INNOCENT IV ET FRÉDÉRIC II
pape parla beaucoup de charité et de concorde, et l'empereur de soumission et de dévouement à l'Église romaine, mais où ni l'un ni l'autre n'étaient sincères, les deux puissances se retrouvèrent en face, menaçantes, irréconciliables, armées lune et l'autre pour une guerre à outrance.
Innocent relève le courage des Guelfes lombards ; il souffle dans toute l'Italie le feu qui l'anime; par les sourdes pratiques des dominicains et des frères mineurs, il entretient des intelligences avec les mécontents du royaume de Naples ; puis, se souvenant de la violence qui avait arrêté au passage les prélats convoqués par Grégoire IX, il s'évade de Rome, s'enfuit à Lyon, et réunit dans cette ville le concile que son prédécesseur n'avait pu réunir à Rome.
Là, malgré les efforts du grand justicier Thaddée de Suessa, l'empereur est solennellement déposé.
Frédéric ne cède point. Sa colère retentit dans toute l'Europe comme avaient retenti les foudres d'Innocent. Il jure que sa couronne ne tombera que dans des flots de sang.
Alors le pape prêche une croisade contre l'excommunié; il lance ses moines sur l'Italie. Le parti guelfe se lève en masse. Pour augmenter le nombre des ennemis de l'empereur, les agents de la cour romaine favorisent partout la révolution communale, même