LOGIQUE DU SYSTÈME THÊOCRATIQUE
vant la soumettre au saint-siége, il appelle des conquérants étrangers *. »
Tout se tient dans le mal comme dans le bien. Il ne peut sortir que des fruits amers de la politique antichrétienne des papes théocrates. Depuis qu'on a voulu mettre au service de l'œuvre divine des moyens empruntés à la politique humaine, la force matérielle, une couronne terrestre sur le front du souverain pontife, des richesses seigneuriales et des pouvoirs temporels dans les mains des évêques, le sacerdoce s'est abaissé, la discipline morale s'est relâchée, le culte s'est matérialisé et les mœurs publiques se sont corrompues.
Pour subvenir aux besoins d'une cour toute mondaine et soutenir les guerres que leur faux zèle allumait autour d'eux, les papes furent obligés de recourir aux subventions pécuniaires « qui, ayant commencé par des secours charitables, dégénérèrent en exactions forcées *. » Puis Ton fit un trafic si scandaleux des indulgences, que le quatrième concile de Latran, tenu en 1215 sous Innocent III, les appelle indiscrètes et superflues.
Pour établir le pouvoir autocratique du saint-siége, d'abord dans le sein même de l'Église, on fabriqua de fausses décrétales sur lesquelles on pût appuyer les empiétement successifs ; puis on contesta aux évêques
1 T. III, p. 52.
8 Fleury, Discours sur l'histoire ecclésiastique du onzième au treizième siècle, xn.