INNOCENT IV ET FRÉDÉRIC II
dans le royaume où Frédéric fait sa résidence habituelle.
L'empereur se débat ?n vain sous les coups multipliés du terrible pontife; Eccelino a beau, en son nom, redoubler d'audace et répandre ses ravages; il ne peut contenir les Romagnes. Le légat Grégoire, qui combat pour le pape, dépasse toutes les atrocités du chef gibelin; il veut frapper ses ennemis de stupeur. Le vaillant et infortuné Thaddée de Suessa étant tombé entre ses mains, non content de le mettre à morl, il le fait couper en morceaux.
Le parti gibelin est partout battu. Frédéric consterné, lui qui avait bravé tant d'orages, ployé enfin et demande grâce. Louis IX intercède en sa faveur ; c'est en vain. Rien ne peut ébranler l'implacable pontife. Il ne suffit pas à Innocent que Frédéric offre d'abdiquer son pouvoir ; il ne consent pas à ce que l'empire et le royaume restent aux enfants légitimes de l'empereur ; il veut anéantir cette race de vipère et conquérir la Sicile.
A cette nouvelle, Frédéric se redresse; transporté de colère, il ordonne, quoique malade, de recommencer la lutte ; il cherche de toutes parts des auxiliaires ; il appelle les Sarrasins d'Afrique ; il eût, si son pouvoir eût égalé sa fureur, convoqué l'univers entier à la destruction de Rome.
La malheureuse Italie allait de nouveau traverser une crise effroyable. Déjà le digne lieutenant de Frédéric, Eccelino, répandait des torrents de sang,