USURPATIONS POLITIQUES DU GLEKGÊ
consentement des princes et des peuples, sur les affaires politiques de l'Europe, l'autre relative à celte création toute spéciale d'un État pontifical. Parce qu'on voit, dans l'histoire du moyen âge, écrites à chaque page, les preuves éclatantes des grands services que la papauté, ainsi mêlée aux choses temporelles, a rendus à la civilisation, on est porté à en attribuer le mérite à cette institution moitié politique, moitié religieuse, qui a fait un trôné de la chaire apostolique.
Ce haut patronage exercé, dans ces temps barbares, sur les peuples et sur les rois, par les papes et les évoques, était le triomphe de la puissance morale sur la force brutale. Ce rôle du clergé, bien que ne découlant pas directement et nécessairement de la mission religieuse de l'Église, était légitimé par les circonstances et consacré par la volonté des peuples euxmêmes qui, spontanément, se mettaient sous cette tutelle protectrice des évêques.
Mais cette tutelle morale n'impliquait en aucune façon, pour le clergé, ni des droits à devenir possesseur de terres immenses, ni pour le pape en particulier un titre pour régner à la manière des princes de la terre sur un peuple déterminé. Singulière tutelle que celle dont les effets seraient d'enrichir le tuteur en dépouillant le pupille, sous prétexte des ser*