NAP
1 renvwsant lean temples : sur sombref ib construisirent des it des colonnes furent groupées le dans ces premiers monumens air la piété ignorante. On y plaça 1 arrachait au culte des faux }t c'est ainsi que s'explique le
I bisarre de sacré et de profane remarque dans beaucoup d'é-*
II Italie.
lydâns ce Toyage, occasion d'en de nombreux exemples ; ici s'en nt de nouveaux : le temple de ! est devenu Téglise des Apdm de Castor et Pollux a été
à saint Pierre et à saint Paul ; mibeau de Parthenopc s'élève de Saint^ean, et le temple tn est changé en une cathéotbique sous l'invocation de invier, « san Gennait) > . L'éodeme , dû à la maison d'Ane de ia8o. Le Posani en fit les
et la dévotion du peuple supt frais. Ébranlé par le tremde terre de 1 485, Alphonse P'.
(Staurer, et le cardinal Henri o, qui fit construire la porte de, loma de deux colonnes de e provenant des temples du : de Ifeptune.
se renferme cent dix colonnes it ou de marbre d'Afrique, et i de peintures des premiers de Naples. Dans la nef est un lique de basalte, à pied de e, représentant une baccha-
hapelle souterraine , appelée 7, dans laquelle on descend double escalier, est revêtue )re blanc et soutenue par les \ ioniques en marbre du tempollon ; c'est là que sont dépoestes du saint martyr.
I plusieurs tombeaux de princes
LES. 94s
et de papes, on voit celui. d'André de Hongrie, mari de Jeanne P*.
La partie la plus belle de T^Aise est le trésor , ou chapelle de saint Janvier, élevée par suite du vœu de la ville, après la peste de i526. Cette chapelle est ronde, et sa voûte est supportée par quarantenleux colonnes de broca telle ou marbre de Sicile ; le pavé est en marbre ; elle est décorée de niches contenant des statues. Sa richesse est prodigieuse , car, ainsi que les Ro** mains apportaient leur luxe dans leurs édifices, les Italiens s'appauvrissent pour leurs églises et leurs saints (i). Au moins celui-ci n'est pas ingrat, et deux (bis par an il manifeste sa reconnaissance par la liquéfaction de son
sans".
Sur un des côtés de la chapelle , derrière Tautel , dans une niche fermée par une porte d'argent surchargée de diamans et de pierres précieuses , et garnie d'un quadruple cristal , est un reliquaire dans lequel sont renfermées deux ampoules ou fioles de verre qui contiennent du sang de saint Janvier en état de congélation. L'archevêque et les députés de la ville seuls en ont les clefs.
Le jour où le miracle doit avoirlieu, le reliquaire est tiré de la niche et exposé à la vue des fidèles. De l'autre coté est un buste en vermeil de grandeur naturelle , dont la tête renferme celle du saint évêque. Ce buste est paré des omemens les plus riches et de la mitre épiscopale, éclatans de
(i) Oatre le baste de saint Janvier en argent, le trésor renferme trente- six autres bustes en argent, de grandeur naturelle. Le tabernacle et une quantité de vases et de chandeliers sont aussi en argent, et la valeur de ces objets, qui ont traversé toutes les révolutions, est immense. Cest dans les processions que Ton met en montre tout ce qui fait partie du trésor.
{Noie dû tÉditgmr,)
OTI
. La foule encombre ;!ise ; le prêtre prend
n'ont
parti nédi
fl r
au s le co ventre ,
le reliquaire, l'appuie
Uib récitant des prières ing, sans changer de
evenir liquide. Si le si le sang enfermé dans léfie sans trop se faire Dsports delà multitude frein ; de tous càtés )DS de grâces et les béa que le miracle larde, amenée à se manifester, >E, hicntât il éclate. Les encentj et, s'adri e Toix , elles le pre. ; les unes se jettent ^ . luûdent en larmes, da i font rexaroeo de leur eonscience, cusent à baute vois, et attribi leurs pécbés lin efficacité des p des autres. Yient le moment où patience dégénère en fureur , c'et Téritable rage : plus de de Tceux ; perdant h la .^^.o .^^^ *. pect, cette foule prodigue les plus grandes injures au saint qu'une heure auparavant elle implorait et aux pieds duquel bientôt on la verra repentante.
Le mot faccia gialluta , visai;e jaunâtre , injure la plus i,'rande que le Napolitain puisse dire à son ennemi, se fait entendre , et il serait diQîcilc de prévoir où s'arrêtera cette fureur.
Dans ce moment, matbeur à celui qui , soupçonné iriiOrésie, ou qui, pur un maintien peu décent, se ferait remarquer , on lui attribuerait la colère du saint. C'est, au rapport de Saint- Non, ce que craignit un consul anglais. Le miracle se faisant attendre , déjà les yeux de la populace commenraîcnt à se porter sur lui ; sagement il se déroba au danger, et le miracle eut lieu.
L'église de San Gcnnaro fleiPoveri (aulre que la calbédrale dont nous
avons parlé pageS^] forme laprincipak entrée des catacombes ( PL 91), espèce de vdle à trois étages, creuséesoulerrainement dans la montagne , et iont les rues et les places sont bordèei de tombeaux ; on n'en approche qu'avec une sorte de frayeur , et l'on frissonne eu plongeant dans sa profonde obscurité, que l'œil ne perce que faibloBeDl, à l'aide des torches dont on ae onmil pour la parcourir et ne pas aegarîr. Lcguideala précautioade vousaietlir de ne point laisser éteindre votrr Jlanbeau, et cette vois, qui «tfflil se is ces voûtes lugubres, ÂÎigiBCi'" eiioore l'effroi dootvous êtes saisi.
Rien ne peut donner une idée de ce lugubre séjour. Sur les côtés de se ES sont pratiquées une quantité prouigieuse de cavités de diverses grandeurs et percées horizon t al ement ; qntln efoisilyenacinqou six les onesaussus des autres, et, souvent,- pluurs sont larges comme des clia(al>ï^' lya TU des inscriptions grecqaps ou latines, mais tendant chaque jour .1 s'ellàcer, soit par le temps, soit pjr l'humidité. La plupart de cesq^ul« étaient fermées par de grosses pierres dont ou s'est servi pour paver l'église de San Gennaro dei Poveri.
