LE CLERGÉ CHRÉTIEN
encore ne serions-nous pas certains d'être trés-noinbreux ni parmi les catholiques, ni même parmi les libres penseurs ; et encore moins serions-nous sûrs d'être compris des souverains dont nous repousserions le glaive protecteur.
Pour rester dans la réalité historique, nous devons faire abstraction des hommes, des choses, des institutions, des théories de notre temps, et prendre les hommes et leurs idées tels qu'ils pouvaient être dans ce milieu social façonné par le paganisme. Et, dans le sujet spécial qui nous occupe, nous ne devons pas oublier qu'il s'agit, non pas du rôle purement religieux des ministres du Christ dans le domaine des vérités immuables, mais du rôle accidentel, temporaire, accessoire, qu'ils ont joué sur le terrain de la politique humaine, c'est-à-dire sur le terrain le plus mobile, le plus agité qui se puisse concevoir, puisque c'est là que sont en jeu les intérêts, les passions, les faiblesses et les inconstances du cœur de l'homme.
Qu'il soit donc bien entendu que la religion nouvelle va employer, pour se propager et accomplir son œuvre, les mêmes moyens qu'employaient les religions païennes.
Si Rome demeure le centre et le foyer de la civilisation nouvelle, elle croira que c'est l'empire des Césars qu elle continue, au service du Dieu de l'Évangile.
Au sein de chaque nation, le clergé prendra une position analogue ; la nouvelle religion s'y substitue