‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 33 sur 184 · LES HÈRULES ET LES GOTHS · texte numérisé non relu

LES HÈRULES ET LES GOTHS

Ce serait une grave erreur d'attribuer la conduite des rois ariens en Italie à une certaine indifférence des hordes barbares en matière religieuse. La preuve, c est que partout ailleurs les orthodoxes étaient persécutés avec acharnement par les hérétiques : ainsi, dans les Gaules, les rois des Visigoths, et particulièrement .Ewarik, tirent de grands efforts pour asseoir l'arianisme sur les ruines de l'orthodoxie. Ce dernier, suivant le témoignage de Sidoine Apollinaire, poursuivait les catholiques d'une telle haine, qu'il semblait être moins un chef de nation qu'un chef de secte. Il fallait, en Italie, un ensemble vraiment merveilleux d'événements où la main de Dieu est visible, pour expliquer le respect des chefs barbares envers la foi de Rome et de tous les peuples de la péninsule.

Quoi qu'il en soit, l'orthodoxie était sauvée par des barbares hérétiques; mais la fondation du royaume italien restait une œuvre éphémère. Les croyances religieuses sont toujours l'élément essentiel des mœurs d'un peuple et de sa vie nationale ; rien de profond et de durable ne peut se fonder en dehors de la foi religieuse d'une nation. Ces hordes barbares, qui ne se sentaient nulle prise sur les idées, les sentiments, les mœurs de l'Italie, n'entreprirent pas une œuvre d'assimilation impossible. Leurs chefs, en mettant le pied sur la terre orthodoxe, comprirent la puissance irrésistible de Rome chrétienne, et Tin utilité de toute tentative pour en faire la capitale de leur empire hérétique. Leur conversion au catholicisme, bien loin de

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