DES PEUPLES CHRÉTIENS
Que le Christ vienne combler cette lacune; qu'il substitue aux fausses divinités de l'Olympe le Dieu unique ; qu'il enseigne aux hommes la loi de fraternité et d'amour; qu'il convie tous les déshérités du vieux monde à la grande réconciliation du monde nouveau ; qu'il laisse entrevoir ce but définitif de la révélation évangélique à tous les esprits avides de vérité et de justice; et alors, à travers tous les obstacles, l'humanité, en possession des vrais principes sociaux et poussée irrésistiblement vers un idéal qui est le règne de Dieu sur la terre, ne cessera de marcher en avant. Et il faudra effacer le second terme de cette prétendue loi oscillatoire de progrès et de décadence dont on avait voulu faire la loi des sociétés.
Les peuples chrétiens ne peuvent périr. Ils peuvent, quand ils allèrent la vraie doctrine sociale du Christ au gré des intérêts égoïstes et des passions brutales, quand ils font, par une perturbation sacrilège, de cette doctrine de fraternité une doctrine d'intolérance, de privilège et d'oppression, ils peuvent s'arrêter dans leur voie et perdre un moment l'activité, l'énergie, le ressort moral qui sont la vie et la gloire des nations libres. Mais celte décadence n'est pas la mort; elle est le sommeil.
Tant qu'il reste au fond des croyances, des mœurs, de la législation d'un peuple, quelque chose de la doctrine libératrice , la régénération est possible et elle s'opérera tôt ou tard. C'est ce qui explique ces renaissances, ici lentes, là soudaines, qui déconcer-