G*>. UL
CUIKA.
PlAnii.
n*. travée, III'. coi«, VIII*. ffvr dm, Casina, comédie de Plaute.
■ ■ ■ CoDteatO popUta illiitilr
PrcUt , nibrici picta «it cwbone i T«liit ■ lU rertpngnent, femnt TÎten^iMinoTaitof.
Ho*. , Ub. I
Duu b ne en pwitnt qoelqccfoij Je m'aunie A ïcgtrder l'enietpie ab l'on a dutbanBé Ds deu f ladlataui le conhat tchani^.
Trmd. it, Dmd.
Dans la rue qui longe le tem^Ia d* Jupîtn est nn pilier où <oot peiiU* deux gladiateurs n préparant BU con^ bat. Sur un autre plan, le combat est terminé. An poiss<») sculpté sur leurt casques on juge qu'ils appartiennent à la troupe des mirmillones; l'un d'eux est vaincu, l'autre s'apprête à redoubler les coups avec une épée en forme de faux. Un juge du camp, vêtu d'une tunique Manche, s'avance sans armes, l'arrête, et lui présente une baguette, récompense de son adresse.
A câté est une inscription traduite ainsi : Retraites et Prudes. Prudes vainqueur dans le dix-huitième , Retraites vaincudans le dixième. (Cmn* bat.)
Voici la manière dont se trouve dis* posé le terrain qui nous cache Pompeî, et les diOerentes couches qui le composent à environ dix^euf pieds.
Sur l'ancien sol , environ une palme [<1ix pouces fnmçais), d'une cendre
./^.JI^PTV
noire eicesBlTelnent fine. Au-dessus reste à peue qndqiie* ymHf
une couche de sept pieds de lapillo, marbres. Ainsi les soixmle a
ou petites pierres ponces , une troi- en stnc de U basilique sont ao
siÂme de cendre qui peut avoir deux bout, tandis qu'il en reste à fé
pouces , une de lapîllo de marne épais- des portiques d'Eumacbia. Le
seur, puis revient la cendre à vingt en mosaïijue se voient eocore
pouces, et le lapillo à quinze ; enGn la en ntarhre oot disparu. Quant
dernière couche de cendres peut avoir joux ou aux pièces ')e ntooDai
quatre pieds. Le tout est recouvert par auprès des squelettes et dans I
une couche de terre végétale de même écartées qu'où les a retroUTc
épaisseur. Cette terre n'est autre que renr des malheureux habitaci
de ta cendre décomposée par l'air voir leur salut daus les souterr;
et rendue & la végétation. itv^a furent les victimes, com
De cette dispositiou on peut con-. fÂite le grand nomhre de'ooi
dore que ce ne fut ni un torrent de, Vbiï.y a retrouvés, tandisquei
feu, uiun torrent d'eau qui ensev^t Tuei ou les places publiques il
cetteniàlbeureuseville, mais une pluie avait que très-peu. Dans un
de matières volcaniques . rain, près du temple grec, on e
L'éruption, apaisée , les malheu- va sept qui s'étaient munis d
reiu babîtans, remis on peu de leur trésors, consistant en soixant
frayeor, revinrent, et, faisant qnel- monnaies d'or àl'effigie de Ver
ques excavations , découvrirent d'à- et onze cents en argent. La nu
bord les édifices publics, puis les mai- Diomèdes, la basilique et pi
sonsoùilsespérèrenttrouverdesobjets maisons sont encore* des «xen]
précieux. C'est ce qui explique l'état cette imprudence. de spoliation dans lequel on en a trou- Jusqu'ici on porte k quatre o
vé plusieurs. Il est prouvé qu'ils ne cents le nombre des squelettes
pensèrent .pss-à rebâtir ùqe ville ainsi vés; ce nombre est faible, euéi:
enfoniesbus vingt pieds de matières population d'une ville que des
volcaniques. , ; : < modéréssupjioscntavoîrrenferr
lies 'édifices souffrirent plus oa sesn]urs(]uaraQtemilItbabitan
moins des'toâlAkmens de terre, dont il faut se souvenir qu'un qui Ja violcsice fut'telle ,~di t Pline , que nm- •eulaâient :les maisons semblaient se mouvoir, mns q^Ules paraissaient arracbéadé'lcurrfoiidemens et s'écroulaient.-Ainsi' diBpatîLit"Pi»npeï,' ensevelie tovsla cendce.n s'est.donc pas surprenant qu'on ne retrouve .plus les parties supérieures des édiBces. Les monamens publics wint lès plus dépouillés, parce -que, plus, en vue, ils arrêtèrent . davanta^ l'attaiitioii de ceux'.-qiiî revinrent fouillrâr les ruines encdn ftunantes . En' efiet , on retrouve
intacts les ttncs et les peintures', <et il 8ec9nd. Cet tu
ville seulement est déblayé.
II est vraisemblable que b lion de fuir fut prise avec une promptitude et exécutée de mê l'on peut juger de la précipitati fuyards parla quantité d'ostens sans qu'on a déterrés loin des n et qui .-ivaient probablement cli donnés dans cette fuite.
Les remparts de Pompeï ' doubles, ou superposai M ten (le m.iniërc que, quand lepmnii escaladé, il fr-"~-» — «^^^si~
/'.■mp', Mu,-j Je /„ ,;lle
•Ins. ,i, Sr.;.l»« ruhr P.mw^i L-mh^m ,lt Jh»;-1»., r„chf
HERCU , et il j a été retrouve par les Soutenusàrintcrieuret à l'eipar des murs en grandes pierres ! sans cimeDl, leur épaisseur s quatorze pieds , la hauteur du térieur est de vioi't-cinq pieds, ; du contre-mur s'élevait encore ■on huit pieds. Quelques-unes îrres sont entaillées et encastrées ans l'autre, de manière à se mainantuellement, méthode de conou qui lient des murailles péles ou cyclopéennes, et qui fait jirer que les parties ainsi bities
LANUM.
sont l'ouvragcdcsOsqucsou des premières colonies gre Tinrent s'établir dans la C<ii Les deux murs étaient crénelés s-
sentaient l'apparence d'une doubic enceinte de remparts (foy. PI, j3i.
Ces murailles sont dans un désordre que l'on ne peut atlribuer aux tremblemens de terre seulement , et cjui parait indiquer qu'elles ont été plus d'une fois attaquées et démantelées.
Les tours , qui servaient en même teinps de poterôes, sont d'une construotion moins ancienne.
rant les UDS,TÎUe des Osqnes ou nuques, et l'une des douze cités s peuples fondirent dans la Cam- ; suivant les autres , colonie grefr 1 phénicienne qui doit & Her- }n origine, Hercidanum a acquis e renommée par sa résurrection imais elle n'eu eut dans les temps plus grande splendeur.
: ne commence à dater qu'à partir guerre sociale. Tite-Lire nous le les Romains l'enlevèrent aux ites, alors maîtres de la Campap. Carvilius, l'an de Rome 4$o,
le premier siège, et Titus Diproconsul , s'en empara deux ans après. Les Romains la gart long-temps comme ville confé- , puis, à la fin de la guerre marsi-
'agrégèrentàla république, dont evint colonie, titre qu'elle prend
une inscription consacrée à L.
itius Concessanus , son protec-
Cette inscription , maintenant )les, a été retrouvée à In Torre del >.
situatioD, sur un promontoire et
entre deux fleaves aujourd'hui desséchés, a dà la rendre précieuse aux Romains , qui vinrent en grand nombre s'y établir et y créer des villas. GicénHi, dans ses lettres, parle de la villa qui appartenait aux deux frères Fabius; Sénèque cite une maisoQ de Calignla, que cet empereur fit abattre parce que sa mère y avait été retenue prisonnière par Tibère, et dont la magnificence était au-dessus de toute description.
Slace vante la somptuosité et surtout le goût qui décorait ses palais :
On y Tojait brillcT cet diefs-d'saTre des arts
Qu'enfanta le pinceau d'Apclles , L'image des héros favoris du dieu Mars, Et de l'aDtiquité les plus riches modèles. * De Phidias le ciseau créateur
Au marbre y roiiservait l.i vie , Le broote, obéissant sonmis à son génie,
Y mallipliait la splendeur Enorncpiensdiversque l'art seul pouvait rendre.
Partout brillait sur les lambris Ce métal précieux qui de Corinthe en cendre
Enrichit un jour le* débris-
Ciuvm , trad. de Stjce.
Le commerce y avait accumulé des richesses que les habitans dépensaient à décorer leurs édifices, en général
L'ITÀLIB.
plils élëgans que ceux de PompeT. Retina paratt avoir fait prescpie partie d'Herculanum.
Eli 63 la ville s'écroula , et lors de la tataitrophede 79^ une cendre fine, vomie par le Vésuve et durcie parTeaU, acheva d'engloutir cette madheureuse cité, en frappant de mort une partie db seè habitans. « Une quantité inbroyable de cendres emportée par le vent remplit l'air, la terre et la mer^ étouQà les hommes , les troupeaux, les poissons et les oiseaux , et engloutit deux villes entières, Herculanum et Pompeï , dans le temps même que le peuple était assis au spectacle. » ( Dion Gassius, /. 66.) Cependant Florus, vingt ans après, parlait encore d'Herculanum comme d'une ville existante. Une chose vraiment étonnante, c'est que Plinen'en fasse aucune mention dans ses lettres à Tacite, où il parle de Pompeï et de Stabia. Peut-être alors avait-elle perdu une partie de son importance par l'effet désastreux du tremblement de terre, arrivé seize ans avant , et se trouvaitelle déserte. On retrouve ses bâtimens, dit Lalande, à soixante-huit pieds de profondeur dans l'endroit où était le théâtre. Le massif dont elle est recouyerte est une cendre fine, gris clair et brillante, qui, ayant été mêlée avec de l'eau , a formé une masse que l'on brise avec quelque peine quoiqu'elle soit assez ïriàble; il y a des endroits où elle se détache d'elle-même, et s'éboulerait promptement si on ne la soutenait par des planches et des étais. En regardant cette poussière au microscope, on y voit des parties noires et bitumineuses, des parties vitrifiées, d'autres minérales et métalliques , et on lui trouve une qualité saline, un peu alumineuse, ce qui prouve qu'elle est d'une matière de même nature que la iave.
Cette matière ne couvrit qi
peu la ville, et lais sa a tix habita
liberté de s'enfuir. On yad<
fort peu de squelettes , fort ipt
d'effets précieux, si ce n'est
qu'il était difficile d'emporter.
Cette poussière était encore
lorsqu'elle totoJba , car l'on trou
les boiseries des maisons près
bonisées , même dans celles 01
n'avait pas pénétré ; tout avai
duit eu charbon par le seul e
chaleur, mais sans être consu
Sont les papyrus. Beaucoup de
sont remplies de cette matièn
paraît indiquer que l'eau , se :
la cendre, l'entraîna dans l'inte
elle a rempli toutes les cavii
murs ont fléchi , d'autres ont
versés, et le Ciment que cette <
formé est si compact qu'il a ga
l'humidité tout ce qu'il a enva
conservé les couleurs des peinti
les acides et les alcalisauraient 1
Au-dessus de cette lave de
mière éruption l'on trouve ui
dre blanche disposée par lits , <
vient sans doute des pluies de
survenues depuis; par-dessus c<
dre, dix à douze pieds de ten
laquelle on rencontre d'andei
beaux, puis une pierre trèsn
grandes ma^es; enfin la terre v
et dessus cette terre se bâtirent
et la moderne Résina.
La difficulté d'exécuter les fc fit procéder lentement. Il s'agit 1er une pierre aussi dure que ce qui est long et coûteux. C\ cette partie dure que se firent mières excavations; cette eau découverte de Pomp^^ beaucoup plus san^^aHÉHÉâlil les firent sûspi disparaître po»
num à sa pla'
l'on pût parcourir ce» rues cordeau avec ses troUoirs; ut bordée de colomiades, qui
à deux temples superbes, ! voyageur serait plus satis-
Pompeï attriste Tàme , Hert fait mourir. Dans Pompeï iller le soleil : ce spectacle CBur; mais en entrant dans U on croit être sorti de la IBi cette ville souterraine , le bruit et le mouvement de (l'on a sur la tête. Rien n'est je que d'entendre rouler sur
antiques les voitures qui us la ville moderne. On se tir de ce séjour de ténèbres, traire des émotions que l'on itliver. Ou revoit avec plaittlavie.
re, trouvé dès les premières tait décoré de marbres de tileurs , de colonnes , de staxjuva sur l'avant -scène les
bronze des neuf muses ; les Uelqucs colonnes étaient en iTÎ. On y a trouvé des fragleraux en bronze, qui proétaient placés au baut des ae partie des murs était re- 1 marbre de Paro». G'e»t le de tous les tbéâtres qui sont usqu'à nous.
n est entouré de portiques par des colonnes et pavé î à l'entrée étaient des arcade statues équestres en marà qu'on a trouvé celles des ms un enfoncement on voit ire élevé sur trois marches,
statue de Yespasien , et k leux personnages dans des uleSj peut-être ses deux fils.
à gaocbe, dans deux niches, m bratze de fféron et de
HEHCULANUM.
Après le forum vient un tique et deux temples V0Ul<.-s, intérieurement de colonnes, de turcs a fresque et d'inscriptioi.» ^n bronze. Plus loin un troisième temple, un monument funéraire entouré de piédestaux el renfermant des urnes ; ensuite des rues et une foule d'babita^ lions particulières, entre autres celle appelée maison des Papyrus, à cause dcceuKquel'on y trouva au nombre de buit cents. C'est dans cette maison qu'était la statue d'Aristide que l'on va admirer au musée. Herculanum k enrichi le muséede peintures, de verres, de médailles, d'ustensiles, de bustes, d'idoles, et surtout des deux seules statues équestres en marbre que l'antiquité nous ait transmises: celles des Balbus père et fils.
En janvier i8a8, en attaquant la partie voisine de la mer, on découvrit une rue droite et large, pavée en dalles, conduisant au port, et bordée de maisons dont l'accès est libre comme celles de Pompeï [PI. j4); "OUS distinguons des morceaux, de.poutrés et quelquefois des architraves pour soutenir un étage supérieur, dont parfois on retrouve les murs aii^si que la charpente du toit. Une paiticulârité d'Herculanum> inconnue à Pompeï, ce sont des vestiges de cheminées, du reste même pavé en mosaïque, même distribution intérieure, même goût dans les ornemesi et tes fresques. Çà et Ik sont aeméea des habitations de pauvres ouvriers, à càté des traces del'opulence; de longues colonnades entourent un jardin, des salles de bains et jusqu'aux tringles pour soutenir des rideanx , et des sonnettes pour appeler les esclaves. Tout est là , et intact. On a trouvé, dans ces babitatîocis, de la farine dansl'état de pâte , an torcfaoD plié, des vases de terre cuite Ten)4i8 i» gcanws, de blé,
9» L'ITA
de lentilles , de gruau , une carafe avec de l'huile desséchée et an pot d'onguent , tous objets iosi^ifiansparenzmêmes, mais à qui dix-huit cents ans écoulés , en les conserrani , ont donné lin prix inestimable. Là était aussi un vase de verre contenant du rouge qui a servi h l'usage de la toilette des dames d'Herculanum. On connaissait bien le goût des dames romaines pour la parure, on savait qu'elles mettaient du rouge , il ne manquait plus que de trouver un échantillon de cosmétique, ienec-plus-ultra de la coquetterie ; on a déterré deux médaillons en aident, iaits pour être accrochés au mur comme nos tableaux , et représentant ApoUoo et Diiane.
Tous les objets découverts à Herculanum ont été portés au musée.
Note de [Édiuur.
Nous regrettons que l'espace dans lequel nous sommes obligés de circooscrire notre collection ne nous permette pas de donner une plus grande place aux objets qui ont été recueillb à Herculannm et à Pompei.
Il fantconvenir, à la vérité, que le nombre
LIE
de ccsdcponilles de l'aotiquiléslR ; que le choit e^t difficile à fairt, et recueils' si-uU de &gui~es rormeraitnt i bliotbéquc coDMdci-able. Eo i^çit déià mis au jour , outre une fool vragei. Le Antichità di Ercotans eu neuf volumes grand in-rolio.pn] ordre du {gouvernement Dapolilaio
HoDi penwDS docc pti^euir le ' qnelquCrs personnes en leur iodiqi moyens de satLsfaii-e une louable eu:
Le meîUenr et le phas nomel om puiHe faire ceimaltre oomplétaMs séede Nq>les, acte puMié.aoMk.
Bbal MuseoBoiBtunco, tn-4*- i ki faits par des artistes éa premier ■ les descriptions pardes aavans.uip dont tonte la vie a été coasacrte m ches archéologiques, doimiBntle ^ intérêt à cet ouvrage, dont la Âni confiée anjnvant et btJiîle ctnfie Lixi , président de Tacaidémie des bt du royaame des Denx-Siciks , A k doit-, entre autres services évinai aux arts , la reccHtstnwIîoa du tbélt Charles.