Ces corridors de dix-buit pieds Je haut sont d'une largeur inégale i on n;i pu ni les compter, ni en mesurer la longueur ; ils s'étendent , dit-on, jusqu'à Pouzzoles d'une part , et jusqu'iiu mont Lautrec de l'antre ; mais la difficulté de s'assurer de la véracité de ces assertions est cause qu'il faut . s'en tenir aux conjectures , d'autant-^ue réhoulement des terres permet toul plus de faire quel(|ues pas dans la
galerie inférieure; celles supérieures sont un peu praticables , cependant il serait dangereux de s'y aventurer.
Diverses opinions ont été émises sur
fait FMppii di jVr-ri ■
NA:fLES.
jt de ces soateirâins; celle c^pii Iç^fV^'teiOJlDÏqu'îlii auraient été
'^'V'É^'i^Ji^'^^^^^^^^^^^^^ pour KpéiF-Vâii.lelvv l>ourreaux, est la
flfv^nilJftlBmUlAle; comment pen-
tjpé^^.pèa-nonibreux dans Leur ori-
^;ijM8:paiitres pour la plupart , QfaM|0DEt;.pn entreprendre des traaiWi.oonsjUL^bles, et les conti- ; séerèlèinent sans que Tautorité it odôtrariés? Un écrivain distin- ^Alflios Pellicîa, leur assigne un ItrWnununication secrète d'une tJSwtiiie* Quelle que soit la version îitt:;'il est. probable que dans les i . ;ilc- persécutions les chrétiens {tirèrent et même y enterrèrent OMMcts.) car les cavités horizonta- Vit; j!ai parlé ont évidemment été tiSwà cet usage , tant les mesures BJt.yariées. On en aperçoit pour iÉ^.-dîfierens âges. Il est donc na- AtTi penser que , bien avant TétaiB4Bnt de la religion chrétienne, oin de. matériaux nécessaires à la mètiOn des villes a été l'origine 8' immenses excavations, semis à celles qui , pratiquées suc- 'ement autour et au-dessous de , 0e trouvent aujourd'hui souteiir. leurs voûtes surchargées une yjBL des édifices innombrables qui ni: sortis.
leodeur cadavéreuse infecte lair.
eibalaisons méphytiques, et la ^<le8 flambeaux résineux dont on ^pié, rendent la respiration diffi- :Qn se sent pressé de revoir le t'Ct dé se retrouver avec les hom- .car ceux qui vous accompagnent, I la rougeâtre clarté des torches , mblent plutôt à des ombres ers.
iples possédait autrefois cent huit ens d'hommes , trente -neuf de ies,etcent soixante-sept églises.
sans compter une infinité de]chapelles.
Là révolution; en supprimiant les couvohs à l'exception des ordres mendians , a laécessairement restreint ce nooiibre; qu'on ae figure cependant la foule d'ecclésiastiques nécessaires pour desservir tant d'églises.
Quoiqu'en général fort belles au-dedans, aucune n'ofire un beau portail.
Le plus riche et le plus régulier de tous est celui de 5. Filippo NerL
Fondée en i586 sur les dessins de Denis Barthélemi, cette église a un portail en marbre blanc, avec des ornemens saillans de marbre de couleur.
Elle est divisée en trois nefs (PL 94)- Celle du milieu est soutenue par douze colonnes de granit d'un seul morceau, avec leurs chapiteaux de marbre de Carrare. Ce temple est orné de beaucoup de dorures, et renferme sept chapelles en marbre , dont l'une a dix colonnes et dix grandes statues. ÇeUe de saint Philippe, qui ressemble à une petite église, est également ornée de dix colonnes en marbre jaune ^ et de tableaux. Les voûtes de l'église sont revêtues de stuc, avec des fresques; un très-grand tableau , peint par Luca Giordano, représente Jésus chassant les vendeurs du temple : c'est le chefd'œuvre de ce peintre napolitain.
MUsAE de IfAPLES*
(Ârtide commnniqaé par M' D.-D. Farjasse. )
Les découvertes de Pompeï , d'Herculanum et de Stabia influèrent certainement plus jsur les progrès de l'archéologie que les immenses* travaux des Montfaucon , des Caylus , et tous les mémoires de l'académie des inscriptions et belles-lettres. TanI il est vrai qu'une observation matérielle est
NAPLES
rsTèt mdtaox, et consenrés ax pour U jouissance et Tuti- {énénitions qui devaient aminé déoouTerts , formèrent ties M immenses. Le palais de Pork de Naples , de Gaserte et de lonte en furent bien ta t rem- Domlirés sans ordre ni discer- L'artiste et le savant n'en re« qa'k -grand'peine de faibles », lorsque Ferdinand P'. penmir ces richesses éparses et musée de Naples, qui devint l'aidnées plus riche lui seul, eiire,que toutes les collections le réunies.
87 , le duo d'Ossime , vice-roi s, avait fait jeter les fondemens late école de cavalerie ; Don Castro, comte de Lemos , qui da, fit terminer cet édifice sur BS du chevalier César Foule destina à l'université^ qui Uilée en 161 6, sous Don Pedro, il son successeur. Elle y resta I ^go : alors le Palazzo de régi 'est le nom qu'oo donnait à ce nt, ceçut les antiquités dissélans les résidences royales, et la bibliothèque et les tableauic !S modernes qui composent le iorbonico, Utimyersité, transit collège de santo Salvadore , lacée par l'académie des sciens beaux-arts , fondée en 1 780.
mument, dont l'architecture assez pure répond à sa desti- ;tuelle, forme un carré long un parallélogramme de 56o ir a8o. Un soubassement bien corrige l'inégalité du terrain, irtes et quatorze fenêtres s'oii- ' la façade principale, dont le t occupé par un pavillon com* deux ordres et d'un fronveslibule mal éclairé conduit
h l'escalier et if'èpare l'édifice en .deux parties égales.'* Quatre statues colos-i sales le décorent ; ce son! cdlaa dtt l'Hercule Famèse, de la Flore grecque, du Génie de Rome , et d'Alexandre Sévère. A gauche, en entrant, sont de belles salles de dessin; à droite, la galerie des peintures antiques. Le musée égyptien et la collection des bronzes ont aussi leur entrée sous le vestibule, principalement éclairé par de grandes cours placées sur les cAtés. On a rangé avec beaucoup de goût, dans ces vastes emplacemens découverts, un nombre infini de statues, de colonnes, de sarcophages et de fragmens d'architecture trouvés dans les environs de Naples.
