‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 151 sur 184 · INNOCENT IV · texte numérisé non relu

INNOCENT IV

dans les passions toujours en révolte contre les lois divines et humaines.

Pour nous, il n'y a qu'une cause capitale, parce que celle-là domine toutes les autres, c'est le détestable système où s'était engagée la politique du saint-siége, qui fausse les esprits les plus droits dès qu'ils sont saisis par ces traditions d'absolutisme, d'envahissement et de violence, qui corrompt les intentions les plus pures et transforme tout à coup en sombres et impitoyables despotes des hommes qui jusque-là ne s'étaient signalés que par leurs vertus. On en eut un exemple plus frappant encore dans le successeur de Grégoire IX.

§ 3. — Innocent IV

Pendant la vacance du saint-siége, qui ne dura pas moins de deux années, la guerre des Guelfes et des Gibelins ne s'arrêta pas un instant. Nous l'avons dit, cette querelle résultait si fatalement de toutes les crises sociales antérieures, et la question qui s'y débattait s'était si bien mêlée, puis substituée à toutes les autres questions, que la guerre continuait avec un égal acharnement, même quand avaient disparu les causes apparentes qui l'avaient allumée.

Et pourtant, plus que jamais, l'Italie aspirait au repos. Elle ressemblait à un malade qui, exaspéré par un ulcère dévorant, se déchirerait avec fureur de ses

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