La collection contiendra soisaal livraisons, dont quaraote-^inq ont m. On y donne la lelaticHi des ta chaque année.
OAVOVX, OAflXKTKi BBWaTHT, MOV*-CASaiV, sve
Depuis long-temps j'avais le désir de faire une visite au Hout-Cassin, monastère de bénédictins fameux dès le moyen-âge ; mais j'avais didéré a6n d'attendre la lin de la saison chaude , trop incommode pour voyager. L'expérience m'avait appris qu'un voyage est à rfaples plutât une fatigue qu'un amusement 1 les premières pluies d'octobre était venues rafraîchir l'atmosphère, je me mis en route, ne voulant pas me laisser surprendre par les
pluies de l'hiver, qui souvent o cent en novembre et continiM abondance. - - - ■ "
Les rou tes principal es sont as* des provinces à la capitale;-ma de traverse ne sont guère, prat et sont même peu sAM^M|g| époques. Le masujf^^^^^Ê mente les désa^ffii|^^^^| qui explique li 'litain pour li l'occasion
GAPOUB, MOIfT-0AJSi£IN, etc. 191
de ]iea,illiiifaut avoir recours Sur la hauteur de Gapo di Ghiho
méthode que lui' ont léf^ée ses , et que ceux-ci tenaient des Grecs aïeux, il se pourvoit de lettres recommandation pour les villes où doit s'arrêter; il est reçu avec plaisir les familles auxquelles il est adres- , et quelle que soit la durée de son lur sous le toit hospitalier, il n'en -pas moins toujours bien traité.
A Naples il n'existe pas/ainsi qu'en 'mce, des diligences sillonnant le 8 dans tous les sens; on trouve voitures, pour un voyage queltqae , à la porte Gapouana , arc de lymphe en marbre blanc , et orné bas-reliefs remarquables. Construit quelque distance du lieu où il est Djourd'hui , il en fut déplacé par 'wdinand d'Arragon, qui sans doute, mémoire de cet acte, y fit poser sa itue, que l'on enleva, l'on ne sait ^^-«pourquoi, lors de l'entrée de Gharles-
«: De la porte Gapouana, en suivant la Iptiie de Sont ^ Antonio Abbate^ et laissant à droite Ponte Oscuro , quartier crapuleux de la ville , on arrive à Cojfo di Chino , hauteur qui domine Naples, où Murât avait fait son Ghampde-Mars, et où il faisait manœuvrer Tannée qu'avec tant de peine il avait organisée dans son royaume. Deux routes y conduisent, l'ancienne est une montée rapide et très -désagréable en hiver» La Nouvelle, appelée route du Camp , fut construite par les Français. Sa pente douce et ses nombreux zigzags en ont fait une promenade fort belle, mais déserte une grande portion de l'année. Les jours de revue ou de courses de chevaux, qui ont toujours lieu au camp , elle est couverte d'équipages , et le lendemain elle retombe dans sa solitude habituelle.
est le bâtiment de l'octroi, qui par sa forme ronde ressemble à im petit temple surmonté d'un dôme. Ici la scène change , plus.de maisons, plus dépavé, plus de bruit, on jouit du calme de la campagne : des peupliers, des ormeaux servent de soutien à la vigne, dont les ceps , chargés de raisins, protègent de leur ombre les jeunes plantes confiées à la terre , et qu'une chaleur dévorante brûlerait.
G'était au moment de la vendange :
des hommes robustes, au visage coloré , debout sur des échelles, dépouillaient les ceps de leurs fruits , tandis que de jeunes filles à la noire chevelure les recevaient dans des corbeilles. Ges. pampres , jetés d'un arbre à l'autre , s'enlacent gracieusement aux branches, forment une triple guirlande de feuillage au-dessus des plus beaux tapis de verdure, et donnent toutel'année à la campagne , éclairée par un soleil sans cesse radieux , un air de fête.
G'est Vulmis adjungere uites de Virgile.
Erj^o aat adalta yitiam propagine Âltas marital popalos.
HoE., Epod, II, V, 9.
Tel nous voyons le lierre s*eulacer aux ormeaux, La vigne au peuplier mariait ses rameaux.
Trad, de Gauvàiv.
L'heure du repas arrive-t-elle, les vendangeurs suspendent tous travaux.
A peine terminé, le tambour dé basque se fait entendre, et tandis que les plus âgés restent assis et se passent les bouteilles à la ronde , en marquant la mesure , les plus ""jeunes se lèvent et dansent la tarentelle, cette danse nationale , que Ton retrouve en province comme dans la capitale. Je m'arrêtai souvent pour contempler ces scènes d'un paisible bonheur.
Yoid de quelle manière M. Lullin
de Cbiteauvieox nous' peint la campagne de Niplesî éternel sujet de moQ admiration.
■ Sons cet ODbngejeTOyais irottre avec vigueur de jeunes plantes de fèves, dont la semence n'avait été ronfiée à la terre que depuis la moisson i cette Végétation naissante me rappelait le printemps de mon pays. Plus loin a*élevaientdestjgesdem8ïs,une teinte purpurine annonçait leur proctaioe maturité. Pans le champ voisin, de longues rangéesde melons répandsieot leur parfum dans les airs. Des touffes de figuiers, de pêchers et d'atoès s'éaient établis d'eux-mêmes sur les Itorduns de ces champs, et semblaient oOtiravcc complaisance leurs fruits aux laboureurs. Je me suis arrêté pour contempler cette scène champC-tre , et je vis venir à moi de jeunes villageoises, conduites aux travaux des champs par le son du tambour de basquej dles se tenaient par la main et dansaient en se suivant dans le sentier qve j'avais choisi.
■ J'aurais voulu prêter à ces filles du Midi le costume et la fratcheur des paysones de Florencei car elles n'avaient des femmes delà Toscane quela g;)ielé «tl'abandon.lA nature, en donnant aux Ifapolitaioes tant de moyens de bonheur, leur a refusé celui de plaire par Itfte^rice naïve et par une fratchcur aUr»yan^..Leur physionomie est dure, leur teint cdivitre,- et rien ne plait en elles, si ce n'^t l'instinct merveilleux, au moyen duquel elles devinent les accords secrets qui existent entre les mouvemens, les sons et,les pensées-
■ Je rencontrai des labonreura , tjui m'indiquèrent le cheipin que je devais suivre. J'en pria occasion de li^ questi^mer mr leurs trayMix cbamp^xes.
Ces villagebU étalent lea métayers , et 1« ploB intaUigvBt A'aOce eux n'ex-
plic[ua en ces lenncs Vécamiit ado|)lée dans les terres à caèi environs de tapies :
B Nous autres pauvres w nie dit-il , ne prenons à fenntt pace que nous pouvoas cultr notre famille, c'esL-.i-dire qi cinq arpens- Notre coQditioa i heureuse , puisque nous ne pour DOS peines que le tiers d tes, les deux autres appartiei maître, et nous les acquillonsa Mous n'avons pas de charrues vous tout à la bêche : il est vri terre mêlée de cendres se ren nient , et nos enfaus même noi dans ce travail. De temps à i Vésuve verse des pluies de sur nos champs pour les ferli ■ Les arbres que vous to nos terres ne sont pas inutilei teut de la vigne et donnent di mais nous cueillons eucore a leur feuillage; c'est la derniéi de l'automne, elle sert à noi bestiaux pendant l'hiver. Ro vons successivement, entre le d'ormeaux, des melons que i tons vendre à la ville, après nous semons du blé. Dès qu' levé, nous iillons avec notr retourner le chaume à la bécl semer des fèves ou du trèflt pourpre. Pendant six mois m vieoneut chaque matin coup< faucille une charge de celte be en nourrir nos vaches. Nous ]:
à celles-ci les femelles de bufil qu'elles dounent un lait plus al ^'ous aTODS aussi des cbèvres quctois un âne ou un petit chc aller à la ville et porivrnos fji mais cet avantage n'appattieui ridiea métayer
■ Aui»inl tons le m
CAPOUE. MONTfCASSm, et».
. Nous engraissons alors dos rce que cette plan lo. doi t nour-
famille; aussi cette culture resse plus que toutes les auijouc de celte recolle est un ite dans nos canipai^nes. Tous sois y Tont ensemble, les jeu-
en dansant, et nous autres ment, parce que nous sommes B nos outils. Arrivés près de ines , chaque famille va dans gais ils sont si près les uns s , que nous pouvons nous et nous répondre.
i cueillons souvent Jusqu'à •or la m£me tige et plusieurs palmes de long- Lorsque le t levé, le père de famille va ia melons dans le champ Bodant que les enfaos cueîljruits sur les figuiers d'alenrapporte ces fruits sous un lutour duquel tout le ménage leoir, puis le travail recomrès ce repas et ne cesse qu'à jour. Alors chaque famille va s voisins, et se raconte leS' que lui a values la saison.
leavons-DOUs récolté le maïs,
retournons la terre pour y nouveau du blé. Après cette îcolte, nous ne cultivons plus cbamps que des légumes de spèces. Nos terres produisent in et des fruits, des grains et les, des feuilles et de l'herbe bestiaux. Nous ne nous plai- ! de leur fertilité ; mais nos s sont dures , on nous laisse de chose pour nos peines , et n'est pas propice , le métayer
plaindre *.
Dirait qu'avec la fertilité de Naples pût éprouver les liorla famine ; c'est pourtant ce i en 1764. Des spéculateurs
agiotèrent sur les bl^'; leiAaîs,,qiii fait la nourriture principale dei paysans, manqua, et le peuple fut réduità se nourrir de l'herbe des pniries. Cette famine fut si terrilJe , trat les hommes périssaient de misère et de faim , et les maladies épidémîqoes vinrent augmenter ces horreurs.
. Me voici à j^versa, fondée en to33 par les Normands , et capitale de ces Bventuriers, Je voulus eu la travemnt jeter un coup d'œil sur sa citadelle, peu élevée, et ressemblant plus à un palais de roi qu'à une forteresse:
Aussi la cour l'habita plus d'une fois, et c'est dans son enceinte que l'infoiv tuné André de Hongrie, mari de Jeanne I*"., reine alors; âgée de dix-huit an8,futétrangléet jeté parla fenétre(i}.
Sans la ville , je visitai l'h&pital des fous , transporté de Naples à Aversa par Murât, qui lui nfiecta l'édifice de la Madeleine , grand et<élégant monastère, avec un jardin et une jolie église, et qui peut contenir cinq cents aliénés. Mon guide me montra aussile bitiment où madame Murât avait établi une succursale de sa maison d'éducation des Miracoli.
Au sortir d'Aversa^ je vis sur les
(i)Elleent poor son premier maryAndreaue, son conïin en premier degié , et après aroic tenu le royaume ensemble , elle s'en foscha ; et étojit Ions deai dans la ville d'Arersa , elle l'ea- Toya quérir une unit sous coalenr de loi vouloir parler d'aflàïres nouTellement advennëi , et en allant à elle se rencontrant sous an poteau qui était là, fut pris et étranglé par la volouté et charge de la reyne audit poteau.
El se coûte encore à Haplei «t ail*
leurs que ladite dame faisant un cardon d'or un jour assez gros . Andreauc lui demandait ponrquoy elle faisait ce cordon , elle lui répondit en souriant quelle le faisait pour le pendre; elle en tenait li peu de compte qu'elle ne craignait rien de luy tenir telles paroles ansquelles Andrcasse, commesiniple et bonhomme qu'il était, n'y prît point guit.
(Bbutoki, Bamu lUiuirf.)
Itttu
bemîodeuxsque- IX ; sur un autre, Terne , sont des moines
dea papes mêmes, le scapiUaire au cou , qui brûlent dans les flammes de l'enfer ; ceci me rappelle îSI. Delécluse, qui voit dans ces tableaui la léi,'îsl3lion naturelle des peuples. Personne ici, dit-il , n'a l'idée de trouver cela singulier. Figurez-vous ces tableaux sur les murs de la rue Vivienne... C'est ici im aatrs noode, d'autres préjugés , d'aalrM mceurs , par conséquent d'au»
treilois.
Jecontinnaid'antmitjusqu'àSainte- Hurie, oa Capoue l'antique , autrefois capitâls dfila Campanie, lieu funeste à Aiuûl>al,où m'attendaient tint de ■OUTcnin î j'avaia une lettre pour D.
Gémaate Marotta , sans doute I'uq des Aesoenduis d'un dea membres de ce êimt qui tiat tite k Rome , et si longtemps balança it» destins de cette ville orgaeilleuse. Plein des souvenirs de ces contrées, mon ima;;inntion se perdant dans le vague, les six milleiii qui me restaient encore à parcourir se Grent sans que je m'en aperçusse ; je me i dans cette Ca|)oue, ville aux
Kiit avoir tiré son nom de la quantité de parfums qu'on y vendait. Ses roses étaient renommées à l'égal de celles it Pestum. Je m'égarais dans ce baur oriental, je savourais ces parfums, lofïque bien réellement mon odorat, me réveillant de mon esta=e, nie rappd»
au sentiment de la réalité, O viciSîitude ! une odeur infecte s'écliappait dr cbacun de ces cloaques qu on nomme habitation, des rues sales et tortueusf», des cuirs de bœuf cloués aux murs de chaque maison, voilà ce que j'avai!
sous les jeux , dans une ville de tan-
voyai
sept portes , fondée par cinquante ans avant Ra par I
les Etrusques
'les Samnites, puis subjuguée par les Romains , et si cruellement punie par le massacre de ses sénateurs, et l'esclavage de ses citoyens vendus à I encan pour avoir épousé la cause d'Annibal, relevée enGn par César, et mise au rang des colonies , mais qui ne recouvra son éclat que sous Auguste. Cicéron vantait à Atticus son école de gladiateurs , où l'on entretenait quatre mille élèves. Cette ville était célèbre par son luxe , la mollesse de ses babitanset la beauté de ses femmes. Autrefois elle était divisée en deux quartiers, Sceplasia et Albana. Le premier pa-
Don Clémente est avocat, ce qui i Naples , où beaucoup de persoDna sont dans le barreau, s'appelle *trt délia professione. D. Paolo m'aTîil prévenu quejetrouverais chez son ami cite, souper, avec invitation de séjourner in casa del senitore ntio , aussi long-temps quil me plairait. L'ofin faite avec cordialité, acceptée de même, me voilà instalé, prenant part au souper de famille, et accablé Je question!
sur tous les sujets, hors la ])olitique, car, dans ce royaume, on n'en parli jamais , laissant le soin de réirir l'état ' à ceux que leur positîoa lance dans cette carrière. Loin d'eux la préteoticm de s'ériizer en censeurs du souverain, et surtout de troubler leur repos à ce sujet.
D. Clémente me félicite d'arriverb veille d'une course ou cbasse au buffle, dont la place devait dWc le tbcûtre, el que je verrais de ses fenêtres. Je savaii qu'à cette époque de l'année ces cou^ ses, faibles parodies de celles de Liurcaux qui ont lieu en Espagne , se font tour à tour dans cbaque village.
A deux beures après midi , la foule obstruait la place où étaient dressé des tréteaux adossés aux maisons. Les balcons étaient pavoises et garnis di
CAPOUE, MOHT-GASSIN, btc. 19$
»piila4pu affluait des Til* teurdeTingt
irironiiaii8if0ilt à coup des cris des humM •'âèTcnt de toutes I batdetmun»; un flux et reflux stcette pluie Si encombrée, si prâ^Ateéti on instant un vide e : 'itt liiifle, animal bideux, nàit^' Mts^tlsmes recourbées, ibertii.^flliHeu de l'enceinte !
lin 'AUt les tréteaux énrabis soaS'V&il, hommes , femmes m folfiâqit uii mur compact le
dltilEitUl'es. Lé buffle promène |É6lK;éUMtaiés sur les difi<êrens ^''^jCnsk, excité par les cris , les tt dfal cUens et par des homnés de lances , il galope dans e où la multitude le tient en- L'agitation se communique à lie , les spectateurs sont forcés idre part à Faction; tour à
les voit assaillir le buffle ou 'ant lui jusqu'à ce que, après
trois heures écoulées dans cet !,on ddidtie lé signal de sa mort, ommence à lui faire des blcsui bientôt le mettent hors de
Alors la tourbe de se ruer et irde nouyeau l'enceinte, chacun honneur de contempler Tenincu.
:*é cette confusion, il est rare i cite des accidens ; cependant ouvai aucun désir de descendre rènc. D. Clémente me donna ails sur le sort de cet animal, cbair serait immangeable sans cice forcé, nécessaire pour la •
ur suivant il m'accompagne à théâtre, hors de la ville (PL
»U8 les monumens de ce genre , lui qui approche le plus du coe Rome par son périmètre de ut cinquante toises et sa bau-
railles est encore debout , on le doit à leur solidité, car l'on n'a rieD fait pour les mettre à l'abri de la dégrada* tion ; loin de là, dans les premiers Ages, il fut converti en forteresse , et les ci^ Ternes de bétes féroces servirent de chambres aux officiers. Ses mors sont d'immenses blocs de pierres traTertines, posés les uns sur les autres sans ciment, et simplement attachés par des crampons de fer ou de bronaev Quatre portes principales j donnaient accès , et l'on porte à soixante le nom* brè de êts vomitoires. Aujourd'hui ou- Tert de toutes parts, l'herbe crott dans son enceinte, et le pfttre y conduit ses troupeaux.