Des portiques fermés régnent tout autour; ils sont destinés en grande partie au musée des marbres antiques et modernes. L'escalier, placé en face de la porte d'entrée, est. orné d'une statue colossale du roi Ferdinand P'., vêtu en Minerve. Cet ouvrage, où Ganova a vaincu de bien grandes difficultés , est un de ses plus beaux titres de gloire. Deux autres statues, pareillement en marbre de Luni, et un lion, achèvent de décorer l'escalier.
Dans l'impossibilité où nous sommes de donner dans un ouvrage de ce genre le détail de toutes les richesses du mu* sée Bourbon , dont le simple catalogue que l'on attend encore exigerait des volumes et plusieurs années de travail, nous nous contenterons d'indiquer succinctement les objets les plus rares et les plus remarquables, en commençant par les peintures antiques. Plus de dix-sept cents morceaux composent cette collection unique au monde. On sait que ces dépouilles , enlevées aux murailles des maisons de Pompeï, d'Hcrculanum et de Stabia, ne sont, pour la plupart , que l'œuvre de décorateurs et d'omcmentisles , et, par
L'ITA
Ibérite aussi difTércDl es sujets reprcseiiLes.
H uses de ces peintures
Ij^^^ ables , DOD pâs comme
Siy B Ton suspend au pre-
a u, suivant lecaprice du
piop - , mais je veux dire exécu-
tées a pari, ou peut-être sur d'autres murailles, d'où on les avait enlevées par des moyens analogues à ceux employés aujourd'hui par les Napolitains , pour dclacber les fresques antiques. On tes encastrait dans ta crépissure du mur qu'ils devaient orner, et souvent ils y restaient jusqu'à la destruction de l'édifice; d'autres étaient tout-à-i'ait inhérensàla muraille. Les procédésusi tés parles artistes étaient à peu pr6s les m^mcs pour l'un et l'autre genre. Les peintures étaient exécutées à fresque , ou du moins sur un enduit de chaux , et non a l'encaustique, comme on l'a faussement prétendu. C'est ce dernier moyen qu'emploient à Naples les faussaires d'antiquités pompeïannes pour composerleurs pastiches qu'ils rendent au poids de l'or. La truelle du stucateur servait seule a unir les surfaces et il 'es préparer à recevoir le travail du peintre, qui, pour fixer ses couleurs, n'employait ni résine, ni colle, ni détrempe, comme le prouve l'analyse chimique à laquelle on a soumis dilFérens fragmens. L'artiste évitait avec un soin scrupuleux l'usage des substances colorantes que l'humidité ou le soleil aurait décomposées. J'ai vu plusieurs ouvrages que M. Franck aîné, élève distingué de David, et directeur de l'académie de peinture de Naples , avait peints à l'huile avec des couleurs trouvées à Pompeï, l'œil le plus exercé n'aurait pu apercevoir la moindre difFcrence avec les nôtres. Les At;ciens en avaient d'ailleurs plusieurs dont nous chargeons notre palette ; par
exemple, l'ocre, le noir anima], Toatre-mcr et le vermillon. Du reste, l'éclat tant vanté de ces couleuit résulte plutât de leur heureuse disposiûoD et du sentiment d'harmonie dont Its artistes étaient animés , que de la matière en soi-même. Je n'ai remarqué, dans aucune peinture antique, l'emploi des glacis et des vernis dont nt»
peintres modernes font un si grand ahus. Les moyens des Anciens sont de la plus grande simplicité , et commei l'époque de la naissance d'un art : bien que , suivant Winkelmann et d'autre) iconologues dislini^ués , la peinture fùl à son déclin lors de la destruction da villes au pied du Vésuve. Les objeli sont représentés par une teinte empitée avec une lésrère demi-teinte ; quelques traits obscurs et quelques touches lumineusesachèvent de les éclairei et de leur donner le relief nécessaire. Ainsi le clair obscur n'est pas rends comme chez nous par des teintes fondues , mais par des hachures à la mir nière des dessins de Michel-Ange, ou des tailles de la gravure au burin. Les principaux mérites de ces ouvrages consistent dans la naïveté sans apprêts des compositions, et dans une expression d'une vérité et d'une verve cotoparables seulement aux œuvres de nos grands maîtres , et qui donne à tout ce qu'elles représentent un sentiment de vie, de grâce, de terreur ou de gaieté. Ce qui frappe surtout, c'est l'étonnante rapidité d'exécution ) en observant I) vivacité des traits et le sentiment em* preint dans ces compositions, il semble voir autant d'inspirations rendues sani ellorts et sans étude , tant la main obéit avec facilité à la pensée de l'artiste, et cela même dans les copies; car plusieurs morceaux sont certainement dei répétitions d'ouvrages plus précieiu qui ne nous sont pas parvenus.
joit que cette promptitude B n'est guères coraituliblc [u'oD nomme le fini; aussi lus grand reproche adressé à ras par certains connaisseurs.
Dous , qui n'ambitionnons
M titre, et ne jugeons que lOit, obéistantànosimpreaif avouerons avoir été plus nt ému à la vue de ces pré- M de l'art antique, qu'en
tableaux si étudiés, si propolîs de Carlo Dolce ou de w I de même que nous somfrappé des premiers élans luence naturelle, fût -elle que des périodes bien cabien arrondies d'un rhéteur
s de ce* peintures ont inf tistes modernes. Je citerai i d'Achille, le sujet connu ts sous le noib de la Charité Marchande d'Amours, char> iposition remplie de grâce, lars et l'Amour. On remaries célèbres danseuses de ersée et Andromède, Ariane S; des caricatures représenapereurs romains avec des maux qui font allusion au s dominait , rappellent les taisantes denotre Granville, lOmbre inSni de scènes du ^en , morceaux d'un grand qu'ils ont fixé les opinions lur plusieurs points indécis, de la vie privée , qui nous mieux que tous les comles usages des Romains à ; l'âge d'or et de la monarlunes acrobates , des enfans i osselets , im perroquet 1 char guidé par une cigale, vous TU pendant long-temps aur la toile du Vaudeville.
LES. ajir'
( On croit que celte jolie composition est une caricature de Néron et de Sénèque]i des marchands d'éLoJIes, de viandes cuites , de pain , Je poissons et de coquillages, tout-à-fait semblablcsàceux quel'onvoit Ions les jours à Sainte-Lucie de Naples ; ime école publique, des vignerons travaillant au pressoir, un combat naval qui ne laisse plus de doute sur la construction des galères antiques ; une ferme et tous «es accessoires [on y remarque une matrone qui vient visiter ses enfans en nourrice ) ; des voitures , plusieurs instrumeos à écrire, tels que plumes, encriers, tablettes, papyrus, etc. On distingue surtout une peinture grecque aignée du nom d'Alexandre d'Athènes , représentant cinq femmes , dont les noms sont écrits au bas de chaque Bgure.
