‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 166 sur 184 · URBAIN IV ET MANFRED · texte numérisé non relu

URBAIN IV ET MANFRED

tour, il, prétendit substituer sa domination à celle du saint-siége dans la Péninsule ; se souvenant que, sur la tète son père, la couronne de Naples avait été jointe à celle de l'empire, son but avoué fut de se constituer le chef national et laïque de l'Italie.

Alexandre IV ne fut pas plus heureux dans la ville pontificale. Il essaya d'abord d'y imposer son rôle de modérateur et d'y substituer sa dictature à celle du roi des Romains ; mais en vain, entouré de consuls ou d'un conseil de notables, affecte-t-il l'attitude d'un juge suprême mais impartial. Il ne peut tenir contre la vigueur dominatrice de Brancaleone. Le dictateur populaire, après avoir réduit Alexandre à l'impuissance,, l'expulse de Rome, le poursuit d'Agnani à Yiterbe, puis à Assise où le malheureux pape se trouve à la merci du roi de Sicile. Il ne devait plus revoir sa capitale. Il mourut à Yiterbe, en 1261, abandonné de tous les partis, après avoir voulu les équilibrer et les contenir- tous.

Son successeur Urbain IV reprend la même tentative vaine de dominer les luttes italiennes par une impartialité apparente, toujours dans le but invariable d'empêcher la prépondérance d'aucun parti. Manfred était maître en ce moment d'une grande partie de la péninsule. Vainqueur des Guelfes dans le royaume de Naples, il régnait à Rome en qualité de sénateur, tandis que le pape était réfugié à Cività-Vecchia.

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