‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 74 sur 184 · U COMMUNE PRIMITIVE · texte numérisé non relu

U COMMUNE PRIMITIVE

C'était une combinaison hiérarchique qui classait les hommes et les subordonnait les uns aux autres, non selon leur valeur personnelle, leurs titres scientifiques ou leurs professions, mais selon l'importance du domaine ou fief qui leur appartenait. La possession de la terre, le fief, était la condition unique de la liberté et de la puissance.

Les possesseurs de fiefs, qui n'étaient autres que les descendants des derniers conquérants entre lesquels tout le pays avait été partagé, avaient seuls une existence officielle ; ils étaient seuls hommes libres, gentilshommes ; ils comptaient seuls dans l'État comme une unité personnelle : dans la cité, ils étaient citoyens ; dans la campagne, ils s'appelaient comtes ruraux ou capitaines (catanei) ; ils étaient désignés aussi sous les noms de seigneurs, de nobles châtelains, de vavasseurs, c'est-à-dire vassaux des comtes et vavasseurs des rois.

Tout le reste de la population ne comptait pas, ou ne comptait que comme une sorte d'annexé des possesseurs de fiefs. Dans la campagne, c'étaient les laboureurs, réduits à une condition approchante de l'esclavage. Dans les villes, c'étaient les artisans, #qui ne possédaient aucun droit politique. Ils étaient en dehors de la classe des hommes libres, des citoyens, c'est-àdire des quelques gentilshommes descendants des anciens guerriers lombards qui s'étaient primitivement partagé le sol. Ces quelques nobles, fort peu nombreux, formaient le peuple proprement dit.

„ Il faut donc se garder de croire, quand les historiens parlent du peuple d'une ville, de la classe des citoyens, aux dixième et onzième siècles, qu'il faille entendre comme aujourd'hui la masse des habitants de cette ville. Il s'agit d'une très-petite minorité. C'est la réunion de quelques familles aristocratiques à qui appartiennent en fiefs les terres de la banlieue, et même quelquefois, au moins par droit de suzeraineté, tout un quartier de la ville. Cette poignée de citoyens a des réunions pour. veiller à ses intérêts communs, et c'est dans son sein que se recrutent les divers conseils pour le gouvernement de la cité.

En dehors de cette classe privilégiée, il n'y a que la vile multitude, la masse des artisans, dont les membres devront peu à peu sortir de la foule, pour passer dans les rangs du vrai peuple, pour devenir citoyens, à mesure que le mouvement industriel d'une part et l'action des principes chrétiens de l'autre, leur auront donné de l'importance dans la cité.

. Les rois lombards, avons-nous dit, avaient mis à la tête des villes italiennes des comtes, à la fois chefs militaires et magistrats, qui avaient fini par supplanter les ancjens ducs, gouverneurs de provinces, de création impériale.

Ces comtes, chargés de rendre la justice, étaient assistés de magistrats inférieurs versés dans la connaissance des lois et des coutumes. Ces magistrats foiv maient le conseil de ces seigneurs ignorants.

Quand les évoques acquirent des droits de juridio

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