Le musée d'aQtiquités égyptiennes, étrusques et oiquea , ne laisse rien à désirer sous le rapport de l'ordre. On y remarque deux riches inscriptions hiéroglyphiques oQertes au roi de Naines par le baron Carie de Rothschild, un uLonument sépulcral en granit bleuâtre, orné de vingt-deux figures et d'hiéroglyphes , une colonne de marbre d'Egypte surmontée d'un ibis, plusieurs figures d'Harpocrate et de Sérapis , un grand nombre d'oiseaux sacrés, d'inscriptions, de vases balsamiques, d'amulettes, un précieux fragment de papyrus égyptien, des instrumens de musique , des ibis embaumés ou sculptés , des momies , une bdie réunion de statues, de vases , d'armes et d'inscriptions étrusques et osques , auxquelles il faut ajouter un nombre presque égal de bas-reliefs et de frag-
La collection des marbres compte plus de cinq cents Etatises, gaines et bustes, dont plusieurs ont earicfai le
ris jusqu'en i8i5. Oa irculc Fnrniisc, In Vénus ;ux conservée, miiis peul- £tre moios uclle qxie celle de Syracuse, que je croirais [ilutôt i.Hre la statue dont parie Alliénéc. L'Aristide, chefd'œuvre de la sculpture romaine , le célèbre groupe du taureau Farnèse, taiUé dans un l>lnc de seize pieds sur qiutorze. La famille Balbus, une statue d Agnppine, assise au mouieiiloù cetteimpératrice vient d'apprendre que son fils traînait contre ses jours. L'expression décLirante empreinte sur ses traits, la pose pleine de noblesse, et rajustement de la draperie , placent ce morceau au premier rang. Vénus Victrice et l'Amour, l'Anlinous grec, un , grand nombre de statues d'empereurs romains, entre autres celle de Caligula, trouvée dans une auberge, près du GsriglLino (la corde du bac qui servait & passer ce fleuve était fixée au col de la statue, comme si les i;énérations nouvelles eussent été chargées de venger les crimes de ce monstre sur son effigie ), la Psyché, sculpture grecque du premier ordre, un buste de Socrate, dont la partie supérieure est d'une belle conservation, et enfin une précieuse suite d'animaux.
La •;alcrie des sculptures en bronze renferme de cent ;i cent vingt pièces.
Lc^prix que les barbares attachaient aux métaux a rendu fort rares les objets fusibles. Les]irinci[iaux de celte collection sont le fiiuiie ivre, cliefd'tcuvrc de l'art grec, deux daims, et un rlicval de grandiMir naliirellc, un Mercure en renos, jolie statue, dont la pose est d'une vérité l'raj>j>aiïte , et l'exécution si pa:f;iite, <|u'on la raj)porteavccraisonàln j)l us belle époque de la sculpture grecque. C'est sans contredit le bronze le ])!us jiarf;!it de l'anliquilé. Deux discoboles de sculp-
ture romaine, plusieurs stntna r trices et de danseurs trouvécsaot Ire d'Uerculanitm, une |irétenAu pho et une tête de clieval , adoK fragment (lerestant du corps fut!
par ordre d'un évèque de la fi Caraceiolo qui en fit faire des clm On ne voit pas sans étonncmei norme clef d'une conduite d'eaa contient encore le liquide rei depuis près de deux mille ai gardien de cette salle ne manqv d'agiter ce robinet colossal poui enteudrc aux curieux le bruit d< en mouvement.
La collection éjiigraphique ce près de deux mille in se ri ptî oui sées en huit classes , savoir : I sacrées, a", les honoraires, 3'.
des ouvrages publics , '\". les craies, 5-. les arabes, 6". les ''re< y. les chrétiennes , 8". celles siu rens sujets qui ue se rapportei aux autres catégories.
Bien que nombre de salles des royaux et du musée Bourbon aie ornées de mosa'ùiues trouvées au virons de Naples , cependant la ( lion de ces précieux produits di antique , conservée au musée que décrivons^ est encore la plus qu'on connaisse. On doit placi ]iremier rang le pugilateur , sée terrassant le minotaure , ui ton, une barcljanlo. des sccn (les masques comiques, le i;én Bacchus sur une pautlière, d'uni et d'un coloris dignes des ])lus ir éloges ( ce morceau peut avoir un carré) et un cli.Tt qui dévore unec Une cinquantaine d'inscriptions les sur les murs de Pompcï on enlevées .Tvec grand soin et tran tées dans ce raîunet.
La galerie des nionumcns dti m âge renferme douze cents objets et
^APLES.
B3oà 880 en marbre , 60 venant e , en bronxe et autres matières, rceatux de peinture indienne^ onbre presque égal*d'objets sais que crucifix, encensoirs, ^ Tases de toutes sortes de forle matières , bas-reliefs , instrue torture employés contre les rs chrétiens , etc. , etc.
[U€ cinq mille objets composent ctiondes terres cuites, sans y ndreles vases grecs peints dont bre considérable est inconnu.
ille quatre cents et plus forment \ Terres antiques. Le musée ob- 3U des monumens pballiques , cent soixante morceaux environ se, en marbre, peintures, mosaïtc. , représentant des Phallus, Ss , des Spintriœ^ et des scènes souTcnir salit presque autant lation que la vue des objets
quatre dernières collections ocune portion du premier étage^ le la bibliothèque, riche de cent ite mille volumes et de trois oanuscrits, parmi lesquels on ceux de saint Thomas-d'Aquin, mintas du Tasse et celui des !es Apôtres, qui date du dixième D'autres pièces contiguës rent le cabinet des pierres pré-
et des joyaux antiques et du •âge , celui des bronzes servant âges domestiques des peuples ;, celui des armures, doutTan-
remonte quelquefois à trente , la collection des frai:mens d*éd'alimens, d objets servant à la :, trouvés dans les fouilles de ï et des autres villes antiques rande (rrèce, le cabinet des mé-
ct la bibliothèque si intéresles papyrus.
de trois mille petits rouleaux
noirs, de 2 à 4 pouces de long sur ^4 à 3o lignes de diamètre, sont rangés avec soin sur les rayons des vastes armoires qui garnissent les murs de ce cabinet.
