‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 107 sur 184 · LUTTE DES ROMAINS COSTRE LES PAPES · texte numérisé non relu

LUTTE DES ROMAINS COSTRE LES PAPES

Rome. Il lui importe, comme toujours, non d'anéantir son rival, mais de l'affaiblir et de lui donner un rôle secondaire dans le partage des droits du saint-empire.

L'Italie, qui cherchait sa délivrance, s'était tellement enchevêtrée dans ce réseau inextricable de papauté et d'empire, que tantôt, suivant les circonstances et les lieux, elle recourait au pape pour se délivrer de l'empereur, tantôt elle recourait à l'empereur pour se délivrer du pape. Ici les villes lombardes couraient aux armes à la voix d'un héroïque pontife, là le peuple romain, en guerre avec le même pontife, le combattait au nom de l'empereur.

Quand ces alliances se faisaient, soit avec le pape, soit avec l'empereur, il ne fallait savoir aucun gré ni à l'un ni à l'autre ; dans ses déterminations, chacun des deux n'avait en vue que ses intérêts propres, et savait toujours faire tourner le résultat de la lutte au profit de sa puissance, sans souci des droits et de la liberté de l'Italie. Le grand malheur des Italiens, c'était de ne pas comprendre que les deux jougs qu'ils subissaient étaient, au fond, indivisibles ; ils n'en sentaient le poids qu'alternativement ; le plus lourd leur faisait oublier l'autre.

Pour Rome, le joug le plus délesté parce quelle le subissait de plus près et à toute heure, c'était celui du gouvernement clérical. Elle croyait donc faire assez pour la liberté quand elle chassait les papes et se réfugiait sous la suzeraineté tutélaire des empereurs.

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