHéede?acri lices lu Dieux, et parti cul itiremenl , pour les consoler de sa gloire, I d'une nuit , jieDd.int laquelle l Aombre de feax hrillèrcDl sur nintsdu j^olfe.et semblèrent sepUJssance du triomphateur, en les ténèbres, et eu réunis^iant i dire deux jours eu un seul.
>*ce d'embrasement de la côte , le tableau magique d'un Binense, transrormé eo une feu sillonnée par des milliers es et de flambeaux , le mouvebiiltueuT d'une armée sur le nnphul et sur la plage, l'air Uit àe toute part du sou des las guerriers , n'étaient pas lacle sufEsynt pour la gloire [ula. A la suite d'un festin ux, où il s'abandonna à la plus ite ivresse, il fit précipiter lerses amis, ainsi (]ue les mabvestis des premières dignités >ire, et prononça l'arrêt de s citoyens romains dont les I pouvaient payer les frais de Lvantable triomphe. " ni motif de Caligula avait été >ar ses courtisans intimes :
De prédiction de rastroloj;ue , qui, voyant Tibère inquiet successeur, à cause du penl'il avait pour son petit-fils vélui avait assuré que Cuïus ne i5 plus empereur qu'on ne le ourir à cheval à travers le golfe
inscription, trouvée dans la placée aujourd'hui au-dessus rie de la ville, atteste que les ont celles du môle ijui, renir Ifes eauk , fut restauré par
,1ÎA1A, ETC. io3
Antonin , et dont Sénèque a dit ; ■ Aujourd'hui les navires aleiandrios ont paru. La foule se porte sur le mAIe. ■
Kn remontant pur une petite ruelle, nous nous trouvâmes en face du temple de Jupiter-Sérapis (PI. fio), longtemps enseveli sous les cendres volcaniques, et qui n'a été découvert qu'en 1750; malheureusement il ne revit le jour que pour être implloyablement dépouillé de tout ce qu'il avait de plus précieux ; les seize colonnes qui soutenaient la coupole, les statues et les vases qu'il renfermait, ornent depuis lonit-temps le palais de Caserte et le musée de Na pies. Ce temple est inonde depuisle tremblement de terre de 1 538.
Son enceinte est un carré long de cent trente- quatre pieds sur cent quinze; le temple est de forme circulaire, on reconnaît encore la place des seize colonnes de marbre rouge dont on l'a dépouillé ; il reste à son péristyle trois des nombreuses colonnes qui l'entouraient ; elles sont très-élevées et en marbre cipolin.
C'est encore le monument le plus curieux que l'on ait à voir à Pouzzoles; le pavé ainsi que les soubassemcns étaient en marbre grec. Au centre du portique l'on voit un massif circulaire qui servait de base h un temple rond à jour, appelé A/onoplére.
Autour de ce massif il existe encore deux vases de marbre, autrefois au nombre de douze, et deux anneaux de bronze fixés dans te pavé ; ils servaient à attacher les victimes destinées a être immolées. Un seul existe en entier.
Ces magnifiques restes portent l'empreinte d'un phénomène ; c'est une multitude de petits trous renfermant une espèce de coquillage que l'abbé crut recoooaitre pour le Dactylus litofagus et le faladas , d'oà nous cou
io4 L'II
cljbnes que Veau delà mer aviiit autrefois recouvert ce temple. M;iis pour que l'eau delà mer tïiL arrivée jusquelà, il faudrait supposer qu'une partie delà Tille de Pouzzolcs aurait été submergée; et la tralîlion n'en fait mille mention. Mais encore^ comment les eaux de la mer auraicnl-clles puttre si f»Dsid. érable ment élevées sur ce point? DaDs quelle confusion d'idées de tels phénomènes laissent l'esprit! quelles preuTfts (le mouvement et de balancement dans cette portion du coolineut!
et ç[u«Ie preuve encore de la nuit , de l'ignorance et de la baibarie dans lesquellee ce pays a été abandonné pendant tant de siècles, puîstju'il manque d'an- Daiei Sur de si grands événemens, qui appartiennent éijalementà lliistoire et aunaturnlisLe !
