NICOLAS III PACIFICATEUR
la grande question qui est au fond de ce débat, il remet les deux camps en présence; lui disparu, on les verra recommencer la lutte avec le même acharnement. D'autre part, voulant opposer une barrière à l'ambition de Charles d'Anjou, il fait cesser l'interrègne de l'empire et fait nommer Rodolphe de Habsbourg empereur.
Ce qui prouve bien l'aveuglement où l'on était sur le sens véritable de la querelle entre les Guelfes et les Gibelins, c'est que le pontife même qui avait horreur de cette guerre fralricide et qui aurait voulu faire disparaître jusqu'au nom des deux partis, rêvait la restauration du saintempire, c'est-à-dire l'obstacle éternel à la constitution normale de la société chrétienne.
Son successeur, Nicolas III, de la famille des Or sini, continua sa politique contre Charles d'Anjou, plus redoutable en ce moment que l'empereur. Le nouveau pape pouvait, sans danger pour l'influence du saint-siége, relever le parti gibelin. A son tour, il reprit donc avec ardeur l'œuvre pacifique de la réconciliation des partis ; il confia cette délicate mission à son légat à latere, le cardinal Latino, de l'ordre des frères prêcheurs.
L'éloquent dominicain parcourut en apôtre de paix les Romagnes et la Toscane, et partout il obtint un plein succès. A Faenza, à Forli, à Imola, à Bologne,