INNOCENT IV A ROME
rence, et le soulèvement des villes de Naples, Capoue Foggia, Averse, contre Manfred, fils et héritier de Frédéric II à la couronne des Deux-Siciles.
Cependant son orgueil fut obligé de fléchir devant l'énergie indomptabledu bolonais Brancaleone, nommé sénateur de Rome pour trois ans, ou plutôt dictateur. Innocent, malgré les ovations qui l'avaient universellement accueilli, n'osait pénétrer dans Rome. Depuis son évasion, les Romains s'étaient habitués à se gouverner eux-mêmes. En se donnant un sénateur étranger, ils avaient mis leur gouvernement à l'unisson de celui des autres cités où commandait un podestat. Le pape redoutait leur esprit d'indépendance et le crédit du parti gibelin qui dominait parmi eux. Il retardait donc sous divers prétextes son entrée à Rome.
Le peuple irrité le somma avec menace : « Chacun voit avec surprise, dirent au pontife de nouveaux envoyés, que la capitale du monde chrétien, seule entre toutes les villes, soit si longtemps veuve de son pasteur. Votre siège n'est pas à Lyon, à Anagni ou à Pérouse, mais à Rome que vous n'habitez point. Vous jouissez des richesses de son Église, sans remplir vos devoirs. Revenez donc sans tarder davantage, ou vous ne reviendrez plus *. »
Après avoir hésité encore quelque temps^ Innocent finit par se rendre tout tremblant aux instances des Romains; il fut reçu par eux avec respect; mais son
* De Cherrier, t. II. p. 453.