« Des murs ruinés conservent encore le plan des chambres qui entouraient celle partie du temple. Un assez grand nombre de pièces de marbre blanc sont accumulées et placées sur champ : elles sont percées d'une lunette qui en indique l'usage, pour recouvrirle siégedes bains de vapeurs:
elles étaient situées à chaque angle de l'édifiée, ; ansdeux chambres comprises dans l'alignement du snnctuaire. Ces deux chambres , sous lesquelles passait un ruisseau d'eau thermale, renfermaient un grand nombre de ces lunettes. >
■ On compte trenle-deux cliambres autour du portique, savoi r : onzede chaque côté, six à l'entrée, et quatre sur les ailes du sanctuaire : celles de droite et de fjauche avaient alternativement leurs portes en dedans et en dehors du temple.Ces cbambres étaient occupées par les étrangers infirmes. ■
Une inscription trouvée dans le temple ainsi qu'une petite statue, attestent qu'il était dédié à Jupiter-Sé-
rapis, adoré chez les Egyptiens, et dont le culte avait été introduit à Dicearchia par ces Africains.
■ L'eau thermale à laquelle les prêtres avaient donné le nom de joccee, prend sa source dans la montagne, au pied de laquelle le temple est situé. La science des prêtres consistait à administrer cette eau dans les maladies dont elle pouvait triompher, et à attribuer uniquement à Bon uSagelaguérison des infirmités ; ils en faisaient remonter le principal eiiét à la puissance deJupiter-Sérapis,àladévotTondesm.ilades, etàla valeurde leurs ofïrandes.
> En outre, pour se plier d'autant mieuxà la confiance superstitieusedes malades étrangers. Grecs, Gaulois ou Germains, le temple renfermait un grand nombre de divinités exotiques; ainsi les malades pouvaient choisir et adresser leurs prières, et surtout leurs sacrifices , à des dieux subalternes adorés dans leurs pays.
» Enfin comme dans ce temps, de même cpi'aujourd'hui , beaucoup de maladies avaient leur siège dans l'imagination, il suffisait, pour recouvrer la santé, d'avoir une vision ou une révélation en songe du dieu Sera pis. »
La nuit s'.ivançait; il fallait songer à un gîte, retourner à Napies c'était refaire la même route pour revenir le lendemain, il était beaucoup mieux de nous arranger à coucher à Pouzzoles; ce fut à ce dernier parti que nous nous arrêtâmes. Le duc écrivit quelques lignes pour obtenir du prince de Cardilo un ordre de nous recevoir dans sa magnifique villa, située à mi-côte et regardant la mer.
Le lendemainnousdevionscommencer par le lac Averne; cependant on nous indiqua un reste de ruines que quelques paysans baplisaientdu nom de maison de Cicéron; mais, comparant
P0UZ20LES fenirs et les reportant surl'inn que nous avions lue dans le de Sérapis, nousen coDJcctu- [ue ce devait être le temple de sur peu éloigné de celui de Séît dont il n'était séparé que par de route ; il est à cûté de celui mpbes; tous deux, au surplus, it rien d'intéressant et parlent l'imagination. .
■ortant nos yeux à droite, nous ioDS le mont Gauro, cité par Galien, Lucain et Juvénal, bonté de ses vins. 11 a la forme ne tronqué et n'oQ're à la vue I débris volcaniques , ce qui a iger son nom en celui de Mon- Kro. D'un passage de Juvénal , Iclu que Cumes avait été enseas ses cendres ; mais il est pron^on a mal interprété la pensée e.
L recommencé les cultures au ce mont.
.-TÎs est le Monte-Nuovo , dont lé daos l'histoire des éruptions nre, et qui date de i538. Son est de trois milles, et sa baum tiers de mille. Sa formation vrage de trois jours ; il s'éleva mines de Tripergola ; la terre , des flammes, des laves, des de feu s'en élancèrent; elles 'ent en partie le lac Lucrin, rentlePortus Julius et l'ancien ! Pouzzoles, et détruisirent le , dont la plupart des babitans Ht, sans aucune transition, de rite à l'anéantissement. La mer le plus de cent pas , et un fleuve prit son cours jusque dans les f formant un rocher qu'il fallut pour reformer la route. Aujour* ! Honte-Nuovo est couvert d'ar-
I ne noiu arrêtions pas , nous
, BAIA, ETC. io5
arrivâmes de suite au lae Lucrin, pe-' til , de figure irrégulière , et qui communique à la mer par un canal cbuvert.
