LA COMMUNE NOUVELLE
aux créatures légalement dégradées ! Quelle modification enfin, pour substituer la vie sociale indéfiniment progressive à celte aclivitébornéequi retenait Panliquc cité dans une impasse I
Quoi qu'il en soit, aucune filiation historique n'existe entre ces deux institutions. Après la chute de l'empire romain, le vieux monde avait été broyé sous les innombrables invasions des barbares. La féodalité avait été une première et grossière' réédification essayée par des chrétiens avec des matériaux fournis par un monde barbare ; et ce système n'a rien de commun avec l'ancienne organisation romaine1. Mais les principes de la religion nouvelle continuent d'exercer leur influence rénovatrice. C'est cette action profonde et incessante du christianisme sur les mœurs publiques et privées qui appelle à la vie des éléments tout nouveaux et les unit par le double ciment d'une foi commune et d'un même intérêt social. En sorte que la commune chrétienne n'est pas une ancienne institution reprise et développée, mais une création vraiment originale \
1 « L'établissement du fief en Italie remonte à l'invasion d'Alboin. Dès que l'armée longobarde s'était emparée d'une ville, le roi en conférait la possession à quelque seigneur dont il voulait récompenser les services. Ces fiefs, donnés d'abord à titre d'emplois révocables, devinrent inamovibles avec le temps et presque indépendants du chef de l'État, qui ne conserva sur le territoire conquis d'autre droit que celui de suzeraineté. Ce système remplaça l'ancienne organisation romaine, et, à peu d'exceptions près, en fit perdre le souvenir. » — Ducherrier, t. I, p. 12.
* Ce point historique, resté longtemps obscur, commence mainte
L'évoque, prolecteur naturel de ces éléments nouveaux, se trouvait en face de deux adversaires puissants, le comte et le marquis : le comlc, de création féodale, représentant et soutien de tous les débris du royaume ; le marquis, de création impériale, représentant des droits du suzerain. Mais le premier était seul redoutable, parce qu'aucun intérêt ne neutralisait en lui l'intérêt de défendre cette organisation féodale d'où il tirait toutes ses prérogatives. Le second, au contraire, agent de l'empereur et parla intéressé à la destruction du royaume, devait se garder de contrarier révoque dans sa lutte avec le comte. En même temps que les empereurs augmentaient sans cesse les droits et privilèges des évoques, dans le but de diminuer la force des comtes, ils créaient, aux mêmes fins, des marquisats et des duchés.
Othon le Grand, qui fit tant pour cette première révolution démocratique en comblant de faveurs le haut clergé, eut soin d'augmenter aussi le nombre de ses agents politiques, et d'amoindrir d'autant l'influence des anciens comtes. C'est ainsi qu'il donna à son frère Henri, duc de Bavière, le marquisat de Vérone et de Priuli, et le duché de Carinthie, qu'il créa le marqui* sat d'Esté en faveur d'un de ses gentilshommes, p^5
nanl à s'éclaiïcif. Voir notamment lies travail* de MM Ferrari, Huct et Bordas^Demoulin, Fréédric Morin.