CONFUSION DES PARTIS
Romano et les d'Esté, entre la ville de Florence et les gentilshommes des Apennins. Les nobles, plusieurs fois chassés de Brescia et de Bergame par le peuple qui tenta de faire passer la ville dés gibelins aux guelfes, y rentrèrent avec l'appui des gros bourgeois ou du petit peuple. Les traités de paix entre lés villes et entre les classes se succédaient, presque aussitôt violés que signés1. »
C'est dans cet état de confusion et de désordre qu'Innocent III laissa l'Italie. La mort le surprit le 17 juillet 1216, au milieu de ses vastes projets. Pendant que s'accomplissaient dans la Péninsule les événements dont nous n'avons pu rappeler que quelques traits, l'infatigable pontife, prétendant tenir dans ses mains tous les fils de la politique européenne, était intervenu dans toutes les querelles des princes, mêlant partout au bruit des batailles l'éclat de ses foudres spirituelles. « Ce pape énergique était alors enhardi par ses succès temporels et spirituels dans toute la chrétienté. La quatrième croisade, quoique détournée de son but, lui soumettait TÉglise grecque ; il jetait contre les Almohades les rois d'Espagne, autrefois rivaux, maintenant réunis; il précipitait le Nord de la France sur le Midi pour éteindre dans le sang l'hérésie dés albigeois ; en Angleterre, le roi Jean, entouré d'ennemis, lui faisait
* Zeller, Histoire de Malte, p. 186!