ÉLÉMENTS DU PROBLÈMB MODERNE
pies considérèrent le parti des papes comme le parti de la liberté et de la démocratie.
Mais si l'histoire pose la question en ces termes, au point de départ de la révolution chrétienne, elle est loin de la montrer avec les mêmes caractères dans ses diverses phases à travers les siècles. Les chefs de l'Église sont loin d'avoir toujours représenté la liberté et la démocratie selon l'esprit du christianisme. Leurs prétentions à la domination temporelle, la déplorable confusion qui en est résultée entre deux choses que le Christ avait voulu distinguer, ont été cause que souvent le droit et la liberté se sont trouvés du côté des puissances laïques, et que les hommes de progrès ont dû invoquer l'empereur contre le pape. Il fallait bien avoir à opposer, comme représentant des droits de la société laïque, un César puissant contre ce César théocrate qui menaçait le monde d'un despotisme cent fois plus odieux que tous les autres.
Quand Grégoire VII fit éclater ses prétentions, comment tous les amis de la liberté n'auraient-ils pas protesté contre cette monstrueuse tentative d'absorption? « A F avènement de Grégoire VII, dit M. Ferrari, les hommes de la révolution passent tout à coup dans le camp de l'empire1. »
Ah! certes, si le principe de la séparation avait pu -
être compris à celte époque, les libéraux n'auraient pas opposé aux prétentions exorbitantes du pape sur le temporel les prétentions de l'empereur dans le domaine de l'Église ; et, si l'idée de la patrie italienne avait pu ruiner l'illusion de l'empire universel, les patriotes n'auraient pas invoqué un prince étranger contre un ponlife cosmopolite. Mais les Italiens, comme tous les peuples de la terre, ne concevaient alors rien de mieux qu'une société unique où la religion et la politique formaient un système de gouvernement indivisible; et, de plus que les autres peuples, ils voulaient embrasser le monde dans la vaste unité du saint-empire.
Ce double point de départ admis, il était naturel que, conlrele.pape théocrate, on invoquât l'empereur à deux titres : 1° comme représentant de la souveraineté politique dans l'État ; 2° comme représentant de l'élément laïque dans l'Église. Au premier point de vue, on contestait la suprématie du pape sur le temporel des États; au second point de vue, on contestait son omnipotence dans l'Église, et on lui opposait les droits des divers membres du corps sacerdotal, et particulièrement des évêques, en même temps que les droits des laïques, le plus souvent représentés par le chef de l'État. Celait la liberté luttant contre le despotisme.
Que de luttes et de révolutions l'Italie ne subirat-elle pas, que d'alliances vaines ne sqront pas tentées entre le pape et l'empereur^ tant que le problème ne sera pas résolu en principe ! En attendant, pour avoir