‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 17 sur 184 · DEVANT L'APOTRE · texte numérisé non relu

DEVANT L'APOTRE

A partir de ce moment, le rôle de Rome païenne est consommé; de sa grandeur passée, il rie lui reste plus que le souvenir; de son omnipotence, que des formes impuissantes et un sénat muet. C'est à peine si elle peut se dire l'égale de quelques villes qui, autrefois, furent à ses pieds.

Cela ne signifie pas que les richesses de la civilisation romaine aient été anéanties ; cette civilisation, en ce qu'elle contient de vérité et de justice, est impérissable, comme toute conquête légitime de l'humanité ; mais elle s'est retirée des faits et de la vie réelle, pour se réfugier dans le domaine abstrait de la législation. Elle reste comme le summum qu'ait pu atteindre la sagesse humaine. Cette raison écrite ne sera pas perdue; mais, pour qu'elle ne demeure pas une lettre morte et stérile, il faut qu'elle soit vivifiée par le souffle de Dieu et complétée par l'Évangile.

Ce renouvellement, nous le répétons, ne pouvait s'accomplir que sur les ruines de la Rome des Césars. « Il faut que Rome soit sacrifiée ; la fatalité du progrès réclame la destruction de la capitale unitaire1. »

Cette immolation de Rome, c'est le conquérant remettant l'épée dans le fourreau, c'est la force matérielle se retirant devant le principe spirituel qui va commencer son œuvre.

Ce sacrifice de Rome et avec Rome de l'Italie, nous allons le voir se continuer à travers toute l'histoire mo-

1 Ferrari, t. I, p. 9.

derne ; comme s'il avait fallu une humiliation de plusieurs siècles pour abaisser l'orgueil démesuré de la ville éternelle et lui faire expier l'abus vertigineux qu'elle fit de sa grandeur.

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