LES LOMBARDS
Et cependant Rome est aussi bien protégée par fcâ faiblesse qu'elle l'eût été par les légions de César* Il n y a pas de fait sans causé, et la philosophie de l'histoire n'existerait pas si un grand événement restait inexpliqué. Mais ici la cause providentielle de cette inviolabilité de Rome est manifeste. La capitale du monde chrétien ne peut appartenir aux barbare^ parce qu'elle doit rester le centre et le foyer de la oivi*lisation. C'est pourquoi le Moment n'était pas venu polir l'Italie de se constituer en nation.
N'ayant point de prise sur Rome» les Lombards, malgré leur valeur et leur nombre, sont aussi impuissants que Pavaient été les Goths. Ils fondent une monarchie lombarde qui a une durée asses glorieuse de deux cent six ans (de 668 à 776); mais ils ne fondent pas une nation italienne.
Les chefs de l'Église, étrangers jusque-là à tout intérêt tetnporel, n'avaient d'autre pensée qtie de maintenir l'intégrité de la foi. C'était là toute leur politique et le motif déterminant de leurs alliances* C'était la conscience des dangers sans cesse renaissants dont l'orthodoxie était menacée qui leur commandait de se tourner, tantôt vers Constôntinople, tantôt vers les chefs barbares.
Tant que les empereurs respectèrent la liberté religieuse de Rome, les papes recherchèrent leur protection contre les Lombards qui étaient ariens. Mais, Léon