GRÉGOIRE X PACIFICATEUR
Il en fut de même des tentatives faites par Grégoire pour pacifier la ville de Gènes ; elles échouèrent devant les intrigues de Charles. C'est ainsi que ce prince, trop clairvoyant pour ne pas comprendre que cette œuvre de conciliation était la ruine de ses projets, paralysa partout les efforts du saint-siége. Une seule entreprise réussit. à Grégoire X, ce fut celle de rétablir la paix entre Bologne et Venise qui, depuis trois ans, se faisaient la guerre au sujet de leurs droits respectifs sur la navigation du Pô.
A ne juger que l'œuvre immédiate de Grégoire X, comme l'ont fait presque tous les historiens de la papauté, nul ne mérita plus que ce saint pontife les bénédictions xles Italiens. Mais à la juger au point de vue de l'histoire générale de la Péninsule et des intérêts véritables de sa nationalité, cette œuvre de conciliation, si éminemment chrétienne dans l'intention de Grégoire X, fut, comme tous les actes de la politique pontificale, funeste à ritalie. Inexorable logique de l'histoire ! l'institution de la papauté temporelle, en créant pour le saint siège une situation incompatible avec l'unification, de la Péninsule, condamne la cour romaine à une politique fatalement anti-nationale, et fait tourner à mal les meilleures intentions des plus saints pontifes.
Nul exemple n'eçt plus frappant que celui de Grégoire X. Croyant pacifier l'Italie, il pçrp^tue les deux causes de sps éternelles divisions : d'une part, en relevant le parti gibelin,, sans rien faire pour résoudre.