‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 172 sur 184 · LE JEUNE CONRADIN · texte numérisé non relu

LE JEUNE CONRADIN

Les Gibelins, ainsi poursuivis à outrance dans leurs personnes et leurs propriétés, n'étaient plus, réduits à leurs propres ressources, en état de soutenir la lutte. Ils recoururent alors au moyen invariablement employé par les Italiens, l'intervention étrangère. Leurs adversaires avaient appelé un prince français ; ils appelèrent leur chef naturel, le dernier représentant de la maison impériale deHohenstauffen, le jeune Conradin, petit-fils de Frédéric II.

Héritier, en vertu du testament de son père, de la couronne des Deux-Siciles, ce prince vient disputer ses États à Charles d'Anjou. Entouré de la plus brillante noblesse allemande, encouragé par le sénateur de Rome, Henri de Castille, soutenu par l'enthousiasme des Italiens que séduisaient son extrême jeunesse et son caractère chevaleresque, il réussit un moment à braver les foudres de Clément IV et à tenir en échec les forces de Charles. Mais bientôt, malgré sa bravoure et la supériorité numérique de son armée, il fut mis en complète déroute dans la fameuse bataille de Tagliacozzo. Saisi, sans être reconnu, après le combat, ce malheureux prince fut iniquement jugé et condamné à mort par un tribunal que présidait le vainqueur.

Charles, avide de vengeance, voulut assister à l'exécution de la sentence, et le jeune héros subit

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