DU CHRISTIANISME
dans sa vie sociale. En sorte qu'on peut dire que le vrai chrétien serait à la fois le meilleur et le plus libre des hommes dans le sens le plus philosophique, et le citoyen le plus accompli et le plus libre dans le sens le plus démocratique.
Pour comprendre cette révolution chrétienne, il faut considérer qu'elle a eu un double but, un but religieux et un but social : affranchir l'homme dans sa conscience en rétablissant ses vrais rapports avec Dieu ; affranchir l'homme dans sa vie sociale en rétablissant ses vrais rapports avec ses semblables et avec les pouvoirs publics.
Or ces deux buts ne devaient pas être atteints par les mêmes moyens, et c'est parce qu'on n'a pas compris cela que l'histoire est restée si pleine de confusions et d'obscurités.
Le côté religieux de la révolution chrétienne, c'est l'œuvre exclusivement divine et dans son objet et dans ses moyens.
Le côté social du christianisme, c'est-à-dire la transformation des sociétés temporelles sous l'influence des principes évangéliques, c'est l'œuvre humaine, dans son objet et dans ses moyens.
L'œuvre religieuse s'est accomplie dans une société spirituelle mise, au début, en possession d'une doctriue théologique immuable comme les vérités éternelles qui en sont l'objet; et cette société spirituelle, l'Église, composée de tous ceux que la lumière du Christ a attirés, doit demeurer, à travers les siècles,