Tels sont les restes du fameux lac Lucrin, chanté par les poètes,' si roiommi pour ses huUrcs, et dont Horace (Ut :
non me Laccina jnverint conchjlU.
Ho»., Ep.Od.^.
Poar un pareil repas je doDnMaîs cent fbil
L'abbé était en train de nous parler latin, et, sans s'arrêter , allait nous citer Martial , Juvcnal, et, pour peu que nous eussions insisté, tous les auteurs qui ont parlé du lac , si la ducbesse ne lui eut fait observer que le latin avait pu être une langue sublime au temps d'Auguste, mais qu'elle était aujourd'hui peu appréciée par les dames. Il en convint, et continua en langue familière l'histoire que Pline rapporte de cet enfant qui avait apprivoisé un dauphin , habitant de ce lac, au point qu'il venait mani^er dans sa main, et le laissait monter sur son dos pour se transporter de Pouzzoles à Bal'a , ajoutant que ce fait , après avoir excité l'étonnement delà multitude, était devenu si familier qu'on n'y prenait plus garde.
Autrefois le lac Lucrin était réuni au lac d'Averne par une tranchée , ouvrage d'Agrippa, qui, suivant le récit de Suétone , employa vingt mille esclaves à ouvrir une communication avec la mer, et jeter les fondemens du port Jules. Cette tranchée n'existe plus.
Leiac Averne (PI. 5a)€st ovale, et présente un circuit d'une lieue et demie ; ses eaux limpides sont douces , et sa profondeur à peu près de cent cinquante toises. Aucune émanatioa insalubre ne s'exhale de ses eaus. Le saule et d'autres arbres bordent son contour.
io6 L'ITALIE,
Ses bords soat émaillés de fleurs , et fropt \ ipais le manque de fond^ 1 ses délie. euses rives sont peuplées de maisons de campagne. C'est cependant du lac Averpe que Virgile fait la des* cription suivante : '
. . . . Tnta Ueti nigro nemdhimqae tènebrif , Qoam super haad aU« poterant impané voL^ntes Tendere ^ter peimii , talîK sese halit os airis
Undè locam Giaii dizeniiit Domine AvOTonm.
Ëv. Lih. VI y T. 337.-
.'. . . . Antonr , des bois affreax, Les «auz d>an lac idoiràtre en défendent la coatel De ce gouffre infernal Vùppnipe.ea^hslaisop Dani Tair atteint roiseau frappé de son poison ; Et de là y par )es Grecs , il fut nommé rAverne.
Trad. «Is.'Delilli.
Il est difficile d'accorder cette des*^ criptioi) avec l'aspect de ces lieux au-^ jourd'bui; En admettapt que l'eau élant venue subitement prendre la place du feu et remplacer le cratère d'un volcan, les matières bitumineuses et sulfureuses , non encore détruites eptièrement et mises en contact avec ce nouvel élément, occasionèrent des. exhalaisons méphitiques qui donnaient la morl à toute créature vivante, et parliculiàrement aux oiseaux. En outre, les bords n'étant pas aussi élevés qu'ils le #ont nuiiptenant, une grande quantité d'arbres croissaient sur les bords de reau,e|s'oppo8aieQtàçequ9les vapeurs bumid^^pVQS^Qt. s'élever et se perHre dans IVtmOSpMrQ- BLajfapar celt:î rair «on étoit ffutl^aÛEi. Agrippa en faisant abattre. e«ci.foFéts.«s^aiiiit l'air, et ren* dit un semceaupays.
Tout auprès de l'Aveme « no.u9 vhnes les vestiges du canal que Néron avsiit entrepris de faire çceuser pour aller en barque de Baïa à Ostie. Ce canal , dit Suétone , entrepris pour éviter les risques de la mer , devait avoir cent soixante milles de long, et être assez large pour que deux galères à cinq rangs de rames pussent y passer de
de l'interrompre.
A la g?m4^e du lac sont le« d'un templp , d'Apollon pour ?
gaire , et de Plv^ton pour les icc piies qui rçclament pour ce AU tjpcteiif de l'Averne les Uonne cette dédicace, avec d'autant | justesse que Tite-Live nous a qu'Annibal, arrêté à Pouzzoli 9on armée , visita le lac A.^en pour attirer à #on ps|rti les h de ces contrées, çn se cottfomw croyance, qrdppQa un. W9|jk| ton ,. divinité prpteeMfÎQfJilL^
VestibolumâAteipsaiiti^jiibja^^ Lvctof et oilrieei poelieM;éiiUlil HfP
./■ir
Devant le vestibule , aux portes des en Habitent les soucis el les regrets amer
Ttmd. d9 DeuLLi.