Ici , comme à Gumes et à Rome, le sol était recouvert de décombres, et l'édifice enterré jusqu'à la première galerie. Francesco I*. ordonna un déblai extés* rieur qui découvrit la base des colon* nés et des corridors. Tout autour rè* gne une galerie ou l'on voit des bancs en marbre , sur lesquels probablement s'asseyaient les gladiateurs. C'est à Capoue que ces spectacles avaient pris naissance.
Toute la partie qui formait les gradins pour les spectateurs subsiste encore; c'est un talus peu incliné, qui paraît n'avoir jamais été recouvert en pierre. Sa surface est revêtue d'un enduit très-lisse, parfaitement conservé; ce qui a fait conjecturer que les spectateurs devaient avoir été assis sur des gradins en bois. Une inscription dans le milieu est antique, les extrémités en ont été devinées et rétablies; aujourd'hui incrustée dans les murs del'hôtelde-ville, elle indique que la colonie Julia , envoyée par César à Capoue, fit construire ce monument, et qu'Adrien le fit restaurer; sur un des piliers de ce même hôtel-de-ville est un bas -relief
d'un travail grossier, représentant un sénateur assis, faisant peser des marcliandises avec une balance de la forme de celles que nous nommons romaines.
La ville n'offrant rien d'intéressant, je me dirigeai sur Caserte , par une route si belle et si agréable, que j'en fis une partie à pied. Après avoir dépassé plusieurs tombeaux antiques^ elle ne me présentait plus qu'une suite de prairies émaillées de fleurs comme au printemps.
Celui qui veut jouir de la perspective qu'offre le palais de Caserte , ne doit pas venir de Sainte-Marie , il doit le voir venant de Naples; à un mille de distance il aperçoit déjà sa façade immense, et surtout cette belle cascade qui se précipite d'une hauteur de trois milles , et dessine une ligne d'écume plus éclatante que la neige. Caserte est le Versailles de Naples , bâti par Charles III , le Louis XIV de ce royaume , qui eut à vaincre les mêmes difficultés, et qui , ainsi que son modèle , dépensa des millions. Le palais, sans contredit, est un des plus beaux et des plus remarquables de l'Europe, par la richesse de ses marbres tant anciens que modernes.
On peut se faire une idée du palais de Caserte (PI. 76 ) en regardant le Louvre du côté de la rivière ; mais au lieu d'une cour comme celle du Louvre, le palais de Caserte, construit sur un plan presque carré , est divisé en quatre cours par deux corps de bàtimens en croix. Pour faire juger de l'immensité des appartemens qu'il contient, je dirai qu'un seul des corps de bâtiment suffisait à Murât pour loger toute sa cour qui était nombreuse. Ce grand et magnifique palais fut construit sur les dessins de Vanvitelli.
On y entre par trois portes principales^ dont une donne entrée sous un
superbe portique que l'on tnri voiture. Au centre est un Te octogone orné de vingt cdom riques , qui communique à V principal , d'une richesse incc ble , et composé de cent d marches , la plupart d'une seul Les marbres précieux dont e tu cet escalier et ses deux ramp grande proportion, ont quelq de noble et d'imposant. Sous port de l'architecture^ cette p palais mérite le plus d'éloge le vestibule on retrouve des 1 la guerre civile ; des écomure colonnes attestent que, lors de tion de 1799, Ton se battit i voûtes.
Tout ce que le royaume a po de précieuses dépouilles da en marbre , et particuliéreme] qu'on a tirées du temple de S Pouzzoles est là jeté à profus chapelle surtout est d'une magi qui a fait dire à sir John Eusta construite sur le plan de celle sailles pour la forme , elle lui beaucoup supérieure pour la i des matériaux.
L'appartemment du roi el reine , dit une personne adnai:
l'intimité de la cour , madame cesse de Gonzague , qui écri 1783, est noble : mais aucun soi ne serait assez riche pour 01 meubler ce palais d'une manié logue à la magnificence de sa coi tion.
Le théâtre est un modèle de d'élégance; il est enrichi de o d'albâtre tirées ausi Sérapis , et qui fond et les loges rii
Le parc , d'ui termine d'un^ la belle c
GAPOUE, MONT-GASSIN, xtc.
se précipitent dans un vaste e marbré Uanc, où sont deux , run de Diane au bain , ene ses nymphes , l'autre repré->
la métamorpliose d'Actéon.
upes sont placés au milieu de tites fies que renferme ce vaste A. la suite , le long de la grande ont des fontaines, des cascat nappes d'eau de distance en 3 ; des grottes , des galeries , de impies rustiques , où Neptune, aé de sa cour, jouit de son
Toutes ces différentes scènes rment une petite rivière qui I dans ce vaste jardin. Le plus plus frais et le plus orné des pAysâgers est contigu au parc,
à regretter qu'on l'ait planté du palais , .car on a oublié ,
était si essentiel sous un at , des allées ombragées ; il verser une zone torride pour u palais et trouver l'ombre.
i montra aussi sous un massif
séculaires un charmant petit -fort, entouré d'un fossé et par un pont-levis et des meur- Sur une partie élevée est une en chaume. Le tout dans des ons si mignonnes, que je ne ster à l'idée qu'il eût été conar une femme. Ce qui ajoute lU charme, c'est que madame
venant souvent à Caserte ificctionnait , s'amusait à se ar avec ses dames dans ce fort; des sentinelles dans les guélevant le pont-levis, elle soupi siège en règle contre le roi îgneurs de la cour , qui quellyaient beaucoup de peine à a victoire.
; une journée atout parcourir,
partout la buona mano « le re. »
« Lorsque l'on donne la rétribution d'usage , dit M. Deléduse , . quelle que soit la somme , - elle est reçue avec une joie sincère et qui s'exprime ordinairement d'une manière non équivoque. Je suis tout-à-fait à Taise en remplissant cette formalité, parcequ'on reçoit l'oITrande sans honte , ce qui la fait donner avec plaisir. H y a dans cet usage une bonhomie, une absence de vanité qui me donne une idée favorable de ceux qui s'y soumettent. En France , on a souvent l'occasion d'ôflrir de semblables récompenses ; mais on se cache pour la donner, on baisse les yeux en la recevant , et au fait les deux contractans sont en défaut. Ici le gardien a le droit de recevoir, on lui donne ouvertement; il vous remercie avec franchise ; et Ton se quitte satisfait l'un de l'autre. »
Gftté par le séjour bruyant de Naples, je trouvai triste la ville de Caserte. D'un côté une vaste plaine que rien ne borne, et où les objets se perdent dans l'espace, de l'autre des montagnes incultes. Charles III , voulant faire de Caserte le séjour de sa cour, avait fait tracer le plan d'une route tirée au cordeau jusqu'à Naples , sur une largeur proportionnée.
Mais qui exécutera ce projet grandiose? qui fera cette route gigantesque percée seulement l'espace d'un mille et demi ?
Attenant à Caserte, et sur la gauche, est le site royal de Santo-Leucio , où Ferdinand P^ établit en 1789 une manufacture de soieries. Un petit casin non encore terminé, situé dans une position très -salubre, était la demeure favorite de ce roi , qui y fonda une colonie, en la dotant de lois particulières. Ce .monarque, en bon père de famille^ se plaisait à se promener au milieu de cette colonie , doot les babi-
igS
L'îTALIB.
tans , portant un uniforme particulier, forment encore peuplade à part.
Dans la fabrique on me montra des métiers de Lyon ; mais il s'en faut que les étoffes y aient acquis la perfection française.
En construisant le château de Gaserte, Charles III n'avait pas songé à l'eau qui manquait à cette somptueuse demeure ; le génie de Vanvitelli y suppléa, et le magnifique aqueduc de Maddalone , ou Carolino , fut construit.
Nous n'avons point d'ouvrage moderne qui approche de cette magnificence, dit Lalande, qui ne trouve à lui comparer en France que l'aquéduc de Main tenon s'il eût été achevé, et à peine celui du Bue , beaucoup trop petit.
Dans cet aqueduc, qui part du mont Tabumus et arrive à Caserte sur ime longueur de vingt et un mille cent trente- trois toises, et par une pente d'un pied sur quatre mille huit cents, il faut surtout admirer la portion appelée Ponti di Maddalone , ou délia F^allej construite dans la plaine qui sépare les monts Longano et Garga^ no. a Au milieu de cette vallée solitaire, dit Eustace , le voyaî^eur est surpris à la vue d'un magnifique pont, construit sur trois rangées d'arcs très-élevés qui la traversent majestueusement. Il forme une portion de l'aquéduc de Caserte.
Sa longueur est d'environ deux mille pieds et sa hauteur deux cents. Audessus passe un fleuve dont les eaux limpides prennent leur source dans les environs du mont Tabumus, et traversent un pays mon tueux . Mais quelles que soient les difficultés, sa plus grande magnificence se déploie dans cette vallée, où, par sa longueur et par son élé* vation , cet aqueduc surpasse tout édifice de construction moderne, et le
dispute en hurdiesse aux pfau ouvrages de Rome, m
Les constructions sons Un aussi considérables que edb rieures. On dut percer cinq fiû tagne à des profondeurs pmni fois jusqu'à cent vingt pieds, espaces plus ou moins lon^, do onze cents toises. Quelquespuits ont été forés à deuk < quante pieds sur dix de diamèf en creusant ces fondations, Longano^ que Ton tfoora i vingt -dix pieds, dans une a cieuse , quantité de squdetle réduits en poussière. De. que quité devait être cette sépultni que les ouvrages des Romains p que le terrain était à peu de cb au même niveau qu'aujourdlmi l'on ne peut guères supposer i cadavres aient été enterrés à vingt pieds. Combien de Ai t-il fallu pour former les soixa autres !
Quittant ces lieux et ces mo vraiment grandioses , la route :
duisit bientôt à un petit hamea lé aujourd'hui Forchia ^ où Toi natt le célèbre défilé des F Caudines, si fatal aux aigles n (PI. 76). L'armée, d'après Titi était campée au midi de Calot lazze », à six milles de Gapoae néral samnite était retranché dium , dont Arpaja occupe le 1 fut dans cette vallée qu'à eut 1 de faire engager les légions roi et qu'après les avoir vaincues passer sous le joug; victoire la suite fut si fatale aux Sami dont la honte ne fut laTée destruction de ce pei
Il est à croire qitft coup changé d'aspt^ que les Romains an
GAPOUE, MONT-GASSIN, btg. 19$
passer la tme Appienne , et taie d'un puissant duché. Gharlemagn
grande quantité de bois, dont ntagnes devaient être couvertes m rendait le passage plus diffiitrement on aurait peine à reconla forme du défilé , auquel la valsait une sortie impraticable.
ace , dans son voyage à Brindisi , ui Caudium , où il trouva son ami us, qui le mena à sa villa :
UM Gocoet recipit plenissima yilla , oper est Candi.
HoE., Ub. I, sai. 5, f. 5o.
ans an château qa habite Gocceias\ in de Caudium nous fûmes bien reçus.
Trmd. de Daeu.
tôt on quitte la terre de labour, 3nlre sur le territoire de Béné* ontrée charmante , arrosée par iviëres, leSabbato et \eCalore. i leur confluent , dans un vallon té , abrité par de riantes mon- I est située la ville , dans laon entre sur un ancien et supont romain.
bon en attribue la fondation à le, au retour de la guerre de Elle devint successivement la des Samnites et des Romains 5S empereurs. Tite-Live nous I qu'autrefois elle fut nommée intum^ h cause de la violence its qui la tourmentaient; mais, mant colonie romaine, elle cbannom en celui de Beîie\^entum.
isy fît construire un magniCque béâtre, dont on ne voit plus soubassement , et le sénat et le la dotèrent d'un superbe arc mpbe. Isis fut la divinité des ntins , et deux obélisques égypicore debout rappellent que Doit réparer son temple. Saccagée ' par les Goths, au neuvième
ette ville tomba entre les mains mbards , qui en firent la capi-
s'en empara, et l'empereur Henri III, en 1077, la doïma au pape Léon IX, en écbange de Bamberg en Franconie.
Elle est entourée de remparts et contient dix-huit mille habitans. Napoléon Térigea en principauté ^ en faveur de M. de Talleyrand; mais les traités de 18 14 la rendirent au saint-siége^ auquel , bien qu'enclavée dans les terres de Naples , elle appartient encore.
L'arc de triomphe, en marbre de Paros, et orné de colonnes composites cannelées , sert d entrée à la ville , sous le nom de Porta Aurea, C'est le mieux conservé que l'antiquité nous ait légué ; comme celui d'Ancône, il est attribué à l'architecte ApoUodore; mais il le surpasse de beaucoup en richesse par ses sculptures. Tous deux sont dédiés à Trajan. Celui-ci, élevé à l'occasion de ses victoires sur les Daces et les Germains , est tellement empreint de beautés architecturales antiques, qu'il dispute démérite avec celui si juste»
ment fameux de Titus dans Aome. On ne saurait aborder sans une espèce de respect religieux un monument dont la consécration n'est pas moins solennelle, que l'ouvrage en est rare et précieux sa hauteur est de cinquante pieds.
Excepté Rome , il n'y a pas de ville qui offre un aussi grand nombre de fragmens d anciennes sculptures ; on y trouve à peine un mur dans la construction duquel il n'entre des fragmens de colonnes, d autels, de tombeaux. La coupole de Téglise de Sainte-Sophie, à Bénévent , est soutenue par une colonnade de marbre antique.
Je visitai le palais public , d'une belle architecture, la cathédrale ornée de marbres et peintures (dans quelle église dltalien'y a-t-il pas des marbres et des peintures !) et d'une belle porte
en broDze, couverte «le bas-reliefs; je vis encore le pont moderne , coostruit par VanvitelH , et je dis adieu k Bénévent et à la voie Appienne , qui m'aurait conduit à Brindisi, sur la route suivie par Horace. J'en pris uoe de traverse pour me rendre au mont Cassin.
Par accord avec mou voiturier, je me nourrissais , dans la journée, et le soir il était obligé de pourvoir à mon souper et à mon gSte. La cbère que je faisais n'était pas des plus succulentes, du porc frais et des œufs cuits sous la cendre en faisaient presque toujours la base principale; pour le vin il était bon partout; mais le pain était mal pétri etmal cuit , détestable, quoiquç fait du plus pur froment.
De Béoévent j'allai à Piedimonte d'Alife; cette petite ville m'éloignait de ma route, mais il m'était impossible de ne pas me détourner, c'était ma seule station jusqu'à Venafro, que je ne pouvais gagner en un jour. Côtoyant la rive droite du Voltume , fleuve aux eaux jaunâtres et bourbeuses qui ne peut porterbateau, j'arrivai en face d'une jolie avenue de peupliers tirée au cordeau , qui me conduisit jusqu'à ta ville peuplée de six mille Ames, et faisant partie des fiefs du duc de Laurenzana. J'av.-iis une lettre pour lui ; j'en fus reçu avec aménité , et l'ordre fut donné de me préparer un logement dans le palais, cbàteau-fort du moyen-ige, sur la bauteur, et capable de soutenir un si%e. Le duc eut la bonté de m'indiquér les cboses les plus remarquables, s'offrant de me servir de guide.
Piedimonte, ville toute moderne, qui passerait pour village en France , mais qui dans le royaume est une souspréfecture, est mal bilie, dansTenco- {inure de deux montagnes auxquelles elle est adossée. Elle a des ressources
LIE
i [nmcoscs clans une source d'eaui qui separtageutcn plusieurs™ dans la ville, se réimissenliU et forment ce qu'on nomme i pays le torrent, qui va sejelet Volturne, à quatre milles. Con villes manufacturières se trou riches avec une source sembla!
papeterie et trois fouleries i mal construites sont les seul* qu'on y voit. En 1 806, un Suisi pé de ces avantages, fit venir lonie de son pays, et sacrifia d mes considérjibles pour y étal manufacture de toiles de colon traîne péniblement.
Accompagné par ce bonM. I j'avais connu à Naples, vérital suisse , franc et loyal , et joîgn simplicité des mœurs de ses gnes la plus grande science faire une visite à la source du Ce site lui plaisait par sa resseï avec le Saint-Gothard, et lui lait sa patrie.
