‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 36 sur 184 · LES PAPES S'AFFRANCHISSENT · texte numérisé non relu

LES PAPES S'AFFRANCHISSENT

l'Iconoclaste voulant imposer à Rome ses édits contre les images, le pape Grégoire II refusa d'obéir ; il priva le duc de Rome et l'exarque de Ravenne de toute autorité dans Rome. En même temps il demanda la protection des Lombards.

Les Romains acquirent ainsi une sorte d'indépendance. Il ne faut pas croire qu'une fois affranchis de l'autorité impériale leur premier mouvement fut de se placer sous le sceptre temporel du souverain pontife. Au fond, les Romains furent toujours trèsjaloux de leur souveraineté. Us avaient subi volontiers le despotisme impérial, parce que par les empereurs ils régnaient sur le monde.

Ces maîtres étaient, il est vrai, le signe de l'abdication morale d'un peuple en décadence qui concentre, dans les mains d'un seul un pouvoir qu'il n'a pas la vertu civique d'exercer par ses orageux comices; ils étaient les représentants, moins de sa dignité réelle, de ses forces vives et actives et de ses grandes aspirations, que de ses passions les plus brutales et des côtés les plus bas et les plus misérables de son état social ; mais enfin ils étaient ses représentants. Ce peuple dégénéré se croyait suffisamment vengé de sa servitude volontaire par ses colères intermittentes, qui, en brisant sa fragile idole, rappelaient par chacune de ces catastrophes son imprescriptible souveraineté.

Mais jamais l'orgueil du peuple-roi ne consentit à déposer sa puissance humaine aux pieds du pouvoir

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