OMET DE CET OUVRAGE
ce moment où s'éteint toute vie publique en Italie, au milieu du seizième siècle, et ne voyez, dans les glorieux événements qui précèdent cette grande immolation, qu'un jeu brillant, mais vide, sans rien de réel et de vivant au-dessous. . . vous fermerez ces pages découragé.
On n'a pas impunément sous les yeux, pendant des siècles, le spectacle d'une nation s'agitant sans but, et faisant un pas vers la dissolution à mesure qu'elle croit s'avancer vers l'accomplissement de grandes destinées. Oh! nous comprenons le cri de désespoir qui s'échappe de toute âme généreuse en présence de ce funeste dénoûment, et le doute presque universel qui accueillit, il y a dix ans, les premiers symptômes du réveil de l'Italie. « Vaines espérances! s'écriaient, même les plus sincères admirateurs de cet héroïque effort de Milan, de Rome, de Palerme ; chimère irréalisable ; Tltalie est impossible. »
Il n'a rien moins fallu qu'une explosion soudaine de merveilles, sur tous les points de la Péninsule, pour prouver la réalité du sentiment national. Cette fois, ce n'est plus l'instinct irréfléchi, l'aspiration enveloppée de mystère d'un peuple enfant qui se cherche lui-même dans le dédale de ses inextricables divisions ; c'est une nation, dans sa maturité, qui surgit comme par magie au cœur de l'Europe, s'affirmant une et inviolable, confondant ses ennemis autant par la sagesse de ses hommes d'État que par l'audace de ses héros, se faisant un bouclier invincible de sa force