Du bas de cette montagai nous dirigeâmes vers la iol mi-c6le, et qu'on appelle cou Saint-Pascal. Ici les cbamps !
en terrasse , et des gradins soul la terre qui serait emportée avalancbcs d'eau. La vigne, plier, les ormes, se groupent avec grâce, l'olivier y mêle si feuillage, et semble pincé là poi icirles teintes, et donner à laça quelcjuc chose de vaporeux, d d'un cbarme indicible. Sur h mon compagnon me fit voir un sur les parois de laquelle si fresques grossières, datant, su chronique du pays, de lapen des chrétiens sons Diodétien.
vent, habité par un petit ooi moines mendia"" »^»»-l"»"»* romantique. I
CAPOUE, MONT-CASSIN, etc.
ta moioes, tout l'iJdifîce, en uo LÎ est fort petit , est trés-pro- : tenu, au milieu d'une forêt çs et de châLaigniers.
lin faisant , mon compagnon ]Osa une course au lac IVlalèse,
des plus hautes montagnes, et jouit de la vue de vingl-deux inais les deux jours qu'il m'eijt DUT y monter m'effrayèrent, et } d'autant moins tenté que la 'est pas sûre.
jues jours avant, un malheut|ie liomme avait été assassiné.
tul de Piedimonte pour se renis un pays voisin; ii une lieue Ue il avait été pris par des bri- [oi sur-le-cbamp avaient envoyé IBge aux parens pour les avertir capture , et du prix qu'ils metk sa ranron, avec men;ice de la mort à leur prisonnier si la
p'était déposée à jour et à ixes dans un lieu indiqué. Les reux parens n'avaient rien à , ils reçurent le corps de leur fils.
rime-abord il semble que rien être plus aisé que de faire ceslé^u, en détruisant ces bandes, itiyet ; mais tous les jours l'ex- ;e prouve le contraire. L'homme iné, qui pour l'ordinaire en shef , coDoait tes localités ; il a attretenir des relations d'amitié terreur avec les habitans. Les !S que prend l'autorité sont tond^otiées par les intelligences it se ménager. Rarement a-t-oa e la capture d'un chef, et si elle
le hasard seul en est la cause, e TCDgeance particulière ; ces es, qui se battent pour de l'arn'ont jamais trahi leur chef, que soit la somme promise pour ;. 11 règne chez eux une sorte leur.
Quelcpiefois , et ce n'est | ^
un homme, après avoir tenu i gne, c'est leur expression, quelque temps, est revenu «u^ »
village jouir en paix du bien qu» a amassé et y vivre aimé, mais surtout redouté de ses voisins, qui disent en parlant de lui : a Che voleté, era poveretto, ■ que voulez-vous, il était pauvre.
Souvent un chef a su se rendre si formidable , que le gouvernement n'a vu d'autre moyen de le réduire que l'amnistie et l'incorporation de sa bande dans l'armée régulière. C'est ainsi que Joseph Napoléon en usa à l'égard de deux comitives, dont les chefs lui demeurèrent fidèles. Qui n'a pas entendu parler des f^ardarelli , troupe dont le courage était digne d'une meilleure cause, qui, après s'être long-temps défendus en bataille rangée contre les troupes royales , finirent paryétre incorporés , et dont la mort malheureuse a fait oublier les fautes : jene sache pas leur avoir entendu reprocher la moindre cruauté.
Dans le séjour que je fis à Piedimonte, j'eus leloisir d'admirer la he4Uté des dents des habîtans ; j'attribuai cet avantage à la qualité des eaux; leur comparaison avec celles des r^^apolitains est loin d'être à l'avantage de ces derniers. Je remarquai aussi leiv langage de toute pureté. Les moindres choses sont exprimées même par le^ paysans avec grice, j'ajouterai avec poésie.
Je dinais chez le duc, ministre à Naples du temps des Français ; et , chose h laquelle j'étais loin de m'attendre, j'eus l'occasion d'assister au spectacle. Au temps de la féodalité , lorsque def acteurs venaient à Piedimonte , le duc fournissait à leurs frais, et les représentations étaient gratuites i aujouTr
* ijelcurprélerlasitlle coiislnùl de nouveau par les abbés.
W)a]ai5,et dont ils ti- L'ancienne citadelle, sur une hauteur,
X modérés. Tous les devint le château j la cathédrale, ainsi
jotira ..ndait pour commen- que l'église de Cinque To/tj, s' élèvent
ter, et, placé dans la loge ducale au sur les emplaceraens de la basilique et
centre de la salle, je vis représenter, de la Curia , dont elles empruntèrent
entre autres ouvrages, par une troupe quantité de colonnes de granit el de
venue de Maples, la comédie de César marbre cipollin. A un mille de Sao
en È^-ple, avec PulcincHaserwo lii Ce- Germano, nu bas de la montagne, eît
sare. Des éclats de rire me prouvèrent un fragment de rue antique , avec les
qu'à Piedimonte ces modernes Atelia- traces des roues et une portion de trol-
nes sont tout aussi appréciées qu'i toirs. J'y vis également les ruines du
Ifaples. Ihéitre, Plus loin sont des restes de
Quittant Piedimonte, je passai de- sépulcres et d'un amphithéâtre. Ca-
Tant Alife ou plutôt devant ses ruines, sinum fut saccagée et brûlée en entier
Alifc , fameuse dans les annales du parTbéodoric, à l'esception d'un lem-
Samnium, qui , sept fois assiégée par pie que la femme de Gisulphe II , duc
le peuple géant, tel qu'lllion, a vu de Sénévent consacra depuis â saint
ses remparts disparaître. Trois tours Pierre. Dans nos dernières époques,
démantelées sont les seuls restes des San Germano a presque éprouvé le
anciennes constructions. La croyance même sort.
populaire les suppose bantées par le Tout ce canton autour de San Ger-
diable. Mon voiturier eût cru déroger mano, dont la position est des plus
à sa Tocalion s'il nem'eût raconte cinq riantes et le territoire des plus fertiles,
à six histoires de personnes qui , trop et où je vis avec étonnement
Cassin, fondé*
hardies, avaient osé y pénétrer, avaient été ilévorées par le lu.ilin prit.
Tous ces environs sonL malsains, la mal'aria, maui'ais air, y exerce ,
ravages. Le voisinage du Vditurne y trois corbeaux di entretient des brouillards conlinucls, ccndani
De Tcano je m'acbcHiioai à San Germano, l'antique frt.ti/mm, |'ar une roule magnill([ue , bordée de stiperbes cdéncset de forets dans Je loinliiiii. Les
i octobre, fait partie des menses domaines de l'abbaye du moot
saint Benoît en
5u5. Accompagné de deux disciples, précédé de deux anges, et suivi par nourrit lesdositi^re, saint Benoit quittant sa cellule de Subiaco, près de Rome, vint s'établir dans un ermitage où vivait un bon anachorète ejui lui céda sa place. La ville de Casino Apenninsquilescouronnenttcrmincnt était en partie idohUre , et l'objet de
ilte était Apollon, qui avait un temple fameux sur la montagne ; saint Benoit renversa l'idole, détruisit le temple qu'il remplaça par un monastère, convertit les infidèles, prêcha les ciirétiens abandonnés parleurs évûqucs, cl, après avoir fondé l'ordre A peine fondé, San Germano est monastique le plus illustre de l'OccîdéLruit par les Sarrasins, mais il est dent, mourut scigmur temporel cl spî-
beureusement le paysage ; un beau pont en pierre, terminé en 1822, est jeté sur la Melfa , qu'auparavant on traversait à l'aide d'un bac. EnGn me voilà à San Germano , bAti par Bcrtarius , abbé du mont Cassin, sur l'emplacement du forum de Casinuni,
Criile J^i .,hi:,n.,U
CAPOUE, MONT'CASSIN, etc.
aô3
I du territoire et de ses habitans.
cela se passait dans le temps que, lue la proie des barbares , lltalie sait aux Goths.
ibbé était dans la ville depuis [ues jours ; je me bâtai d'aller lui oiter mes devoirs. Je trouvai un ne d'un extérieur doux et avec les ères du grand monde , qui m^eni à remettre mon voyage à Taprès , redoutant pour moi un dtner un couvent où Ton ne vit que de net apprêtés à Tbuile ; mais apéritif AMnàstère qui paraissait peu oiél^JQ. n'en, tins compte et je me âitàtttte à pied , me moquant de qùè je vis partir à dos de mulet, arpement de la montagne est ci par un cbemin taillé dans le roc, ^ perpétuel que l'on met deux ts à monter. Par le plan et par ution , ce cbemin ressemble beaû-> à celui de l'Alsace, lorsqu'on y parla montagne de Saverne.
,ippnastère (PI. 77) conserve au au bas delà montagne, queld'une citadelle, aspect que les événemens dont il fut le Àç^rdans les premiers siècles de âdstence : alors la vie de couvent oin d'être tranquille. Ces couvens liaient des sièges, et la nécessité isait fortifier ; après les barbares, nnblemens de terre vinrent attace vénérable monument. Deux étruit de fond en comble , il fut ensement secouru et relevé par lurs papes, parmi lesquels se pie Urbain V, ami de Pétrarque, par sa piété et son goût pour les fit bonneur à l'ordre de saint Be- Le mont Gassin se rattacbe end'une manière éclatante h Thisdes lettres. Dans le naufracre de ilisation , ses religieux sauvèrent ivrages des grands bommes de
l'antiquité ; et dès le onzième 'siècle , l'illustre Didier , depuis pape sous 'le nom de Victor III , faisait copiera ses religieux Homère , Virgile, et tous'les poëtes ou bistoriens grecs et latins; Il appelait de Gonstantinople des artistes pour orner de mosaïques son rao* nastère, et* préparait ainsi de loin l'époque de la renaissance.
Pour entrer au mont Gasisin, je traversai un long et sombre'passage souterrain , dans lequel est pratiqué un escalier de quarante marcbes, et qui , selon la tradition populaire , aurait été babité par saint Benoit. Le grand caractère de la cour et de l'escalier du premier parvis parait encore plus imposant à la sortie de cette espèce de caverne* Si la grille eût été posée vis-à-vis de la façade, projet que la dépense empécba d'exécuter, cet effet, malgré la beauté du coup d'œil, eût été manqué
L'apparition de cette église et de
son double parvis, au sommet d'une montagne et dans la solitude sauvage de l'Apennin , est tout -à- fait merveilleuse ; elle me frappa, et j'étais encore en extase, les yeux en l'air, n'apercevant plus rien autour de moi", lorsque tout à coup une large main passée derrière mon épaule , me communique une impulsion à laquelle il m'est impossible de résister, et ces mots, caris" simo amico^ frappent mon oreille. Dans ce robuste interlocuteur, je reconnais mon compagnon de voyage du bateau à vapeur. Sa rude accolade me rappela l'babitude napolitaine, d accabler de caresses au milieu de la rue la moindre connaissance. Je' fus cbarmé de cette rencontre. Il avait été mon cicérone à bord, il allait le devenir ici, d'autant plus volontiers qu'il élait sur son terrain.
Il fut toute effusion , et me témoi-
9d4 L'ITA
gna t ialité qu'il n'eût tenu
qu'à m croire le meilleur de
ses amis ^s boDS cénobites, ta
vue d'ui p est chose fréquente,
mais raremciii iis otjt occusiou de voir deux fois celui qu'ils ont accueilli une première. S'emparant de moi, il me Goaduisit, me montrnnt tout d;ins le plus i^rand déXait, et s'empressant de prévenir mes moindres questions.
Nous commençâmes par leglisc ; pour y arriver, on traverse trois cours, les deux premières renferment deux tronçons de colonnes, l'un de granit, l'autre du plus beau porphyre, tous deux de neuf pieds de circonférence.
D'une cour à l'autre, on monte par ^s escaliers décorés avec magnificence, la troisième porte le nom de Paradis.
Auprès de l'église est un large escalier de quarante degrés, au pied duquel sont les statues colossales de saint Benott et de sainte Scolastique, sa sœur; cat escalier est fiouroané d'un péristyle que termine une riche balustrade dont les massifs portent quatre bustes anti(|ues. Ce péristyle sert de portique à une cour plus ricbc encore qui forme le parvis de l'éijlise , il est en colonnes . de granit oriental, et à l'eolour sont seize niches renfermant les statues des bienfaiteurs du couvent, parmi lesquels figure Cbaplema^^ae.
Trois portes mat^nifiques ferment cette église. Celle du milieu vient de Constantinople. Le moine, avec une sorte d'orgueil, m'y fit lire, en letlres d'argent, les noms des terres, ch^Ueaux et villaiies autrefois dépendans du monastère.
L'intérieur de l'église est richement orné. Marbres, scu]|)tures, peintures, arabesques , tout y nhonde ; son ensemble a quelque chose de magique, surtout à la chute du jour. Les colonnes de la nef sont de granit oriental.
J'y vis l'orgue si vanté pour le fracas de ses tonnerres et les fanfares de ses trompettes ; et les mausolées de Cuido
Feramosca, dernier
edcMigi
no, et de Pierre de Médicis , frère de Léou X , noyé au passage du Garigliano. L'urcbiteclure de ce derpicx. monument est d'Antonio de S^nG^o, qui le commença en i53a. Lefe s^ue.' sont de Francesco, son ncyeu, eldun sculpteur, Matteo Quaranta; Soloan de iSeltignano le termina on i334-
'*^^ulle part je n'ai vu des «ICs|0Tei i bien logées et aussi bien ti^fytii remplissent trois grapdès -M^tci; i lesquelles sont des peintWfïïirfoci s , et un gran<l nom}ir« j« dipiui les originaux , dont le pluf tOfi"! date de 884 9 ^^ vieQt d'Ajon , plrisç^^ Bénévent. En tête de chaque ^tJffV'i'i une miniature représente le priocçiouronné assis, le sceptre à la isaîu^on debout, avec l'épée et te boucluÇ, et eo' ronné de soldats e^ de OÏW^' Cetit là que je vis la beJJe d^^ ^e marbre rouge antique, artistemest travaillée, et trouvée à Mintumes.^aui le dix-septième siècle. La psrtjf,5ur laquelle ou s'assied est perpée.RfcUlairement et entaillée sur le ^gyant, comme celle d'un scnthlahle flÏQgf) que l'on voit au musée du Louvre. Btqu' vient, je crois, de Kome. D SWViit ^ l'usage des bains et il a été, mail à prapas, le texte de Lonjeclures çi^icnk' au sujet de la papesse Jeanne iBt de Tins tallalion des papes. Le musée, tr^^riche, possède l'un des meilleurs tublcauï de l'Albano et un Christ ra ivoire , morceau très-estimé de l'école florentine. La bibliothèque renferme plus de dix-huit mille volumes.
L'église souterraine (PI. y8), dilc Tugurio , consacrée à saint Benoît cl i sa sœur, dont les restes y reposent, olire des peintures de Marc de Sienne, au-
ABRUZZES, FOUILLE, CALABRES, etc.
ao5
jourdliui fort altérées par rhumidité.
C'est là que, pendant l'hiver toujours yif et piquant sur cette montagne , les religieux viennent officier. Le Tasse , allant à Kome recevoir le triomphe et y trouver la mort, séjourna quelque temps au mont Cassin; il descendit dans cette église pour y vénérer saint Benott 9 auquel il avait une dévotion particulière.
Le moine me fît voir encore l'emplacementdela tourqu'avaithabitée saintBenott ; une chapelle inférieure, ornée en mosaïque, passe pouravoir été sa cellule.
J'allais dire adieu au moine, lors«-
qu'il m'engagea à accepter ma part d'un succulent repas, composé de poissons exquis et parfsiitement apprêtés , qui me prouva qu'au moins ces bons pères savent faire une chère délicate ^ après quoi je redescendis à San Ger^ mano , non sans plus d'une fois avoir admiré le point de vue que l'on découvre, lorsque , placé sur les rochers escarpés de la route tortueuse qui mène au monastère, on plane sur les beaux vallons dans lesquels serpente le J?a* pido^ divisé et subdivisé en mille ca^* naux qui arrosent les riches posses»
sions de l'abbaye.
ASmirZZXS, VOVX&liS» CA&AB&XS, etc.
( Cet article nom a été commaniqaé par M. P***. )
Ne pas comprendre les Abruzzes, la Pouille et les Calabres dans un panorama de l'Italie, est une lacune que laissent fréquemment à leurs voyages MM. les touristes, et autres amis de la belle Italie, lorsqu'ils viennent se réchauffer à son soleil étincelant, et fouler sa terre chargée des riches dépouilles de deux âges , pères de deux civilisations diverses et de tout ce que les arts produisirent de plus grandiose et de plus séduisant. Cette lacune nous l'éviterons, et c'est pleins du désir de la combler que nous allons conduire nos lecteurs dans le comté de Molise d'abord , pour ensuite le guider au travers du sol pulvérulent , mais éminemment fertile, de la Pouille, et des verdoyantes et pittoresques Calabres.
Patrie des Samnites, le comté de Molise (dans lequel on entre lorsqu'on laisse , à la distance de quelques lieues seulement, l'heureuse Campanié)^ contraste d'une façon aussi douloureuse N.
qu'étrange avec cette province , la plus belle du royaume de Naples. Aride, sombre et labouré, ou plutôt crevassé parles volcans , qui en i8o5 encore, enlevèrent vingt mille de ses habitans, son sol , brûlant comme celui du Vésuve , dit au voyageur qui vient l'explorer : là vécut jadis un peuple que put seul anéantir la colère de Rome, et qui ne disparut, après la guerre sociale , que parce qu'il fut sans clémence ainsi que sans justice. La confédération des Samnites existait dans le comté de Molise , dont Isernia , dans laquelle nous entrons, était la métropole, comme Philadelphie l'est des Etats-Unis; mais passons, sans trop nous arrêter , parmi ces ruines encore fumantes, et, poursuivant notre chemin parmi les décombres gisans h chaque angle de ses rues et de ses places publiques, pénétrons dans la première des Abruzzes , aussi riante qu'est triste le comté de Molise.
