TENTATIVE D'ARNAUD DE BRESCIA
Romains était de conserver leur conquête. La cour pontificale était loin de se tenir pour battue; elle avait dans la ville un parti puissant, soit parmi la noblesse, soit parmi le peuple. Le sénat dut entreprendre de véritables sièges pour réduire à l'obéissance quel* ques familles, telles que les Frangipani, alliées du pape, qui s'étaient bâti plutôt des châteaux forts que des palais et avaient transformé même des monuments publics en places de défense.
À l'extérieur, la cour romaine s'appuyait sur les châteaux des environs, et même sur les petites villes, comme Tibur et Tusculum, qui étaient toujours en élat d'hostilité avec Rome. Elle avait de plus pour auxiliaire le roi de Sicile, Roger, avec lequel elle venait de contracter une alliance.
La république ne se sentant pas assez forte pour luller contre tous ces obstacles, eut recours à son moyen ordinaire, le plus funeste de tous : aux prétentions du saint-siége, elle opposa le droit de l'empire.
Déjà avant le retour d'Arnaud de Brescia qui ne fut rappelé de l'exil qu'en 1145, elle avait imploré à plusieurs reprises l'assistance de Conrad III; elle lui avait écrit : « Viens dans la capilale du monde; une fois l'obstacle du clergé détruit, tu régneras plus sûrement que tous les empereurs qui t'ont précédé. » Quelques années plus tard, la république adressa les mêmes instances à Frédéric Barberousse.
Ainsi, avec leur illusion du saint-empire, les Romains parcouraient toujours fatalement leur cercle