Sur le bord opposé au ter Pluton , au milieu d'arbrisseai fus, on découvre Tentrée d'un rain connu sous le nom de Gi la Sibylle :
Spelunca alta fuit , vastoqne immanis 1
Scrupea
^aacibus effundens sopera ad convexa
^. Lib. \i , V. a38
En un lieu sombre où rèj^e une raorm Sous d'énormes rochers , un antre tàaél OttTre une boache im^nenseu . . , • • . s L'œil plonge avec efiroi sont ft f^pÉak
Tixid. M Dii -
. « L'entrée ifle c«|te g!rqH#V • ftesçriptioa de Fâujof if;Si^
D'e9t rigçi moins qtt!inirpMPIlip «erriâsemens l'onct. r^idwi'^b basse, jusqu'à obliger d# im# double; ensuite elle s'élève et ble à celle de P<msilipp^, sinoi est moins élevée et moipa larg elle devait lui ressembler absi avant qu'on çùt creusé de i
P0UZ20LES, ière, Ob oe peut péoétrer t dans celle-ci (jue jusqu'à leur de deux cents pas envitrouve Tcrs l'extrémité , à le petite porte qui commu- .es haias, dans lesquels ou L par une longue rampe, et rrire gu'ea se faisant porter auJes dei ciceroni qui voua eut 9vec des torcbes, doute une grande partie de fiint se trouvent perdus par n\ qui en a obstrué les com- U, car il oe serait pasvraiqu'oQ «ût fait des dépense!
les pour arriver à deux bai- Ut «ont dans la seule piècQ {ui reste encore décorée e| i stuc, avec une oornichet !St que tiède , mais la vapeur . chaude que l'eau; aussi y ux lits à l'usage des étuvea.
r ne nous a pas paru asse^ f qu'elle pût servir mainte* . UEa^e; mais il est à croire anciennement ces restes de mvâient rendre des exbalaicbaudes.
sle, l'excès de diiScullés surour se procurer de pareilles £ut donner une idée du prix irecs ou les Romains metis^ge qu'ils en faisaient; r.ir ûle de déciller si cette fjrotte, souterraine, t;s. un ouvrage l'autre de ces deux peuples, ■e répandu sur ce lieu, d'aictions de Virt;ile, peut au iquer que de son temps il ancien , puisque la seule aniroit au merveilleux. »
Ure sortis de ce souterrain 'oir trouvé ni remorrh , ni •is , nous remarquâme-i (jue m était sur Tritoli, et qu'il Il près hors de doute qu'il a i t
, BAIA, ETC
jamais communiqué avec l'fDt) | la sébile de Cumes, dont la situVv Mt toute opposée. Son entrée est ptmtf* tement déblayée et facile.
CbevaucLant sur uos âneg, PQM gravtmes une colline sur laquelle ejtt Ifi ^emin qui oooduit à Gume», lituée^ peu de diatanoe- On y Ta facilement CQ voiture de Pouzzoles, en «uivant lu Toi* doraitiepne. Cette ville, aocienoe colonie grecque, était bdtie mr Hnfi colline isolée. EUle était entourée par la mer i'un cMé ;
Et tandem Knbaùù CMNantn alUbitu ont.
Éi, £ii, v),v>a- De CnmH, enhntd'EuMc, Ui onttnBclié ht «vv.
TraJ. d* Dblil».
de l'autre par àtxtt kos , afai«« ivr un rocher âevé, et dérendue par deux forts } ntwatioo qui l'avait renduo foiw midable, et l'avait u:ise en état de ri-» sister à Aoqibal, ainsi qtt'Jt d'«utrM ennemis non moins redoutables. Lw historiens vantent sa puissance et son luxe; elle tomba au pouvoir des Romains l'an 4i6 de Rome, et fut déclarée colonie sous Aucuste. Sa destruction date du treizième siècle : alors, devenue l'asile des corsaires et des bri-' gands qui infestèrent le roj'aume de Naples, elle fut renversée de fond en comble. Parmi les monumeus découverts à Cumes, un des plus anciens était le totnbeai; de Tarquin le Spiperbe, qui, après nv lir été banni de Rome, vint y mourir. Pétrarque l'y a vu et en parle dans son Itinéraire. Ce tombeau a élé transporté à Ffaples. Un autre monument est VJirco-Felice, ancienne porte de la ville, de fabrique rétîculaire, haute de soixante pieds, et large de vini^t. Tout à côté est une grotte découverte en 1688, de cinquante pas de long sur dix de large.