La pas moins doté l'Unlie
de se [ue les arts, dont elle
posst s riches moBumcna, et
c'est pourquoi elle est, par excellence, le pays des contrfistcs et des prodiges, Voyez comme , au sortir du sol désastreux d'où nous sortons, tout chani^u autour de nous! Le ciel se nuance des plus éclatantes couleurs, l'air s'épure, et se déijage des vapeurs de l'hydrogène carboné qui abonde autour des volcans, l'horizon se dessine en longues lignes ondoyantes, d'où surgissent les pics , les cAucs , les dûmes ,
i qui:
posans des monta-
gnes. Nous traversons une mer de sables qui , en hiver, se change en mer de glace ; mais après avoir franchi il Piano delte sette mille, u Plaine des sept milles , » naguères encore si redoutable par ses brigands , nous entendons le chant des oiseaux, et voyons jaillir des rochers envir.onnans des eaux limpides, et bientôt apparaît à nos yeux la ville, berceau du poète qui , j.près Viri^ilc, diama le mieux l'amour, et ce nom ne dit-il pas tout ce que les Abruzzes ont d'inspirateur, dans Ovide qui les a illustrées et les invincibles Saranites qui furent ses concitoyens !
Sulmone, où nous entrons, dit tout cela à l'œil du voyageur, linfouicc de monta;:nes, comme Rome l'est de ses sept collines, l'aspect en est mélancolique, mais elle est arrosée par des eaux abondantes, it couverte rà et là de pcujdiers qui hruL:-sent sous l'aile des ïé- ]»hyrs, et couihent leurs tètes gigantesques et pyramidales. On sent qu Ovide
adùnaîtree.
tquj
sont pleins de contrastes et de poésie. Popoli, bourg obscur et malpro(>re, apparaît après Sulmone, mais le dispute a cette ville pour sa situation , une des plus pittoresques, non-seule-
lement de l'antique 5<imniiun,maisde tout le royaume de Naples : Tâ^e antique s'y groupe au moyen, et si Lt patrie du chantre de V^rt à^Aimer nous a rappelé l'un, Popoli rappelle on ne peut mieux l'autre. On dirait que l'Ariosle est venu s"y inspirer de ses souvenirs les plus chevaleresques, après que son devancier s'y est inspiré de ceux de la galanterie romaine, et les débris des inanoirs qui parsèment cette solitude où l'on n'entend que le bruit des torrens et les cris des aigle», accusent la présence de p!us d'un cbevalier , jadis le féodal tyran d'une contrée fameuse. LàPescara, aux ondes limoneuses, comme celles d'undcsfieuvïs de l'enfer mythologique, gémit en trt les roseaux épais debout sur son rivage. Elle nous annonce l'antique Theate, actuellement Chicli, métropole des Abruzzes. Hdtons nos pas, et bientôt nous saluerons cette moderne métropole , apris avoir salué l'antique.
Kien n'est ]iIub beau que la vallée profonde à l'abri de laquelle on arrive à cette ville ; dominée par la Majella , dont le sommet est couvert de neiges perpétuelles , le tableau qu'elle offre aux regards du voyageur est un paysage digne du Guaspre ou de Claude Lorrain.
Une végétation aussi fraîche qu'elle est touflfuc sourit aux yeux , tandis que l'odorat est enivré de ses suaves émanations , et c'est a|)r6s avoir erré parmi des rangs épais d'oliviers qui croissent dans des champs, où les plantes les plus aromatiques foisonnent, que Ion entre dans une cité dont le territoire, comme on voit , est fertile en richesses rurales.
Bien bâtie, et possédant des palais el des [ilaces publiques aussi larges qu'elles sont nombreuses, Chicti compte
ABRUZZES, FOUILLE, CÂLABRES, etc.
aussi des rues opulentes , embellies par les recherches et les trésors de llndustrie. Ici plus de traces de volcans, et des désastres dont ils ont comblé les TaUées; une population active, autant qu'elle est intelligente, va, vient, retourne, circule, et se montre, au jour naissant ainsi qu'à son déclin , dans des murs qui renferment un presidio ou préfecture, et des tribunaux de première et seconde instances. Empreinte de plus d'un usage français, qu'elle prit lors de la présence de notre armée dans ses murs, cette population est à coup sûr une des plus civilisées du royaume de Naples , et pourtant, malgré toutes ces causes de civilisation et de bonne police , surgissent souvent encore sur son territoire des brigands , dont il semble que la race homicide soit indestructible dans ces belles et fécondes contrées. Là, les Vardarelli ont, entre autres, long -temps exercé leurs rapines dévastatrices , et ce n'est qu'après les efforts incessans et courageux du pouvoir, que ces brigands ont enfin disparu.
Au pied de Chieti, où, indépen^ damment d'un préfet , réside im archevêque, est une autre cité qu'on dirait sa fille, mais qui pourtant est beaucoup plus importante, car elle est une des clefs du beau et fertile royaume de Naples qu'elle défend. Cette ville est Pescara^ dont le nom est le même que celui de la rivière qui la baigne à l'occident. Des fortifications à la Vauban , une population uniquement composée de la garnison et de pécheurs , voilà tout ce qu'on y trouve ; et , malgré cela , il est impossible de voir un site plusmagique que celui dans lequel Pcscara est placée. Baignée par les eaux douces d'un fleuve, elle l'est encore par les flots bruyans de la mer Adriatique. Son horizon est cà et là semé de mon-
tagnes qui semblent autant de géans escalî^dant le ciel , et des forêts de pins, jointes à dévastes et opulentes rizières, composent ses richesses agricoles.
Continuons notre exploration des pittoresques Abruzzes, en évitant toutefois le rivage de la mer, qui , toujours plat , et privé de villes et même de hameaux, révèle l'indigence au lieu de la richesse. L'intérieur des terres est ce qui nous convient, et déjà les campanilles ou clochers des églises de Lanciano ^ bourg aussi opulent qu'il est étendu^ signalent le chef-lieu de la deuxième Abruzze.
Eu attendant que nous y entrions, parlons un peu des héroïques Samnites, car bientôt nous quitterons le sol où leurs ossemens sont enfouis , et nous aurons occasion de parler d'autres peuples. Divisés en Samnites, Pentri et Irpinij leur territoire s'étendait de la Campanie à Bénévent. Le Tabwne^ mont célèbre dans les Géorgiques de Virgile , les séparait ainsi que le Mateso , dans lequel gronde encore le volcan qui désole leurs descendans. Papirius fut d'abord le consul que Rome leur opposa , et sous les coups duquel tombèrent Sepinwn , une de leurs cités les plus opulentes; Murgantium, Vo^ iacium et Duronium la suivirent, et bientôt tout le Samnium qu'acheva de saccager Livius , successeur de Papirius , ne fut plus qu'un théâtre de désespoir et de ruines. En vain, habiles à réparer leurs pertes , et prompts à se remettre en campagne, les Samnites y reparurent et luttèrent pendant près d'un siècle contre leurs oppresseurs ; ilsdurcnt succomber, et ne recueillirent de gloire que celle de les faire passer sousles Fourches Caudines. Mais,indépendammcnt de cette sorte de pilori auquel ils attachèrent justement leurs vainqueurs , ils leur causèrent la mort
UD8 contredit les Icures lois , que les princes
leurs généraux, et de ibonktnes. Rome n'eut I lui-même, de meilct seuls, ils résument ue et celui de Phi-
pas, a ieiirs citoyei
le héros d'1 lippes.
■ Situé dans un territoire non moins fertile que ChicLi, Lanciuno est loia cependant d'oQ'rir au voyageur l'aima- Lle et commode hospitalité de la première de ces villes. Mais connue elle a une foire annuelle à laquelle se rendent
doute donneront un joi Mais nou£ ne laisserons ni le comté de Molise, ni lesAbruzzcs, aans parler des costumes pittoresques de leuri rustiques babitans [ PI. 83). Tout grossiers qu'ils sont, et faitsd'uneluiue indigène tramée sur des métiers dont un art élémentaire a seul croisé et re croisé les lîla , s'ils ne brillent pat par leur tissu, il n'en est point ainsi de leurs couleurs, toutes éclataoles, ni de leurs formes, remarquables par
la plupart des populations des Ahru&- leur ampleur. Chose singulière, et
zes, félicitez-vous d'arriver dans ses murs en de pareils jours; vous y trouverez force produits de manufactures indigènes , et surtout des races de ces chevaux napolitains qui , Ândaloux d'origine, ne sont ni sans ardeur, ni tans vitesse.
L'agriculture de l'Abruzze est, eti
que l'on aurait de la peine à croire si elle n'avait le caractère irrévocable de l'évidence ; celui de la femme du comlé de Molise se compose d'abord d'une coiffure que l'on dirait empruntée aux antiques prdtrcsBcs d'Isis , puis d'un corset largement évasé , auquel se ra^ tachent des manches boudantes par Ifl
général, la même que celle de la terre haut, et qui sont retroussées par le de labour, quoiqu'il soit plus diiEcile bas ; un tablier festonné se déroiîle au au cultivateur de la perfectionner dans lunt que dans l'autre de ces jiroviuces, Maisk-s blés, les olives et les vins y sont partout l'objei de ses soins ci le triple produit de ses récoltes abondantes. De grands bœufs blancs, aux cornes immenses, tels que l'étaient ceux que SCS antiques devanciers livraient aux pontifes pour les sacrifices, traînent la charrue , comme elle csl traînée pardes chevaux dans la fertile Neust rie. Une race de moutons, hauts sur jambes, tels que le sont ceux de la Lomliardie, pâture en ses champs , et ne vaut pas , à beaucoup près , celle plus petite dont bientôt nous verrons d'innombrables troupeaux en Pouille. Le gibier abonde aussi dans les Abruzzes, ainsi que le poisson de mer et de rivières, si bien que rien ne manque à l'homme dans ces contrées privilégiées du ciel , s i ce n'est plus d'instruction et de mcil-
serre pa
riil...-m
pourpr
dessous, et recouvre ime jupe immense que borde un triple rang de rubans dérouleurs variées.
La bure, avec laquelle la robe est faite, est souvent rayée-, des chaînes d'or, et autres bijoux, parent celle qui la porte, et tout dans elle, maUré l'indigence rustique , annonce laisanre et le contentement. Quant au contadiuo , ou paysan , malgré le drap grossier dont il est vêtu, !;t recherche ne s'y fait pas moins remarquer dans les orncniens et les bordures. L'habit est long, carré; le gilet large, galonné; les culottes et les bas d'une couleur uniforme, et le chapeau ordinairement
plus pittoresque qu'un semblable costume , dont i origine est bien certainement antique, tant pour la femme que pour lliomme , mais qu'éclipse, ])ar sa recherche et sa richesse,
ABRUZZES, FOUILLE, CALABFIES, etc.
la femme de l'Abruzze ullé- un long fusil, des pistolets, con
nt
i brille sous i
: que soit en eliet la somptuoréteiDcns des dames de Loqe Paris, il est diilicile qu'ils u moins quant à la formcj recherche et d'opulence. Sous îire faite d'un tissu aussi am-
I est léger , éléi^aminent brodé né, se dessine un riche corset manches boutiiintcs sont attair des nœuds de rubans roses
qu'il surmonte. Une grande are flotte en plis ondoyans , is, un tablier blanc empreint f^e bordure brodée, acbève le du vêtement. De longs et neaux d'or pendent aux oreilipulente paysanne; et, douée st d'une baute stature , son 'est pas moins agréable qu'il lant.
it difficile en effet de trouver est dans la Lombardie dont ierons plus tard], dans les fem- ;>rovinces du royaume de Na- 3 formes plus nobles et un
II sang! Et nous attestons, à l, le pinceau des Schefler et croix , qui se sont complus à Ire. Mais que sont-ils auprès tans de Badessa , leurs voi-
lis d'origine, et venus dans s depuis plusieurs siècles , Le est colossale , ainsi que , et douée d'une de ces fiicques faite de l'ovale le plus elle porte une longue tunique .pon brodé comme l'étaient tes I des Héraclidcs, tandis que i porte une courte que retient ! ceinture. Des croix , un amas [, ornent le sein de la femme, thagan , ou large poignard , la de rbonuae. Ud long sabre,
ment , mélange informe du costume des Grecs antiques et de ceux de nos jours. Un large bonnet, entouré d'une épaisse fourrure, s'arrondit sur la figure pleine d'expression et d'ardeur de ce fantassin, errant par monts et par vaux, et qu'emploie le seigneur des lieux qu'il habite il la garde de ses bols. Tel est l'Albanais de Badessa.
Mais il est temps de nous diriger sur la Pouitle , féconde en oppositions de terrain, diilërentes en tout de celles qu'offrent l'Abruzze , et d'y aller puiser de nouvelles émotions.
Rien ne ressemble moins, en effet, i la première de ces provinces que celle dans laquelle nous allons entrer; mais nous n'en goiiterons que mieux le plaisir des contrastes.
Après quelques jours de trajet autravers de montagnes j les unes arides, lesautres fécondes, mais toutes vastes, bardies, imposantes, intersectées de vallées aussi variées dans leurs formes que fertiles en paysages raviaaans , nous voici parvenus à Tantique Equatulicum, citée, non-seulement dans l'itinéraire d'Antonin, mais dans le sixième livre des lettres de Cicéron à Atticus,et le huitième de Virgile; elle nous annonce à la fois Luceria et I^oggia villes , toutes deux importantes de la Pouitle, et même Tro/a, qui, placée sur la dernière éminence de l'Apennin expirant , n'a de célèbre que son nom.
Ces belles contrées n'ont point d'hiver, et l'on est en droit de les doter, sans hyperbole poétique, d'un éternel printemps. A l'époque où noua les saluous, il s'offre à nous dans toute sa grâce et sa magniflcençe ! Arrivés dans Lucera,nous noua retrouvons sur le sol désolé des Samoites, qui là, virent
se consommer leur infortune : car Pontius , leur général , qui fut pour eux ce que Camille fut pour les Romains , y s^it à son tour le supplice qu'endurèrent ces derniers dans la vallée de Caudium. Singulier autant que malheureux destin ! Lucera, située dans un territoire inépuisablement fertile, se reljîva de ses ruines ; mais l'ateul de l'immortel Julien , l'empereur Constance et les Lombards, les plus féroces des barbares , la détruisirent de nouveau, et depuis ce temps elle n'a pu recouvrer sa splendeur passée.
Charles II d'Anjou, roi de Naples, a doté Lucera d'une cathédrale b&tie des décombres de la cité des Sanmites, et bien que frustes , une foule de statues , que l'on trouve encore parmi ces décombres , attestent l'art étrusque et campaniea, qui a plus d'un rapport avec celui de la vieille Egypte.
Voici la ville où mourut le vainqueur inhumain de la maison de Souahe, et Foggia, dans laquelle nous entrons j console de sa mémoire sanglante par le tableau aussi riant qu'animé qu'elle oflre aux regards du voyageur.
