LE PAPE ET L EMPEREUR. — LA PART QU ILS PRIRENT A CES RÉVOLUTIONS
Le pape et l'empereur interviennent, soit directement, soit indirectement, dans toutes ces guerres intestines ; et, dans cette tutelle éternelle que l'Église et l'empire prétendent exercer sur les mouvements de l'Italie, ils se rencontrent avec l'attitude de puissances rivales. Ils ont bien essayé de se distribuer amicalement les rôles dans le pacte de Charlemagne, mais ils n'en sont pas moins les représentants des deux éléments opposés, Vêlement religieux et l'élément laïque, destinés à se combattre jusqu'à ce que le temps et la science aient résolu le problème dans une rationnelle et définitive conciliation.
On doit donc s'attendre, même quand la querelle
où elles prennent parti n'est pas la cause directe de l'Église et de l'empire, à voir les deux puissances dans des camps opposés : l'Église avec le parti de la révolution quand l'empire soutient le parti du passé, et vice versa, sauf, une fois la guerre politique ou nationale terminée, à faire entre elles de nouvelles alliances, afin de tirer le plus grand profit possible des agitations de l'Italie.
Il ne faut pas croire que les deux puissances rivales jouent toujours dans ces événements le même rôle que nous leur avons vu jouer au début des révolutions dont elles ont été les inspiratrices ou les soutiens. Dès que chacune d'elles s'aperçoit que le mouvement prend des proportions compromettantes pour sa suprématie, pour ses projets de domination, en un mot, dès qu'un intérêt contraire la pousse, qu'elle ait été ou non à l'origine la promotrice du mouvement, vite elle réagit et s'efforce de l'enrayer. Et le plus souvent, dans ce cas, les rôles respectifs sont intervertis.
Quand on prend une vue superficielle de ces variations dans le rôle de la papauté et de l'empire, tout parait confusion. En regardant au fond, on peut aisé* ment se rendre compte des motifs et des intérêts qui ont déterminé la politique des deux cours.