On dirait autant de morceaux de char« bon de bois qu'un marchand aurait exposés pour échantillons : ce sont les papyrus. Cette malheureuse ressemblance avec le combustible est cause de la perte d'une grande partie de ces précieux dépositaires des produits de Tesprit humain^ qui semblaient destinés à nous conserver tant de richesses des temps anciens. On les prit d'abord pour du charbon décomposé qui ne pouvait pas même produire la chaleur nécessaire pour Tusage habituel : un grand nombre fut jeté à la mer. Plus tard, en 1753, on découvrit au-dessous du jardin du couvent de Saint- Augustin, à Portici, une si grande quantité de rouleaux carbonisés rangés avec tant de symétrie dans une pièce d'une maison d'Herculanum , qu enfin on les observa et l'on parvint à y lire des ca* ractères latins et grecs. Trois bustes en bronze, dont un représentant Épicure, sept encriers et des stylets à écrire, trouvés dans le même endroit, ne ' permettaient pas cette fois de prendre une bibliothèque pour la boutique d'un charbonnier. Près de mille huit cent papyrus furent transportés par ordre de Charles III, alors roi de Naples, au musée royal de Pôrtici, et plus tard de là au musée Bourbon. Le feu, bien loin de les détruire, les a réellement conservés : car tous ceux qui n ont pas été consumés sont tombés en poussière et ont tout-à-fait disparu. Ceux qui nous restent sont tellement torréfiés et rendus si friables, que Ton ne peut y toucher qu'avec une précaution eïtrôme. La difficulté de les lire, qui d abord parut insurmontable, a cependant été vaincue par la persévérance
duper itonio Piag;:io, qu'un
vif a: tires pouvait seul sou-
U elle entreprise. Ittrou-
va le 111^ dérouler, et de fixer
sur une membrane transparente, ces cylindres, qui ne présenLaient guères plus de consistance que des morceaux d'amadou brûlée. On lui doit la machine aussi ingénieuse que simple, dont on si; sert encore aujourd'hui pour cette délicate opération. Ce tra- Viiil a produit jusqu'à présent quatre cent dis manuscrits, dont dix-huit seulement sont Lien lisibles, les .tutrcs n'étant que des fragmcns difficiles à déchiffrer. En 1 793, on publia à Kaples un premier volume de ces papyrus, contenant un ouvrage de Pbilodemus, sur la musique. Un autre parut eu J809 ; il renferme un fraf-ment d'un poëme latin que l'on croit être de Rabinius, et le second et le onzième livre du Traité d'Epicure sur la nature. Le troisième volume, qui est sous jiresse, contiendra, outre plusieurs iiulrcs morceïiuï , le dixième livre de Piiilodemus, sur 1 .Economie, daprès lequel il paraîtrait que l'ouvrage sur le même sujet, attribué à Arisfote, serait de Tliéo|>braste, et le onzième sur l'Orgueil. On conjecture que tous les autres papyrus sont des ouvrages d'auteurs jurées, ,i Texception de vingtquatre qui seraient écrits en latin.
Voici à peu près comme on les divise : 60 à 70 sont presque entiers, on en possédait les deux tiers de 160, la moitié de i'io, le tiers de aoo, le quart de iflS; 4'o ^ 480 étaient coupés transversalement, par suite de l'inexpérience des premiers ouvriers. Le nombre des colonnes cl des fra^^nicns déroulés s'élève a 2,366.
La précieuse g.ilcrie de tableaux , dc|iui5 les (îrccsdu Bas-Empire jusqu'aux temps les plus modernes, est
ilassée dans les autres saltei au pre-
mier étage, et complète It musée Bourbon. Les plus beaux tnblous du salon des chefs-d'o'uvre sont \a tuivans : un portrait de Philippe 11, par Titien; une Charité, de Scbidone; une sainte Famille, de Jules Romain ; deia autres, de Raphaël; deux portraits,] par André del Sarte; ud de Léon X, ' par Raphaël 1 un du cardinal Passerisî. du même; une transfiguration, pu Ciovau Bellini; un portrait, par \tlasque^i un paysage, de Claude le Locrain; Paul II, par Titien; le M.iriajc de sainte Calberinc, du Corrè^c; l'Atu;!
Gardien, duDom
: la Danaé du
Titien; deux portraits, par WnnDjck; deux autres attribués à Rembrasdli deux autres , par Rubens ; le Chhtt expliquant les Saintes Ecritures aiu docteurs, par Salvalor Rosa et un Silène ivre et des Satyres, par l'Espagnolet.
Ces deux noms nous rappellent les 1 peintres napolitains. Si, comme je le pense, on doit entendre par école dans /es arts une suite d'arlisies travaillaot d'après les principes puisés dans l'atelier d'un maître, tels, par exemple, que les nombreux élèves de Michel-Ange, qui forment l'école ilorentinc, pour la sculpture, ceux de Rapbaël ou l'école romaine, et ceux des Carraclies, qui composent l'écolelombardc, je ne pense pasqu'il exislevéritablementune école napolitaine ; car on ne peut donner ce nom aux trois ou quatre peintres médiocres sortis de l'atelier de Solimène , et moins encore au petit nombre d artistes forméssous SalvalorRosa. Mais.
si Ion veut comprendre, dans les significations du mot école, une réunion d'artistes nés dans une même contrée, alors on pourrait trouver à Najiles des peintres assez, distingués pouroccuper une place lionorable à côté des autres
NAPLES
Italie. Ceci s'applique partilent à la peinture ; car pour la e et Tardiitecture , Bemini, A nommons le chevalier Berit certainement être considéré :hef d*école ^ si l'on a égard à se influence qu'il exerça sur le •on siècle dans Tun et l'autre •U.
inture commença à fleurir à sous le régne de Philippe II , cnilieu du i6'. siècle, et conn éclat jusqu'à Charles III, environ cent cinquante ans.
Correnzio, dit le Grec, doit rdé comme le premier qui ait lelque relief à cet art. Lavallée, exte du musée Napoléon , ne 3e que peu de talent; mais rt, ainsi que le prouve Lanzi, ncore les nombreux ouvrages tiste, que l'on voit à Naples et ait dans les églises du GiesU" t de la Madona di Piè di
i d'Arpino 5 surnommé Giu* , lui succéda. Il naquit au TArpino , dans le royaume de in i56o. De bonne heure il se lOme où il gagna d'abord sa vie des couleurs dans les ateliers très. On prétend que la vue 5-d'œuvre du Vatican dévelui le goût de la peinture.
