‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 76 sur 184 · U COMMUNE PRIMITIVE · texte numérisé non relu

U COMMUNE PRIMITIVE

gulière de mœurs, de rapports juridiques. Le temps n'ayant pas encore fait de ces mille institutions, fondues ensemble, une législation uniforme, des coutumes très-diverses se trouvaient simultanément en vigueur, non-seulement d'une province à l'autre, mais dans la même province et dans la même cité. C'était un privilège de chaque citoyen de pouvoir choisir, pour son usage personnel, entre les six législations, romaine, lombarde, salique, ripuairc, allemande et bavaroise. Au commencement de chaque procès, les parties déclaraient par lequel de ces six codes elles voulaient être jugées.

Qu'on se figure la tâche laborieuse du jurisconsulte qui devait posséder à la fois toutes ces législations, sans compter les coutumes locales innombrables qui modifiaient ces lois à l'infini. Aussi les comtes s'empressaient-ils de prendre les juristes partout où ils les trouvaient ; ils en faisaient leurs conseillers pour le règlement des affaires de la cité, et ils les emmenaient avec eux aux assemblées nationales appelées placita (plaids).

Quoi qu'il en soit de leurs attributions primitives, ce sont ces magistrats consulaires qui acquirent une importance véritable après la révolution épiscopale.

Le comte ayant été renversé par l'évoque, le conseil du comte avait également disparu. Il ne restait plus

dan» la cité qu'un magistrat suprême, l'évéque, qu'une juridiction, la sienne, qu'un conseil, celui des quelques nobles ou citoyens choisis par l'évéque. Cette classe, nous l'avons dit, s'était augmentée des individus plus ou moins nombreux, clients privilégiés de l'évoque dans là masse des artisans, qui, en passant dans la classe des citoyens, étaient devenus pour l'évéque des auxiliaires importants dans sa lutte contre le comte.

Une fois l'évéque devenu tout-puissant après sa victoire, les citoyens, soit anciens, soit nouveaux, sentirent que cette première émancipation à regard du eomte serait incomplète et même illusoire, si elle ne servait qu'à les faire tomber sous la domination absolue de l'évéque. Leurs intérêts civils, industriels, commerciaux, aussi bien que leurs rapports politiques avec les cités voisines, étaient mal représentés par lé pasteur religieux, plus autorisé à leur parler des choses du ciel. Ils ne tardèrent donc pas à s'agiter, à se concerter dans des conciliabules. Le succès de leur premier effort pour renverser la puissance féodale du comte les enhardissait dans leur dessein de se soustraire à l'omnipotence cléricale du nouveau chef.

Ce fut naturellement sur les petits magistrats civils, les anciens scabini ou consuls, représentants de la multitude, qu'ils cherchèrent leur point d'appui. Depuis l'élévation d'une partie de leurs anciens clients aurang de citoyens, ces magistrats consulaires, restés leurs représentants, tout en étant comme* par le passé

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