RESPONSABILITÉ DU SAINT-SIÈGE
l'histoire. N'était-ce pas la cour romaine qui avait appelé ce prince dont la tyrannie exaspéra à tel point les peuples des Deux-Siciles, qu'à l'heure marquée pour la vengeance ils égorgèrent dans un accès de fureur tout ce qu'il y avait de Français dans le royaume? effroyables journées qui épouvantèrent le monde chrétien et dont la terreur retentit à travers les siècles sous le nom de Vêpres siciliennes.
Les deux papes Grégoire X et Nicolas III ne sauraient être assez loués d'avoir fait effort pour arrêter un moment les effets de celte intervention étrangère. Mais l'histoire, qui recherche les causes, ne doit pas oublier que c'est toujours la même politique qui, dans l'intérêt de l'institution temporelle de la papauté, tantôt relève ou abaisse la cause de l'Empire selon l'occurrence, tantôt l'ait appel à des princes étrangers; un jour, quand il le faut pour conserver ou étendre l'État pontifical, jette l'Italie dans toutes les horreurs de la guerre civile; elle lendemain, effrayée de son œuvre, ou plutôt, ayant besoin de la paix, dès que sa part temporelle est largement faite, prêche la concorde aux princes et aux peuples, tout en laissant subsister les causes éternelles de divisions.
Quel sens pouvait avoir la réconciliation des Guelfes
litique qui enleva le royaume à Manfred pour le donner à Charles, dont elle projeta la ruine dès qu'elle commença à le craindre. Guidé par elle, Nicolas III vint à bout d'ôtcr à Charles, par le moyen de l'empereur, le gouvernement d:. la Toscane, où il envoya, au nom de ce prince, Latino, son légat. » ^Histoire de Florence, livre second, trad. Guiraudet, p. 127.)