‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 23 sur 184 · DE LA RÉVOLUTION CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

DE LA RÉVOLUTION CHRÉTIENNE

patiente, progressive du temps; que ce serait une impiété que de faire entrer de force les doctrines nouvelles dans la vie publique et d'en imposer la profession officielle, de même que ce serait un non-sens que de prétendre imposer tout d'une pièce à une société non préparée de longue date une organisation, des lois, des rapports civils et économiques entièrement conformes aux principes de l'Évangile.

Supposons que les deux pouvoirs, ainsi parfaitement définis et circonscrits, aient poursuivi parallèlement, chacun dans son domaine, l'un son œuvre religieuse, l'autre son œuvre humaine; l'un étendant chaque jour ses conquêtes pacifiques sur les âmes, réalisant de plus en plus la grande unité chrétienne du genre humain, Vautre perfectionnant les lois civiles, politiques., économiques, à mesure que la transformation se serait opérée dans les mœurs...

Oh I assurément, tout fût devenu simple, facile, régulier dans la marche de la civilisation ; au lieu des luttes acharnées, des malentendus, des embarras inextricables, des révolutions violentes, des flots de sang versés, des bouleversements et des catastrophes qui assombrissent chaque jour et chaque heure de ces dix-huit siècles, l'histoire de chaque peuple se fût déroulée comme un vaste fleuve, limpide à sa source, calme dans sa marche, splendide quand il fournit ses flots à l'Océan.

Mais faire une pareille hypothèse, c'est se placer en dehors de toute réalité, et même de toute possibilité

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