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LE CHATELAIN DEVIENT CITOYEN

Le château se trouvait ainsi doublement ébranlé, par la révolution de la ville, dont les flots allaient incessamment battre «es murailles, par la marée montante du peuple de la glèbe. La résistance était impossible. Il né restait aux châtelains d'autre ressource que d'implorer la bienveillance de la commune et de se faire admettre dans les rangs des citoyens. Ils trouvaient là un refuge pour leur personne et une protection pour leurs propriétés.

Mais cette démarche des châtelains était l'abdication même du droit féodal devant le droit nouveau, c'était le complément de la révolution consulaire. Le gentilhomme campagnard devenait le justiciable des consuls, et son individualité ne comptait pas plus dans la commune que celle des citoyens issus de la classe des artisans.

Pour s'assurer que cette alliance du châtelain avec la commune ne serait pas illusoire, on exigeait qu'il vînt résider dans la cité.

Cette lutte de la ville contre les châteaux avait produit les effets ordinaires de toutes les luttes sociales italiennes; elle avait fait surgir des éléments nouveaux. Les consuls, pour combaltre à forces égales les seigneurs féodaux, toujours redoutables, bien qu'affaiblis par les guerres qu'ils se faisaient entre eux, avaient dû augmenter la masse des citoyens.

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