Xin s'intéressa au jeune arlui fournit les moyens de se aner. Josépin est le plus faible des peintres napolitains, mais ;s sont dessinées avec plus de 1 que l'on n'en trouve gênédans les oiivrages de ses com- . Son style se rapproche assez le l'Albane , et souvent il est Qiéré que lui. Henri IV lapcour de France en i6oo et le n'ordrede Saint-Michel. Le
chevalier d'Arpino mourut à Rome à l'âge de quatre-vingts ans.
Giuseppe Ribeira*, plus connu sous le nom de i'Espagnolet, étudia soUs Baldassar Gorrenzio avant d'entrer dans l'école de Michel-Ange de Garravage.
Palmérino le fait nattre àXativadans le royaume de Valence ; mais c'est à tort; il naquit & Gallipoli, dans la province de Lecce, en 1 598, d'Antonio Ribeira, gentilhomme espagnol. L'Espagnolet réunit toutes les qualité» qui distinguent les peintres napolitains , une Verve brûlante , un coloris vrai et brillant, ime énergie remarquable. Ses principaux ouvrages sont la MatiVité, que nous possédons au musée royal, le Martyre de saint Barthélémy , que Ton voit à Bologne, le Silène dont nous avons déjà parlé, et les Prophètes qu'il peignit dans les pendentifs de Tégliée Saint-Martin à IVaples.
Giovanni Laurenzo Bemini , arelii« tecte , peintre et sculpteur , iiàquit & Nap)es en 1 598. Peu d'artistes ont jotli de leur vivant d'une aussi grande Réputation. Comme tous ceux qui sortent de la route tracée , le Bemin fut l'objet d'éloges aussi exagérés que les reproches de ses détracteurs sont excessifs.
On doit cependant avouer que, dans les arts , il faut toujours un certain génie pour ouvrir une nouvelle carrière, et que les critiques faitesàTécoledu Bernin s'adresseraient avec beaucoup plus de justice à ses maladroits imitateurs qu'au créateur du genre. Le nombre des travaux du Bemin est fort considérable : la colonnade de Saint-Pierre doit être considérée comme ce qu'il a fait de mieux. Il mourut à Rome , Agé de quatre-vingt-deux ans, laissant une fortune de plus de 2^000,000 de francs. Il conserva au milieu des honneurs et de lopulcnce cette aflabilité et cette modestie qu'on a judicieusement nom-
talent. On se rappelle vers de Voltaire :
Âbi
en . BernÎDi TÎut de R'
DePei
lBLo»»reil>dmic»Ui
Ah!dl..
Dm triTani
su-.
fùtl,BniirareB«mG,
F»lUil-il m
appeler da fond de l' Italie !
Salvator Rosa , qui sans contredit eût fait école, si sa vie aventureuse ne s'y fut opposée, ne laissa que deux élèves à peine connuâ hors de leur
empêcher de prendre pour nne ceune de Paul Véronèse. L'immense fresque des vendeurs ch^ssésdu temple, peinte dans l'église de Saint-Pbilippc-de- Néri àNaples, est son ouvrage Vplus considérable , et ou il a déploya un plus grand talent de composition. On rcprocbe avec raison à cette grande inachine la monotonie qui résulte des ' tons rougeitres dont l'artiste a abusé- II est élève de l'Espagnolet , mais lui
pays, Micco ou Domenico-Spadaro et ressemble peu quand il ne cherche pu
Aniello Falcone. Salvator Rosa naquit à l'imiter. La galerie du palais RiccMdi
■ eu 161 5, dans le village de l'Arenella, à Florence est ce qu'il a fait demieax.
près de Naples. Il n'eut de maître que Appelé en Espagne par Charles II, il
la nature. Son goût pour les sites sau- trnvailla à l'embellissement de VEaca-
va^es se démontre dans presque toutes rial qu'il acheva en dix ans. U re-
ses compositions. II alFecLionne les re< tourna âKaples comblé de richesses et
préseotalions des ravages causés par d'honneur3,et jmourut en i7o5àrigc les tempêtes. Des arbres brisés, des
mers en fureur , des brigands , des batailles, étaient les objets qu'il choisissait de préférence , et qu'il rendait avec plus de succès. Ses tahleaus. d'histoire ne valent pas ses marines et ses paysages ; cependant la Pytlionisse d'Endcir, du musétduLouvre, estdinne
de 73 ans.
Malia Preti , dit le Calabrais, émnlt de Michel- Ange de Carra va gc , naquit i T; verna en Calabre, en 1643, etmonr àMalte,âgéâe cinquante-eix ansi les églises de r^aples renferment an grand nombre de tableaux de ce mattre.
Les dcu\ jilafonds de Saint-Pierre in
d'éloges; aussi est-ce ce qu'il a laissé de macei/o, sont certainement ses cbefs-
mieux dans ce genre. Sa vie, écrite par d'œuvre, et le placent à côté des pre-
lady Morgan, a beaucoup contribué à miers peintres italiens. On le confonil
l'augmentation du prix des ouvrages souvent avec le Carravage.
de Salvator Rosa , qui gravait aussi à Francesco Solimènenaquit,en i65;,
l'eau-forte avec facilité. U mourut sans à JVocera de' Pagani , près de Saleme,
fortuneàRomc, en i6-3.
