‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 34 sur 184 · LES LOMBARDS · texte numérisé non relu

LES LOMBARDS

leur soumettre la ville universelle, ferait d'eux-mêmes des serviteurs soumis du chef de l'Église.

Ils s'arrêtent donc respectueusement devant Rome. On dirait qu'ils ne sont venus que pour servir d'instrument à l'Église orthodoxe menacée par Byzance. Une fois ce rôle achevé, ces chefs barbares, qui s'étaient crus les fondateurs d'un grand royaume, n'ont plus rien à faire sur ce sol italien où ils n'ont pu prendre racine. Le royaume du grand Théodoric ne dure pas même un siècle; le roi des Goths reprend sa horde et dit adieu à l'Italie comme avait fait Constantin.

C'est ainsi que passent sur l'Italie, comme une couche superficielle, tous les peuples envahisseurs, venant servir à leur insu la civilisation chrétienne, puis, ce rôle accompli, repliant leurs tentes et s'éloignant pour laisser Rome à son œuvre.

g 2. — Les Lombards et les Francs

Nous avons vu Rome se mettre sous la protection des rois ostrogoths pour se préserver de l'influence de l'empereur hérétique de Byzance. Quand les Lombards surviennent, Rome, avec son territoire, appelé dès lors son duché, échappe à leur domination, grâce à la présence des papes qui demeurent les fidèles alliés des empereurs d'Orient.

Ainsi les Lombards ne peuvent réussir à mettre sous leur joug toute l'Italie et à faire une nation ita-

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lienne. Leur pouvoir s'étend des Alpes jusqu'au voisinage de Rome ; mais là il s'arrête.

Les historiens témoignent leur étonnement devant ce fait inouï, et n'en peuvent donner l'explication. Sis* mondi déclare qu'il est difficile de comprendre pour* quoi la ville de Rome ne fut point prise par les Lom* bards, lorsqu'Alboin fit la conquête de l'Italie. Quant aux autres parties de la péninsule qui purent se sous* traire à la conquête lombarde, il signale la causé qui les préserva de l'invasion : Les villes maritimes recevaient facilement les secours de Constantinople; en même temps, Venise était protégée par ses lagunes, Ra venne et Comaçchio par leurs marais ; Naples, Gaëte, Amalfi et les villes de la Calabre, par les montagnes qui les environnent.

Rome, au contraire, était découverte et sans défense. Les empereurs n'y maintenaient pas de garnison ; ils se contentaient de gouverner la ville, d'abord par un préfet, puis par un duc relevant de l'exarque de Ravenne. a Rome est située dans un pays ouvert de toutes parts. Les Lombards, maîtres des duchés de Toscane, de Spolète et de Bénévent, entouraient cette ancienne capitale du monde; la longue muraille qu'Aurélien avait élevée pour enfermer le champ de Mars dans la même enceinte que l'ancienne ville présentait un circuit immense k défendre ; et la population de Rome était bien disproportionnée avec l'étendtié des tntirs1. w

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