Assise au milieu d'une plaine de vingt milles d'étendue , située entre la mer Adriatique et la mer Méditerranée, et l'entrepdt desdenrées, tant exotiques qu'indigènes, du royaume de Naples , Fo^a sourit en effet à l'œil de l'ami de l'humanité; et la foire qu'elle tient dans l'été a pour objet d'écouler la foule de produits agricoles qu'elle renferme dans ses murailles : toutes les populations y accourent , et reine pour ainsi dire de la Pouille , elle verse au loin les trésors du commerce et de l'abondance ; en vain le terrain que l'on foule en sortant de ses murs est pulvéruleot dans l'été; il n'en est pas moiiiS fertile, et d'innombrables mois*
sons d'êpisy sur^issentde tonte I)ea chiens tnormes sont les g de troupeaux immenses, et t nonce sinon l'opulence , du me aisance, trarant du bien-élre habjtans. Véritables transhui les moutons , qui tels que les fl meux de la raer recouvrent BO toire, }a quittent Jans l'été pc paître sur les Apennins, et revi au printemps et dans l'hiver, ec par la lavande et le thym doi nourrissent dans 1m montagne
Nous voici foulant k chaqai sol des héros , tant du moyen l'ancien âge. A peu de dùta Fog^a est Manfiedcnia , dont rappelle le digne et malhenreo ton du tier Frédéric H , et noui à la fois et ses murs et les m Sipuntum , cité fondée par Dii à son retour du siège de Tnrie,
Manfredonia est bien perche merçante, sinon autant ijae I mais à proportion de sa popola moitié moins grande qne celle < dernière ville; Diomède, «or le bâtisseur de villes, constru puntum auprès des ruines de 1 s'élève le j^/oH(e Gargano, où Ange, célèbre par les pèlerin brrux qui y allaient visiter un ( micrs sanctuaires de la catlioIi<
Rentrés dans la brûlante pi la Pouille, nous allons l'explo ses puiuts les plus importaas ; i nés , où Rome tut à la veille de son Iicrceau parles mains d'Ai va lixerpendîmt quelque tempst
Campo del Sangue, où Cha Sanij, tel est le nom que porte de nos jours Caoncs et son ten si douloureusement célèbre t l arrivons , et t)»'"««-*« — «^■«^ le combat qui mérité cettf
ABRUZZES, FOUILLE, CALABRES, etc.
gcnlcz-Tous une jilainc imiinic et rase, tel (jue l'est le ■ d'un Galon, tt que sillonne al de KB oades indigentes et laes rOlïanto, qui seul la divise irrose qu'imparfiiitement. An- ! plus rusé, en même temps lus intrépide des capitaines de ips, n'a que cinquante mille i à opposer à Rome, dont l'arcompte quatre- vingt mille; i expérience, sa duplicité, sa lui sont un gnrant que Terrenro, qui CODunande ses ennemis, comber aux embûches de son , aux pièges que lui tend son
leux armées sont , aux pradUirtés d'un beau jour, déjà lées sur lethéAtre du duel que lÎTrer , d'une part , la maltresse « , de l'autre la maîtresse da «t Annîbal voit d'tm œîl satis- Varron accepte la bataille dans néme où il a su si adroitement . Un vent, dont le nom peint tnpétuosi té , le vuUurne s'élève , 'il l'a prévu, sur la plaine aride nte ; il enveloppe les Romains oussière subtile et cuisante ; il le contre eux , et cet auxiliaire t,que le ciel semble lui envoyer, ibie par Varron contre ses léusqu'ici indomptables , est ce t assurer à son riv»t la plus e conmiela plus sanglante des ■s.
innées s'ébranlent , Varron fait e fleuve à ses troupes , et bien- I sont en présence des Gaulois, [}agnols et des Numides , qui eat l'armée carthaginoise, tune ! tu trahis les Romains dès miers coups que leur portent Irersaires; Paul Emile, le seul : qui, consul et commandant
sous Varron, peutempdcl est mortellement blessé, et (jW
soit la valeur des U'i;ions, leur lu-
men L et le brillant désir qu'elles ont de faire triompher Rome et IftTengflf de la mort de l'un de ses plot grandi citoyens : vains cITorls! un piégé hOP" riblc leur est tendu par Annibiu, qtd, avec le vent qui les aveugle. Ta rendre infructueuses tant de vertus flt d« bravoure !
Au milieu même de l'action , et pendant que Romains et Carthaginois s'acharnent tels que des vautours lefl uns contre les autres, qui le croirait 1 Aunibal prescrit à cinq cents de ses Numides de cacher leurs armes SotiS leurs tuniques , feindre de déserter ses rangs et de se présenter aux Romains, a tels que des transfuges qui viennent se réunir à eux, las qu'ils sont de servir Gartbage , prodigue de leur sang , et qui n'acquitte par aucune récompense celui qu'ils ont déjà versé pour elle, i Leur air indigné, et Jusqu'aux larmei qu'ils feignent de répandre , trompent les Romains qui les reçoirent parmi eux; mais que font les faux déserteurs? ils ouvrent avec leurs dagues , jusquelà cachées, les flancs des chevaux de la cavalerie romaine , et, privé qu'est Var> ton d'un nombre considérable de ses cavaliers au moment où les Numides débordent ses ailes de toutes parts, il donne en frémissant le signal de la re* traite pour sauver au moins le peu de Romains qui lui restent.
Paul Emile, deux proconsuls, vingt' neuf tribuns militaires, plus de qua* fre-vîngts sénateurs et soixante- dix mille hommes meurent àcette bataille, tandis que , dans les rangs carthagï»
sois , il ne périt que quatre mille Gaulois leurs auxiliaires, et quinze cents Africains ou Espagnols.
' Mais laissons cet horrible diamp de
carnage, Jont les osscmcns semblent encore se dresser pour accuser les deux ambitiona les plos funestes à l'bumanité dans l'ancien kge t l'ambition de Rome et celle de sa riTsle, et saluons en passant, pleins d'amour et de respect , les restes du palais de cette opulente Apulienne qoi reçut et sauva si généreusement ce que comptaient de plus illustre les débris de l'armée romaine. Basa , femme sublime et courageuse! ton nom, que nous a transmis Tite-Lire , fut digne des bonneurs que Rome reconnaissante te rendit lorsqu'elle vit rentrer , grâces à toi , dans ses murs une foule de jeunes bommes, enfans de ses plus dignes patriciens auxquels tu prodiguas tout, trésors, vétemens , et surtout ta bienfaisante et toucbante pitié.
Après Cannes , Venosa , autrefois Venusium , se montre k nos regards.
Là, respira l'auteur de VAri poétique , le cbautre de ta pbilosopbie et des grâces; c'est là que fut son berceau, d'où semblent s'exbaler encore les vers, doux interprètes de son âme. Les Grecs eux-mêmes n'eurent pas de poëte plus suave, plus pénétrant; il s'élève dans l'ode aux immenses bauteurs de Pindare, tandis que dans ses épttres il descend au langage le plus facile et le plus intime.
Barletta va nous consoler descbampg de Cannes. Cette ville, oii l'on entre au retour de notre excursion, est sans contredît une des mieux bâties du royaume de Naples. Larges, bien pavées, ses rues répondent aux palais et aux églises qui les décorent, tout annonce l'aisance, si ce n'est l'opulence dans ses babîtans; son arcbitecture est de la renaissance; elle dut cette splendeur aux princes de la maison d'Arragon, successeurs des princes angevins, et aux domina-
teurs normancb. L'intr^ôde Mûnfroyytint les états genoux de son royaume pour s'arracher k U iétress< dans laquelle il était ; mais ses tUSarV furent sans fruit. Le senl monmnai remarquable de Barletta est la statD colossale en bronze que l'on vent ados sée à l'un de ses palais ( PI. 79 ) > et qui les uns disent être Racbïs , un des roi: lombards qui opprimèrent l'Italie ai lieu de la £ure fleurir, mais qui esi bien reconnue pour être un Héraclim Aussi mal dessinée :que mal posée, cette statue est ignoble et sans grâce, et la croix qu'elle tient 4aiu les maini et qu'elle semble montrer au peuple de l'antique Bardulnm, assemblé aotonr d'elle , loin Je lui.iiuprimer de ti grandeur , ajoute encore à son maoïjiw de dignité.
Trani , dist^ts, aoideinent de lii milles de Barletta, ùit^ dit-on, bâlie parTirenotus, fils de ]Dïoinède;agfandie et ornée par Trajan , tfii lui dooni le nom de TrajanapoUs , elle rivaliie avec Barletta d'élégance dans la ooostructioo de ses maisons et de-tet fbces publiques. Le commence cootùérable qu'elle fait en- blé, ainsi qii'a sel , est la source de son iiiwtnii ^ cathédrale est nn gothiqnc-Hatâo, et date au moins de six siècles ; die l'élève au delà de son port exigu «t ^ peu d'utilité. Quant à son chtMBi dramatiquement célèbre^ on i((^4>U surtout par le supplice qu'osa y lâirt endurer, au 61s du doge de VeaiK.
Tiépolo , Frédéric II , qui le fit pcDdre à la Tue'même des galères de \^ république ! - ^
C'est encore à Trani qu'e grand duel de douze Francs ' mée du doc de IVemours, < Espagnols de celle de Ga Cordouej dont îl ne roi pagnols et quatre Fraof
a>^.,f, j^nfrnmr., rfl S,,^ .Uv/n /%,r, /i„{u,f y^,,/^/./«r ,/,- ,f'.r,™/*^
ABRUZZES, POUILLE, GALABRES, etc. 3i3
aufeuillagepAleet décoloré, ombragent de toutes parts les environs de cette Tille animée et commerçante ; mais la monotonie de leur teinte grisâtre est agréahlement coupée par le vert éclatant des orangers, des citronniers, <jai marient leurs rameaux h leurs troncs épais et noueux. Ces ombrages sont on ne peut plus secourables au voyageur sous un ciel tout de flamme , et ce n'est que là qu'il trouve la fraîcheur aussi douce qu'elle est rare : ils s'étendent à perte de vue, et l'on en est couvert deux villes opulentes jusqu'à Polignano etMonopoU, ville itive au soi'tir de Trani; riante que l'on croit 'être l'antique Egnatia ou Egnaticuliun , jadis célèbre dans l'Apulie. Chaque bourgeois des champs recueille ici plus de salmes d'buile que celui de la Campanie , quelque féconde qu'elle soit en pampres , n'en recueille de vin. Mais il est temps de nous diriger vers BrindUi (PI. 80), autrefoisfnm^ujùim, avant d'aller plus loin ; car cette ville , qui jadis eut tant de retentissement dans le monde rornain , est empreinte de ses plus puissans souvenirs. De là , continuant notre pèlerinage jusqu'à la (;rande Grèce, nous atteindrons le terme de notre excursion.
Au bout d'une route, tantôt riante parce qu'elle est fleurie, et tantôt importune parce qu'elle est poudreuse , apparaît Brindes , où Rome tout entière se transporta , pour de là se ruer avec ses légions , Pompée , César, et son sénatdivisé, dans les plaines de Pliarsale , d'où elle ne surgit que pour subir le joug du pi us dangereux de ses citoyens. H en est des villes comme des individus, et souvent leur seul aspect suffit pour exprimer aux yeux du voyageur intelligent les vicissitudes qu'elles éprouvèrent. Triste, et n'offr.int que des ruines, de ce nombre est celle où T10US entrons , fameuse à la fois par ses
lïr l'honneorde leur pays fut □ timentqni guidait ces braves j clos lonqn'iU y furent cher- ■ort, et les quatre Français nnreDt ^e firent tellement rec leur bravoure, qu'on les vit inpart des corps de leurs LcQOrsters tombés à leurs e de rendre leurs ar-
i,mtrefois ï-'igiltum, farce ait de seotinclle au camp «do temps de Pyrrhus, et
K l'emporte sur sa voisine,
Pnoedes plus commerçantes
Jïe et ne le cède qu'à Bari ,
iptaIè,'pour la richesse de son
it mœnia. Bari, ville poisson- ]isait Horace, de cette cité tante de Venusium sa charïtrie, et Bari est célèbre à plus
^MptDf ou vice-roi des Grecs du rilCjjfitlong'tempssarésiden- Ûde l'empereur son maître ; et ■ flimples gentisbomnLes norfiU du sire de Hauteville , l'en nt, pour se fonder un trône dons e , Tancrède et Boëmond , l'un laiu les Annales dramatiques ce , et l'autre dans l'épopée du ■^^èrent dans une ville où l'on tendre encore retentir leurs ntfques. Bari a une population s à l'inépuisable fertilité de la et sa cathédrale se faitremarr le plus haut clocher de toute ée. L'église de Saint-Nicolas s une chapelle souterraine tel- Mttoresque et saisissante , que as sommes empressés d'en reirefTet aussi peuf que piquant '1. 80. Des myriades d'oliviers, S.
ai4
gloires et ses misères. Une colonne colossale est d'abord ce qu'on y aperçoit I puis des maisons d'où s'élancent des touffes de palmiers au feuillage toujours vert ; des dômes, des clochers, se groupent à ce tableau architectural ^ et suffisent pour le rendre imposant et' grandiose. BrentuSy fi]s d'Hercule ^ fut, dit-on y le fondateur de Brindes , ou deux collines, séparées par une étroite vallée, s'élevaient pour en rendre l'intérieur aussi pittorest}ue qu'il était vaste. Deux temples, l'un dédié à Apollon et l'autre à Diane sa sœur , y ^ brillaient à Tenvi, et c'est dans la place qu'occupait ce dernier que s'élève de nos jours la cathédrale bâtie au dou^ zième siècle par Roger, d'abord duc» et ensuite roi de. Sicile. Indépendamment de la colonne, hante de soixante-trois pieds, de laquelle nous venons de parler^ deux autres, du fût le plusjélégant et du marbre le plus pur, brillent à l'entrée du port, jadis rempli des tri-^ rémes romaines. Virgile y mourut , Agrippine y rapporta les cendres de Germanicus^ et Cicéron qui y promena sa cruelle incertitude, alors qu'il attendait les s<anglans résultats de Pharsale, apparaissent successivement dans ces murs, où l'on croit encore les voir errer.
Au sortir de Brindes, fouler le sol de l'antique Japigie , à laquelle un fils de Dédale donna son nom, est l'espace qui nous reste à franchir avant de quitter la Fouille. Lieux célèbres qui réveillent , comme ou voit , les plus grands et les plus touchans souvenirs , Virgile les chante au troisième livre de son Epopée, et Lictius Ido^' meneus^ un des héros vainqueurs de Troie , fonda , dit-on , la cité dans laquelle nous entrons, après un trajet aussi rapide qu'il a été riant.
Plus splendide encore que ne le sont
îv' >• .
Barletta, Trani et Bari même, et p
entre les mers Adriatique ctlooii
Lecce possède, indépendamnNatd
territoire , aussi fertile qu'il eil^
des rues larges , aérées , bien p
et , entre autres monumjenay ui
appartenant à on ancioa
dominicains que l'on
voir, tant l'effet clii «st aÉitalf
l'aspect grandiose ! Une i^aoei^
s'y fait aussi remairquer jfmif-éM
du despotique Philippe D^CÉÉI
vaste marché, dont Hoiâa 'dîfljl
tableau à la 8i*. de nOi
iive , l'orange , le safFUl^lJi]
tabac, croisssQt
cette ville, et elledoiâtlèi^
solides qu'âëgamment
elle s'enorgudllit , an tuf^ fil
son nom , pierre aussi dure ^ÎA
abondante. Ce fut dans oetle vfl
descendit Auguste , alors OctIfV
qu'il accourut d'Apolcmie à la H
de l'assassinat de César , qui hli
le monde pour héritage; GoJb^
des douze fils du sife de Hautéîrii
fit bâtir la cathédrale au dotudèi
cle. Tancrède^ un de ses desed
y naquit , et Frédéric II , priM
célèbre que pialheureux, y fui
et la gouverna long ''temps. Ne
sortirons point de Lecce sens p
nos lecteurs , qu'éloignée de k
une distance conêidéraMei ék
point l'antique Salente q4'^
selon toutes les probabilité», àiî
appelé iSo^e»a , prêt dei t^Âei
druntum et de Monopoli. Mail
temps de nous tendre à ÔMnt
qui, non moins illustre que o
nous sommes , nous invite à
si ter.
Au fond de la pitti hÊÊéêM suies , lieu vulgaireiMtttlqppdl Ion de la Botte ^ d'e^fr tk^fÊÊ Otrmte, tellement fii^ W f
ABRUZZES, «eulemeutoD en voit le rivage, î Pyrrhus y voulut faire conn pont qui aur;iit joîntlaGrèalie ; nous y entrons au jour , et d'uvods (jua nous fclila plus flatteuse et douce des
peu de villes qui soit plus ilu'est Otrante , appelée jadis du ÎC A'Hyiînts ou Hyiiruntum, à es sources qui surgissent limur soD territoire. L'illustre se-
de Théodoric , Cassiodore , lui ncore celui de Tyr des Italiens ,
âe l'innombrable quantité de ]ue nourrit la mer qui baigne railles, et l'on sait que ce cos teint les étoQès du pourpre
vif. Onie stades suffisaient à Lus ces temps h faire le cir-
l'enceinte d'Otrante, que pront cent tours dont on voit en- I restes dans notre 82*. plancbe.
imbée depuis ce temps du faite oire, le moyen-âge sonne le glas ï de sa mort, et Mahomet II, e craignirent pas de soulever
elle et Venise et Florence, jade sa fortune, après l'avoir fait T par Géduc , un de ses bal'ensevelit sous ses ruines, et
ce temps Otrante n'eut pour se ;r de sa chute que les richesses I de son territoire, un des plus
de l'Italie. La vigne s'y marie iplier, le caroubier au palmier gique , et l'on y voit briller ensem- ;t la végétation de l'Europe et e l'Asie ; mais la Grèce , sa voisires taure, Athènes se reconstruit , jours de prospérité reviendront ître. Toutefois n'oublions pas,
de quitter cette ville , un trait irage de l'un de ses défenseurs ,
de figurer à c6té de celui des j et de R^ulus,
FOUILLE, CALÀflRES, etc.
rivage, Marco était le nom d ; f
il commandait dnns la é Géduc en faisait, au nom de i met, le siège. Déj.i une grêle d i-* menses boulets de pierre avait presque éeraséOtrante, et tout annonçait qu'elle allait succomber, quand Géduc en fait dem.indcr les clefs au gouverneur par un parlementaire ; mais celui-ci, aulieu
de les donner, les jeta dans I:
dit au député d'aller porter celtt velle à son maître.