On dit que c'était une conserve d'eau.
1 Dvcrsc
On lit a
b table dti
n\ *'liumect< . ciiir de la Ter -■- lucuril'Annibal . ^<r lu scpolcre , si -r Âcs superbes mau . a^K> UKOonas qu je . «waît À redoubli
- -j^wf snr le tomber i -iitcf noKS assîmes à sa -^ vi^iievx ■ilence , c «■MMS «•« an pied c ■■««nat à uos idées Aac^^BC* les ruines f^pjlia. où Enée vio yete Tupic, il est dû
POUZZOLES
tHiMWiqiMbcnuaU,
mboiHtMfk, AdieudelaliuaiiKl IW. <b Diuui-
nies aotlijDaires.nous dit r.-ibbé,
Eue isesoil dans ce temple que
H'U «i^lle. SaintJustÎD, qui
au»a|e-<lis ans sprés Vir-
aVi^r vu l'édifice consacré
I^Ûè. C'était une basilique
ËtenK, etd'oii la prétresse
«ttcies. Il dit que les Cu-
llÎMlIcâreiit trois baignoires
ereunîes dans la pierre et
j.'nê usage - elle se revêtait
B,^e Jîi), entrait dons In
r3l,oAlé, où était un petit
r%' prononçait ses décrets.
É^ affirme en outre avoir tu '
' en broDze oùl-'on conservait
Unâca Ubu ingeni mpU îa aatnun ,
iMBDtaditucentun, oitU eeutam.
tji.lii.-vi, v.4a.
toi UiUé dan» les roc* eabéeni ,
lù centportMCODdiiÎKiit- . Trad. ât DgiutE.
} dànsja partie orientale lie nne grotte qui commuit-élre autrefois avec les L„cbetaiîns , mais qui à prénuoique plus qu'avec la B.1& a son QjiverLurei d'uQ '..(PI. 53.)
MTâarait , nous revînmes à b^jifiçe de Cardi te , en vist- 1 petite caverne auprès '^pc^ et appelée ^otte de ^.Jàite pour communi-'.
Li lac Averne , en évi-.
Biy£jl>e.;J y ramassai u&mori)^e ligure ovale, un peu f.p^.pr^ d'une once et demie Êquel nous reconnûmes des traleltrcs gravées ; j'en fis cadeau : , ponr qui ce fut ua véritable «.
, BÂIA.ETC. 109
trésor , car il crut j reconnaître nn de ces glands que les Romains lançaient avec la fronde en bataille rangée; aenlement il se troava en défaut lorsque nous le priâmes de nous eiplîquer les lettres que nous y distinguions.
Il nous avoua qu'elles lui étaient totalement inconnues ; il me remercia avec l'enthousiasme d'un antiquaire, et me promit d'en enrichir son musée.
■ Nous nous séparAmes après souper, en nous donnant rendez-vous aulendeniain , pour ' achever ce qui nous restait à visiter sur cette plage où-tout montre l'activité de la nature, mais âne activité qui se dévore elle-même, une viVftcité fébrile qui' consume'le sujet .dans lequel cHé brille , joù/tésol est -unie fournaise-, oii'la'teivé{^qviiâd die est-frappée, exhale ides 'TS^Àfiril brûlantes , où partout les ruines- du temps et de l'homme sont mêlées à des fragmens d'une création violente, et les amphithéâtres d'Auguste , la villa de Cicéron, les autels de Caligula identifiés dans des masses de'marbre scnlpté-et renversé,'- sont' sémé«'~itu inili e ii'des volcan s- éteints ^ Pb^umfes, où chaque rocher, chaque coiiidët|t;pie; est - le'registre d'-un crime ou la-mipi^le d'une aventure. ■ ' ■ ■ ■ ■.;•
Le lendemain chacun fi\t ^ biaCt-'- ft l'heure indiquée , et nous pactimes ; arrivés aux bains de Tritoli ou^^é 0ér ron , qui sont des étuvesbrûlantes^piutiquées dans l'épaisseur de lamonta^é, nous entrâmes dans les deux salles j]ui sont le plus près du rivage îDo^yjiftes dix baignoires dégradées,et,de«niçlies dans lesquelles étai.ent, nous di^-on,,^ statues qui indiquaient de . la, main le nom des mal;idies dont .ces, ba^ns guérissaient-, les murs en étai^nt^t^é^u de stuc avec des bas-reliefs.' . •' , .
