LE CAPITAINE DU PEUPLE
pendant la guerre. C'est l'ennemi le plus cruel des proscrits, le chef le plus compromis parmi lesproscripteurs.
Le podestat lui-même, quoique réduit aux fonctions judiciaires, devient aussi l'agent partial du parti vainqueur qui le nomme ; il est, non le représentant de la loi, mais le serviteur docile de la volonté du nouveau dictateur.
Il est digne de remarque que partout, quel que soit le parti qui triomphe, ce chef suprême est désigné par le même titre de Capitaine dupeuple. Presque toujours, il est vrai, c'est un membre d'une grande famille qui en est investi, et les deux factions qui partagent la cité sont organisées au profit de quelques grands qui se disputent le pouvoir. Mais cela ne veut pas dire que ces révolutions soient des révolutions aristocratiques. Au fond, c'est le mouvement démocratique qui se poursuit dans la commune.
Ces nobles qui, par ambition personnelle, mettent tout en feu, n'ont pas d'autre point d'appui que le peuple. Guelfes ou gibelins, ils sont obligés de caresser la multitude. Les espérances chimériques qu'ils font briller 5 ses yeux diffèrent, selon les perspectives de la théocratie pontificale ou de la glorieuse unité du saintempire ; mais, réelles ou illusoires, désintéressées ou hypocrites, ces promesses faites à la foule sont un hommage rendu à la puissance nouvelle, et les efforts que font les grands pour devenir populaires tournent au profit de la révolution.
Même quand le peuple, croyant se donner un libé-