Luca Giordano, Luc Jordans, surnommé Lucaja preito , est remarquable parrétonnantefacilité de son peinceau.ColoristepresfjueégalauTintorct dont il rappelle le faire avec un rare bonheur, il naquità Naples d'un peintre médiocre en 1632. Il ])ossédait une facilité étonnante pour imiter la peinture des autres maîtres ses prédécesseurs ou ses rivaux. Le musée de ]Vaples possède un petit tableau de lui, qu'une extrême atlentioa peut seule
d'un père, peintre sans talent, qui le destinait au barreau. Le goût du jeune Solimène pour la peinture le fit entrer de bonne heure dans la carrière si mal parcourue par son père. Il ne s'attacha àaucun maitre en particulier, puisaot à toutes les écoles les principes de l'art; aussi esl-il remarquable par un style qui lui est propre. Doué d'un génie peu commun pour l'arrangement des grandes compositions , il est faible sous le rapport du dessin et du coloris ; soQ goût , que l'on peut ac-
MAPLES. ^55"
! nutUré, se ressent tout- qui tint dans sa main le sort de tout un
détnaence ; néanmoins ses peuple. Nous acquittons cette dette Nqaetouiy entées, ne man- envers nos lecteurs, et espérons que, le vie et àe mouvement. Les jointe à la notice de Gennaro Armese ODTrages de Solimène lui et du duc de Guise , l'aulo-biographie » bioiifàits de presque tous du pécheur napolitain leur sera d'aulios de l'Europe. L'empe- tant plus agréable, que nous avons pris esTIle nomma chevalier, lesoindcleurendonnerenquelquesorours en i ^4? i dans une dé- te le portrait moral et*physique. Ces ré> Ison de campagne qu'il pos- cits sont extraits des Mémoircsd'Oiioff*. es flancs du Vésuve, dépen- Dans Naples vivait un jeune homme béralité la fortune que ses du nom de ïhomas Aniello (par couraient acquise. La musique traction, Mas'Aniello), que la nature lassement favori. Son prin- Semblait avoir formé pour les grandes £e , digne des plus grands entreprises. C'était un simple valet de t une fresque représentant pécheur, sans éducation , sans culture, :bas8é du temple , que l'on mais vif, audacieux , et doué de cette \f\iaeda Giesu-Nuovo,^Va.- éloquence brute qui émeut les sens, ;ompositioDqui remplit une parce qu'elle ne a'exprime que par imaix à sept cents pieds carrés, ges. 11 avait aussi à se plaindre d'une Kde chevalet ont bien perdu offense : sa femme, ayant voulu un jour ['il* avaient du temps de entrer dans la ville avec un peu de fasemble que Jouvenet se soit rine cachée dans un bas , avait été pn-
Solimèoe pour l'arrange- nie de plusieurs jours de prison pour
raperies. Corrado, Sebas- nvoirfraudélesdroits.Dcpuiscetemps,
t, Franceschello délie mura, il conçut pour le gouvernement une
Ferdînando San-Felice, ses haine implacable : il cherchait et trou-
les défauts de leur mattre , va l'occasion d'assouvir sa vengeance.
1er ses talens. Ces derniers II est peu de villes d'Italie qui n'aient
îut notre liste abrégée des conservé, sous d'autres noms, quel-
ipolitains. L'art, depuis le ques-unes des fêtes de l'antiquité, que
le siècle , a presque disparu l'on célèbre encore annuellement par
, MM. Cameraoo , Marsi- des jeux populaires, vestiges d'anciens
i> et Smargiassi, sont à peu jeux saOs doute plus solennels et plus
ids artistes qui de nos jours pompeux. Dans une fête de cette es-
rouloir soutenir la vieille pèce, le peuple était rassemblé (le 7
arpatrie. juillet 1647) dans la place du grand
marché, à Naples.
ici, ™wni «, d, M. P.'" Le marché était presque enUêrement
à signaler tout ce qu'elle dépourvu de fruits ; les paysans dent dans ses annales si vastes vaut payer l'impôt ne s'empressaient es en grands et dramatiques plus d'en apporter à Fvaples. Ce spec- , notre Italie ne pouvait, taclede la disette, le jour d'une fête le que nous avons consacré publique, attristait la multitude, et omettre d'y comprendre ce- Masaniello sut habilement profiter de nent célèbre de.Masaniello , cette disposition des esprits : il se mêla
dan» les groupes du peuple, s'eiliala en reproches et ed plaintes contre le gouTememcnt , n'eut pas de peine a enOammer dei t^te» que déjà l'ardeur du jour portait à l'eialtation. Le magistrat chargé de pourvoir à l'approvisionnement du marché étant survenu^ Masaniello ne b9l3Dça pas à lui reprocher et la rigueur de l'impôt et sa propre insouciance i ses reproches furent si vifs ou si justes , que le peuple, qui lorsqu'il souffre ne respecte plus rien, osafrapper ce magistrat, qui eut peine à échapper aux mains des furieux. Ce fut le signal de l'insurrection : une foule immense se porta avec fureur dans les divers bureaux de la perception des droits et les mit en cendres.
Banscette première expédition, Masaniello marcha toujours à la tâte des méconteos. Déjà son zèle s'était fait remarquer ; il leur inspirait la confiance et le respect. Les ayant rassemblés autour de lui, illeur parla avec cette véhémence, cette énergie qui caractérisait à Rome les discours des tribuns : il y peignait la misère du peuple , l'insolence des grands, et vomissait des imprécationscontrelegouvernementduvice-roi.
A peine Masaniello eut-il achevé, qu'il fut reconnu chef suprême du peuple. On lui éleva surlaplacedeFfaptcs une espèce de trône où il sié^jeait en sarrau blanc de marinier, tenant à la main une épée nue pour sceptre. Dès lors ses volontés devinrent des lois , ses ordres des décrets, qui étaient exécutés aussitôt que rendus. Comme il ne savait pas écrire, il signait avec une empreinte de métal qu'il portait attachée à son cou. Ce n'était pas seulement la jiopulace qui lui obéissait, mais des hommes qui lui étaient bien supérieurs par l'éducation et les lumières. En quelques jours, plus de trois cent mille hommes furent armés, enrégimentés.
Les soldats eapa^niols dii l'aspect de ce torrent de b laires; elle vice-roi lui-mëi cl poursuivi par les instn trancha dans uDcKàleau,ete clia dans uncouvent, d'où il I il rendre tous les pfivil^esq Quint avait autrefois accordi etau royaume. C'est ainsi qi pécheur, presque adolescei d égal à égal avec le reprcM grand monarque. Celte espi pitulalion du vice-roi se Gt j mise d'un cardinal^archev^ pies , Filomarino, qui , dès U cernent des troubles, avaitj situation désespérée où se t gouverneur espagnol, et sei dans de ccrtiiines occasions , ii der à la lempûle plutôt que A ver. Les dignités dont il joui posaient le respect au peuple en même temps que son caracl sonnel inspirait la confiance.
Mais il n'était pas dans les (i de Naples de jouir même des qu'elle avait conquises. Elle pas à les payer du sang de ses c En etTet, Masaniello, soit quel télui fût naturelle, soit qu'il voi passer dans l'àme de ses advei terreur que lui-même éproi livra à des actes d'une barbarii Non content d'avoir fait bi meubles, les maisons même miers de l'impôt, qui, selon tiiicnt engraissés de la subsla larmes du peuples (et aucu] n'osa s'approprier le moindre ( tant de richesses délruites], i que leur sang couUt sous sesye veau Marius , du haut de la U sa maison, il n'avait qu'à faire t et l'on voy.iit tombi^e,^ ta nombre clTray Dienlôt l'i
[>n esprit pnratt aiiéné.'il cou- ■uîl Tibsurde i qu'on lui avait irer le parfum de fleurs emes ; que sa lete en restait aflaiit bien plus naturel de penser Ltij^ues d'esprit .luxquelles cet l'était accoutumé ni par état îkt , jointes h l'excessive clia-
saisoD; que peut-être aussi nqui suivent toujours les exouvoir, furent les causes de lence aussi soudaine que fugrès les riches fermiers, il t les nobles , et même les pléor la plus simple délation, il it une sentence de mort.