Mais, après Otrante, Tarente, dont les rivages sont les plus suaves diy tous ceux de ces belles contrées , doaS invite à l'aller visiter, gisante qu'elle est aussi dans la poussière : nous aotia rendons aux Tœux de l'illustre veuve, et , passant mccessivement devant dfandurium , l'une des métropoles de l'antiqaeMesBitpie, et Monopoli, rian»
te vilïp moderne, nous entrons àanà tes mars anssi humbles de nos Jottrt qa'ils étaient jadis superbes.
Reine delltalie, avant queRomestiF' glt, pour l'opprimer et en agrandir la gloire, Tarente était majestueusement assise aux bords de son golfe, qui Iç dispute d'étendue et de beauté avec celui deNaples. 7'ara, fîlsdeNeptime, en fut le fondateur, et PAa/ante, jeune héros, envoyé de Sparte, vint en accroître la puissance en y versant le trop plein de la population de sa patrie; depuis ce temps jusqu'aux jours oA Rome devint à son tour florissante, la fortune ne cessa d'ajouter à la gloire comme an bonheur de Tarente. Bel ' temples, des palais, des forums et des théâtres s' élevaient de toutes parts dans son enceinte , et métropole de la confédération des républiques de la grande Grèce, Architas, h la fois poëte, orateur, géomètre, philosophe et grand capitaine, non - seulement la gouver-> nait, mais quand Platon tint le vist-*
lalheurcux avec
Nous
quitterons pas
■appeler ce qu'en dit l'ai
Illf! terrarnEQ milii prster omnâs Adl^uIds tidet; ubi non Uymetle lUell^ dccedaiit, TÎridiqae cerlai
Dicca Vcnafra.
Ver ubi locgain , tepidaijue prclu Jupiter Iirnmiiii amicDS Aalon, Fertile Bac rbo, mïminiuii faleriii
invidet avis.
Ille te necam locu. et beat* PfUtnUtit arcê* i ibi tn eakntaB Débita «patget Uotim favîUam
Vatia amici.
Ce petit espace de terre que tout autre pays ; le me duit pus de meilleur miel plus dclicatu; le printempi j
lijmcll,
tcrjilconâuûaUàlavictoirelesessaims et nul n'est de fantassins et de cavaliers qu'elle trésors. nourrissait dans, ses murs. Bientât Rome deviot jalouse de tant de grandeur et de tant de gloire , et déjà toute puissante, il fallut, pour la combattre, appeler d'abord Alexandre Molosses , roi d'Épire, et ensuite l'habile et ia- . trépide Pyrrhus, l'un de ses successeurs. Le compagnon de Cinéas fut vaincu par Fabricius;Annibal lui succéda dans sa haine comme dans sa fortune, et Fabius Maximus vengea Rome en étouSant sa rivale. Il l'assiégea et l'arracha aux mains du héros carthaginois, et Tarenle vit non-seulement traCner en esclavage trente inille de ses citoyens, mais les monumens de ses arts allèrent, tels que ceux de Corintbc, embellir la ville éternelle; la statue colossale d'or, ouvrage de l'immortel Lisippe, fut de ce noi{ihrc,et elle cessa d'appeler l'univers civilisé dans la grande Grèce. En vain les barbares vinrent plus tard venger Tarente en se ruant sur Rome, que telle qu'une victime ils immolèrent;Totlila l'enlève auxGrecsdeConstaiitinople, et Narses qui est l'ancien Metapontus, 1 à Tottila, sans la rendre plus heureuse, touchez au sol qui dispute avec' et pour combler ses infortunes dans le Philiuntc et Tyr, l'honneur' moyen-âge , comme Rome les avait donné le jour à Pythagore, ( comblées dans l'ancien, le roi sangui- vous investissez de la magie de naire, qui causa par sa tyrannie les puissans souvenirs, vêpres sanglantes de Sicile, fit peser Antoine et Auguste, se dispn
sur elle son sceptre de fer, sans que monde, vous apparaissent da rien la soulage de ses disgrâces ! lieux. L'infortunée et tendre C
Mais que dis- je ! le Gatèse, aux parvint à les y réuoir afin de bords duquel Virgile composa plus concilier. Antoine sauta dans i d'une de ses Bucoliques, et ses coteaux quif qui était au bord du fleu où croissent encore des pampres rivaux tandis qu'il le traversait, A de ceux de Falemes, chantés par Ho- vint à sa rencontre dans un aut race, lui restent avec son. ciel suave, teau. Les deux armées des mat l'air balsamique que sa végétation ex- laterre,rangéescnbatailIesorle! baie , et les innombrables essaims de ppposés du Cnsiento, iw-fiHfvi poissons, tousexquisquc,lui,fourni$- Tarente, où' / sent tant sa grande que sa petite mer, rendre pour
y tempén
pendant les hivers; anssl les Tins qu'o dans les environs et sur le colein dV favorisé de Btcclios, ne lo cèdent-ils en vins de Faleriic.
Après unenavigation de vingtmilles d'étendue , faite sur le ï tranquille golfe de cette ville, descendez à l'embouchure du Ca
ABRUZZES, POUILLË, GALABRES, btg. 217
it , d'un plan pour affermir et ment immense , et c'est dans ce dernier
ipire romain, devenu leur hé*-
onte brillait jadis aux bords du li lui a donné son nom ; mais trouve d'elle maintenant que ( colonnes d'ordre dorique, bien lites pour fixer l'attention du r, que pour rappeler les souvehilosophe qui , de tous ceux de té, eut le caractère le plus élevé, sa la doctrine la plus sublime, lur et réformateur de la grande 'est à lui comme à ses disciples lut une illustration dont le stentit encore, et des prospéi j sans lambition romaine,
éclipsé l'éclat dont Sparte les jouirent pendant une lone de siècles. Arimirateur des ira de l'univers, le sage ap* ^ieu le grand architecte des t ses découvertes dans la pbyes mathématiques, jointes à tion de sociétés secrètes dans s les adeptes se formaient aux imme aux vertus, ne furent artie de ses grands et immorraux. Pythagore reprochait à ses dieux aux passions et aux shumaines, et ceux delà théogosiode étaient également le juste ses mépris; il n'y a qu'un Dieu, , et la pluralité de ceux chantés grands poètes est un outrage à ainsi qu'à ce Dieu lui - même :
que Pythagore était biblique ivoir, ou peut-être avait appris •rient , où il avait voyagé , la ie de Moïse. Son demi-urgos hova des Hébreux. Il fonda à , où nous allons nous transporde ses écoles les plus suivies et célèbres ; un temple hexastyle pieds de long sur cinquante , y brillait adossé à un bâti-
c{ue, sur des gradins, assis, une foule de jeunes initiés étudaient, et les jours et les nuits , les lois de l'univers et celles des sciences. Mais il est temps de nous rendre à Héraclée , qui dispute à Metaponte sa gloire et sa célébrité. ■
Située entre VAcris et le Syris , fleuves qui baignaient ses antiques murailles , Héraclée , dont comme Méta«ponte il ne reste que la poussière , fut la patrie de Zeuxis, qui y peignit son tableau de Vénus , et l'y présenta à toute la Grèce assemblée ; Héraclée est, comme on voit , une ville aux doux et toucbans souvenirs; Pane/ojia, actuellement Anglone , était peu éloignée de ses murs , et , privés que nous sommes d'en contempler les restes , nous jouissons du moins d'en voir le site enchanteur, et les campagnes aussi vastes qu'elles sont riantes et fécondes ! L'air y est imprégné de l'esprit des fleurs , et tout y révèle la magnificence de la nature.
Juejraxinusomus^ oufréneàlamanne, s'y fait remarquer parmi les palmiers , les orangers et les opuntia, et les plaines de Sennaar, où ce fruit médicinal nourrit les Hébreux,ne sont pas plusfertiles.
Des débris d'aquéducs , de tombeaux et de colonnes , jonchent à vingt milles de ces lieux le sol de toutes parts : ce sont les ruines de Sybaris, à la fois glorieusement et honteusement célèbre.
Assise aux bords d'un fleuve qui portait son nom, Sybaris^ la plus ancienne colonie des Grecs dans l'Italie , comptait vingt-cinq cités dans le territoire de sa république , commandait à quatre peuples différens , et entretenait une armée de trois cent mille hommes ; mais ce qui reste de sa puissance, perdue pcir le luxe , la mollesse , la corruption, n'est qu'un étroit espace d'historique poussière que nous franchissons pour nous transpoi'ter dans
celui qui reoferme les ruines de Crotone , sa rivale et son implacable enneinie. Nous y arrivoDs le jour suivant et ne trouvons également dans l'illustre patrie de l'athlète Miton que décombres et que poudre. En vain chercliODS- Dous encore dans ces belles contrées les traces de Thurium , colonie des Athéniens, qui mit à profit la belle situation danslaquelleétaitCrotone, et fut la patrie de Charondas; nous ne trouvons les cendres de l'une ni celles de l'autre , et la mémoire seule de ce grand législateur, qui se tua pour avoir , quoique involontairement ^ violé ses propres lois , survit aux lieux qui le virent nattre [i]. Hérodote vint dans Thurium lire aux Grecs assemblés la grande histoire, fruit de son eipérience et de ses voyages, et cette colonie fut appelée aux mêmes honneurs dont jouit Olympie.
C'est à huitmilles seulement de Crotone qu'apparatt encore de nos jours le cap Colonne; nous ne saurions nous éloigner de l'une sans parler de l'autre : car ce cap n'a pas moins d'illustration que la cité.
Formé d'un carré long de près de cent soixante - quatre pieds de large sur cent quinze de profondeur , le temple de Junon Lacinienne , d'ordre dorique comme ceux de Pœstum , fut b&ti sur ce promontoire. Dominant la mer et la terre . il planait pour ainsi dire sur les deux élémens à la fois ; et quoique détruit par le temps, bien
(i) Charandas arait défenda, tons peine de mort, de te préientcr armé aui assemblces du panple. Obligé de sortir de Thuriam poar poniinifro dei bTi|;aiids qui dévutiient ion territoire, il y entra et le présenta à l'aaiemblée, sanj M rappeler qu'il n'avait paa encore dëpoEe ton épëe lorsqu'un dei citoycni lui dit : Tu violes toUnitnie la lot qne tu noni ai donnée i je la confirme, répondit-il en tiruit wn épëe, et it M tua daiu le.niCni« intUnt.
moins que par les hommes, moire est vivante encore dani tes des arts. Les guerriers, se volent à la conijucLc ou à 1^ des empires, Il cQ ménagent jours les monumens ; et celui i le coup le plus fatal à l'un grands sanctuaires de Junon, nibal. Les Grecs, qui faisaiej de son armée, lorsqu'il dut a ner lltalie pour retourner fi Afrique, ne l'y loulurent pa!
et, se retirant dans ce temple , assiégea, les vaînqui ( , et sa ve
s'étendit
jusque sur
l'objet à la foi^ de la vénérât peuples et de l'iidci ration des;
Voici Catnnzarc, bâtie au ( siècle, sous le règne de Nie Fhocas, qui régnait à Bizaace; lace, que Virgile qualiBe de le de Navifragum, en est peu c et tout nous annonce Gêrace,s quelle gtt l'antique Locres , pa ZaleuGus , et l'une des quatre n ques, gloire jadis de la i^rande
Colonie des Locrieos hellène cres ne larda pas, fille heureuse perbe , d'éclipser sa mère par ui non interrompue de longues pn tes; mais elle reçut Denjs le^ tyran de Syracuse, dans ses mui qu'il se sauva de cette ville , et fi par lui de la plus noire ingrat car il la ravagea sans pitié ; l mains et le temps firent le ret Locres subit, comme ses voisic sort souvent attaché à ce qui est sur la terre ; elle périt en laissar lement une faible empreinte i traces; mais ficre d'avoir donné I à Zaleucus. Jusqu'à ce légiatatei peines, loin d'^lru proportionoé délits envers le£ tierement livr ge, et tou'
ABRUZZES, POUiL iner:Ule Gt; cL Tiiémis , .génie, retinl ou appesantit d'équité son gluivo sur les oupables. Zaleucus fît plus, loios judicieux en matière imatiére crimiDellc, il fonda aux arbitraux, gui, garaus
des familles, en devaient DUS les débals sans avoir beoounr à d'autres quà ellesnir assurer le repos et le ssfojers domestiques: enfio, es considérations du procès t civil au grand procès po-
s' efforça de fonder, ainsi itait dans Athènes, t'éi^atité âtojens. Que dire de plus et de plus grand sur ce verréritable philosophe? Dans le lois, il détermina d'une récise les peines et les cbâ- I qui n'avait pas encore été isprudence chez les Grecs.
: Gérace à Rbeggio, trente isent pour que nous atteite cité, une des plus belles is infortunées de la grande isyarrivonSj et bientôt va se lOtre pèlerinage dans le plus plus célèbre pays de la Péïtique. Située à l'extrémité lins [ Finis j4peniiiiii)Rhe^fondèrent probablement les 18, fut renversée de fond en es l'an 600 de la fondation Denis de Syracuse l'assiégea et dans l'ancien comme dans âge, elle n'a pas cessé d'être tant aux fureurs de l'Etna s du Vésuve, entre lesquels icée pour son malheur. Tôttrop fameux corsaire Barbeaccagèrent l'un aprèsl'autre, beauté de son ciel , la fertilité Titoire, elle serait encore la eureuse des villes , le tretn-
LE, CALABRES, etc.
blement de terre de 1 784 ^^ l'ayant pa»' moins ruinée que Messine. '
Prêts à quitter la grande Grèce aux antiques et doctes souvenirs, tout nous impose le devoir de parler de choses plus récentes, en approchant d'une ville qui acquit en i8i4 une sanglante célébrité : cette ville est le ~ Pizzo.
Assise aux bords de la Méditéranée que nous longeons depuis que nous avons laissé le détroit au delà duquel est la Sicile, Pizzo, remplie de pécheurs etdc matelots, compte à ce titre dans le commerce du cabotage qui se fait sur cette mer que Napoléon appelait un lac de France , et révéla dans ses habitans, lors de l'événement que nous allons raconter, ce caractère calabrais éminemment empreint d'ardeur et de violencç.
Monarque fugitif, et plein de l'amer regret d'avoir perdu le trône qu'il tenait de Napoléon et des victoires de l'empire, Murât, imitant en cela son beau-frère lui-même , qui s'était ressaisi du sien, résolut, avec un trëapetit nombre d'hommes pris , tant aux environs de Toulon qu'en Corse , oîi il s'était caché depuis sa fuite de Naples, de descendre de nouveau dans ce royaume , dans le même but que l'empereur était descendu en France , et apparut tout k coup vers la fin d'octobre i8i5 sur la plage du Pizzo. Vive le TOI Joachim ! se mit à crier son escorte, à plusieurs reprises; mais, soit que les hahitans fussent ou non prévenus , loin de trouver aucune sympathie en sa faveur , Murât les vit s'armer , courir sur le rivage , et faire feu sur les deux hitimens, qui seuls composaient sa flottille de débarquement , lesquels prirent aussitôt le large et s'enfuirent. Murât, intrépide quoique troublé par un tel accueil j s'efforce, au
travers des balles , de mettre à flot un bateau de pécheur qu'il voit sur la grève, afin de rejoindre ses compagnons infidèles ou timides ; vains efforts ! il est entouré par une foule furieuse et , malgré Thabit de général français dont il est vêtu, les ordres de plusieurs souverains quil porte sur sa poitrine, et le panache éclatant qui flotte sur son chapeau bordé d'une large broderie , il est tratné dans la forteresse où il parvient , ses vêtemens en lambeaux, et n'ayant plus même les touffus favoris qui encadraient sa martiale figure ! Des pro* clamations imprimées , dans lesquelles il traitait d'usurpateur le monarque restauré de Naples , et se disait le roi légitime de ce royaume , furent , dit-on, trouvées sur lui , et ces documens , joints à sa présence hostile, étaient sans doute suffisans pour le faire juger et condamner. Il le fut en effet , et les ministres de Ferdinand, en apprenant à la fois sa tentative et sa capture , le firent traduire à une commission militaire, dont les juges [avaient presque tous reçu leurs grades de l'accusé qui paraissait devant eux; l'identité fut aisément reconnue , et tandis que Murat , aussi confiant dans sa fortune qu'il avait peu de motifs de l'être , s'attendait à une fin moins malheureuse, il apprit qu'il était condamné à mourir.
Conduit dans la coût du château, et placé entre deux rangs de soldats , la fermeté d'un homme qui, comme lui , s'était trouvé dans une foule de batailles, ne se démentit point; et^ après avoir donné quelques larmes à sa femme et ses enfnns , il subit la mort sans souffrir qu'on lui en dérobât l'appareil ; car ce fut lui qui dit aux soldats, en la leur montrant, de frapper à la place où battait sqn cœur.
