LIT A
Varna J, p;ir In rongniScéncc
des moMuqoeSj des bionzcs dorés et des pierres fines donl il est oroé. La grande nef est soutenue par vingt-six colonnes de granit prétendu égyptien, le plus beau restsd'antifjuité que possède Messine. Les auletirs nntionjux prétendent que ces précieuses dépouilles d'un ancien temple, coosacré à quelque divinité du paganisme, sont des produits des carrières de Sicile.
Cette opinion parait aiset fonder, lorsque l'on songe au peu du rapports que les Siciliens ont entretenus avec l'Egypte, même au temps de leur plus grande puissance.
L'égoïsmedupeuplcromain, toujours disposé à enricbir fiome seule des dépouilles des nations rnincue^, l'nur.nit empêché d'embellir d'un pareil trésor ane Tille tnunicipe comme Messine, qudque bien placée qu'elle fût dans les bonnes grftcesde la république.
Au-dessous de celte catbédrale se trouve l'église souterraine dont nous donnons une vue intérieure, rcmarquaMeparsoneyactitudi'i (I'l.ii6.)l-^';ii*clu lecture decc curieux nioiiunienl,i|iii ne niHnquc pus d'un ccrt.iiu car.irtùri; d'ori^inaliré. iL'munle :ui li.'tiips île la fondation de I éj;lise iiriiicipnle. pséiiumoins les peintures ol les ornemens en bosse sont (luuc époipic ]dus rapproobte. On rernnnait (lûj.'i -lans le ;^niit des crnrouirmens la décailencu dt's arts du dessin, si frap])anle dans les ouvrages du licrniii. Je criiis donc que celle cba|ielle a été décorée jiar un conlcm|ioiairi de cel arciiitecli;. Le
sans iirAce, s'apjiuie sur des piliers arrondis que je n'ose appeler des colitnncs, un aljafjuL', beaucoup plus larue que i'élran^c cliapilcau ifui les coiirouni:, sujiporloles retombées des arcs, où le décorateur a jeté à profusion
une quantité d'nrabcsques, demi In méandres accom paient lesutlesilr!
Toutes cl vienuenl se réunir » 1j clef d'une façon assez gauche. Le crttrt des pendentifs est orné de médi&DE encadrés de moulures en stuc. Deniges, des. saints, y sont reprêsealés:
quelques-uns ne sont pas sans méritt Tout cela oUre un mélan^'C assez roDfus de rinceaux, de guirlandes, ilt létes de cbcrubins, de coquilles, d" bcsqucs mal cngeiicés, qui saoj p»
voir supporter un exameu détarlit, produit ci-pcndant un certain ei]et{* sa richesse et son originalité.
Mais le morceau le plus prtnea que renferme celte cathédrale est dire des dévoles de Messine, la IclUi que la Sainte-Vierge écrivit au\ siuais l'an 4^ de notre ère, en Icu; envoyant une boucle de ses cheTCUi I Saint Paul traduisit en grec cette prc- . cieusc missive,etln porta lui-même ;iui j pieux correspondansdelaMèredeDien- 1 fious ne priverons pas le lecteur dece I rare et précieux monument, reconnu j par Benoit XIII. et f^u'un bétérodoie \ s.u\ peut rcj^ardcr aujourd'bui comme apocryphe : le voici donc tel qu'on le voit i; rave derrière le maître-autel. J'oserai le traduire ]^our l'édiiicalion lie mes belles lectrices, ilussent-clles lae croire de l'é^'lisede M. Chalel.
JipUre irrite par lu fiei-j^e Alitric ,ius iMessiftiiis suivant une ancifime el
Hlaiic ViL-rpe , fille de Joacliim , Iiumbic servante de Dieu, mèiv de Jciiis crucilié, de lu tribu de Juda , race de Uavid . ;. tous les Mcssinais, salut et béiiédiclîou du Dieu le pèiv tout.pui,sant :
Il tM certain qui- vi>us loui , doués d'une Jurande Ibi , vous uou^ avw. ci.vo%l- dei ambassadeur, aliudVtre iitiles.irensVisneiiient f;éiiér.il, Voits coiilcssci que notre lils est Iil>de Dieu, Dieu et homme, et qu'après
MESSmË.
acîté, il «t monté aui: cieut. Vous set ainsi la vérité , grâces aux préàe saint Paul , ce grand apâlre :
■qnoi nous vous bénissons vous et e, dont nous voulons être la protODJours.
nsalem , l'an XLII de notre fils , in- :emiëre, le jour des nones de juin , e le XXVIK, de la semaine le V«.
us bas :
iteté N. S. Benoit XIII accorde à le cent jours d'indulgence chaque l'écitera dévotement l'oraison suî-
récompense. Saint Paul , d'après le« actes des apAtres, a été à Rbége et non pas à MessiuÈ : Devenimus Bhegtum. Il ne fut apôtre que quarante-cinq ans après la naissance de Jésus-Christ^ suivant les meilleurs chronologisles.
Le style diplomatique de la lettre, sa date , etc. , sont des preuves évidentes de la fourberie et de l'ignorance du rusé grammairien, qui devait savoir que Denis Exiguus fut l'inventeur de l'ère vulgaire, qui ne fut reçu qu'au huitième siècle. On ne peut détromper le peuple; mais à Messine les gens instruits rient de ce préjugé.
