‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 90 sur 184 · ROLE DE L'EMPIRE DANS CES GUERRES · texte numérisé non relu

ROLE DE L'EMPIRE DANS CES GUERRES

§ lw. — Rôle de l'empire dans les guerres municipales.

Nous avons vu la révolution des consuls, c'est-à-dire la sécularisation du gouvernement dans la cité, faite par le parti laïque, représenté et appuyé par les agents de l'empereur ; puis les guerres municipales qui s'ensuivirent.

Que va faire l'empereur? Va-t-il, dans ces guerres municipales, favoriser l'essor des villes consulaires, cimenter leurs alliances, les soutenir dans leurs luttes contre les vieux centres militaires ? Celui qui a voulu la destruction du royaume sera-t-il logique et secondera-t-il l'effort des villes émancipées, pour entraîner dans le mouvement révolutionnaire les villes en retard ? C'est le contraire qui va arriver.

L'empereur a voulu que le royaume fût détruit ; c'était l'intérêt et la condition même de sa suprématie. Il n'est donc pas au fond l'ennemi de la révolution consulaire qui a contribué à cette œuvre de destruction. Ce sont les conséquences de cette révolution qu'il redoute. Il s'alarme de voir les nouveaux chefs de la commune républicaine investis de pleins pouvoirs par la révolution, agir en maîtres, trancher les questions de leur autorité propre, faire une guerre à outrance aux derniers vestiges de la féodalité. N'est-il pas urgent de réprimer ces consuls « qui rasent ou bâtissent

des villes comme si l'empire avait cessé d'exister1 ! » D'un autre côté, l'empereur ne peut souffrir qu'un État important quelconque soit fondé sur les ruines du royaume féodal ; il empêchera la reconstruction d'une nouvelle unité nationale, soit royale, soit républicaine. Dans ce but, il entretiendra éternellement les divisions et les querelles entre les villes italiennes. Qu'elles se heurtent, qu'elles se déchirent entre elles, qu'elles fassent de l'Italie un champ de carnage, peu lui importe. Mais, dès qu'un mouvement national peut sortir de ces guerres, il s'émeut, et prétend dire an flot : Tu n'iras pas plus loin.

Ainsi, quand des alliances rapprochent les cités belligérantes et élèvent un drapeau qui ressemble à un drapeau national, l'empereur se hâte d'invoquer les devoirs de sa haute tutelle ; il ne peut supporter, ditil, que la guerre devienne exterminatrice. Sous pré texte de protéger le parti le plus faible contre le choc formidable des villes confédérées, il intervient contre ces dernières.

Il y en a qui s'y sont trompés et qui ont vu un sentiment désintéressé et des dispositions conciliatrices dans cette dérisoire tutelle des empereurs. C'est s'abuser étrangement. Les prétextes n'ont jamais man-

1 Ferrari, t. II, p. 130»

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