L'on raconte que trois médecins de Saleme , furieux de l'efficacité de ces
UTALIE.
lmn$ , résolurent de s'embarquer une nuit et Tinrent débarquer à Baïa , les détruisirent de fond en comble, puis se rembarquèrent , firent naufrage et périrent près de Capri. Denis Je Sarno rapporte que dans le palais de La«* dislas I il existait un marbre retrouvé dans le lieu qu'on nomme les Trois Co' lonnes t portant une inscription qui donnait le nom de ces trois médecins.
Gravissant la montagne , nous nous trouvAmes en £ace des étuves supérieures; on y pénètre par plusieurs grottes. La plus profonde , qui a deux cent vingt-quatre pieds » descend, par une rampe très-étroite, très- rapide et trës^lissante , jusqu'au niveau de la mert on y trouve uue source si brûlante, qu'il est impossible d'y tenir un seul instant la main, et,quoiquellene bouille pas, les oufs y cuisent en peu de temps i cette grotte, qui n'était autre que les fameux tbermes de Baïa, au midi du lao Averne, est percée dans un tuf très-dur, dont la vapeur s'exbale de tous les points ; il est difficile de comprendre comment cet ouvrage a pu s'exécuter, à cause de l'excès de la chaleur qu'on y éprouve ; à peine y est^n cinq minu« tes qu'on se trouve inondé, soit de sa propre sueur , soit de la vapeur humi* de qui transpire de tous les côtés dans cet antre effrayant.
Cette source alimentait les bains délicieux de Néron , qui ont été décrits si fastueusement par les bistoriens du temps.
La montagne contient un si grand feu intérieur, que la cbaleur se fait sentir à plusieurs toises en mer, et que le sable, quoique continuellement rafratcbi par la vague^ est encore cbaud au toucber , et devient br&lant dès qu'on y enfonce la main.
C'est à ces débris qu'est réduit aujourd'hui le fameux palais de Néron ,
où il avait ajouté à la ricbest magnificence tout ce que la v de recherche. Il n'en reste | quelques débris suspendus qi cent à chaque instant de s'éc d'aller rejoindre leurs fondai la mer couvre maintenant, • elle ne pouvait assez laver 1 qui y furent projetés ou don théâtre.
C'est là que ce monstre fil mère qu'il avait reléguée à qu'avec tous les signes delà p tueuse tendresse il la recom rivage > et que , l'embrassant ment , il ne s'arracha de ses pour l'embarquer sur la supei où elle devait périr.
Les bains de Néron ont i M. Casimir Delavigne qttel< de ses plus beaux vers :
Cet temples dm plaisir , par la «ort 1 Ces porliqaes, ce» bains prolongés soi Ont vu Néron caché dans lents grottes Condamner Agrippine an sein des vol Aa bruit des Ilots roulant sur cette voi U veillait , agité d'an espoir parricide U jetait à Narcisse nn regard satisfait Qoandt muet d'épouvante et trenibUi) Il apprit que ces flots , intrumens di Se soulevant d'horreur, lui rejetaient
Delà on arrive bientôt k Ba& d'un golfe circulaire. (PI. 5a.) ( me, etles matières volcaniquei posent la montagne à laquelle adossée, démontrent assesl'o ce lieu , qui fut autrefois un ^ en j uger par la quantité de ruii y rencontre , on peut penser commençait là où finissait Pc c'était moins une ville qu'un v licieusement situé , et coniaer sir et à la volupté , oà Topide rassemblé tout ce qoU .4tait d'ajouter de déliées à In ploa i ture. Les Romaîas avaient ' bains un goût ^mUnitiie Ja