DERNIÈRES TENTATIVES DE GRÉGOIRE IX
souverain pontife de vouloir soumettre à son joug, avec l'Empereur, tous les rois de la terre.
Le pape, ayant échoué du côté des puissances temporelles, voulut frapper un grand coup en faisant condamner son adversaire par un concile qu'il convoqua à Rome. L'Empereur, que nul scrupule n'arrêtait, et qui voulait répondre à un défi par un autre, fit saisir au passage les prélats et les députés qui se rendaient à Tappel de Grégoire ; joignant la dérision à la violence, il les fil conduire à Pise avec des chaînes d'argent, et les y retint prisonniers.
L'affaire en était là, quand Grégoire IX s'éteignit à Rome le 21 août 1241, dans la centième année de son âge et la quinzième de son pontificat.
A quoi donc avait servi son passage sur la chaire de saint Pierre? A quoi, ses hautes facultés, son éloquence comparée par un chroniqueur à celle de Cicéron, sa foi dans la sainteté et la grandeur de sa mission, sa fermeté inébranlable ? Tous ces dons merveilleux n'avaient servi qu'à remplir le monde de troubles, de guerres sanglantes et sans issue. Grégoire IX laissait l'Italie et l'Église dans un état déplorable l.
Que d'autres cherchent les causes de ce fait dans le mauvais vouloir des princes temporels, dans les tentatives sans cesse renouvelées de l'hérésie contre la pureté de la doctrine et de la morale chrétiennes,
1 Cherrier, t. II, p. 250.