En sortant de la cathédrale, on est frappé du coup-d'œil de la placequi décore cette église.Bienqu'ellene soit pus d'une forme régulière,!.-) ricbeasedeses monumens en fait une des plus belles de cette ville et une des plus curieuses da monde. Près de l'église, ce palais , d'une architecture moderne, fut érigé par le roi Ferdinand I", , qui le destina aux tribunaux et à la bibliothèque publique, comme l'indique l'élégant hexamètre qu'on lit sur la façade :
Hic Themidis lances , hic doctœ Palladi* ede). Ici Thémis tient ses balances Et Miaerre sa docte coor.
Presque en face du portail de la cathédrale est la statue du vainqueur de Lépante, Don Juan d'Autriche, Son attitude est plutât celle d'un matamore que d'un lils de Charles-Quint. Les bas-reliefs du piédestal sont préférables au sujet principal : ils représentent les épisodes les plus in téressaos de cette célèbre victoire qui abaissa la superbe du croissant. Le plus bel ornement de cette place est assurément la fontaine.
L'homme de goût verra avec plaisir ses eaux limpides bouillonner dass un bassin élégant , soutenu par des cariaivais Grec trompa la ville de tides d'un bon style, et se répandre m e et en obtint une honorable lames d'argent sur un msecbtt d'une S.
fille de Dieu le père qui as choisi lessinais pour tes fils ; mère de Dieu qui as écouté maellement les Messinais ;
épouse du Saint-Esprit qui as oé les Messinais à l'esprit de vëritéj
temple delà très-sainte trinité,oâ s béni les Messinais par une sainte re.
ne voilà-t-il pas que le savant GO , tout catholique qu'il est , •être même parce qu'il est cae, se met en opposition avec dei^24. Je dirai peu de chose, , de l'image de la Vierge et de e aux Messinais. Le docte monr Grano m'a appris que ce porait en vénération long-temps arrivée de Constantin Lascaris port; et comme on l'avait placé leggio , un pupitre , on la nomjmmunément la Madone del , et , eo langue vulgaire, del , car on dit lectorium dans la itinité. Ce rusé Grec profita de corrompu pour inventer la falettre qu'il dit avoir découverte :s parchemins des archives de e, traduite en grec par saint l'après l'original en langue hé- 3. Au moyen de ce mensonge
blanc
■ajet' i'Ai
e. Des figures du
i'ibre et du Cnmaro,
ODt les priocipaux
clic composition de
Horootio.
Après quelques jours patssiMet- Bine,pourTisiter les enlises, Itpirl, les proDienndes, ne trouvant pltuililimcnt à ma curiosité, je me hàiiiit continuer mon voyage.
TAOHMIUrB
On «tmpte seulement neuf lieues àe cette TÎUe à Taonnine ; mais il est difficile de les faire dans un seul jour : il faut pour cela partir de très-bonne heure. luaqu'au bourg de Trimestri, la campagne est aussi fertile <]ue pittoresque : Je jolis casins, des('1iamps,defi vignes, des vergers d'oliviers, des plantations de mûriers , couvrent tous ces rivages sur une étendue de cinq milles ; plus loin les cultures s'élargissent, les habitations disparaissent, le pays devient stérile et sauvage ; mais s'il cesse d'intéresser le paysagiste et l'agrcmome, il olire du moins encore à la curiisiLé du géologue et du naturaliste d'nnijiUs richesses k csploitt-r.
Sept cent trcnte-siv ans avant J('su=- Cbrist, une troupe de Clwlcidicns quittèrent 1 EuLée sous la conduite de ïhéoclés l'Atlicnieii , et fondèrent une colonie sur la côte orientale de Sicile, ce fut ÎNaJios. Partis sous lus auspirr.î d'Apollon, dsi'invofjuèrcntiomnii' leur cbef protecteur sous la dénomination d'Arciiagète, et lui érigèrent, hors de la ville, un temple qui devint parla suite Irès-célèhre, Voilà ce que rapporte Thucydide , livre iv. Slrahofi ajouta son autorité à celle du 4;raTKl historien. JNa\os ne pouvant lutter long-temps contre Syracuse plus nouvelle, mais plus heureuse et plusjuiissante , fut conquise par Denis l'ancien, et dépeuplée. Une partie dts habitans, jassemblés de côté et d'autre par An-
dromaque leur concitoyen, père •k l'historien Timéon, se fonda une ni»
vdie patrie sur le sommet alors pr»
que inaccessible du mont Taurus, Cm advint la troisième année de la cnl troisième olympiade ; c'est du i l'opinion de Diodore de Sicile, admrx par plusieurs historiens , contre le sratiment de StraboQ, qui prétend qœ cette colonie fut fondée par les baintans d'Hybla, Son histoire est au«i obscure que son origine. Dans les i>u« res des Romains en Sicile, Taormioe prit parti pour ces derniers. Augnstf ' y envoya des Colons. Cette ville doit i sa situation montagneuse, rlavoir rit de tous teni|)s une des dernières à <i soumettre aux étranj:ers. Les Sarrasins s en rendir(;nt maîtres à la mort àc l'impereur Kazile, non sans de lon.î et pénililcs ellorls, les Giecs l.-t reprirent quchpie lc-ni|)S après et la i;arilirent jusqu'en ;)(ii , époque où le cald" Ahdhisstm y entra en vaînquein-. I;i ruina de fond en comble, et h.llit uiif antre ville sur la cime la plus élevée de la montagne. C'est aujourd'hui Mola, qui semble plutôt dans les nues que sur terre. Plus tard les IS'ormands . à l.i suite de combats acharnés, chassèrent les Arabes de Mula et de Taormine, qui avait encore conservé quelques iiabitans lîdèles au sol qui les avait vus naître. Il no reste de Saxos qu'un ]ictit nomJire de médailles fort rares. A peine peut-on indiquer sur le promontoire