'uD chef de parti attaque son me, il n'est pas loin de sa :s principaux citoyens qui, : révolution , marcbaient sous ères et combattaient pour sa menacés d'être égorgés par le îvenu un véritable tyran, senlécessité d'en délivrer prorap-
patrie. Masaniello s'aperçut 1 de la faveur publique. En >ulut ranimer dans les âmes talion à laquelle il avait dû dont il jouissait ; ses discours es parurent ce qu'ils étaient insensés. Un jour, qu'aiïligé ue surpris du peu de succès eu une de ses déclamations s, qu'il avait prononcée dans
même de réi;lise d'un couerrait dans l'intérieur de ce e, livré à la plus sombre mé-
il fut appelé par quelques a postés , qui feitçnirent d'ai parler des intérêts du peuivança vers eux avec confiance; ■sitât ils rétendirent à leurs
plusieurs coups de fusil. En , le malheureux n'eut que le : proférer ces mots : ■ Ah ! les ih ! les traîtres ! »
LES. aS?
Ainsi périt un homme qui , malgré sa grossière ignorance, n'eut pas moins de pouvoir daosNîiples queThrasybule n'en eut k Athènes, lorsqu'il en chassa les trente tyrans , et que les Gracques , k Kome , lorsqu'ils demandèrent au sénat l'établissement de la loi agraire.
Grand homme peut-être , si avec la probité et le désintéressement dont il donna de constantes preuves, il e6t montré plus d'bumanité et de justice (i).
On devait croire que l'émeute allait cesser parla mort de Masaniello. Les insurgés, fatigués de la tyrannie du chef qu'ils s'étaient donné, avaient vu, avec une espèce de joie, sa tête clouée il un poteau. Mais le vice-roi et ses partisans, trop Sers d'une victoirequ'ils devaient plutôt h la fortune qu'à leur courage, se corn portèrent en vainqueurs insolens. Des nobles ne craignirent point de maltraiter des hommes du peuple; et, de son côté, le gouvernement fit diminuer le poids du pain.
Dès-lors le tumulte recommença, mais avec plus de fureur ; le corps de Masaniello fut déterré, et réuni à sa tête, fut exposé à la vénération du peuple : on lui fit des obsèques magnifiques, comme à un général en chef. Bientôt le peuple s'empare de tous les postes qui dominaient le port; le vice-roi, assiégé de nouveau, est obligé pour la seconde fois de se réfugier dans un des châteaux forts (le Chàleau-Neuf ] , et pourla seconde fois encore , il lui faut négocier,lraiteravec le peuple. Mais ce traité fut plus humiliant, plus honteux quele premier, et pour comble de mal-
(OUvéi
nérable
acbevêq^
ideTarenteiJtfon-
ItCllalri
un manuscrit ano.
nyine . qui
conti«
Ht l'histolr
opérée dans
, Haplei
1 , par Masa
□iello. Noas >toiii
resKllé qu
e notre
pUn ne n
DUS permit pis de
r^ter tooi
ventcoMignéi.
lieur, toutes les concessions qu'il faisait augmentaient, au lieu d'étouQer, le feu de la rébellion. Il fut sommé de livrer les forteresses de Naples au peih pie ; sur son refus , on se disposa k les attaquer.
Cependant la cour d'Espagne avait été informée de l'insurrection du peuple napolitain; et pour le (aire rentrer dans le devoir, elle s'était h&tée d'envoyer le jeune D. Juan d'Autriche, Agé de dis-huit ans, à la tête d'une armée navale, et lui avait donné des pouvoirs très- étendus.
Ce prince arriva, le i". octobre, dans le golfe de Naples , et déploya, le long de la plage de Sainte-Lucie, aux yeux de toute la ville, sa nombreuse et imposante flotte. On l'avait flatté bien faussement que sa seule présence suffirait pour ramener l'ordre et la soumission.Le peupleneparut point intimidé.
Le prince fît débarquer ses troupes qui allèrent occuper les postes les plus élevés. De là on fît sur la ville un feu continuel, qui.détruisaitdes maisons, des palais, deségliscs, mais faisait trèspeu de mal aus insurgés. Les forces espagnoles n'étaient pas~a6sez considérables pour qu'on pût raisonnablement espérer de réduire uoe ville dont l'immense population était tout armée.
Ce fut sous le canon même des Espagnols, que, renversant les armes du roi , Naples se proclama république ; elle avait alors pour chef un autre Masaniello , mais bien plus adroit et plus fourbe que son prédécesseur : c'était Gennaro Annese , qui avait été élevé dans la profession des armes ( des historiens disent que c'était un simple armurier).
J^usqu'alors les Français n'avaient point 6guré dans cette rébellion. Leur rôle va commencer. Tant que Masanidlo vécut, le peuple paraissait avoir
une telle horreur dus élran^ seule proposition d'iippelerl
Naples eût été danp cepenilant il était bien pni vec leur secours, il eût élé chasser à jamais les Es[N roviiume. Maialescirconstani changé; on commençait à se soin de terminer celte Ions D'ailroiLs émissaires répandf le peuple que la France é disposée à prendre part àl tion ; ils parlaient de la brav l'atrabilité de Henri lie Lorrt de Guise, qui était en ce m Rome; on le représenlnit oom propre à diriger et allerniir la république.
Le (lucdefruise, instruit de qui se passait à Piaplea.yparul et fut reçu au milieu des accUi detout un peuple, qui voyaiie protecteur de sa liberté naitu un rival bien supérieur en rép et en talens au trop jeune I (l Autriche. Son premier soin cbcrcher à rétablir l'ordre <Ui populace elFrénêe à laquelle >l commander, et qu'il ne consîdé sans quelque terreur.
Eu se rendant à Naples, le Guise avait tout autre projeU] fermir le gouvernement répuWi nc-tait point pour les intcrél France qu'il se proposait decoi bieti qu'il dit concerté son en avec les ministres français, ( lui eussent promis de la SI Mais comme descendant de Rei jou [i«r les femmes , il se cro; droits au trùne de Naples, et mettait bien de les faire VlJ( 1 occasion.
Le successeur de Masamello jMWo Aimete.
secrets dessei