‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 144 sur 184 · CONFUSION DES PARTIS · texte numérisé non relu

CONFUSION DES PARTIS

poser pour condition qu'il ne réunirai! jamais la couronne impériale à celle de Sicile.

Ce changement dans la politique du saint-siége eut pour effet de jeter la Péninsule dans une effroyable confusion : cet Empereur entré d'abord en Italie le drapeau guelfe à la main, puis ralliant toutes les forces gibelines pour asseoir plus solidement que jamais les fondements du saint-empire ; ce pape commençant par se mettre à la tête du parti guelfe et réveillant les vieilles haines nationales contre la maison impériale de Hohenstauffen, puis se faisant le champion de l'héritier de cette famille; c'était plus qu'il n'en fallait pour dérouter tous les partis. Les villes, déchirées par des luttes stériles, ne savaient plus à quoi se rattacher, le drapeau guelfe et le drapeau gibelin passant à tout instant d'un camp dans l'autre.

Dans cette confusion, les guerres municipales, bien loin de s'apaiser, devenaient de plus en plus fréquentes et de plus en plus acharnées. La mêlée était inextricable, ce Tous s'agitaient en sens différents, inquiets, incertains de savoir s'ils défendaient la bonne cause,, mais ne luttant qu'avec plus de furie, au risque de se retourner le lendemain contre les amis de la veille, pour trouver le vrai parti national et la foi ; tous trop aveugles pour voir que la foi s'échappait de leur cœur, et que la patrie se dérobait sous leurs pieds. Pendant plusieurs années, il n'y eut pas un mois qui ne fût signalé par une bataille : ici, entre Pavie et Milan, Crémone et Plaisance, Modène et Bologne, là, entre les

Page 1