LE CAPITAINE DU PEUPLE
râleur, s'est donné un maître, il faut, par le nom que prendra son oppresseur, lui laisser croire qu'il triomphe.
L'une des premières républiques qui nommèrent un Capitaine du peuple, fut Milan. L'année 1241 9 voulant mettre un frein aux prétentions toujours croissantes des nobles, et un terme à leurs dissensions qui troublaient incessamment l'État, les Milanais investirent de pouvoirs dictatoriaux Pagano délia Torre qui joignait à l'illustration de la naissance la gloire d'avoir préservé sa patrie d'une ruine complète, après la défaite de Corte Nuova. Plus tard, en 1259, ce fut sous une autre dénomination que l'héritier de Pagano, Marlino délia Torre, exerça les mêmes fonctions. 11 fut appelé Anziano (ancien) et Seigneur du peuple. Aussi populaire que son prédécesseur, il ne ménagea point la noblesse.
Le nom de podestat ne disparut pas partout instantanément ; il survécut quelque temps à la dignité pour laquelle il avait été créé. Les historiens, pendant tout le cours du treizième siècle, appellent indifféremment podestat ou capitaine du peuple le chef que la faction victorieuse a mis à la tête de la république; et cette confusion jette une certaine obscurité sur le caractère de cette époque.