LES FRANCS PROTECTEURS
bares du Nord, Pépin, puis son fils Charles Martel, lancèrent, au milieu de ces hordes indomptées, des légions de moines qui, bravant tous les dangers, allaient répandant partout à pleines mains les germes religieux et sociaux qui devaient en faire des peuples civilisés, adoucissant leurs mœurs par la morale évangélique, les fixant au sol en leur enseignant l'agriculture.
Pendant tout un siècle, le saint-siége était resté presque sans communications avec les nations fran* ques ; l'invasion lombarde avait élevé entre eux une barrière plus infranchissable que la ligne des Alpes. Cet appel fait par les Pépins aux missionnaires de l'Église romaine renoua les relations si longtemps interrompues. Le grand apôtre des Germains, saint Boniface, contribua beaucoup à faciliter ces rapports entre la cour romaine et les chefs francs.
Cet événement arriva fort à propos pour le saintsiége. Grégoire III fut le premier pape qui ouvrit des négociations avec les Francs. Bravant la colère du roi des Lombards, Luitprand, il refusait de lui livrer le duc de Spolète, qui, après s'être révolté contre lui, s'était réfugié à Rome. Menacé dans sa ville pontificale, Grégoire implora le secours des princes francs. Charles Martel venait de remporter dans les plaines de Poitiers sa mémorable victoire sur les Sarrasins. Comment douter des bienveillantes dispositions envers le saintsiége du héros qui, en refoulant ces redoutables ennemis des chrétiens, sauvait la civilisation du plus grand de tous les dangers?