‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 43 sur 184 · DU SAINT-SIÈGE · texte numérisé non relu

DU SAINT-SIÈGE

de s'éteindre. Ceux qui avaient quelque aisance s'exilaient et allaient chercher dans les provinces restées italiennes un sol plus hospitalier, des alliances possibles, et peut-être un jour des vengeurs.

L'occupation lombarde était donc restée un fait brutal, violent, antinational. Après deux siècles, comme au premier jour, le Lombard, en face de l'Italien, était l'étranger. Mettre un terme à cette domination, c'était affranchir l'Italie.

Et les libérateurs ne venaient pas en hordes nombreuses, comme autrefois les Hérules, les Goths ou les Lombards, pour substituer une invasion de barbares à une autre. Les princes français, depuis longtemps les alliés des Romains, familiarisés avec leur civilisation, unis à eux par une foi commune, venaient régner sur des éléments indigènes. À part quelques grandes familles mécontentes de voir les postes les plus importants de l'État confiés à des Français, la masse de la population n'avait qu'à se réjouir de ce changement. Si la Péninsule se fût trouvée dans les mêmes conditions que les autres contrées de l'Europe, une nation italienne eût pu se constituer sous la domination franque.

Page 1