AGRIGENTE
pouvoir illimité. D'abord il eut quelgués succès et paraissait devoir conquérir toute l'île. Mais le retour d'Agathocles vint déconcerter ses projets.
Leptinus, général qui commandait les forces du tyran, tailla son armée en pièces. Xénodicus encourut la haine de ses concitoyens et fut. obligé de chercher un asile à Gela s Tarabilion et les projets de délivrance des Agrigentins furent déçus pour toujours.
Preuant Polybe pour guide, j'avais gravi avaot l'aurore la roche Athénienne, la plus élevée des hauteurs d'Agrigente. Placé près des temples de Jupiter Atabyrius et de Minerve^ mon ceil embrassait une vaste étendue que termine la mer. L'aûbe naissante répandait une lueur mystérieuse et sacrée •urces restes gigantesques épars çà et là dans la plaine.
Sous un ciel presqu'africain, au milieu de Tété, la lumière qui combat contre l'obscurité produit mille illusion dont l'imagination la plus froide a peine à se défendre. Bientôt le soleil par sa clarté magique vient lirer du chaos ces masses informes : les premiers rayons dorent la cime des monts, réveillent la nature assoupie, et semblent rappeler ces vénérables monumens à leur antique splendeur. Que de luxe! que de majesté! que de magnificence! Voilà les paumachies, les stades, les rues où se presse une foule opulente. La colonne surgit de ses ruines en majestueux, portiques, et son fût élancé élève dans les cieux Tentablement sévère courooné d'un fronton qui se perd dans les nues. Voyez, de ces nobles colonnades, s'écouler de longues suites de pontifes célébrant les saints mystères.
Quel tableau!.. Maisle jour a tout-afait paru, la triste réalité vient dissiper mes rêves. Ces places sont des champs incultes , ces rues des vallons déserts,
ces temples des ruines, et ces pontifes de légères et blanches vapeurs rasant la terre, chassées par les vents du matin dans la profondeur des vallées, et que les feux du iour vont bientôt dévorer.
Un amas de débris est ce qui reste du temple de Jupiter Atabyjius-. A peine voit-on les vestiges de cdui de Minerve, quelques traces de celui' de Cérès, et l'église de saint Biaise s'ér lève sur Tancien temple dte:Prosef- , pine. Une dixaihe de col onnes-de celui de Junon Lucine sont encore sur pied, et soutiennent une portion'âe l'entablement.
Le temple de la Concorde ( PI. i o4) est le mieux conservé ; comme tous les autres, il est d'ordre dorique grec et du genre connu sous le nom de péryptère double, c'est-à-dire, que tout autour règne un portique. Fazello s'est appuyé sur une inscription trouvée dans le voisinage, et dont l'autorité est fort révocable, pour attribuer la consécration de cet édifice à la déesse Omonaïa ; sans avoir réflcclii que l'inscription est latine, et qu'on ne connaît en grec qu'un autel élevé dans Olympieà cette divinité honorée plus particuKèremént des Romains.
Ce morceau, du plus beau, style , un des plus complets de la Sicile,' est presqu'intact. La cclla ou nef est entière à peu de chose près : elle est large de trente pieds et trois fois aussi longue. Le toit,- la frise et la corniche des côtés sont détruits, ainsi qu'une partie du fronton. On entre'dans l'intérieur par une porte ouverte au centre du profi nos façade antérieure. Sur les côtés , douze ouvertures ontété pratiquées, lorsqu'au moyen âge ce monument fut converti en une église, sous l'invocation de ça in t Grégoire, patron de Girgcnti. I/édificc s élève sur un stylobate ou perron à quatre faces for-.
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ïr su colonial mposces de qualre ■onçons et coi ées Je chapiteaux
obles et 8impic6 : !a seconde et tu inquièiuc sont en face des anijlea de la .ef. Deux autres «ont placées derrière 1 troisième et la quatrième à droite et
gauche de lentrée t^ et contrihucnt à Dutenirla couverturu du pronaos. Du Ati: opposé, deux colonnes complceatleprosiiihony la partie postérieure.
jU murs de la Cfill:i sont entièrement lus , leuc distance des colonnes égale 'entrecolonnement. Dans l'épaisseur
es pilastres de la porte soat pratiqués les escaliers qui conduisent au somnet et dans les souterrains de l'êditîce. 3ette parliculariLé a fait croire au cé- ,èbre Wisckelmann que l'édifice avait sté dédié à Cérùs, cela me paraît trèsprobable. Toute la construction est composée d'énormes blocs superposés uns ciment avec un art admirable. De ûmples triglyphes forment les seuls Dmemeos de la frise et de l'arcbitraTe. Les cnloones posent sans bases sur le slylobate : elles ontdix-huit ])ieds dix pouces de haut et le cbapitcau un pied dix pouces, en tout vingt pieds huit pouces. Le diamètre est de quatre pieds trois pouces. Le temple a cinquanlcdeux pieds de larj^e et cent vini;t-deux Je lonij. Le stjlobale, à sa base, est de cent cinquante-riuatrc pieds sur cini|uante-cini{. Des restes de stuc, que le temps a épargnés , prouvent d'une manière incontestable que ce monument en était entièrement revêtu. Si Ion suit la route à l'ouest, on rencontre, hors des murs , des chambres sépulcrales creusées dans le roc : ce sont probablement les tombeaux violés par les Cartbaijinois, La pesle étendit ses ravaj-'csdans leur camp. Annibal , leur :bef, succomba. Amilcar, son successeur, ordonna de cesser les proiiiiwi-
tions, et pour calmer les ntaws irrités, sac rifia un enfant a Satome et plusieurs prêtres a Neptane, Eo parcourant toujours la même direction, on arrive à un monceau de mines, retUs du temple d'Hercule , situé près an l'ancien Forum, au dire deCicéroo qui le visita. La pureté de ces beaux fragmeos excite encore l'admiration. Oa voit au midi te prétendu tombeau de Théron, morceau d'une architectnrt postérieure de beaucoup k la mort je ce prince. J'y remarquai la coofuiioi des ordres ionique et dorique , ce qui ' me fait croire que c'est l'ouvrage d'un \ artiste des bas temps. On xae mootn I d'autres débris décorés du nom it temple d'Esoulape ; mais je ne m'y arrêtai pas et je me hâtai vers le célèbre temple des géans ou de Jupiter Oljin-
Ici , du moins , on se reconnaît. | L'exacte description de Diodorc de Sicile ne laisse aucun doute sur la véri- i table consécration de ce majestueni
monument, qui simble plutôt l'ouvrage des dieux que des hommes.
• Les édifices sacrés d'Aj,'rigente.
dit Diodore , et surtout le templr de Jupiter Olympien, témoignent de la magnificence des hommes de ccï temps; car les autres nionumcnsnul été la proie des flammes et des ravaiies fréquens dont cette ville fut victime.
Le toitdu templedc Jujiiter allait être construit, lorsque la guerre vint arn:ter cette entreprise. Plus tard , la ville ayant été détruite, les Agri^cnlins ne purent plus terminer cet édifice. S.i longueur est de trois cent quarante pieds, sa largeur décent qualrc-vingtdix sur cent vingt de hauteur, fans comprendre le sous-bassemcnt . C'est le plus gr.ind delà Sicile, et sou étendue lui permet d'entrer en comparaison .-jvec ceux des étrangers (des Egyptiens}, n