‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 7 sur 184 · OBJET DE CET OUTRAGE · texte numérisé non relu

OBJET DE CET OUTRAGE

a-l-elle été impuissante ? pourquoi ses divisions perpétuelles, ses luttes sans but et surtout sans résultat national? Tandis que partout ailleurs les rivalités de province à province, les guerres extérieures, tournent au profit de l'unification, pourquoi l'Italie, toujours de plus en plus divisée, toujours agitée jusqu'au délire, n'a-t-elle d'ardeur, d'énergie, de vie publique, que pour se déchirer éternellement de ses propres mains?

Bien des causes de ce fait inouï ont été indiquées. Mais il en est deux qui dominent toutes les autres et qui ont frappé les historiens 4, deux causes; deux illusions dont l'Italie a été le jouet : rêve de l'empire universel, rêve de la suprématie papale.

Ce qui a perdu l'Italie, c'est l'ambition de dominer le monde.

En fait, cela est vrai, et Ton pourrait appeler l'Italie la terre classique des illusions.

Mais cela n'explique rien.

Comment se fait-il qu'une nation ait été condamnée à se repaître d'illusions ? Si ces rêves eux-mêmes ne se rattachaient à quelque chose de profond dans lerôle réservé à l'Italie et dont elle avait la conscience vague, si ces rêves ne sont pas un instinct dévoyé mais sérieux d'une haute et mystérieuse mission, lies détracteurs de l'Italie ont eu raison de traiter avec dédain ce peuple qui, au lieu de s'organiser, n'a cessé de poursuivre des chimères.

1 Voir surtout le beau livre de H. Quinet, le$ Révolutions d'Italie.

A ce compte* ce n'est pa$ seulement l'histoire de l'Italie qui serait inintelligible, mais l'histoire de toutes les grandes luttes qui ont rempli le moyen âge et le monde moderne.

Empire, papauté, ces deux rêves qui sont, dit-on, toute l'histoire de l'Italie, ne sont-ils pas aussi presque toute l'histoire de l'Europe?

Pourquoi toutes ces agitations, ces grands débats, cet acharnement des princes et des peuples autour de ces deux mots?

A neprendre que les apparences, l'histoire de cette lutte entre l'empire et la papauté, et des résultats misérables auxquels elle a abouti — du moins en Italie — ne serait autre chçse que la négation de tout caractère sérieux dans la vie de l'humanité, une grande mystification des peuples. Il faudrait voir dans les événements, même les plus retentissants, du bruit, du sang, des larmes, de la fumée, et rien de plus... pendant des siècles, des peuples haletants poursuivant une chimère, des efforts sans but s' épuisant d'euxmêmes, et l'Italie, ce théâtre de tant de drames héroïques, gigantesques, devenue, depuis trois siècles, un champ de mort!

Lisez dans M. Quinet, dans M. Ferrari, dans Sismondi, l'histoire des révolutions de ces villes italiennes; arrêtez-vous où ils s'arrêtent, c'est-à-dire à

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