Celui qui n'a pas vu le royaume de
Maples depuis que leà réMhÉ
litiques, à ntistar de ftëè ^
ont pour ainsi dire secoué, \
sol , aurait pisitie \ le recOnnat
même au fond de la Pénlnaiflé
développé, agrandi Tsiclivit
habitans et leur industrie. 1
de la Calabre citérieute où m
au sortir du Pizzo , Cosenta
preuve, et, comtne tant d'au
laisse apercevoir de plus en
traces riantes , du travail et
Vilisation. Dotée d'une prëf
de toutes les administration^
rattachent, cette Ville est, Gon
pitale des Abruzzes, pleine d(
ment et de vie, tandis qà'di
désolée par le brigandage , d
souvent l'asile, et la proprii
commerce n'y jouissaient de
ils ont tant besoin, la séciiri
bonne police. La soie , les vii»
sieurs sortes » et elle en comj
cellens , des huiles abondante
qu'elles sont bonnes lorsqu'd
convenablement clarifiées , et
le fruit médicinal du frêne à h
telles sont les richesses du I
d'une cité qui joint à ceS a
celui de rappeler au voyagi
d'un grand et poétique souveo
citerons le plus imposant dé i
Vainqueur et destructeur de
et de Rome, Âlaric, jaloux de
durer à la Sicile le même son
dépouiller comme il avait
lé le Parthénon et le Panthé
gea l'innombrable armée d<
avec laquelle il avait assiégé
ville étemelle sur uile tie
comme on sait^ des
de la nature, et tra^
il atteignit sai
timide, ne so)
sage , loin di
tile , qu?
ABRUZZES, FOUILLE, CALABRES, itg.
até da ciel qui prenait en orre, le barbare fut frappé de I qu'Attila , il succomba sous ! d'une apoplexie, fruit des ses violences et de son peu de on dans les plaisirs. Quon ft stupeur de son armée k l'as- »>rp8 inanimé de son chef, qoi I élait plein de force ot de vie 1 réta morne et désolée, ets'apui faire desobsèques dignesde
9 qui , dans la saison des letiennentdes fleuves, coulent le la capitale de la Calabre et ; leurs flots errans et rapides ; itoal facilement les restes du héros, et l'armée résout aussiea y cnserelir. Des myriades M en détoumàrent le cours j I le lit du fleuve fut mis k sec , ipoairtnt respectueusement le Têtu du roi , mtlé aux plus épouilles ; mais à peine placé , c sont rendues à leur cours , lérobent à jamais aux regards mes des restes aussi chers qu'ils jettes : telles furent les funé- L'ÂIaric.
mus que nous sommes au fond alabre, il nous reste à parler oalbeurs, après avoir entretenu teurs de sa terre féconde et de u ciel , et la narration de ce que nblemens de terre lui ont fait épouvante et de calamités, est te que nous devons acquitter, l'elle soit aussi difficile àremle douloureuse ! Nous n'avons 1, pour cela, devoir exhumer lité, et remontant seulement au jui a précédé celui dans lequel immes, le récit que le célèbre ircher, auteur du Monde souet de plusieurs autres ouvrages, tremblement de i663, et celui
que M. de GoturÙllon , antenr d ■ii cent voyage en Sicile , fait l'é • vantahle désastre qui renversa en i ; [^ non -seulement les Calabres , mais iti Sicile, sUfiBsent pour faire voir combien les peuples , placés dans de beaux climats , et dotés de tous les dons da la nature et du génie , payent cher ces bienfaits, précieux sans doute, mail souvent aussi dangereux qu'ils sont rares!
Récit de KirûKer.
■ Le 37 mars 1 638, au point du jonri nous quittâmes U câte de la Sicile : la mer était extraordinairement a^tée et roulait eu tourbillons horribles , surtout près des rochers de Scylla , fameux par Unt de naufrages. Nous fûmessaisis d'effroi} et les plus hardis lie dos luatelols ne l'étaleat pas moios (|ue nous. Lorsque nous fûmes ai-rivés entre Lipari et le cap yalicano , j'observai avec beaucoup d'atteotiou l'aspect de l'Etna et du Slromboli. Ils vomissaient d'énormes masses de fumée , qui , bientôt l'étendant sur l'horiion du o&té du midi, dérobèrent à dos yeui non-ieulament , les lies de Lipari , mais toute la Sicile. L'horreur de cet aspect était encore augmentée par des craquemens souterrains , accompagnés d'une forte odeur de soufre. Ce bruit effrayant semblait pronostiquer la catastrophe qui se préparait pour Naples et la Sicile. Saisis d'épouvante , nous gouvernâmes droit au cap Valicano , et passâmes près de Slromboli sans pouvoir la dbtinguer, parce qu'elle éuit enveloppée de nuages impénétrables; mais nos oreilles furent f^appéss par de fortes eiplosions, et notre respiration fut coupée par l'odeur du soufre.
Quoique l'air fût pai-faitement teccm e tranquille, la mer était violemment agitée et bouillonnait : elle paraissait entièrement diiTérente de son état naturel. Si l'on veut se faire une juste idée de ce bouillonnement de la mer, il faut se représenter l'eSet d'une forte ondée de pluie sur un étang , et les bulles qu'elle y forme. A mesure que non approchions du (VP) on sympt^nes efr frayans augmentaient et me causaient un
I nliei'. J'eus une sorte de
,t 1 malheur ijui allait arri-
is Cl ppréhension je &s entendre
avec torce a. uiea compagnons que nous étions incc&sanmient menaciis d'une violente secousse de tremblement de terre , et qu'il me semblait prudent de ne pas s'approcher du cap pour n'i5tre pas ensevelis sous les dcbris des rochers que je prévoyais devoir se détacher du continent , et Être précipités dans la mer. L'événement justifia moD pressentiment : cai' environ deuT heures api-ès, ainsi que nous l'apprîmes depuis, un énorme fragment de ce promontoire se sépara de la Iprre et s'écroula dans les flots avec toutes les maisons qui étaient bâties dessus. Nous poursuit Smes toujoure notre route, et nous an'ivâmes en bonne santé à Tropca, n'imaginant pas que les dangers auxquels nous venions d'échapper sur la mer n'étaient rien en comparaison de ceui qui nous attendaient à terre. Nous fûmes ti-om|iés par l'aspect calme de l'atmosphère. J'avais à peine passé la porte du collège, lorsqu'un bruit souterrain épouvantable , qui ressemblait à celui de plusieurs voitures roulant très-vite , fut suivi d'une secousse si terrible, que le collège , la ville , et le rocher même sur lequel elle est bâtie , se balançaient fortement. La terre se souleva tcllemeut, que, ne pouvant me soutenir debout, je tombai. Aussitôt que je pus me relever , je courus gagner mon bateau et je mis au Inrge. Le lendemain nous fûmes à la Rochetta, quoique la mer fût très -grosse; mais lorsque nous descendîmes , \eâ secousses recommencèrent avec une nouvelle furie, et nous obligèrent de remettre en mer. Nous continuâmes toujours notre voyage pour chercher quelque lieu de sûreté. A peine avions-nous quitté ce villaijc , qu'il fut bouleverse tic fond en comble, et tous les hahitans ensevelis sous les ruines. Nous descendîmes encore au delà de Piz%o ! mais alors notre situation fut pire que jamais. D'un eôlé la mer roulait aussi grosse que des montagnes, de l'autre on ne voyait et on n'entendait que la destruction des villes et villages. Je jetai alors un coup d'œil inquiet vers Slromboli , et
jcvis que k volcan brùlaitavec nue vto eiti'aordinaire , une nappe continuel feu le couvrait tout entier : on ne p« rien voir de plus horrible. Ensuite un sourd , semblable à celui du tonnem l'éloigncraent , se pi'opageait par le trailles de la teiTC , en se renforçant nuellemcnt jusque sous nos pieds, ses ébranlemens étaient tciTiblcs au à toute imagination ; de sorte que cfaac nous, ne pouvant plus su soutenir, s'; chait aui branches des aj'bres.
11 Loi'squ'eniln cette affi-euse conv cessa , et que nous pûmes nous r^le la tombe poui' regarder encore uue lumière des cieux , nous jetâmes les vei-s la ville de Sainte-Euphèmie où
à sa place qu'un sombre nuage; et sure qu'il se dissipait , nous distinguâa lieu de maisons et d'églises , un lac I Quoique presque hors de nous par 1 nement que cela nous causait, nous châmes avec empressement quelqu'u pût nous donner des détails sur ce te événement, et, après bien des rechec nous ne tiMUvflmes qu'un jeune \i> assis sur le rivage et accablé de în Nous le questionnâmes sur le sort de Si £uphémie ; mais nous ne pûmes eu aucune réponse ; car la crainte , la do et le désespoir lui avaient ôté la pan glacé rSmc. Ni caresses , ni proniesse furent capables de lui arracher un Anéanti par la douleur, il rejeta ave goût les vivres que nous lui présenta et il n'eut que le courage de nous mo du doigt la place où avait été située Si Siipltéinie. Inaccessible à la consola les yeux baissés, et avec l'air d'un lu pétrifié par la douleur, il nous quit s'onfonra dans le bois voisin. Nous i nuàmes notre route par plusieui-s en qui n'oliraiont qu'un vaste spectacle ( solation , et ne trouvâmes , pendant i pace de deux cents milles, que des ruinées, et des habitans errans au i de la campagne, ou privés de sent par la crainte et l'effroi. •
ABRUZZËS, PODILLE, CALABRES, btg.
;i7 de M. de Gourbillon. ,
ëvrier 1783 (1) , au sud-ouett du SaÎDt-Lucide , étiient situai le lac agne de Saint-Jean j le 5 > le lac a^e disparorent i une plaJtieinaprit leur place ; et le pi-cmier fiit « à l'ouest, entie la ri\iire Gale site qu'il avait précédemment D second lac fut formé le même e la rivière d'Acqua-Bianca et le iear de la rivière Acqua-di-Pesce.
Serntin qui aboutit à la nvière qui longe celle de Torbido , fut ronpl) de marais et de petits
le ^lise de la TriDÎté , à Mileto, iIds anciennes villes des deux CaigoaSra tout à coup , le 5 février, ! à ne pins laisser apercevoir que de la flèche du clocher. Un fait «Dcore , c'est que tout ce vaste ifimça dans la terre sans qo'an- I parties parussent avoir souffert : déplacement.
fonds abîmes s'ouvrirent sur toute de la route tracée sur le mont 'ke) î route qui conduit au vilcr&ne.
E Agace, supérieur d'un couvent , dans ce dernier village, était oute au moment d'une des fortes La teri-e vacillante s'ouvrit bien- : ; les crevasses s'cntr'ouvraieot at ient progressivement , avec un e rapidité remarquables. L'infore, cédant à une terreur fort na- ( doute , se livre machinalement bientât l'avide terre le retient
itails sar le tremblement de leire alabres sont tirés en partie da Tapfiit an gourer De m G Ht par la com- Àtnée i cet effet, et des renseigneootétë donnés par les acteurs mêmes ocoUiies de cette grande tragédie.
{Noie de M. dt GourHUoN, ) ncerne Heisine et ses désastres sera I la description de la Sicile , qoi va du royaume de flaplet.
[ If oit dt r Éditeur.)
par on pied , qu'elle engloutit et qu'elle enièrme. La douleur qu'il éprouve, l'éitonvante qui te saisit, le tableau a&eux qui fentoure , l'ont k pebe privé de l'usage da, •es sens , qu'une secousse violente le rap-' pelle k lui-même; l'aMme qui le retient s'ouvre , et la cause de son infortune devient celle de sa délivrance.
m Trois babitans de Soriane, Vincent Greco, Paul Felia, et Michel Roviti, parcourent les environs de cette ville, pour viùter le site oh onze autres personnes ont été misérablement englouties la veille : ce lieu était situé au bord de la rivière Charybde. Surpris eux>mëmes par le tremblement de terre , les deux premiers parviennent à s'échapper j Roviti seul est moins heureux que les autres ; il tombe la face contre terre, et la terre s'affaisse sous lui ; Uatôt elle l'attire dans son sein , et tantôt le vomit BU dehors. A demi submergé dans les eaux fangeuses d'un tenain devenu tout à coup aquatique, 'le malheureui est Ion g- temps ballotté par les flots ten-aqués, qui enfin le jettent à une piande distance, horriblement meurtri , mais encore existant. Le fusil qu'il portait fut retrouvé, huit jours ensuite, au bord du nouveau lit que la Ca^rybde s'était formé.
■ Dansunem^sondela même ville, qui, comme toutes les autres, avait été détruite de fond en comble , un bouge , contenant deux poiTS , résista seul à la ruine commnne. Trente-deux jours après le tremblement de terre , leur retraite fut découverte au milieu des décombres; et, au grand étonnement des ouvriers , les deux animaux apparurent sur le seuil protecteur. Pendant ces trentedeux jours, ils n'avaient pris aucun aliment quelconque; et l'air, indispensable même à leur existence, n'avait pu passer jusqu'à eux , qu'au travers de quelques fissures imperceptibles. Ces animaux étaient vacillans sur leurs jambes , et d'une maigreur remarquable. Ils refusèrent d'abord toute espèce de nouiTiture , et se jetèrent si avidement sur l'eau qui leur fut présentée , qu'on eût dit qu'ils craignaient d'eu êti-e encore privés. Quarante jours après, ils étaient aussi gras que de coutume : on les tua tous deux. Il
s cPelte on enfant de trois ans ; tait alors le sien, etnps après, c'est-à-dire quand atioD et la ruine gént'i'aii.' permilaillcr pai'mi les d<k;ombres , les e ces deux femmes fuveuttrouvés leule et même attitude , la seule ir mitemel eût pu les porter à Qtes deux étaient à genoux, courenrs enfans , tendrement serrés i bras ; et le sein qui les prottrasa tous deux , sans les sépaicr
atre cadavres ne furent déterres un Buivant , trente-quatre jours nentent funeste; ceux des deux ent couverts de taches livides ; EUX en&ns étaient de véritables
m de ces deux femmes eût mérîir de dessous les ruines de Polisnage d'où je tire cette anecdote lucane espèce de mention; et, oins que j'aie pris moi-même , je rvenir à réparer cette omitaion e, d'un (kit non- seulement ho- I pays, mais à l'humanité même, lenreuse que ces deux mères , une une fut retirée , au bout de sept dessous les ruines de sa maison.
va évanouie et presque mourante, jour la fi-appa péniblement ; elle >ord toute espèce de nourriture , pirait qu'après l'eau. Interi'ogée 'elle avait éprouvé, elle dit que ilusieurs jours la soif avait été nent le plus cruel; ensuite elle bée dans un état de stupeur et ilité totale ; état qui ne lui permit rappeler ce qu'elle avait éprouvé, senti.
lëlivrance plus extraordinaire encelle d'un chat retrouvé , après jours , sous les ruines de la maison Hicbelange Pillogallo. Le pau\Te trouva étendu sur le sol , dans un attement et de calme ; ainsi que «9, dont j'ai parlé plus haut, il le maigreur extrême , vacillant sur , timide, cruntif, et entièrement
privé de sa vivacité habituelle. On i__^rqua en lui le même d^At d'aliment,^ la même propension vers toute espèce de breuvage, il reprit peu à peu ses forces; et, dès qu'il ent pu reconnaître la voix de son mattre , il miaula faiblement à ses pieds , comme pour exprimer le plaisir qu'il avait de le re^'oir. Cet animal lui devint cher ; ses caresses et son attachement lui firent oublier UD moment la perte de sa fortune. Quant à la ville de PoUstène , elle est reconstruite en partie.
■ Lapetite vil]edeCinq-Fronts{Ci>i9ufi- Fronti) , ainsi nommée des cinq tours qui s'élevaient en dehoi-s de ses murs , fut également détruite en entier : églises , maisons, places, rues , hommes , animaux , tout périt, tout disparut , tout fut subitement plongé à plusieurs pieds sous terre.
■ Le même sort frappa le village* voisin de Griffoui , et une multitude d'autres. Cependant cet horrible tableau n'est que le précurseur de tableaux plus aflreux encore.
■ L'ancienne Tauranium , aujourd'hui Terra-Nova , réunit sur elle seule tous les désastres communs.
■ Le 5 février, à midi , le ciel se couvrit tout à coup de nuages épais et obscurs , qui planaient lentement sur la ville , et qu'un fort vcntde nord-ouest eut bientôt dissipés ; les oiseaux parurent voler çà et là , comme é(;arés dans leur route ; les animaux domestiques furent saisis d'une agitation remarquable; les uns prenaient la fuite, les autres demeuraient immobiles à leur place , et commefrappés d'une seci-étc teri-eur; le cheval hennissait , et , tremblant sur ses jambes , les écartait l'une de l'autre, pour s'empêcher de tomber ; le chien et le chat , recourbés sur eux-mêmes, se blottissaient aux pieds de leur maître. Tant de tristes pi-ésai^es , tant de si^^ncs extraoï'dinaires auraient dû éveiller le soupçon et la crainte dans l'âme des malheureux habitans, et les porter à prendre la fuite ! une destinée fatale en ordonna autrement ; chacun resta chez soi , sans éviter ni prévoir le danger. Eu un clin d'oeil , la terre , encoi-e tranquille , vacilla foi-tement sur ses bases ; un sourd et long murmure parut sortir de ses