PROGRÈS SOCIAL
Mais, si l'indépendance réciproque des villes italiennes servait admirablement ce travail d'élaboration, elle avait ses inconvénients fort graves ; elle ne permettait pas le travail d'ensemble destiné à faire con« verger toutes les solutions partielles vers une grande unité nationale. Tout problème, renfermé dans le cercle étroit de chaque cité, s'y agitait un moment sous tous ses aspects, mais l'épreuve s'épuisait bientôt d'elle-même et restait stérile dans ses résultats, parce qu'il n'y avait point de lien qui, rattachant les villes les unes aux autres, fît du débat un débat commun, des intérêts qui y étaient engagés un intérêt général. Chaque cité résolvait la question pour son propre compte, sans solidarité aucune, sans lien national avec les autres cités républicaines.
D'ailleurs, en l'absence de tout centre national et de tout pouvoir unitaire, les guerres acharnées et interminables que se faisaient les villes entre elles entravaient et souvent annihilaient le travail de la révolution sociale. Il arrivait presque toujours qu'à part quelques villes principales, les cités italiennes, privées de protection au milieu de ces luttes, finissaient, les unes par être anéanties, les autres par tomber dans une impuissance absolue.
Chez un peuple en voie de formation nationale, le