‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 10 sur 184 · MISSION CIVILISATRICE · texte numérisé non relu

MISSION CIVILISATRICE

verselle cachait une grande mission providentielle; que celte nation , qui semblait vouloir absorber le monde, se sacrifiait à lui; que cette prétendue victime dç Taïqbition et de l'orgueil s'est immolée vivant^ au profit de la civilisation.

L'JtaJie a, toujours eu L'instinct que sa mission était de représenter le principe d'unité dans le monde.

Avant le christianisme, elle poursuit son but d'unité par la conquête.

Depuis le Christ, elle le poursuit par l'idée.

Et toujours, soit au delà, soit en deçà du Christ, elle est à la fois, par le rayonnement de ses idées et de son influence, l'agent le plus puissant de la civilisation^ et par ^'immutabilité de ses oracles, la gardienne fidèle des principes éternels de justice, de droit, de n^gr^et de, religion, qui sont la source même de toute civilisation et de tout progrès.

Avant le Christ, tandis qu'elle étend sa domination pajr la> conquête, elle accumule, elle concentre, par les travaux de ses jurisconsultes et de ses philosophes, (pus les trésors de la sagesse antique; elle édifie un monument qui a mérité d'être appelé la raison écrite. ..„ Depuis le Christ, tandis qu'elle répand à flots dans le iponde les principes libérateurs de l'Évangile, elle les protège avec une constance inébranlable contre les hérésies, \e$ défaillances et le retour longtemps menaçant de la barbarie.

Aussi est-ce avec vérité qu'on a appelé Rome la ville orthodoxe.

Or, l'Italie est toujours associée à ce rôle de Rome. Elle est, entre toutes, la nation orthodoxe et conservatrice.

C'est cette conscience d'une mission universelle qui a fait la grandeur de Rome et de l'Italie, mais qui a fait aussi leur misère, en donnant naissance aux plus fatales illusions.

Réalité de cette mission universelle, rêves chimériques, quant aux moyens de l'accomplir; tel est le double secret des prodigieux efforts sans cesse renouvelés, et des découragements si fréquents de cette race italienne qui un jour étonne le monde par les éclairs de son génie, et le lendemain le consterne par son impuissance sous la main de l'étranger.

Fidèle à sa mission unificatrice, elle garde intact, à travers ses révolutions politiques et ses crises sociales, le dépôt des vérités chrétiennes.

Se trompant sur les moyens dis fonder l'unité, l'Italie chrétienne continue de rêver l'empire, matériel de Rome païenne, tantôt par l'Empereur, tantôt par le papè^EUe prend pour un rôle définitif et étemel ce qui 'n'était, chez la Rome des Césars, qu'un rôle préparatoire; et ce- rêve persévérant de l'empire universel r empêche de se constituer en nation. .

Éclaircissons ce point ; nous aurons, ta clef de toute son histoire» *

Page 1