LA NATION ITALIENNE
vingt provinces, il n'y a plus qu'une France, qu'une Angleterre, qu'une Espagne....
Seule, l'Italie, l'éternelle déshéritée, ne peut réunir en un seul faisceau les tronçons épars de son unité nationale.
Chez les autres peuples, rien n'arrête le travail d'unification. Tout sert à le hâter , môme la conquête; tantôt par l'absorption de la race conquise, tantôt par une fusion pacifique et sympathique des races diverses, ou bien, comme en Espagne, par la concentration de toutes les forces patriotiques du pays et la solidarité dans la lutte suprême contre l'étranger.
Seule, l'Italie s'agite en vain sur elle-même sans pouvoir se constituer.
Assurément, même aux époques où la Péninsule semble vouée à une irrémédiable anarchie, au milieu de ses> guerres intestines les plus acharnées, comme aux moments de ses plus désolantes prostrations, un regard attentif découvre dans son sein des germes de nationalité. Niés par un grand nombre, ces germes d'unité sociale ont été signalés plus d'une fois par des écrivains éminents, soit anciens soit modernes.
Mais, pour la philosophie de l'histoire, la difficulté reste entière.
Avec ces éléments de nationalité, comment ritalie